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24361 lectures / 30 commentaires15 avril 2012, 23 h 12
Un séisme exceptionnel de magnitude 9 a frappé le nord-est du Japon vendredi 11 mars, il a été suivi d'un tsunami dévastateur. Si l'ampleur exacte des dégâts reste à évaluer, le Japon vit sa "plus grave crise depuis la seconde guerre mondiale".
A 14h46, heure locale du Japon, un tremblement de terre qualifié "d'important" est survenu au large de la côte de Honshu, à 130 km de Sendai, une métropole de plus d'un million d'habitants et à 373 km de la capitale, Tokyo. Selon l' U.S. Geological Survey (USGS), le foyer de ce séisme a été localisé à 32 km de profondeur, dans l'océan pacifique. Avec une magnitude de 9, "c'est le plus important séisme depuis l'ère Meiji (1868 à 1912)", a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais. Ce tremblement de terre compte parmi les 5 séismes les plus puissants jamais enregistrés et demeure le plus puissant au Japon depuis 140 ans : il a été ressenti jusqu'à Beijing (Chine) à 2 500 km.
Déjà, en décembre 2008, une série de 4 séismes modérés (5,3 à 5,8 de magnitude) avaient été enregistrés à moins de 20 km de celui du 11 mars 2011. Et, deux jours avant, une série de secousses avait annoncé l'arrivée de ce puissant séisme : le 9 mars, un tremblement de terre de magnitude 7,2 (séisme dit "majeur") était enregistré à 168 km à l'est de Sendai. Il a été suivi par 3 répliques de magnitude supérieure à 6 dans la même zone. Malheureusement, le danger n'était pas écarté puisque quelques heures plus tard, un séisme de magnitude 9 donc "exceptionnel" frappait le nord-est du pays. Il a été suivi par des centaines de répliques de magnitude supérieure à 5, qui se produisent encore actuellement, dont plus de 35 avec une magnitude supérieure à 6 en seulement quelques heures, ce qui correspond à de "forts" séismes capables de produire des sérieux dégâts à des centaines de kilomètres à la ronde.
Ces violentes secousses s'expliquent par la présence d'une faille de chevauchement de plusieurs centaines de kilomètres qui se serait déplacée verticalement de plus de 10 mètres à proximité de la zone de subduction entre les plaques Pacifique et nord-américaine. A l'emplacement du séisme de magnitude 9, la plaque Pacifique se déplace vers l'ouest à une vitesse estimée par l'USGS à 8,3 cm par an.
Selon l'Institut de Physique du Globe de Paris, ce séisme, comme tous les tremblements de terre de cette ampleur (voir séisme de magnitude 8,8 du Chili) a très légèrement modifié l'axe de rotation de la Terre et la durée du jour, mais de façon totalement insensible à l'homme. "Les déplacements horizontaux cosismiques, mesurés par les stations GPS réparties sur toute l'île de Honshu, ont atteint 4 m sur la côte est de l'île face à l'épicentre du séisme. Ce déplacement, qui marque le rebond élastique de la plaque supérieure lors du séisme, s'atténue au nord et au sud de la zone de rupture."
Dimanche 13 mars, les autorités japonaises craignaient l'arrivée d'un nouveau séisme majeur dans les prochains jours. Heureusement, les répliques parfois puissantes n'ont jamais été à la hauteur du tremblement de terre du 11 mars 2011.
Localisé en mer, ce séisme a engendré un tsunami sur les côtes est et ouest du Pacifique. En effet, une onde marine évoluant à environ 800 km/h en haute mer a été générée par le soudain déplacement du plancher océanique. Des vagues de 4 à 23 mètres ont inondé quelque 400 km du littoral de l'archipel. La mer s'est engouffrée jusqu'à 10 km à l'intérieur des terres : de nombreuses villes côtières et littoraux ont été dévastés.
Toutes les côtes est et nord du Japon ont été concernées par une alerte tsunami. De plus, Hawaï, les Philippines, la Nouvelle-Calédonie et les îles Mariannes ont ordonné l'évacuation des populations situées en zone côtière. Une alerte a été également lancée en Indonésie, au Canada et aux Amériques pour les côtes ouest.
