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9158 lectures / 23 commentaires03 mars 2011, 15 h 52
© C. Magdelaine / notre-planete.infoAlors que le nord de la France et l'Ile-de-France connaissent un épisode de pollution atmosphérique lié aux concentrations élevées en particules, une nouvelle étude s'est employée à quantifier l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique dans 25 grandes villes européennes.
Chaque année la pollution de l'air en milieu urbain est à l'origine d'environ 2 millions de décès prématurés dans le monde.
L'Europe n'est pas épargnée et, lors de temps anticycloniques, ses grandes villes étouffent sous une pollution liée principalement au trafic automobile et aux systèmes de combustion.
En France, 30 000 décès anticipés par an sont liés à la pollution atmosphérique urbaine...
En milieu urbain, les polluants les plus problématiques demeurent les particules fines et l'ozone troposphérique.
L'ozone est un polluant secondaire qui se forme en été avec des températures supérieures à 25°C et un type de temps anticyclonique. Des polluants dits primaires, c'est à dire émis directement par les activités humaines (véhicules, usines...) comme les oxydes d'azote et les composés organiques volatils sont transformés, sous l'action du soleil et de la chaleur en polluants secondaires comme l'ozone. L'ozone irrite notamment les yeux et les voies respiratoires en attaquant les poumons et les bronches.
Ces particules, d'un diamètre inférieur à 2,5 µm, sont très volatiles et peuvent donc parcourir de très longues distances (jusqu'à 3 000 km) sous l'action des vents et rester longtemps en suspension (40 à 50 heures). C'est ce qui explique en partie l'épisode actuel de pollution : les masses d'air d'Europe de l'Est transportent les particules jusqu'en France. Celles-ci sont essentiellement composées de suie et sont émises principalement par le trafic routier (véhicules à moteur diesel) et les systèmes de combustion dont le chauffage au bois. Aciéries, cimenteries et centrales thermiques sont également d'importantes émettrices de particules fines.
Ces particules sont à l'origine de maladies respiratoires et pulmonaires mais aussi cardio-vasculaires car leur faible diamètre leur permet d'atteindre les alvéoles pulmonaires puis le sang.
Les études européennes se suivent et se rejoignent sur les faits : la qualité de l'air en Europe est médiocre et notamment dans les grandes villes qui peinent à se mobiliser avec force pour réduire leur pollution atmosphérique.
En Europe, les évaluations présentées au programme "Air pur pour l'Europe" (CAFE en anglais) en 2005 indiquaient que près de 400 000 décès prématurés sur le continent étaient imputables à la pollution atmosphérique (particules fines et ozone troposphérique).
Le projet Aphekom (" Improving Knowledge and Communication for Decision Making on Air Pollution and Health in Europe "), coordonné par l'Institut de veille sanitaire (InVS) mobilise 12 pays européens et plus de 60 scientifiques. Dans ce cadre, les résultats de trois années de travaux sur les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique en Europe ont été rendus publics hier.
L'évaluation de l'impact sanitaire dans 25 grandes villes européennes, sur 39 millions d'habitants montre que les niveaux actuels de concentration en particules sont au-dessus du seuil de 10 microgrammes par mètre-cube, valeur guide préconisée par l'OMS. Ceci se traduit par une perte d'espérance de vie de près de deux ans pour les personnes âgées de 30 ans et plus (en fonction de la ville et du niveau moyen de pollution). Ce qui représente 19 000 décès par an sur ces 25 villes, dont 15 000 liés à des maladies cardio-vasculaires. Les dépenses associées sont estimées à 31,5 milliards d'euros (diminution des dépenses de santé, de l'absentéisme, et des coûts associés à la perte de bien-être, de qualité et d'espérance de vie).
A l'aide de méthodes innovantes, Aphekom a montré qu'habiter à proximité du trafic routier est un facteur majorant dans le développement de pathologies chroniques. Il a été estimé notamment que, dans 10 villes européennes, le fait d'habiter à proximité du trafic routier pourrait être responsable d'environ 15 % des asthmes de l'enfant. On pourrait retrouver des proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardio-vasculaires fréquentes chez les adultes de 65 ans et plus habitant à proximité du trafic.
Les deux premières villes dont l'impact sanitaire est le plus grave sont situées dans l'Europe de l'est, il s'agit de Bucarest (capitale de la Roumanie) et Budapest (capitale de la Hongrie).
Les deux villes les plus épargnées sont Dublin (capitale de l'Irlande) et Stockholm (capitale de la Suède). Paris se situe dans la moyenne, derrière Marseille et Lille.
Gains moyens de l'espérance de vie (en mois) attendus pour les personnes de 30 ans et plus si les niveaux étaient conformes à la valeur guide l'OMS (10 µg/m3). Niveaux moyens de concentrations en PM 2,5 (en µg/m3) par rapport à cette valeur guide.
© Aphekom
D'après les résultats d'Aphekom, il apparaît que la législation européenne visant à réduire les niveaux de soufre dans les carburants s'est traduite par une diminution marquée et pérenne des niveaux de dioxyde de soufre (SO2) dans l'air ambiant. Cette mesure a permis de prévenir près de 2 200 décès prématurés, dont le coût est estimé à 192 millions d'euros dans les 20 villes étudiées.
