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6413 lectures / 7 commentaires08 novembre 2010, 12 h 40
© C. Magdelaine / notre-planete.infoLa capacité des arbres à absorber le dioxyde de carbone est bien connue et joue un rôle fondamental dans la lutte contre le changement climatique. Mais leur rôle ne s'arrête pas là : ils sont aussi capables d'absorber d'autres composés chimiques aériens. Les résultats d'une étude publiée le 21 octobre dernier dans la revue Science Express révèlent que les capacités d'absorption de la pollution atmosphérique par les forêts auraient été largement sous-estimées.
Menée par des scientifiques du Centre National pour la Recherche Atmosphérique (NCAR) à Boulder (Colorado), en collaboration avec des chercheurs de l'Université du Colorado du Nord et de l'Université d'Arizona, l'étude montre que les plantes à feuilles caduques absorbent au moins un tiers de polluants atmosphériques communs en plus que ce que les estimations précédentes indiquaient.
L'étude porte sur les interactions entre les arbres à feuilles caduques et les Composés Organiques Volatiles (COV) oxygénés, ces derniers ayant été jusqu'ici "mal représentés voire en partie négligés dans les modélisations [du climat]", d'après le chimiste de l'atmosphère Jos Lelieved, de l'Institut Max Planck pour la Chimie (Mainz, Allemagne). Ces composés ont des impacts à long terme sur l'environnement, intervenant dans la formation d'ozone et de gaz à effet de serre, ainsi que sur la santé humaine, étant considérés comme des composés cancérigènes ou mutagènes. Les COV tels que les NOx ou le benzène sont produits par la combustion d'hydrocarbures et par d'autres composés chimiques émis de sources naturelles et artificielles (transport, industrie...).
L'équipe de recherche a choisi de se concentrer sur des peupliers, dont le génome a été séquencé ce qui permet d'effectuer aisément des analyses génétiques. En mesurant l'absorption des COV oxygénés dans plusieurs écosystèmes, il a été découvert que les plantes caduques absorbent les composés à un taux élevé, jusqu'à 4 fois plus que les estimations précédentes. L'absorption est plus rapide dans les forêts denses et au niveau de la canopée, qui représente jusqu'à 97% des COV oxygénés capturés. L'étude montre aussi que lorsque les arbres sont soumis à un phénomène de stress (blessure physique, exposition à un polluant irritant...), leur taux d'absorption augmente de façon significative. "Les plantes nettoient notre air à un niveau plus important que nous le pensions" déclare Thomas Karl, un scientifique du NCAR et auteur principal de l'étude. "Elles consomment activement certains types de pollution".
Les scientifiques ont conclu que le mécanisme d'absorption des COV oxygénés s'inscrit dans un cycle métabolique plus large. En présence de polluants, les arbres augmentent la quantité d'enzyme nécessaire à la dégradation des composés en substances moins toxiques, tout en augmentant la quantité de COV oxygéné prélevée, ce qui a pour effet secondaire de "nettoyer" l'atmosphère. "Nos résultats montrent que les plantes peuvent adapter leur métabolisme et augmenter leur taux d'absorption de composés atmosphériques en réponse à plusieurs types de stress" déclare Chhandak Basu de l'Université du Colorado du Nord, co-auteur de l'étude.
Au final, à l'aide d'une modélisation informatique simulant la pollution atmosphérique mondiale, l'étude conclue que les plantes absorbent 36% de COV oxygénés de plus que ce que les études actuelles laissaient présager. De plus, cette consommation des COV oxygénés évite qu'ils ne se dégradent en aérosols dans l'atmosphère, lesquelles substances ont un impact important sur le climat et la santé humaine.
A l'instar de cette étude, il existe une abondante littérature sur le rôle de la végétation et des arbres en particulier dans la régulation de la pollution atmosphérique. Si la recherche est surtout centrée sur le stockage et l'absorption du carbone, l'absorption d'autres polluants a aussi été étudiée, notamment dans un cadre urbain.
David Nowak, chef de projet à l'unité de recherche en Forêt Urbaine, Santé Humaine et Qualité Environnementale au sein du Service des Forêts, estime que les arbres de la ville de Chicago stockent l'équivalent de 716 000 tonnes de carbone évaluées à 14,8 millions de dollars - montant évalué à partir du prix du carburant automobile, et absorbent 25 000 tonnes de carbone par an, soit l'équivalent de 521 000 dollars. En plus du carbone, la canopée absorbe chaque année 888 tonnes de polluants atmosphériques, dont environ 325 tonnes d'ozone et 300 tonnes de particules mais aussi du monoxyde de carbone et du dioxyde de soufre et d'azote. Ce phénomène est évalué à 6,4 millions de dollars.
La présence d'arbres en milieu urbain est donc d'une réelle utilité non seulement dans de la lutte contre le changement climatique, mais aussi pour la réduction de la pollution urbaine. "[Les arbres] sont les [outils] urbains polyvalents par excellence" déclare Gary Moll, vice-président de l'organisation à but non lucratif American Forests, jouant le rôle de filtre, d'éponge, d'humidificateur, de puits de carbone et de protection contre le soleil et le vent.
