
crédit : Vivian Raiborde
Selon les travaux de chercheurs australiens et d'une étude américano-néerlandaise parue dans les Geophysical Research Letters, les émissions de méthane au niveau mondial pourraient s'être stabilisées.
Le méthane, composant du gaz naturel, est un des principal gaz à effet de serre d'origine anthropique avec les CFC et le dioxyde de carbone. Les exploitations des mines de charbon, les décharges d'ordures ménagères, la fermentation digestive notamment des bovins (à 74%), les rizières et les marais sont les principales sources émettrices de ce gaz. Jusqu’à présent, les chercheurs estimaient que sa concentration dans l'air ambiant augmentait encore plus vite que celle du CO2.
Edward Dlugokencky et ses collègues du laboratoire basé à Boulder (Colorado, Etats-Unis) de la National Oceanic And Atmospheric Administration (NOAA) ont analysé entre 1999 et 2002 des échantillons d’air atmosphérique provenant de 43 stations dispatchées à travers le monde. Les Australiens ont, quant à eux, étudié sur les quatre dernières années l’évolution du méthane à partir de la base du CSIRO (Commonwealth Scientific & Industrial Research Organisation) à Cap Grim en Tasmanie. Les deux équipes de chercheurs ont obtenu les même conclusions : une stabilisation des émissions de méthanes depuis quatre ans, après une hausse de 15% au cours des 20 années précédentes et de 150% depuis la période pré-industrielle.
Les chercheurs estiment que l’homme pourrait être involontairement à l’origine de cette bonne nouvelle pour l’environnement. Edward Dlugokencky l’impute en partie à l’arrêt de l’extraction des hydrocarbures en Sibérie. Malheureusement lorsque l’économie le permettra les Russes reprendront les forages, et l’accroissement des émissions de méthane reprendra. Les scientifiques estiment que l’augmentation de la consommation de viande (et donc l’élevage) dans les pays développés et en développement ne fera qu’amplifier ce phénomène.
"Bien que nous ne soyions pas certains des raisons pour lesquelles les concentrations de méthane se sont stabilisées, nous pensons que cela est dû à une meilleure gestion de l'exploration et de l'utilisation de combustibles fossiles", a déclaré Paul Fraser, responsable des recherches atmosphèriques du CSIRO.
"Si ce déclin à l'échelle de la planète se poursuit, les concentrations de méthane dans l'atmosphère vont elles aussi commencer à baisser", a-t-il également indiqué.
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le changement climatiqueAuteur : notre-planete.info