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L'Australie touchée par les pires inondations de son histoire

15369 lectures / 13 commentaires11 février 2011, 16 h 22

inondations_Brisbane_012011Inondations à Brisbane, Queensland - Australie le 12 janvier 2011
© Martin Howard

Depuis fin décembre 2010, la partie nord-est de l'Australie est en proie à des inondations majeures. Cette catastrophe sans précédent touche désormais la troisième ville la plus peuplée du pays.

C'est l'Etat du Queensland, dans le nord-est de l'Australie, qui est littéralement noyé sous de fortes pluies : les plus abondantes depuis que les relevés météorologiques existent. Selon le Bureau Météorologique australien, fin novembre et décembre 2010 ont été extrêmement humides sur une bonne partie de l'Australie orientale. Quatre importantes chutes de pluie ont touché une grande partie des États de l'Est au cours de cette période, entraînant des débordements de nombreuses rivières, en particulier dans le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud. Des pluies torrentielles se sont abattues autour de la période de Noël (jusqu'à 50 litres d'eau par m² et par heure) sur un sol déjà saturé d'eau. Résultat : les cours d'eau ont débordé, ce qui a inondé, outre les habitations, des milliers de km² de terres agricoles et des mines de charbon.

Ces inondations sont les plus graves qu'ait jamais connu l'Australie : plus de 250 000 personnes sont affectées, une quarantaine de villes sont inondées et un territoire grand comme la France et l'Allemagne réunies est touché.

La cause des fortes pluies : un phénomène La Niña marqué

Selon le Bureau Météorologique australien, c'est le célèbre phénomène climatique La Niña, réapparu dès juin dans le Pacifique, qui est à l'origine de ces fortes pluies. Ce phénomène de refroidissement périodique des eaux océaniques dans la zone équatoriale du Pacifique, entraîne généralement un accroissement des précipitations en Indonésie, dans le nord de l'Australie, en Amazonie et dans le sud-est de l'Afrique. La Niña entraîne aussi une diminution des précipitations dans la partie orientale du Pacifique au niveau de l'équateur et dans l'Afrique équatoriale de l'Est.

Or, un important épisode La Niña continue d'affecter le bassin de l'océan Pacifique et risque de perdurer pendant l'automne de l'hémisphère sud. Ainsi, le Pacifique tropical reste beaucoup plus frais que la moyenne pour cette période de l'année, avec des températures de surface 4°C inférieures à la normale dans les régions centrale et orientale (comparable à l'événement La Niña de 1988). De plus, les alizés sont plus forts que la moyenne et la forme des nuages est typique du phénomène.

L'Organisation Météorologique Mondiale avait indiqué en octobre que La Niña était désormais bien installée et devrait perdurer une "bonne partie du premier trimestre de 2011".

Conséquence de cet épisode La Niña : un cyclone a touché le Queensland pendant Noël. Tasha (son nom) a atteint son pic d'intensité le 24 décembre et a déversé pendant plusieurs jours des pluies intenses : jusqu'à 250 litres par m² sur les villes de Rockhampton, Mackay, Bundaberg et Charleville.

Conséquences : des inondations catastrophiques

"De nombreux cours d'eau à travers la région ont atteint des niveaux record. Les dommages aux infrastructures et aux biens ainsi que le coût économique des pertes de récoltes et du retard de production dans les mines, devraient représenter plusieurs milliards de dollars australiens", relève le Bureau Météorologique australien. En effet, certaines rivières sont par endroits montées de huit mètres en une heure, prenant les habitants et les autorités totalement par surprise.

La plupart des maisons touchées sont en bois, beaucoup sont vétustes et il faudra sans doute tout reconstruire.

La ville de Rockhampton - 75 000 habitants, l'une des principales villes de cette région agricole et minière - est touchée par des inondations qualifiées de "bibliques". Toutes les routes qui mènent à la ville sont coupées et la piste de l'aéroport est impraticable. Par conséquent, les produits de première nécessité sont acheminés par bateau et via un pont aérien avec la ville voisine de Mackay.

Autres conséquences de ces inondations : les serpents et crocodiles ont été signalés en ville. Les serpents posent un sérieux problème car ils entrent dans les maisons, à la recherche d'endroits secs. Quant aux crocodiles, il est difficile de les repérer au milieu des débris charriés par les flots. Or les secouristes refusent de s'exposer à ce risque, face à certains habitants qui ne veulent pas évacuer leurs logements. De surcroît, les moustiques pullulent alors que les eaux de pluie se sont mélangées aux fosses septiques, ce qui fait craindre l'apparition d'épidémies.

