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Des experts demandent une évaluation des micro-plastiques dans l’océan

5124 lectures / 10 commentaires15 février 2011, 10 h 08

phoque_filetJeune phoque à fourrure (Arctocephalus gazella) empêtré dans un filet de pêche à Bird Island, en Géorgie du Sud, île située à environ 1 000 km au sud-est des Malouines, dans l'Atlantique Sud.
© Photo reproduite pour Planète Sciences avec l’autorisation du British Antarctic Survey

Des experts réunis en atelier ont recommandé qu'une évaluation mondiale soit faite des micro-plastiques qui jonchent les océans afin d'éclairer les décideurs sur les moyens de les maîtriser. Alors même qu'il prend des proportions de plus en plus grandes, ce problème est mal compris.

Accueilli conjointement par la COI de l'UNESCO et le GESAMP(1) au siège de l'UNESCO à Paris, du 28 au 30 juin 2010, l'atelier a fait état des enquêtes régionales et d'un volume grandissant d'articles scientifiques qui s'accordent à confirmer que nous ne faisons qu'empiler les problèmes à résoudre dans l'avenir.

Les micro-plastiques s'accumulent dans les régions du monde qui connaissent un développement accéléré et n'ont pas de tradition de gestion des déchets solides. La quantité et le type de plastiques qui se déversent dans l'océan sont, en outre, des notions sur lesquelles les informations sont très insuffisantes, notamment au sein des gouvernements, des municipalités, de l'industrie du plastique et des multinationales de détaillants. Le fait que les déchets plastiques provoquent des dommages physiques aux mammifères marins, aux poissons et aux invertébrés est bien établi : la mort d'animaux empêtrés, asphyxiés ou le blocage de leurs organes sont très courants.

Les micro-plastiques sont de petits fragments de plastique produits par la détérioration structurelle et la désintégration d'objets en plastique, tels qu'emballages et pellicules plastiques, vêtements, brosses à dents et rasoirs, ainsi que matériaux de construction et matériel de pêche perdu ou abandonné. Les microplastiques peuvent aussi aboutir directement dans l'océan sous forme de ces granules de résine plastique qui interviennent dans la fabrication des plastiques ou sont fabriquées à dessin comme abrasifs de sablage ou encore comme exfoliants cosmétiques pour le visage. On en a déjà trouvé dans quasiment tous les milieux côtiers et marins.

La production mondiale de plastique augmente en moyenne de 9 % par an. Elle a plafonné à 245 millions de tonnes en 2008 avant de retomber brièvement à 230 millions de tonnes en 2009. Au fur et à mesure que l'économie mondiale se relève, cette production reprend son essor.

Les scientifiques s'inquiètent tout particulièrement pour les micro-plastiques, car ils sont digestes et concentrent des contaminants toxiques qui pourraient s'accumuler dans le corps sans pouvoir être éliminés. Ce sont notamment les biphényles polychlorés, le dichlorodiphényltrichloroéthane – pesticide synthétique connu sous le sigle de DDT – et les éthers diphényles polybromés, utilisés comme retardateurs de flamme. L'impact de cette contamination sur les grands mammifères marins, les requins et les êtres humains, qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire, est très peu connu. Le plastique peut prendre aussi bien des décennies que des siècles à se fragmenter. Et surtout, au lieu de disparaître, il est plus probable qu'il finisse par s'incruster dans les sédiments et autres surfaces. Même l'arrivée sur le marché de plastiques biodégradables ou biosourcés devrait avoir des effets limités, car les conditions requises pour dégrader ces « plastiques intelligents » ne sont tout simplement pas disponibles, ni sur la terre ni en mer. Savoir comment ils se dispersent et ce qu'il advient d'eux une fois qu'ils ont pénétré dans l'océan, c'est une recherche qui ne fait que commencer à l'heure actuelle.

Notes

Cette évaluation pluridisciplinaire serait dirigée par le Groupe mixte d'experts chargé d'étudier les aspects scientifiques de la protection de l'environnement marin (GESAMP)3, en collaboration avec les agences techniques des Nations unies chargées de la gouvernance de l'océan, les autorités régionales et nationales, les OIG et les ONG. Dans l'idéal, l'étude serait effectuée en 2013, à temps pour le premier round du Processus régulier des Assemblées générales des Nations unies pour l'évaluation du milieu marin.

  1. Le GESAMP a pour mission de conseiller, sur toute nouvelle question liée à l'état de l'environnement, les agences qui le parrainent : OMI, FAO, UNESCO, ONUDI, OMM, AIEA, PNUE et PNUD.