Propagation de l'onde marine dans l'océan Pacifique
© NOAA / PMEL / Center for Tsunami Research
La capitale, Tokyo, pourtant située à près de 400 km de l'épicentre a fortement ressenti ce puissant tremblement de terre. Ses gratte-ciel ont longuement tangué sous les secousses.
Les 15 millions d'habitants de Tokyo et les millions de travailleurs présents en début d'après-midi dans la capitale ont dû évacuer d'urgence tous les locaux et se sont précipités dans les rues. Toute l'activité de la ville a cessé et les personnes ont été invitées à rentrer chez elles à pied, lorsqu'elles le pouvaient.
Des dizaines d'incendies se sont déclarés. La raffinerie de Iichihara, située à quelques dizaines de kilomètres du centre de la capitale, s'est embrasée.
Suite aux séismes, les centrales nucléaires des préfectures de Miyagi et Fukushima ont été arrêtées, a indiqué la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco).
Un incendie s'est déclaré dans une centrale nucléaire à Onagawa, dans le nord-est du Japon, rapporte l'agence Kyodo. Selon l'opérateur de la centrale, Tohoku Electric Power, il n'y a aucun signe de fuite radioactive.
Mais c'est une autre centrale durement touché par le tsunami qui a conduit le gouvernement à déclarer une situation d'urgence nucléaire, qui se déclenche en cas de fuites radioactives ou de panne du système de refroidissement d'un réacteur. Ainsi, le Premier ministre Naoto Kan a demandé l'évacuation de 250 000 personnes situées dans une zone de 20 kilomètres autour de la centrale nucléaire de Fukushima (à 250 km au nord de Tokyo). En effet, une radioactivité huit fois supérieure à la normale et une fuite radioactive à l'extérieur de la centrale ont été mesurées.
Pire, samedi 12 mars 2011 vers 16 h 00 heure locale, une explosion inquiétante s'est produite sur le réacteur n°1 de la centrale. Celle-ci a été suivie d'autres explosions sur les autres réacteurs de la centrale. Alors que les enceintes de confinement du coeur étaient jusqu'alors épargnées, de nouvelles explosions ont endommagé au moins deux réacteurs. Ceci laisse craindre une catastrophe nucléaire majeure : de nombreux Tokyoïtes fuient la capitale tandis que les étrangers sont rapatriés dans leurs pays.
L'arrêt d'un certain nombre de centrales nucléaires pour un pays qui tire un tiers de son électricité de cette énergie(2) pose des problèmes d'approvisionnement : des millions de foyers restent privés d'électricité et la compagnie Tepco a averti d'un risque d'interruption de l'alimentation en électricité à Tokyo, qui a déjà diminué sa consommation superflue.
Les transports aériens, maritimes, ferroviaires et routiers ont été interrompus vendredi dans une bonne partie du Japon. Les trains express Shinkansen, les lignes de métro ont été arrêtés et les autoroutes de la région de Tokyo fermées quelques minutes après le tremblement de terre. Des bateaux ont sombré dans l'océan à cause du tsunami et de nombreux trains ont déraillé.
De plus, un million de foyers demeurent sans eau potable.
Des villes entières ont été rasées par le tsunami. Selon un bilan de l'Organisation Mondiale de la Santé du 10 février 2012, près de 20 000 personnes sont mortes ou portées disparues. 160 000 personnes ont été évacuées (elles étaient plus de 500 000 les premiers jours qui ont suivi le séisme).
Plus de 100 000 militaires et secouristes, qui viennent de nombreux pays, sont mobilisés pour trouver des survivants parmi les décombres, alors qu'il neige dans les zones sinistrées.
Le bilan des dégâts sera "considérable" indique le gouvernement japonais. Le Premier ministre Naoto Kan a qualifié cet évènement de crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale pour l'archipel. Pour la première fois depuis son accession au trône depuis 1989, l'Empereur du Japon Akihito s'est solennellement adressé à son peuple mercredi 16 mars peuple : "J'espère sincèrement que nous pourrons empêcher la situation d'empirer".
Le gouvernement japonais a estimé que le coût du séisme pourrait dépasser les 25 000 milliards de yens (200 milliards d'euros). Le groupe de réassurance Swiss Re a évalué fin mars 2012 les dommages économiques à 210 milliards USD (160,60 milliards d'euros).
