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Pour un Espace propre : la désorbitation de SPOT 1
5589 lectures20 novembre 2003, 09 h 22
SPOT 1, premier satellite du programme d’observation de la Terre décidé par les gouvernements belge, suédois et français fût mis en orbite le 22 février 1986 par un lanceur européen Ariane 1. Conçu pour une durée de 3 ans, Spot 1 a fourni à Spot Image plus de 2, 7 millions d’images d’une excellente qualité. SPOT 1 est désormais en fin de vie : depuis son orbite à environ 800 km, il est désorbité par les équipes techniques du Centre Spatial de Toulouse depuis le 17 novembre pour être placé à une altitude inférieure à 600 km.
Pourquoi désorbiter SPOT 1 ?
En 2001, le panneau solaire du satellite se dégrade brusquement en 2 temps et à quelques jours d'intervalle, perdant 1/9ème de sa capacité. Une déchirure au niveau des connexions interpanneaux est suspectée, analyse qui est bien corrélée avec les évolutions de courant constatées.
Après 18 ans d’activité, et bien que toujours capable de transmettre des images de qualité, le satellite SPOT 1 arrive donc en fin de vie. Son état pouvant évoluer de façon imprévisible, il y a un risque de perdre définitivement le contrôle du satellite. Or, à l’altitude où il se trouve, il resterait plus de 200 ans avant son retour dans l’atmosphère, se désintégrant au fil du temps en débris plus petits pouvant se disperser et augmentant ainsi considérablement les risques de collision.
Conserver un espace propre
Afin d'éviter ces risques, une recommandation de l’IADC (Inter Agency Space Debris Coordination Committee) demande de prévoir pour tout satellite en orbite basse un retour dans l’atmosphère en moins de 25 ans. Cette recommandation d'action est défendue par le CNES, considérant qu'elle est adaptée au maintien d’un espace utilisable à moindre frais et risques par les générations futures.
Cette recommandation ne s'applique a priori pas à SPOT 1 dont la conception lui est bien antérieure, le CNES a cependant décidé de donner l'exemple en l'appliquant dès à présent.En effet, compte-tenu des ergols actuellement disponibles sur le satellite, une modification de l'orbite compatible avec cette exigence est possible. De plus, une étude satellite menée par Astrium en 2002 a prouvé que cette rentrée pouvait être menée moyennant des adaptations mineures de la configuration du satellite.
Comment ?
Le principe général consiste à abaisser au maximum le périgée de l’orbite (le point le plus proche de la Terre sur son orbite) jusqu’à environ 550 km, par des manœuvres de freinage s’étalant sur 15 jours. Plus proche de l'atmosphère, le satellite est soumis à des frottements plus importants ; après passivation totale de ses équipements, il perdra ainsi progressivement de l'altitude et se désintégrera naturellement dans l’atmosphère dans 15 ans environ sans risque pour les populations.
Chaque manœuvre de freinage consiste à effectuer une poussée de 1 000 secondes en sens opposé de la vitesse du satellite en utilisant les dernières réserves en hydrazine du satellite. Il est prévu de réaliser une manœuvre par jour pendant environ une dizaine de jours.
Pour mener à bien cette désorbitation, les équipes chargées des opérations ont dû procéder à des adaptations du logiciel de vol du satellite avec le support du maître d’œuvre industriel Astrium.
Le réseau des stations de poursuite du CNES (Issus Aussaguel, Hartebeesthoek, Kerguelen, Kourou) complétées par la station suédoise de Kiruna permettront d’observer et de contrôler SPOT 1 pendant ces opérations. A cette occasion, elles seront assistées de la station norvégienne de Svalbard.
"Cette désorbitation illustre le savoir-faire technique des équipes du CNES mais, au-delà, elle signifie que la maîtrise des activités spatiales demeure indissociable de l'application des recommandation au niveau international, garantes d'une utilisation durable de l'espace par et pour les générations futures" a tenu à déclarer le Président du CNES, Yannick d'Escatha.
Une continuité assurée
Trois autres satellites de la filière (Spot 2, 4 et 5) continuent à fournir des images de la Terre dont la commercialisation est assurée par Spot Image. Spot 5, avec ses performances techniques nettement améliorées, a confirmé la fiabilité et la disponibilité remarquable de ce système d’observation opérationnel depuis 1986. Aujourd’hui avec la signature du contrat attribué à EADS Astrium pour la réalisation de deux satellites Pléiades dont les instruments Haute Résolution seront fournis par Alcatel Space, la continuité du service est assurée pour la prochaine décennie.
Auteur
Centre National d'Etudes SpatialesLes opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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