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Journée mondiale de la santé 2011 : le monde est sur le point de perdre ces médicaments miracles

4436 lectures / 8 commentaires07 avril 2011, 09 h 44

medicaments© C. Magdelaine / notre-planete.info

La résistance aux médicaments augmente et de nombreuses infections ne peuvent plus être guéries facilement, entrainant des traitements prolongés et coûteux et un risque plus élevé de mortalité, avertit l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé.

Sous le thème "Lutter contre la résistance aux médicaments", l'OMS appelle à une action urgente et concertée des gouvernements, des professionnels de santé, de l'industrie, de la société civile et des patients en vue de ralentir le développement de la résistance aux médicaments, d'en limiter l'impact aujourd'hui et de préserver les progrès médicaux pour les générations futures.

Le risque de perdre des médicaments miracles

"Le message en cette Journée mondiale de la Santé est fort et clair. Le monde est sur le point de perdre ces médicaments miracles", a déclaré le Directeur général de l'OMS, le Dr Margaret Chan. "Si l'on ne prend pas d'urgence des mesures correctrices et protectrices, nous irons vers une ère post-antibiotiques, au cours de laquelle de nombreuses infections courantes ne pourront plus être soignées et recommenceront à tuer."

Six recommandations pour vaincre la pharmacorésistance

Aujourd'hui, l'OMS publie un ensemble de mesures qui définit les mesures que les gouvernements et leurs partenaires nationaux doivent prendre pour lutter contre la résistance aux médicaments. Les mesures recommandées par l'OMS sont les suivantes :

  • élaborer et mettre en œuvre un plan national complet doté d'un financement ;
  • renforcer la surveillance et les moyens de laboratoire ;
  • assurer un accès ininterrompu aux médicaments essentiels de qualité vérifiée ;
  • réglementer et promouvoir l'usage rationnel des médicaments ;
  • renforcer la prévention des infections et la lutte contre celles-ci ;
  • favoriser l'innovation et la recherche ainsi que la mise au point de nouveaux outils.

La découverte et l'utilisation des médicaments antimicrobiens pour traiter des maladies comme la lèpre, la tuberculose, la gonococcie et la syphilis ont changé le cours de l'histoire médicale et humaine. Or à présent, ces découvertes et les générations de médicaments qui ont suivi sont en péril, car des niveaux élevés de résistance aux médicaments en menacent l'efficacité.

La résistance aux médicaments est un phénomène biologique naturel à travers lequel les germes acquièrent une résistance aux médicaments censés les éliminer. Avec chaque nouvelle génération, le micro-organisme porteur du gène de résistance devient toujours plus dominant, jusqu'à ce que le médicament soit totalement inefficace. L'utilisation inappropriée des médicaments destinés à lutter contre l'infection – qu'il s'agisse d'une sous-utilisation, d'une sur utilisation ou d'une mauvaise utilisation – favorise l'émergence plus rapide de la résistance.

Plusieurs maladies sont concernées

L'année dernière, au moins 440 000 nouveaux cas de tuberculose multirésistante ont été décelés et des cas de tuberculose ultrarésistante ont été signalés dans 69 pays à ce jour. Le parasite responsable du paludisme acquiert une résistance même à la dernière génération de médicaments, et des souches de gonocoques et de Shigella résistantes limitent les options thérapeutiques.

Des infections graves contractées à l'hôpital peuvent devenir mortelles en raison de la difficulté à les traiter et des souches pharmacorésistantes de germes pathogènes se propagent d'une région géographique à une autre dans notre monde interconnecté et globalisé. Une résistance aux médicaments antirétroviraux utilisés pour traiter les personnes vivant avec le VIH apparaît également.

Des mesures à mettre en oeuvre rapidement

Pour le Dr Chan, "En cette Journée mondiale de la Santé, l'OMS publie un ensemble de mesures qui devraient mettre rapidement chacun, en particulier les gouvernements et leurs systèmes de réglementation pharmaceutique sur la bonne voie, en les dotant de mesures adaptées. Les tendances sont claires et inquiétantes. Ne pas agir aujourd'hui c'est ne plus pouvoir se soigner demain. Au moment où le monde est frappé par de multiples calamités, nous ne pouvons permettre que la perte de médicaments essentiels – indispensables pour guérir des millions de personnes – soit à l'origine de la prochaine crise mondiale."