La réalisation de cette performance dépend de nombreux facteurs, notamment de la taille des arbres mais surtout de leur disposition, l'efficacité de la consommation de polluants dépendant grandement de la surface couverte par leur canopée. Les espèces réagissant différemment selon les polluants auxquels elles sont exposées, il convient de les choisir avec attention afin de maximiser l'absorption des polluants et de minimiser les effets néfastes de leur assimilation. Néanmoins, implanter des arbres en milieu urbain est une solution efficace et peu coûteuse pour lutter contre la pollution.
L'intérêt dans ce domaine conduit Nowak à appeler les autorités à institutionnaliser la forêt urbaine comme "biotechnologie" au service de la qualité de l'environnement(1), et d'autres à considérer des projets d'arbres génétiquement modifiés pour décontaminer un site pollué ou traiter des polluants particulièrement dangereux ou persistants(2). La forêt n'a pas fini de nous surprendre...
Gabriel Marty
BE Etats-Unis numéro 225 (5/11/2010) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/65014.htm
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Hdrass -
"Planter des arbres en ville est une solution efficace pour lutter contre la pollution de l'air"
Voilà une idée parfaitement intéressante !
Mais à condition de ne pas continuer à étendre les zones urbaines, ce qui revient à construire des tours (en hauteur) ou bien à diminuer la population urbaine contrairement à la tendance actuelle.
DAOUD Alger -
bonjour!
les éléments rapporté ci dessus nous confortent dans nos convictions sur la question du reboisement notamment au coeur du Sahara où l'eau et les sols existent
notre association préconise de procéder au reboisement là où il est possible de lafaire par la méthode de la création de puits de carbone mais avec des superficies à même de favoriser la reconstitution de la npblesse de la flore et permettre ainsi la préservation de la faune voir son épanouissement
le Président de l'association reboiserlesahara@yahoo.fr A+
Jacques -
Attention à l'effet pervers de ce genre d'article, La réduction de nos émissions est plus importante qu'un reboisement urbain forcément très limité.
lio bretagne -
je suis totalement pour mais quid des systémes racinaires comment atténuer les effets sur les infrastructures?
Michelle Bergeron -
Oui il faut avant tout réduire la polution comme celle causée par la combustion de biomasse ou bois parce que l'effet contraire se fait vite sentir. Les arbres sont un obstacle pour l.évacuation des polluants comme la fumée et le smog très nocif sur la santé.
Gérard Malandrini -
Pour ma part je suis et j'ai toujours été un "fan" de la nature , mais par contre je suis vraiment déçu de voir le comportement de beaucoup de gens ,
Lorsque j'ai acheté un terrain pour y construire ma maison , il y avait pas mal d'arbres dessus , car c'était situé en plaine colline , malgré tout j'avais choisi l'emplacement le plus approprier pour bâtir la maison sans pour cela y couper d'arbres ,
De plus j'avais payer une ( taxe obligatoire ) à l'époque pour compenser en % de la surface de la maison , c'était au cas ou l'on aurait du couper des arbres à l'emplacement de la villa , ce qui été pas mon cas puisque j'avais orienté de façon à éviter des coupes , mais la loi nous obliger
Mais depuis cette époque d'autres personnes ont fait comme moi , et c'est devenu un lotissement , donc j'ai eu des voisins , qui aussi aimaient la nature ( que je croyais ) avec le temps , ils ont coupé un arbre par ci et par là , jusqu'à tout couper complétement ,
Bien que sa ne me faisais pas plaisir , vu leur attitude de faire un désert ou il y avait un peu de la nature je n'est rien dit , mais j'en pense pas moins ,après tout ils sont cher eux ,et font ce qu'ils veulent ? comment se fait-il que moi j'ai du payer une taxe , alors que maintenant tout les voisins coupent les arbres ? là je ne comprend plus !
Mais le comble de l'histoire , c'est que maintenant ils sont venu me voir pour que mois aussi je coupe mais arbres ,car sa les dérangent (soit disant ) ,les gens sont vraiment gonflé , ils auraient pu aller habiter un endroit ou il n'y avait pas d'arbres vous ne croyait pas ? en plus moi j'y suis depuis plus de cinquante ans et eux à peine cinq ans ! pas de doute les gens sont vraiment con !
Chanteloube Rémi, Pas de Calais -
Bonjour,
Je suis élève de 1ère S et pour les TPE (Travaux personnels encadrés) et mes camarades et moi même s'intéressons beaucoup sur ce sujet, la pollution de l'air étant un vrai problème actuel. Nous aimerions savoir s'il serait possible d'avoir des renseignements sur la façon dont l'arbre va améliorer la qualité de notre air urbain. Des schémas nous seraient très utiles par exemple.
En vous remerciant d'avance,
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