L'ensemble de ces résultats souligne que la promulgation et la mise en oeuvre de réglementations efficaces dans le domaine de la pollution atmosphérique se concrétisent par des bénéfices sanitaires et monétaires importants. Ils montrent du même coup l'intérêt qu'il y aurait à réguler les niveaux de pollution atmosphérique à proximité du trafic routier.
Ces résultats sont particulièrement pertinents alors que depuis 2005 différents pays de l'Union européenne dépassent les valeurs limites réglementaires pour les niveaux de particules dans l'air ambiant. De plus, la mise en oeuvre des réglementations actuelles est à l'ordre du jour aux niveaux européen et national, et l'Union européenne prépare pour 2013 une révision de la réglementation actuelle.
Ces résultats, qui confortent d'autres études menées sur l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique dans les grandes villes européennes, conduisent les pilotes du projet à formuler les constats suivants :
Malheureusement, force est de constater que les décideurs et les aménageurs ont des intérêts souvent contradictoires avec cette dernière recommandation. En effet, le futur schéma directeur de la Région en gestation aspire à concentrer les Hommes et les activités dans une région-capitale où la pression foncière rapproche les populations des infrastructures de transport, et donc des nuisances qu'elles occasionnent...
Le projet Aphekom met ses résultats et ses outils à disposition des décideurs pour les aider à formuler des politiques locales, nationales et européennes plus efficaces. Il apporte des éléments aux professionnels de santé pour mieux conseiller les personnes vulnérables, ainsi qu'à l'ensemble des citoyens afin qu'ils puissent mieux protéger leur santé.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
HERMET Virginie ST MAUR DES FOSSES (94100) -
Quel commentaire peut-on faire si ce n'est que de dire simplement que nous sommes gouvernés par des politiciens qui sont dans l'indifférence la plus totale face aux problèmes environnementaux ainsi que notre santé !!
Ouest Lyonnais -
Depuis plusieurs années ma vie est infernale à chauque épisode de pollution aux particules Comme aujourd'hui par exemple.
Je pleure toute la journée, je passe montemps à mettre de gouttes dans les yeux mais rien n'y fait.
Je sais que Borloo a privilégié le CO2 par rapport aux particules fines comme signe de pollution. Ainsi les véhicules diésels ont la prime écologique malgrès les particules fines. Alors que les véhicules essence émettent peut-être un petit peu plus de CO2 mais sans aucun danger pour les voies respiratoires.
Il faut dire que les épisodes de pollution aux particules fines sont de plus en plus longs et rapprochés. L'avenir s'annonce larmoyant ... et je ne parle pas de l'asthme; mais là je prend mon corticoïde tous les matins.
Steven Toulouse -
"Gain in life expectancy" ???
C'est pas plutôt, "perte actuelle d'espérance de vie" ?
Christophe Magdelaine -
Steven Toulouse : il s'agit des gains moyens de l'espérance de vie (en mois) attendus pour les personnes de 30 ans et plus si les niveaux étaient conformes à la valeur guide l'OMS (10 µg/m3).
alpha -
Faut leurs proposer de mettre un réacteur nucléaire à la plaçe de l'arc du Triomphe pour alimenter les voitures électriques et récupérer les calories perdues pour le chauffage urbain
d'installer une éolienne sur la tour Effeil pour alimenter ses ampoules
de retraiter leur dêchets pour faire du biogaz
A forçe de faire du cinéma dans la consommation des resourçes qui proviennent de l'extérieur de la ville ,il faut retraîter sa merde
da ponte -
oui,ok,
faut savoir que l'on est tous responsable de cet polution,facile de dire ,c"est la faute de ......
cé toujour la faute a autruis...
je pense cé pas la fin ,,on peux toujour changer les choses!...
Beaumarchais de Lyon -
Que pense l'association "Sortir du nucléaire " de cette info ?
luc -
vive les énergies fossiles chères ! il n'y a que quand c'est cher que les gens consomment moins et donc polluent moins ! et vive les énergies saines/propres/renouvelables !
alpha -
@ Beaumarchais de lyon
ils n'en pensent rien, parce que si on n'avai pas fait un patacaisse avec le réacteur calorigéne Thermos , on n'en serai pas dans cette situation à Grenoble
et que le concept serait dévellopé dans toutes les autres grandes villes
le probléme est plutôt les avantages de mettre des réacteurs à chauffer de l'eau de mer, mais trés loin de sa chaudiére fioul
donc vaut mieux respirer l'échappement de sa voiture et sa chaudiere
http://laloupiotedubio.wordpress.com/2011/02/17/les-alertes-de-pollution-a-grenoble-augmentent/
alpha -
les éoliennes c'est trés bien , mais cela ne pourra pas tout faire
il y plus qu'à , avant de se faire de nouveau dépassé par la concurençe
pour résoudre les problémes de pollution et d'effet de serre en minimisant la consomation et la production de déchêts fissiles
http://www.unsa-energie-civaux.com/article-16131950.html
Beaumarchais de Lyon -
@ Alpha
Pardon, mais je ne comprends pas ce que tu écris.