"Depuis dix ans, l'OMS a mis sur pied de nombreuses initiatives visant à mieux comprendre la résistance aux médicaments et à lutter contre celle-ci, en particulier en ce qui concerne certaines des maladies infectieuses les plus mortelles", a déclaré le Dr Mario Raviglione, Directeur du Département OMS Halte à la tuberculose, qui a dirigé les préparatifs de la Journée mondiale de la Santé 2011. "Ces mesures doivent aujourd'hui encore être renforcées et mises en œuvre d'urgence contre de nombreuses maladies et dans de nombreux secteurs. De nouvelles collaborations, sous l'égide des gouvernements travaillant main dans la main avec la société civile et les professionnels de santé, peuvent, si elles sont tenues de rendre compte, mettre un terme à la menace que constitue pour la santé publique la résistance aux médicaments."

Tout le monde peut agir

Si les gouvernements doivent jouer un rôle directeur et élaborer des politiques nationales pour lutter contre la résistance aux médicaments, les professionnels de la santé, la société civile et d'autres groupes peuvent également apporter une contribution importante. Ainsi les médecins et les pharmaciens peuvent ne prescrire et ne délivrer que les médicaments nécessaires pour traiter le patient, plutôt que de prescrire ou de délivrer automatiquement les médicaments les plus récents ou les mieux connus. Les patients peuvent cesser d'exiger que les médecins leur prescrivent des antibiotiques alors qu'ils n'en ont pas besoin. Les professionnels de santé peuvent aider à réduire rapidement la propagation de l'infection dans les établissements de santé.

La collaboration entre santé humaine et santé vétérinaire et professionnels de l'agriculture est également essentielle car l'utilisation des antibiotiques dans la production des animaux destinés à la consommation contribue à accroître la résistance aux médicaments. Près de la moitié de la production actuelle d'antibiotiques est utilisée dans l'agriculture pour favoriser la croissance et prévenir les maladies et pour traiter les animaux malades. Avec cette utilisation massive, les microbes résistants aux médicaments présents chez les animaux peuvent ensuite se retrouver chez l'homme.

Un enjeu pour la recherche

Les gouvernements et les partenaires doivent collaborer étroitement avec l'industrie pour encourager des investissements plus importants dans la recherche et le développement de nouveaux outils diagnostiques susceptibles d'aider à améliorer la prise de décision, ainsi que de médicaments appelés à remplacer ceux qui perdent de leur efficacité pour cause de résistance. À l'heure actuelle, les antibiotiques représentent moins de 5% des produits en cours de recherche-développement. Il importe donc de mettre en place des systèmes d'incitation novateurs pour encourager l'industrie à rechercher et à mettre au point de nouveaux médicaments antimicrobiens pour l'avenir.

Auteur

Organisation Mondiale de la Santé

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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8 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar robin des bois st pierre -

l'homme ne veut pas le bien de son prochain

avatar douds -

"les antibiotiques pourrait bientôt disparaitre. L'OMS a observé une accélération de l'émergence et la propagation de germes pathogènes résistants aux médicaments. Aujourd'hui, l'Organisation est claire : "Si nous ne prenons pas d'urgence des mesures pour corriger cette situation et en protéger les acquis, nous allons vers une ère postantibiotiques, dans laquelle de nombreuses infections courantes ne pourront plus être soignées et recommenceront à tuer. Les conséquences vont au-delà de la résurgence de maladies mortelles et menacent de nombreuses autres interventions qui permettent de sauver ou de prolonger des vies".

Fallait bien que la lune de miel entre l'*Homme et les antibiotiques ai une fin.

avatar Stéphane à Bruxelles -

L'orthèse plutôt que la prothèse: une bonne hygiène = sagesse de vie, la permaculture plutôt que les ogm...
Connaître n'est pas savoir.
La nature ne jette rien.

avatar Pierrot de la LUNE, Kébek, Kanada -

Dans notre système démocratique et capitaliste, RIEN ne doit entraver le libre commerce incluant les médicaments.

On bourre les animaux de médicaments qui sont les mêmes que pour les humains, pour "prévenir" les maladies...

On prescrit des médicaments à chaque visite chez le médecin...
Le système fonctionne très bien !
Il tourne à plein régime !
L'état augmente ses dépenses de médicaments chaque année... Les compagnies pharmaceutiques font des profits records ! Quoi demander de plus ?
La santé peut-être !!!

