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"Trou" record dans la couche d'ozone au dessus du pôle Nord

8967 lectures / 30 commentaires28 avril 2011, 14 h 33

Trou ozone Arctique"Trou" dans la couche d'ozone au dessus de l'Arctique le 19 mars 2011
© OMI / NASA

Des conditions météorologiques exceptionnelles conduisent ces dernières semaines à une diminution d'ozone sans précédent en Arctique. Les observations (sol et satellite) par les chercheurs du Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS, CNRS/UVSQ/UPMC) et les modèles français indiquent une diminution qui atteignait environ 40 % à la fin du mois de mars. Ce phénomène s'explique par un hiver stratosphérique très froid et persistant qui a conduit à une destruction importante d'ozone, laquelle s'est prolongée de façon inhabituelle jusqu'au printemps.

La couche d'ozone agit comme un bouclier qui protège la vie sur Terre des rayons ultraviolets solaires nocifs. Les concentrations en ozone et son contenu total sont surveillés en continu depuis qu'un traité international, le Protocole de Montréal signé en 1987, réglemente la production des halocarbures, des composés chimiques qui contiennent du chlore et du brome et qui sont à l'origine de la destruction de l'ozone dans la stratosphère (la partie de l'atmosphère qui s'étend d'environ 10 à 50 km d'altitude et dans laquelle l'ozone est le plus abondant). Comme les halocarbures persistent dans l'atmosphère durant plusieurs dizaines d'années, il faudra encore plusieurs décennies avant que leur concentration retrouve leur niveau d'avant 1980.

La destruction de l'ozone stratosphérique se produit dans les régions polaires lorsque les températures descendent en dessous de -80 °C. À ces températures des nuages se forment dans la basse stratosphère au sein desquels des réactions chimiques transforment des composés issus des halocarbures - et inoffensifs vis-à-vis de l'ozone - en composés actifs. Ces processus conduisent à une destruction rapide de l'ozone au retour de la lumière solaire au-dessus du pôle.

En Antarctique, le "trou d'ozone" (qui correspond à une destruction de plus de la moitié du contenu total d'ozone au printemps) est un phénomène récurrent en raison des températures extrêmement basses dans la stratosphère chaque hiver.
En Arctique en revanche, les températures hivernales sont en moyenne plus élevées qu'au pôle Sud et les conditions météorologiques varient beaucoup d'une année à l'autre. Les conditions ne sont donc pas toujours réunies pour qu'une diminution importante d'ozone y soit observée.

Les chercheurs du Laboratoire atmosphère, milieux, observations spatiales (CNRS/UVSQ/UPMC) disposent d'une série de stations de mesure(1) et de systèmes d'observation par sondage infrarouge(2) et UV-visible(3) pour surveiller l'ozone au jour le jour et tout autour du globe. Ces observations font partie du dispositif international d'observation continue de l'ozone atmosphérique, sous l'égide de l'Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations Unies sur l'environnement.

Cet hiver, les observations de ces équipes et les simulations qu'elles ont réalisées avec le modèle Reprobus(4) leur ont permis de mettre en évidence une diminution très importante, et sur une zone étendue, du contenu total d'ozone.

Ozone ArctiqueDistribution du contenu total d'ozone mesurée par l'instrument IASI à bord du satellite MetOp, pour les périodes 18-20 mars et 26-28 mars 2011. Les couleurs jaunes à rouges indiquent les régions de fortes concentrations d'ozone, les couleurs bleues celles de concentrations deux fois plus basses. Les structures grises sont des nuages.
© M. George, LATMOS

La persistance et l'intensité de cette diminution, qui dure depuis plusieurs semaines et a atteint 40 % à la fin mars, sont tout à fait exceptionnelles. Ce sont les conditions météorologiques extrêmes qu'a connues l'Arctique cette année qui sont responsables de cet évènement record.

Actuellement, des équipes françaises(5) et européennes sont mobilisées sur le terrain au-delà du cercle polaire (Kiruna, Suède) pour échantillonner finement ces conditions exceptionnelles à l'aide d'instruments embarqués sous ballons stratosphériques opérés par le CNES(6). Quant aux instruments de la station d'observation de Haute Provence (sondes sous ballons et système lidar(7)), ils permettront de détecter l'impact de cet évènement sur les plus basses latitudes lorsqu'à la suite du réchauffement de la stratosphère polaire au printemps, les masses d'air appauvries en ozone se déplaceront vers ces régions.