La capitale de l'Etat, Brisbane, sous les eaux

Mercredi 12 janvier, Brisbane, capitale du Queensland et troisième ville la plus peuplée d'Australie avec 1 600 000 habitants, a été finalement envahie par l'eau : près d'un mètre d'eau noie le centre ville. Des milliers d'habitants ont été contraints d'évacuer leur domicile. La crue de la rivière Brisbane a envahi la capitale : un torrent s'est déversé dans les rues désertes du centre-ville. En effet, des milliers de personnes ont été évacuées, les inondations menaçant 20 000 logements, rapporte ABC News. L'électricité a été coupée en centre-ville par mesure de précaution.

Les lacs de retenue construits pour préserver la ville n'ont pas suffi : ils sont au maximum de leur capacité.

Le port de Brisbane (troisième port à conteneurs du pays) et un important terminal d'exportation du charbon, ont été fermés. Anna Bligh, Premier ministre du Queensland, a évoqué une situation "sombre et désespérante". Elle a dit s'attendre à ce que le niveau des eaux dépasse celui des inondations de 1974 qui avaient fait 14 morts dans la capitale du Queensland. Finalement, ce ne fut pas le cas, le niveau d'eau ayant atteint 4,45 m dans le centre ville de la capitale contre 5,45 m en 1974.

© Euronews

Bilan des victimes

Le bilan officiel des inondations qui frappent le Queensland depuis trois semaines, est de 25 morts. Toutefois, au moins 80 disparus sont à déplorer après les crues brutales qui ont touché des communes à l'ouest de Brisbane.

De nouvelles pluies sont prévues la semaine prochaine et les autorités ont conseillé aux habitants d'économiser l'eau potable. Les supermarchés ont également été dévalisés de leur produit de base, comme le lait ou le pain.

Des conséquences économiques supérieures à l'ouragan Katrina

Des milliers d'hectares de production agricole : coton, canne à sucre, fruits et légumes, ont été endommagés. Conséquence : la qualité de près de la moitié de la récolte australienne de blé, soit environ 10 millions de tonnes, a été revue à la baisse, ce qui a alimenté la flambée du cours de cette denrée sur les marchés (+45% en 2010).

Toute l'industrie minière est affectée : plus de 75 % des mines ont vu leur activité suspendue. Or, l'état du Queensland est le premier exportateur mondial de coke (plus de la moitié des exportations mondiales), un résidu solide de houille utilisé dans la métallurgie pour l'alimentation des hauts-fourneaux.

Les inondations qui dévastent le nord-est de l'Australie depuis fin 2010 pourraient entamer de 10 milliards de dollars US le produit intérieur brut du pays et peser sur l'économie plus que ne l'avait fait l'ouragan Katrina aux Etats-Unis(1), selon les économistes. "Le coût de tout cela va être bien évidemment important", a déclaré Stephen Walters, chef économiste à la banque d'investissement JP Morgan. Mais l'économie australienne, portée par la demande asiatique en matières premières, devrait récupérer au deuxième semestre 2011, grâce aux travaux de reconstruction des logements, bureaux et infrastructures, selon Stephen Walters.

Pour John Rolfe, économiste à la Queensland Central University, les inondations vont surtout affecter les exportations de charbon et de matières premières, et leur impact se fera sentir pendant plusieurs années. "Sur le plus long terme, l'économie va souffrir à cause des perturbations durables dans la production, et des dépenses supplémentaires, publiques et privées, pour remettre en état les infrastructures", estime-t-il.

Conséquences environnementales

Les inondations mettent également en danger les coraux. Les détritus et pesticides sont charriés par les eaux boueuses et rejetés en mer. Un "cocktail" dangereux pour l'équilibre de cet écosystème. C'est en effet toute la chaîne alimentaire et la vie des coraux qui seront perturbées. Unique au monde, la grande barrière de corail est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

Mardi 10 janvier, les Nations unies ont indiqué que le secrétaire général Ban Ki-moon suivait la situation de près, même si l'Australie n'a finalement pas lancé d'appel à l'aide internationale.

Depuis fin novembre 2010, des pluies torrentielles s'abattent sur l'Australie et tout particulièrement sur le Queensland au nord est du pays. Etat des lieux avec une image du satellite SPOT-5.
Avec l'aimable autorisation du CNES

Dans le même temps, le sud des Philippines connaît depuis la fin décembre des inondations catastrophiques qui ont tué 40 personnes et touchent 144 villes. Près de 340 000 personnes ont été évacuées.

Au Brésil, des pluies diluviennes ont touché Rio de Janeiro. Les coulées de boues qui en ont résulté ont fait au moins 610 morts.

