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Le Brésil touché par des pluies catastrophiques

3853 lectures / 4 commentaires28 janvier 2011, 10 h 06

affaissement_Rio_012011DR

Après des inondations majeures en Australie, la forte mousson au Sri Lanka et aux Philippines, c'est l'Amérique du Sud qui est frappée par de fortes intempéries : l'Argentine, la Colombie, l'Equateur, le Chili ont connu des précipitations supérieures à la normale... Mais c'est l'état brésilien de Rio de Janeiro qui en paie le plus lourd tribut avec des centaines de morts et disparus.

Mardi 12 janvier 2011, des pluies abondantes se sont abattues sur l'état brésilien de Rio de Janeiro. Les orages qui ont touché la région ont laissé des cumuls compris entre 80 et 180 mm : c'est équivalent à ce qu'il peut tomber en un mois. Si de telles valeurs ne sont pas exceptionnelles pour la région, les sols totalement saturés en eau n'ont pu absorbé ce surplus. Plusieurs villes ont été particulièrement touchées : Teresopolis, Nova Friburgo, Sumidouro, Petropolis. Ces localités sont situées à environ 100km de Rio où les précipitations sont principalement tombées sur les zones montagneuses au nord de la ville la plus emblématique du Brésil.

Résultat : des torrents de boue accompagnés d'affaissements de terrain ont dévasté les versants, balayant tout sur leur passage et notamment l'urbanisation souvent anarchique qui s'y trouve. Selon la Protection civile brésilienne, au moins 810 personnes ont trouvé la mort. Les sauveteurs poursuivent les recherches pour tenter de trouver des centaines de disparus, le bilan pourrait donc s'alourdir.
Les autorités craignent désormais des épidémies de tétanos ou de diphtérie.

Les causes : la Nina et l'urbanisation anarchique

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a déclaré, avec pertinence, que l'ampleur de ces catastrophes n'était pas seulement le fait de l'intensité du phénomène La Niña mais aussi celui d'une urbanisation sauvage.

Le phénomène La Niña

Ce phénomène de refroidissement périodique des eaux océaniques dans la zone équatoriale du Pacifique, entraîne généralement un accroissement des précipitations en Indonésie, dans le nord de l'Australie comme en témoigne les inondations catastrophiques du début de l'année 2011, en Amazonie et dans le sud-est de l'Afrique. Or, selon l'Organisation météorologique mondiale, un épisode La Niña particulièrement marqué est actuellement présent et devrait perdurer une "bonne partie du premier trimestre de 2011".

L'urbanisation anarchique

Lorsqu'il pleut en abondance sur un relief, les versants boisés des montagnes permettent de retenir une partie de l'eau qui s'écoule vers la vallée. En effet, la végétation et les arbres retiennent, grâce à leurs feuillages et leurs racines, une partie de l'eau. En leur absence, les pluies n'ont plus d'obstacle et s'accumulent rapidement en fond de vallée tout en érodant les pentes. Pire, le flux d'eau peut entraîner une partie du sol dénudé, devenu plastique car saturé en eau, générant ainsi des glissements de terrain et affaissements. Si des habitations sont présentes sur leur passage, c'est une catastrophe. Or, l'urbanisation incontrôlée et aveugle des versants de Rio a supprimé ces protections naturelles, les coulées de boue ne sont donc pas étonnantes. De surcroît, les logements sont souvent vétustes : les favelas de la ville sont principalement présentes sur les pentes de ces montagnent qui culminent à plus de 2200 m d'altitude.

Un coût financier lourd

Face à la gravité de la situation, le gouvernement fédéral a débloqué une aide de 460 millions de dollars afin de financer les opérations de secours et de reconstruction. Malheureusement, l'ampleur de l'évènement est tel que le coût total de ces intempéries risque fort de s'élever, comme pour l'Australie, à des milliards de dollars. La présidente brésilienne a décrété samedi un deuil national de trois jours tandis que les médias brésiliens parlent de la "plus grande catastrophe naturelle qu'ait connue le pays", pire que celle de 1967.

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Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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4 commentaires

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avatar Michel Troxler -

On déboise à outrance pour le profit de quelque Grand du pays, et voilà le résultat.

avatar Arenaria18 -

hormis le phénomène naturel el Nina, ce qui est en cause dans cette catastrophe naturelle, c'est ni plus ni moins le déboisement intensif, ajouter à cela la construction anarchique sur des zones à risque, c'est vraiment élementaire de savoir que la végétation retiens les sols et empêche les glissements de terrains.......alors évitons l'urbanisation anarchique, mais aussi et SURTOUT le déboisement à outrance :)

avatar Alassane DIALLO -

Cette catastrophe au Brésil est un avertissement fort pour toute l'humanité mais surtout pour les pays en développement qui seront les plus touchés par le phénomène du changement climatique.Tout cela l'homme avec ces activités qui vont l'encontre de la protection de l'environnement est à la base de ce phénomène. Il est temps que nous réagissons contre l'exploitation abusive des ressources. A bon entendeur salut .Merci à CHRISTOPHE pour son commentaire.

avatar Issiaka Cisse -

Ce drame est véritable signal du réchauffement climatique. Je lance un appel surtout aux pays en voie de développement notamment en Afrique de revoir leur politique d'urbanisation. Pour cela je recommande à ce que les canalisations pour les écoulements des eaux soient beaucoup améliorer sinon la même catastrophe risque de faire pire.

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