Avec l'aimable autorisation du CNES

Sans le Protocole de Montréal, cette destruction de l'ozone aurait été bien pire. Tant que le contenu de la stratosphère en chlore et en brome demeurera élevé, une forte diminution d'ozone semblable à celle observée cette année pourra se reproduire lors d'hivers arctiques exceptionnellement froids. Selon le dernier rapport international d'évaluation de l'état de la couche d'ozone, l'ozone devrait retrouver son niveau des années 1980 autour de 2045-60 au pôle Sud, et probablement une ou deux décennies plus tôt au pôle Nord.

Notes

  1. Réseau de mesure SAOZ en région arctique (suivi au LATMOS par Florence Goutail, Andrea Pazmino)
  2. Satellite IASI/MetOp (suivi au LATMOS par Cathy Clerbaux)
  3. Satellite GOMOS/ENVISAT (suivi au LATMOS par Alain Hauchecorne, Slimane Bekki)
  4. Modèle Reprobus (suivi au LATMOS par Franck Lefevre)
  5. du Laboratoire de physique moléculaire pour l'atmosphère et l'astrophysique (CNRS/UMPC) de l'Institut Pierre Simon Laplace, du Laboratoire de physique et chimie de l'environnement et de l'Espace (CNRS/Université d'Orléans) et du Groupe de spectrométrie moléculaire et atmosphérique (CNRS/Université de Reims)
  6. Projet ENRICHED
  7. Mesures par sondes sous ballon et lidar à l'Observatoire de Haute-Provence (suivi au LATMOS par Sophie Godin-Beekmann et Gérard Ancellet)

Liens

Dernier rapport OMM et PNUE sur l'état de la couche d'ozone

Auteur

Institut national des sciences de l'univers

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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30 commentaires

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avatar Hervé -

Mais je croyais que du fait que l'on avait pris des mesures drastiques en supprimant les CFC qui faisaient fonctionner nos frigidaire que le problème du "trou" d'ozone avait été résolu et cela prouvait que quand l'homme se met à prendre des mesures sérieuses pour régler les problème de la nature on obtenait des résultats probants . Cela a été confirmé souvent dans les milieux écologistes pour montrer que l'action de l'homme était très efficace pour résoudre ces problèmes de la nature et donc par extension cela serait très encourageant pour en faire de même avec le réchauffement de la planète. Mais je vois que les choses ne sont pas aussi simples qu'on voudrait le faire croire!!

Ceci dit il est tout à fait normal que l'homme fasse de sérieux efforts pour préserver sa planète mais dans la mesure de ses moyens et non dans l'utopie.

avatar Arcticman -

@ Hervé

Tu sais lire ? Ou tu ne lis que ce que tu veux (je penche pour la seconde solution) : L'article dit clairement ceci : "Comme les halocarbures persistent dans l'atmosphère durant plusieurs dizaines d'années, il faudra encore plusieurs décennies avant que leur concentration retrouve leur niveau d'avant 1980."

avatar Hervé -

Articman@ En pur raisonnement logique, s'il n'y avait pas eu le protocole de Montréal la destruction de la couche d'ozone aurait été pire parce qu'il y aurait eu augmentation des halo carbones.
Mais depuis 1987 on a arrêté pratiquement la production de CFC donc il y a depuis cette date forcement une diminution progressive des halocarbone et donc on aurait du constater une diminution du »trou » d'ozone. Or ce n'est pas le cas bien au contraire. Donc il y a quelque chose qui ne va pas dans la logique du raisonnement de ce texte ci-dessus.
Sans doute d'autres raisons interviennent qui nous échappent encore en partie. On ne peut pas avoir une chose et son contraire.

avatar Arcticman -

@ Hervé

L'autre raison c'est l'augmentation desGES du CO2 troposphérique, celui-ci en freinant l'émission du rayonnement infrarouge favorise le refroidissement de la stratosphère et on a en plus une diminution de l'activité solaire.

avatar craps languidic -

Rappelons les commentaires faits dans l'article précédent :
Un trou dans la couche d'ozone a été détecté par un satellite au dessus du pôle sud en 1979.
Depuis les CFC ont été interdits, depuis presque 25 ans, mais on s'est aussi aperçu qu'il y a un autre trou au dessus du pôle nord !
Et ces trous ne régressent absolument pas, au contraire comme le montre cet article, celui au dessus du pôle nord s'agrandit actuellement.