Selon l'USGS, cette zone de subduction a connu 9 évènements de magnitude supérieure à 7 depuis 1973, le plus important jusqu'alors était celui de décembre 1994 avec une magnitude de 7,8.
Selon les écrits historiques, la région de Sendai aurait déjà connu un séisme suivi d'un tsunami le 13 juillet 869.
Avec une magnitude de 9, il s'agit du plus puissant séisme qu'ait connu l'archipel. Il dépasse en intensité le grand séisme de Kanto, d'une magnitude de 7,9, qui fit environ 140 000 morts dans la région de Tokyo le 1er septembre 1923. En 1933, un séisme de magnitude 8,1 avait fait plus de 3 000 morts sur la côte nord-est. En 1995, le séisme de Kobé avait atteint une magnitude de 7,2 et fait plus de 6 400 morts. Il avait provoqué 100 milliards de dollars de dégâts, constituant la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire, détrônée ensuite par l'ouragan Katrina (135 milliards de dégâts) et les inondations en Thaïlande fin 2011.
Heureusement, grâce à la préparation des Japonais et la prise en compte du risque sismique dans leurs constructions récentes, les victimes sont souvent peu nombreuses, par rapport à des séismes moins puissants qui déciment des régions entières comme celui d'Haïti dont le bilan s'élève à 316 000 morts.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Maharshi Annecy -
Même si les prédictions pour 2012 sont des balivernes,cela promet!!!La série de catastrophes prend de l'ampleur,INQUIÉTANT...
GLOBAL Louis 1 -
Un évènement sismique attendue ou pas, cré des répercussions. Les instantanés suivants mettent en relief des répercussions dans l'environnement humain. http://english.aljazeera.net/photo_galleries/asia-pacific/20113111521996179.html
alpha -
la situation s' aggrave
A priori suivant les derniéres images télévisées , il n'y a plus d'enceinte de confinement sur le réacteur N 1 eau bouillante de Fukushima
Julien Pellegrino -
Les catastrophes ne sont pas plus importantes qu'avant, on est juste mieux informés (et on a la mémoire courte).. Lisbonne a été entièrement rasée par un séisme, La région du Santorin a été rayée d ela carte par l'explosion d'un super-volcan...etc...
La croyance actuelle façon "fin du monde", laissez-moi rire, est navrante...
Nerwen -
Certes les catastrophes naturelles ont toujours existé, mais les activités humaines en majorent les effets dévastateurs. Ni dans l'Antiquité, l'explosion du Santorin, ni en 1755 le tremblement de terre de Lisbonne ne risquaient de déclencher un accident nucléaire comme actuellement à Fukushima.
"Fin du monde", peut-être pas, mais le monde qui subsistera après notre passage ne sera pas joli-joli à vivre...
Mc-savoie -
C'est pas une catastrophe nucléaire c'est un pétard à mèche qui a explosé.
Du foutage de gueule comme d'habitude
François GRENOBLE -
Question à se poser devant cet événement :Le peuple Japonais est le plus entrainé au monde à faire face à ce genre de situation , or il y à de la casse -Que se passerait-il chez nous en cas de séisme même beaucoup moins grave ?Il semble certain que nous sommes quasi totalement démunis pour limiter les dégâts d'un accident sismique -Si certains d'entre vous ont des données à ce propos n'hésitez pas à les poster ce serait très interessant .
robin des bois -
pourquoi avoir construit l'arche de noé de l'apocalypse au spitzberg en norvege,monsieur rockefeller,bill gates,monsanto,ils savent que la fin est proche
MH.Paris -
faut-il croire comme l'affirme le gouvernement français que la polynésie française ne serait pas touchée par le nuage radioactif- qui peut persister plusieurs semaines voire plus ?
Merci Robin des bois -
Oui, merci Robin de Bois de rappeler cela aussi! Ils savent sûrement et certainement beaucoup de choses qu'ils nous ne diront bien sûr pas...