Nous vivons avec un "système d'assurance MALADIE".... Je pense que les objectifs sont assez clairs. L'OMS devrait peut-être envoyer ses idées à l'Organisation Mondiale du COMMERCE qui va lui régler ses petits problèmes !!!
Tout ce que les actionnaires veulent c'est un rendement ! C'est simple !
Aucun gouvernement ne s'oppose à ça...
Quand les Lois du MARCHÉ génèrent d'immenses profit$, les dommages collatéraux sont inévitable$...

On prévient depuis longtemps que l'usage abusif des médicaments va causer de sérieux problèmes...
Prenez l'exemple du "Tamiflu" qui ne sert à rien et pour lequel on a dépensé des million$... Il arrive à expiration. Soyez assurer qu'on va remplacer les stocks "en cas"... Même si le dit médicament n'a aucune efficacité...

La santé est une question d'équilibre.
On l'a perdue depuis longtemps...

avatar Kaseekane -

Ils veulent éradiquer la médecine naturelle, la médecine douce, chinoise et asiatique... ainsi que les plantes médicinales, et l'homéopathie... C'est triste. Et nous empoisonner avec des médicaments aux molécules de synthèse, cancérigènes et qui ne guérissent pas mais atténuent les symptômes... Pauvres nous.... Pauvres nous, mutants.... irradiés...

avatar salagnac annie -

Si l'on compare la science à la poule aux oeufs d'or, on ne tue plus la poule comme dans les temps des superstitions religieuses, mais on casse et gaspille ses oeufs.
Le spectre du retour des grandes épidémies décimant des populations comme la tuberculose, se résume à une cause aux multiples facettes:
"immunodépression".
- La plus importante cause d'immunodépression est bien entendu le SIDA. L'existence de populations migrantes ou sans logis aux conditions de vie précaires, de famine,ont entretenue une endémie tuberculose. L'augmentation fulgurante avec le SIDA des immunodéprimés dans des pays dévelloppés, a augmenté en flèche le nombre d'immunodéprimés qui offraient un terrain favorable à la tuberculose et qui reçevaient des trithérapies antituberculeuses, ce qui, on le savait dès le début, allait entrainé l'apparition de tuberculose multirésistante, avec un risque d'épidémie en cas de circonstances favorables. Par exemple en cas d'accident nucléaire grave responsable de populations irradiées dévellopant des cancers, donc immunodéprimés - Ou encore du fait de la pollution de mégapôles favorisant les affections respiratoires - Ou encore en cas d'explosion volcanique cataclysmique responsable d'atmosphère poussiéreuse sur plusieurs années(ex caldeira de

avatar salagnac annie -

suite message ci dessus, ex: caldeira de Yellowstone, comme dans le roman "le temps des révélations" éd publibook
Quant au SIDA facteur n°1 d'immunodépression, elle même facteur
n°1 des tuberculoses résistantes, la multiplication des cas augmentant le nombre de mutants et donc les probabilités d'acquisition d'une résistance.Quant au SIDA, les épidémies urbaines ont touchées d'abord les communautés homosexuelles du fait de la pratique de la sodomie entraînant des lésions muqueuses et de l'absence de protection(même si elle était que partielle) par la glaire cervicale du col utérin chez la femme, jusqu'à 70 à 80°/°des communautés étaient touchés.Là encore, phénomène banal en infectiologie: un terrain favorable au développement d'un germe augmente le risque de mutation permettant au germe d'acquérir une plus grande virulence. Ce qui explique que par la suite jusqu'à 40°/°de la population totale de pays de l'Afrique sub saharienne était infectée. D'autre part la contamination de femmes sous minipilules ou pratiquant la sodomie,ou ménopausées avec une sécheresse vaginale, a pu également favoriser le développement du SIDA, du fait de la diminution de la glaire cervicale dans ces cas là.

avatar Christian Rozé -

Je relie cet article à celui de Michel Terrier sur la surpopulation humaine.
L'homme est incapable de réguler sa propre population ni son empreinte de plus en plus grande sur la Terre. Si rien ne change l'humanité court à sa perte par asphyxie ou par dénutrition.
Finalement, si le monde des virus et des bactéries pouvait provoquer une hécatombe de la population mondiale, ce serait presque une bonne nouvelle ! Sauf, que ici encore, il est à craindre que ce soit les plus démunis qui trinquent d'abord !

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