Mon interrogation concernait sur le fait qu'avant de penser à remplacer les centrales nucléaires par les énergies "propres", ne serait-il pas plus opportun de remplacer d'abord les centrales thermiques.
Cordialement
alpha -
C'était l'histoire de faire de l'eau chaude autrement qu'avec une chaudiére fioul, charbon et en méme temps alimenter la voiture électrique pour respirer un peu plus sain
mais si cela flippe la chaudiére urbaine nucléaire, faut pas en installer à 300 km avec ses THT qui agrémentent le paysage
André Molsheim -
D'accord avec tous ceux qui dénoncent les moteurs diesel comme les principaux générateurs de particules.
Quand on pense que le seul "argument" en faveur de ce funeste carburant, c'est sa taxation moindre! Les commerciaux de toutes les marques automobiles se font un plaisir de conseiller à leurs clients depuis des années des véhicules diesel (souvent sans FAP) qui vont hanter nos routes encore pendant des années!
Tant pis pour nos bronches!
Stéphane à Bruxelles -
Comment expliquer que la solution hybride ne s'est pas généralisée?
En ville nous ne faisons qu'alterner accélérations et freinages (il y a aussi les micro-particules des plaquettes de frein et des disques d'embrayage!).
On pourrait/devrait chiffrer le gaspillage de l'énergie cinétique; à l'échelle de la planète ça doit être gigantesque.
En cela le tram est plus éco-logique mais, cycliste (donc plus automobile...), je redoute ces rails casse-gueule. Pourquoi pas des trams sur pneu, des trolleybus?
Et surtout, pourquoi avons-nous tant besoin de nous déplacer?
Si lourdement??
Lire Ivan Illitch.
alpha -
Il y a peut être une explication
du pourquoi la ville de Stockholm est en bas de la liste
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=1971040
Dufeu Vinsobres -
Perso: Strictement rien à faire de tout cela tant que personne ne voudra s'attaquer à LA VRAIE CAUSE: La prolifération de l'espèce humaine.
alpha -
@ dufeu
il semble que c'est toujours un probléme de chaleur , mais un peu trop répétitif ?
Dufeu Vinsobres -
alpha: Excusez moi, mais je ne vois pas du tout le rapport avec ce que j'ai écris.
Viviane Moncuq -
La question n'est pas la la planète souffre il faut juste diminuer nos consomation en ce qui concerne les ressources rare, qui vont bientôt être épuisé et voir plus loin pour les remplacer.
Jean-Pierre Grenoble -
D'accord avec Ouest Lyonnais. La prime écologique au véhicules diesel est un véritable scandale. Il faut dire qu'actuellement on veut nous faire croire que la pollution se limite aux émissions de CO2. Le CO2 n'est pas un vulgaire polluant : nous sommes constitués à partir de CO2 (cf. la photosynthèse). S'il n'y avait plus de CO2, il n'y aurait plus de vie sur la planète (et la température moyenne de la Terre avoisinerait dans un premier temps - 18 °C, pour chuter ensuite autour de - 100 °C à cause des glaces qui recouvriraient la plus grande partie de sa surface et réfléchiraient une très grande partie de la lumière solaire).
C'est l'excès de CO2 qui est un problème. Mais il ne faut pas qu'il soit l'arbre qui cache la forêt des autres polluants.
J'apprécie l'article qui cite le chauffage au bois parmi les émetteurs de particules ; ce n'est pas si souvent ! La combustion mal maîtrisée du bois (chauffage et brûlage à l'air libre de végétaux) pollue considérablement.
En Suisse, les chauffages au bois et les combustions en plein air émettent quasiment autant de particules de combustion (les plus nocives pour la santé) que les véhicules diesel.
En France métropolitaine, le chauffage au bois pollue plus que tous les transports (il est l'émetteur principal de particules fines et très fines, d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et de benzène, selon le CITEPA : citepa.org).
En hiver, son impact sur la pollution, même en ville, est loin d'être négligeable.
Le site « cat.inist.fr » présente le résumé d’une étude scientifique intitulée « Impact de la combustion du bois sur la qualité de l'air ambiant de quatre villes de France ». Voici la conclusion de cette étude « Ces résultats prouvent que la combustion du bois joue un rôle important sur la composition de la matière organique de l'aérosol atmosphérique et sur la pollution particulaire en milieu urbain ».
Selon des études danoises, même en ville, la grande partie poussières fines n'est pas provoquée par la circulation routière, mais par les chauffages à bois (info trouvée sur le site de l'Association des Maîtres Ramoneurs suisses).
A la différence des véhicules diesel, dont on il faut espérer la disparition, le bois est une énergie d'avenir dont on ne pourra pas se passer. Les constructeurs s'emploient à le rendre plus propre. Le problème est son utilisation dans le secteur domestique où les combustions, excepté pour les appareils à chargement automatique (alimentés avec un combustible de qualité), sont trop souvent mal maîtrisées (même un appareil à bûches performant, mal utilisé, peut polluer quasiment autant qu'un appareil ancien).
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