Stéphane à Bruxelles -
Carpe diem.
alpha -
faut demander à Eric Besson à quoi cela ressemble une enceinte de confinement nucléaire aprés une explosion d'hydrogéne ?
dramatique TMI a été classé en niveau 5 et là en 4
robin des bois -
pour mes amis japonais,je ressens une grande tristesse,mais je pressens de très graves catastrophes à venir pour le monde,que le monde est vraiment triste,et l'élite semble mettre les hommes dans l'ignorance,réveillez vous peuples du monde,avant l'horreur,merci de réagir svp,amicalement marc
Maharshi annecy -
Écoutez bien cela français,françaises:pendant que ce gouvernement de minables nous dit que ce n'est pas une "catastrophe nucléaire",des journalistes japonais indépendants ont relevés aujourd''hui à la mairie de tuba,à deux kilomètres de la centrale de kishuwa(désolé pour l'orthographe)des chiffres effarants:un japonais reçoit en dix heures la quantité maximale admissible en une année en france.Source site CRIRAAD.Tout va bien!!!
Bonom -
En tout cas ça bouge grave le long de la ceinture de feux... du Japon à Chrischurch en Nouvelle-Zelande. Les gens habitant des zones à risque ont été évacué vers 2 heures du matin en Nouvelle-Calédonie.
Pourquoi les pôles magnétiques bougent autant? est-ce normal?
Kaseekane -
Il n'est même plus nécessaire de créer des films science fiction, ni de films type "le jour d'après" ou "2012"... La réalité dépasse la fiction! J'en reviens toujours pas de ce qui est arrivé au Japon!
Séisme 8,9 + Tsunami de 10m + Re-séisme 6,6 + Contamination Nucléaire + Menace d'explosion nucléaire.... ! ! ! !
Je pense au milliers de vies perdues... Comment est-ce que les Japonais font? Outre le fait d'être secoués et traumatisés... Est-ce que ça réveille leurs consciences?
Est-ce que ces tristes événements vont bousculer la mentalité Occidentale concernant le sens de la vie, les décisions énergétiques et économiques? Ou allons-nous continuer à faire comme si de rien n'était... Jusqu'à ce que nous aussi, on vive un événement d'une telle ampleur, histoire de remettre les pendules à l'heure....?? Je me le demande...
Ça fait un sacré nombre de catastrophes en moins d'un an je trouve... D'accord avec la plupart d'entre vous.
Kaseekane -
Eh oui, je voulais rajouter: ce sont les dirigeants qui ont besoin d'être bien secoués! C'est eux qui prennent les décisions, c'est eux qui prennent des initiatives, et la plupart du temps n'en font qu'à leur tête, en obéissant à des ordres d'autres supérieurs... Pourquoi Eric Besson défend-il sont gouvernement? Pourquoi défend-il le nucléaire? Pourquoi défend-il le système mis en place? Qu'est-ce qu'il a a gagner en faisant cela? Un grade supérieur? Une place dans l'arche des VIP contrôleurs du monde quand le monde partira en friche? Un espoir de présidence? Quelques millions d'euros en cagnote? Je me demande ce qui peut bien motiver un homme (politique) à soutenir une voie qui met en péril d'autres êtres humains, et qui désavantage la majorité économiquement (y'a qu'entre eux qu'ils ramassent l'argent). S'ils sont aussi égoïstes, que font-il à un poste où l'on est supposé défendre le peuple, le protéger et lui rendre la vie meilleure? La situation est extrêmement grave, et on pense qu'avec des mots mensongers et atténuant la réalité, nous seront bernés! NON! Et NON! J'y crois pas un mot! Nous sommes réellement en danger, et je ne sais pas quoi faire!
Arcticman -
@ Kaseekane
Comment est-ce que les Japonais font? Outre le fait d'être secoués et traumatisés... Est-ce que ça réveille leurs consciences?
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N'oublions pas que le mot tsunami (津波
) est un mot japonais, et que les japonais n'ont pas notre mentalité ni le même rapport avec la mort.
Hdrass -
Le vent souffle en défaveur du nucléaire civil.
L'Archipel japonais projetait de construire 14 nouveaux réacteurs en plus des 54 dont il dispose actuellement.
Que vont-ils faire désormais ?
craps languidic -
Aucune installation n'aura jamais le risque zéro. Que ce soit le nucléaire, ou simplement quand on prend la route en voiture ou en avion !
Maintenant accepte t on le risque, en prenant bien sûr de grandes précautions ?
Et là on voit clairement que pour le nucléaire, il n'y a aucun justificatif technique de l'interdire, c'est juste de la politique !
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