Auteur

Planète science - UNESCO

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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10 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar alpha -

actualités connexes : IFREMER Françe
bon appétit pour les 35 Kg de consommation française

http://www.ginkoo.fr/developpement-durable/pollution-ocean-sacs-plastiques-la-mer-poubelle.htm

avatar alpha -

c'est peut être plus la peine de refaire une N ieme étude

qui finançe le stade suivant du bateau dépolueur ?

avatar Arenaria18 -

la gestion des déchets a toujours été un véritable problème dans l'atlantique, et d'après de récentes études et un article paru récemment dans "info planète" ces micro plastiques et déchets en tout genre est localisé au pacifique, et aussi à travers certaines mers du globe; et ceci biensûr n'est pas sans conséquent quand à la santé public.....:(:(:( sad situation

avatar alpha -

extrait actualitéss connexes du 27/11/2001

Le sommet de la Terre, à Rio en 1992, avait estimé à 12,9 milliards de dollars annuellement sur sept ans les sommes d'argent nécessaires pour protéger les océans. "Rien n'approchant ce montant n'a été déboursé", rappelle cependant le rapport qui estime pourtant à 23 000 milliards de dollars par an, "soit un peu moins que le PIB mondial", les "services" non reconnus que les océans rendent à l'espèce humaine en servant de poubelles

suite 2011 : 23 000 * ?

Dans l'idéal, l'étude serait effectuée en 2013, à temps pour le premier round du Processus régulier des Assemblées générales des Nations unies pour l'évaluation du milieu marin.

avatar JCC -

La croissance verte à la con va arranger ça

avatar douds -

fondamentalement l'ONU, c'est fait pour temporiser.
Les guerres d'abord, les mesures secondaires ensuite. L'ONU vend des tasses à New York pour subvenir à ses besoins administratifs new-yorkais . C'est tout dire.
Dans le domaine, humanitaire. C'est un travail formidable. Dans le domaine de la lutte contre la détérioration des eco systèmes par la déferlante humaine que nous sommes, ce qui prévaut, ce sont les études scientifiques des dégâts. Est ce que l'ONU s'inquiète sur le pourquoi de l'apparition de pirates en Somalie, au large du Niger et dans bientôt ailleurs? Quand on interroge les pirates, ils sont les premiers à avouer (et sans tortures) que tout a été tellement changé, que la terre où il sont nés a changé, qu'elle ne permet plus de vivre avec l'agriculture par manque d'eau.

Où au Niger, que la terre du delta est bourrée de poisons abandonnés par TOTAL et les autres compagnies pétrolières qui nous livrent notre tellement fameux carburant.
Où l'exode des paysans vers les villes est moins dû aux marxistes locaux qui entraine les paysans à devenir de larges masses ouvrières à la solde d'une révolution triomphante. L'exode rural chinois est autant dû au remembrement des terres agricoles, qu'à la destruction des terres et de l'environnement par les industries chinoises. Nous ne savons pas grand chose des chinois

et encore moins des animaux marins ou terrestres qui succombent du fait de la pollution ou du réchauffement climatique, là, c'est même pas la peine d'en parler.

l'humanité du XXI siècle, c'est la même humanité que celle de la préhistoire, celle des cirques de Rome qui pendant 4 siècles s'est repue de massacres, d'animaux et d'humains prisonniers (Vercingétorix compris) . La même que celles des banquiers vénitiens du XIV, la même enfin que celle qui se paye et paiera l'agonie et le supplice infligé à notre toute notre terre, elle même.

avatar alpha -

@ doubs
on va gagner du temps, des ressourçes finançiéres en cédant gratuitement des études déja faîtes au GESAMP

dans 20 ans , on sera toujours au méme point, sinon pire et c'est pas L'UNESCO qui a le budget pour faire la dépollution

http://envlit.ifremer.fr/infos/actualite/2004/les_macro_et_microdechets_de_plastique_dans_l_environnement_marin

avatar France de France -

Tout cela est bien triste et on oublie tellement que nous sommes inter-dépendant, faune, flore et humain. Pourquoi sommes nous si peu terrien?

avatar Taki23 -

Au Canada, des agriculteurs commencent à recycler les plastiques agricoles pour en faire du carburant. Je ne connais pas le bilan par rapport à l'environnement.
Peut-être un jour verrons-nous les hommes fouiller les tas d'ordures enterrées actuellement pour en recycler les matériaux...

avatar bry -

Qui n'a pas entendu parler du Great Garbage Patch (immense mer de particules plastiques dans le Pacifique Nord)? et personne ne fait rien...Hulot et Duflot-les-maldives vont bientôt nous raconter que çà aussi, c'est dû au "réchauffement climatique", à moins que ce ne soit "la faute à sarko"...pitoyable.

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