Localisation géographique

Notes

  1. La NOAA américaine estimait en 2006 que Katrina avait occasionné des dégâts chiffrés à environ 80 milliards de dollars.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 12 janvier 2011, 14 h 28 - Tous droits réservés

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13 commentaires

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avatar douds - 13/01/2011, 12:11

le cru 2010 de la El Nina est particulièrement violent, le restera t il dans les prochaines années ? Il faut espérer que non. Si par contre cela perdurait, l'Australie pourrait avoir de graves problèmes agricoles, car suites à ces inondations, ce sont des millions d'hectares qui vont être décapés par l'eau et qui vont finir dans l'océan.

avatar Hdrass - 13/01/2011, 14:06

@ douds

Idem pour le Brésil.

avatar terrien - 16/01/2011, 12:19

effet boumrang ! eux qui ne voulaient pas ratifier le protocole de kyoto (baisser leurs émissions de co2), subissent de plein fouet les effets du changement climatique !

avatar Arenaria18 - 16/01/2011, 13:49

J'essaye, mais j'arrive toujours pas à imaginer un territoire grand comme la France et l'Allemagne sous l'eau.....hormis les dégâts occasionnés par cette inondation au Queensland, faut pas oublier que ceci va se répercuter économiquement à travers tout le gobe.... seule crainte, j'espère que les récifs coralliens n'ont pas été durement contaminé par les sédiments éjectés.

avatar Yoann Lombard - 16/01/2011, 19:32

Ben pour une fois ça ne touche pas que les pays pauvres que tous le monde s'en foue ... et vu que c'est la reine d'Angleterre qui est toujours souveraine de ce pays, et bien comme diraient les "sex pistol's : God save the Queen !!!

avatar Bat77 - 17/01/2011, 17:06

Eux qui manquaient d'eau !!! les voilà servis à qui le tour ? Décidément, les phénomènes climatiques sont de plus en plus nombreux et dangereux ! La faute à qui ou plutôt à quoi ?

avatar alain saint-clair - 17/01/2011, 21:28

helas , c'est seulement le début du changement climatique global ;

iL Y A , a mon avis , encore plus inquiétant , le peak de Hubbert pour le pétrole .

Changement climatique + peakoil : aie , aie , aie

avatar williams - 18/01/2011, 12:14

> le cru 2010 de la El Nina est particulièrement violent, le restera t il dans les prochaines années ? Il faut espérer

> que non. Si par contre cela perdurait, l'Australie pourrait avoir de graves problèmes agricoles, car suites à ces

> inondations, ce sont des millions d'hectares qui vont être décapés par l'eau et qui vont finir dans l'océan

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Ya de forte chance que La Nina soit encore violente les prochaines années comme ça été le cas 3 fois depuis 1999. Car tout ceci est a cause du PDO- telle comme prévu. Alors que lors des années 70, 80 et 90 ce ne fut pas cas mais c'est El Nino qui a été violent à cause du PDO+ et donc a été une partie de la cause du réchauffement.



Williams

avatar st pierre du perray - 19/01/2011, 08:58

a force de tirer sur la corde,la nature se déchaine,nous sommes au début d une catastrophe majeur,a bon entendeur

avatar Ndekololo Antoine Brazzaville - 27/01/2011, 12:32

Les jours de ce système des choses sont compter.

Heureux ceux qui savent lire les signes des temps.

La scène de ce monde est entrain de changer.

Dieu s'apprête à détruire ceux qui ont détruit la terre.

La ruine de la terre est irreversible. Seul Dieu à travers son reigne l'arretera.

La gestion de l'homme par l'homme s'est averée catastrophique et elle a fait son temps.

Tous ensemble prions pour que le reigne de Dieu vienne pour cesse les phénomènes nino et autres...

Lisez apocalypse 11:18 et vous compredrez.

avatar Loïc, France - 05/02/2011, 18:01

merci a tous ces philosophes, je constate que vous avez tous un ordinateur, que vous avez tous internet,

il est facile de remettre en question un système plutôt que de se remettre soi même en question, mais avant de lancer de grandes phrases sur l'environnement, regardez si vous ne contribuez pas tout autant que la moyenne des occidentaux au rechaufement climatique, aux emissions de CO2

avatar gunther, Canada - 05/02/2011, 18:36

On mentionne un phénomène météorologique important sur la cote nord est , mais est ce que le centre du pays en est affecté.. est ce que l' on peut penser revoir le lac Eyre se remplir au cours de la prochaine année..?..

avatar eysines - 14/02/2011, 16:05

c est horrible!!!!!!!!!!

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