Au lieu de mettre en doute le postulat de départ ( la responsabilité de l'homme et des CFC) on cherche désespérément d'autres explications, qui rendent toujours obligatoirement responsables les activités humaines.

N'oublions pas ce qu'a déclaré Haroun Tazieff là dessus, invité à un JT avec Brice Lalonde qui ne l'a pas contredit :

""Ce trou est sans doute naturel et pas dû à l'homme, et a existé de tout temps.""

http://www.ina.fr/video/CAG03014086/plateau-haroun-tazieff-et-brice-lalonde.fr.html



avatar Arcticman -

@ craps

Dans une vidéo dont j'ai mis le lien Haroun Tazieff reconnaît sa totale ignorance du sujet, il ne fait qu'émettre un avis. Merci de ne pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas. D'autre part ce n'est en aucune manière un postulat les études ont montré la responsabilité des CFC dans la destruction de l'ozone. Connaître le cycle de formation et de destruction naturel de l'ozone t'amènerait à comprendre. Encore faut-il que tu le veuilles...

avatar Gilboule -

@arcticman
Arrêtez de nourrir ce troll de craps qui a montré hier son inculture scientifique immense. Vous lui avez même répondu.

avatar Hervé -

Giboule@ bravo argumentation puissante digne d'un prix nubel!!!!

avatar craps languidic -

Haroun Tazieff n'a jamais dit qu'il était ignorant sur le sujet du trou dans la couche d'ozone, au contraire il en a parlé à plusieurs reprises et écrit plusieurs articles là dessus.
""""L'ozone strastosphérique n'est nullement menacé de disparaître. Ceux qui depuis 10 ans s'efforcent de le faire croire trahissent la vérité scientifique. ""

Il craint que l'on se batte contre des "moulins à vent", c'est à dire que l'on engage des milliards de dépenses pour rien, puisque en la matière rien n'est prouvé, et il fait la corrélation avec ce qui s'est fait pour les PCB : des milliards ont été dépensé alors qu'il n'y a eu aucune victime.

Le cycle de formation naturel de l'ozone est connu, l'action des CFC aussi.
Simplement constatons les faits : Aucune évolution depuis l'interdiction des CFC, aucune preuve que l'action des CFC soit prédominante dans le phénomène, aucune preuve que le trou dans la couche d'ozone n'existe pas depuis fort longtemps.

Enfin n'oublions pas que Haroun Tazieff était un scientifique mondialement reconnu et qu'il a été ministre de l'écologie d'un gouvernement socialiste.

avatar Arcticman -

@ craps

Si il dit (voir à 3mn) qu'il est ignorant en la matière et la suite de son discours confirme son ignorance (il ne connaît pas le processus de formation de destruction et de distribution de l'ozone (et oui l'ozone voyage de l'équateur vers les pôles).

http://www.ina.fr/economie-et-societe/environnement-et-urbanisme/video/I07117061/haroun-tazieff-a-propos-de-la-couche-d-ozone.fr.html

L'ozone stratosphérique ne disparaîtra sans doute jamais mais une forte réduction de celle-ci aura des conséquences majeures sur notre santé. Ce n'est pas pour rien que tous les états ont signé le protocole de Montréal. Aucune évolution depuis la signature du traité ? Ben il faut tenir compte de l'inertie due à la durée de vie des CFC, mais il n'y avait pas d'aggravation et les dernière études montrent un réle progrès (sauf aux pôles.
Il a fallu trente ans d'observations et de calcul pour arriver à découvrir le trou d'ozone (1985) au dessus de l'antarctique donc le fait qu'il soit là depuis toujours reste à prouver.
J'ajoute que tu nous sers là un argument d'autorité totalement idiot Tazieff ne faisait qu'émettre son avis, il n'a jamais prétendu avoir raison.

avatar craps languidic -

Par contre vous, vous ne prétendez pas avoir raison, mais l'affirmez ! C'est toute la différence !
Donc l'argument d'autorité de qui il vient, sachant que vous n'admettez pas le doute, ni les avis différents du vôtre ?

avatar Arcticman -

@ crap

Bah non, je n'affirme rien je ne fais que relater ce que dit la science. Comme je l'ai déja dit quand il s'agit de science les opinions n'ont aucune valeur. Les CFC détruisent l'ozone c'est comme ça jusqu'à preuve (scientifique du contraire). Que Tazieff ou n'importe qui ne soit pas d'accord n'a aucune importance, les faits sont là.

avatar craps languidic -

Alors lisez le rapport N°41 de l'académie des sciences " l'ozone stratosphérique" et apprenez à être prudent dans vos affirmations :
Ainsi ce rapport comprend entre autres chapitres : "Les Incertitudes sur les mécanismes de destruction de l'ozone dans les régions polaires, Evolution ultérieure et incertitudes, Les perturbations d'origine volcanique, les composés contenant du Brome, l'acide trifluoro acétique, Perturbations liées aux émissions de la flotte aérienne, Impact des émissions par les fusées" , etc ...

et en conclusion intelligente :
1-LES FAITS SCIENTIFIQUEMENT ETABLIS
2-LES INCERTITUDES

Il est certain que les CFC ont une action sur la couche d'ozone, il est incertain de dire qu'ils sont à l'origine des trous aux pôles dans cette couche !

avatar Arcticman -

@ craps

J'ai dit que les CFC détruisaient l'ozone, rien d'autre. D'autre part le rapport date de 1998, à ta place je ferai des recherches pour voir s'il n'y a pas du nouveau...

Merci de revenir au sujet qui est le trou d'ozone en Arctique.

avatar Arcticman -



Allez je suis bon prince :

http://www.atmos-chem-phys.org/9/2113/2009/acp-9-2113-2009.pdf

avatar craps languidic -

Il s'agit de simulations d'impact en utilisant des modèles, si les CFC n'avaient pas été interdits.
Vu qu'ils l'ont été, on ne saura jamais si cette simulation est bonne ou pas.

De plus, le sujet ici débattu est la taille actuellement énorme du trou dans la couche d'ozone au dessus du pôle nord et son origine, dont rien ne prouve que les CFC en soient la cause.

avatar Arcticman -

@ craps

Il s'agit de simulations d'impact en utilisant des modèles, si les CFC n'avaient pas été interdits.
Vu qu'ils l'ont été, on ne saura jamais si cette simulation est bonne ou pas.
________________________________________

Ce n'est pas un argument.

________________________________________
De plus, le sujet ici débattu est la taille actuellement énorme du trou dans la couche d'ozone au dessus du pôle nord et son origine, dont rien ne prouve que les CFC en soient la cause.
________________________________________

Il y a jusqu'à preuve du contraire influence des CFC mais aussi de l'augmentation du taux de CO2 atmosphérique.

Je remarque que tu réfutes systématiquement mais sans jamais apporter le moindre élément pour appuyer ta réfutation. C'est du déni rien d'autre.







avatar france -

Les mayas l'avais prédit !!!!!!!!!!!!!!
hein....

avatar craps languidic -

@ arcticman
Je remarque que tu imposes des affirmations sans apporter l'ombre d'une preuve.
L'étude que tu proposes est à côté de la plaque et n'apporte rien du tout, je reste sur le rapport de l'académie des sciences.
Les lecteurs apprécieront !

avatar Arcticman -

@ craps

Je n'ai pas lu ce rapport (il ne fait pas partie de ma bibliothèque) tu pourrais donc nous dire (sans tricher) ce que disent ces fameux chapîtres sur les faits scientifiques et les incertitudes que tu soulèves.

D'autre part la grande majorité des études scientifiques mettent en cause les halocarbures dont font partie les CFC.

C'est marrant mais mon petit doigt me dit que tu es allé chercher tes infos sur ce blog (un peu farfelu).

http://plutgen.wordpress.com/2007/09/30/trou-dozone-et-cfc-capricieux/

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