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Le Bisphénol A pénétrerait l'organisme par la peau

4648 lectures / 8 commentaires29 octobre 2010, 09 h 48

ticket_caisseLes tickets de caisse contiennent du Bisphénol A qui affecte les hôte(sse)s de caisse
© C. Magdelaine / notre-planete.info

Les chercheurs de l'unité Xénobiotiques de l'INRA de Toulouse montrent pour la première fois par des tests ex vivo que le Bisphénol A (BPA), perturbateur endocrinien qui fait débat par sa présence dans certains emballages, peut pénétrer l'organisme humain par la peau. Ces travaux complètent une première étude qui avait révélé des taux importants de BPA dans l'organisme des personnes en contact régulier avec des tickets de caisse ou des reçus de cartes de crédit.

Le Bisphénol A (BPA) est un composant largement utilisé dans la fabrication industrielle des récipients en plastique de type polycarbonate, tels certains biberons. On le retrouve également dans les résines des revêtements intérieurs de boîtes de conserve pour aliments ou canettes de boissons. Or le BPA peut migrer de ces plastiques et résines vers l'aliment contenu, spontanément à très faibles doses et surtout si ce dernier est chaud. On le retrouve dans les urines, le sang et le liquide amniotique d'une grande majorité de la population européenne. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) –aujourd'hui Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES)- ont à ce propos défini une dose journalière acceptable ("DJA") de 0,05 milligramme/kg de poids corporel.

Pourtant lorsque l'exposition théorique de la population est calculée (par extrapolation des quantités de BPA présentes dans les aliments), les scientifiques constatent que les mesures de résidus de BPA dans les tissus humains ne concordent pas. Plusieurs spécialistes du domaine suspectent pour cette raison l'existence d'autres sources d'exposition au BPA, en particulier cutanée. En effet, le BPA est présent sous forme libre dans une grande partie des "papiers thermiques", utilisés pour les petits terminaux d'impression (reçus de cartes de crédit, tickets de caisses enregistreuses, etc.). Dans beaucoup de ces papiers, le BPA est utilisé comme révélateur de la coloration à l'impression des tickets et par conséquent est présent en assez grande quantité.
En août 2010(1) une équipe américaine avait rapporté que des niveaux résiduels de BPA étaient plus importants dans l'organisme d'hôte(sse)s de caisse.

Les chercheurs de l'INRA de Toulouse en collaboration avec les laboratoires Pierre Fabre, démontrent pour la première fois que la peau constitue probablement une autre porte d'entrée du BPA au sein de l'organisme. Dans cette optique, ils ont développé un modèle d'étude ex vivo constitué d'explants viables de peau de porc(2), pour analyser la diffusion des produits chimiques parvenant au contact de ce tissu. Sur ces explants d'oreilles de porc, ils ont observé qu'environ les deux tiers du BPA déposé à la surface de la peau traversaient la barrière cutanée, quelle que soit la dose déposée (50 à 800 nmoles). Dans un deuxième temps, une comparaison a été réalisée avec des explants de peau humaine, démontrant des résultats similaires.

Ces nouvelles données associées au fait qu'une contamination alimentaire ne peut expliquer à elle seule les taux de BPA retrouvés chez certaines personnes suggèrent fortement que cette molécule est capable de pénétrer dans l'organisme à travers la peau humaine.

Les chercheurs de l'INRA de Toulouse avaient montré en 2009 que l'appareil digestif du rat est très sensible aux faibles doses de BPA, affectant ainsi la perméabilité intestinale et que l'exposition pré- et post-natale de ces animaux à la molécule peut fragiliser la fonction de "barrière intestinale" à l'âge adulte.

Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives dans l'évaluation du risque d'exposition aux perturbateurs endocriniens et en particulier au BPA. En effet, ce dernier est un leurre hormonal, capable de mimer l'effet des œstrogènes, les hormones sexuelles féminines qui, au-delà de leur rôle dans la fonction de reproduction, sont essentielles au développement d'organes comme le cerveau ou le système cardio-vasculaire. L'ensemble de ces résultats est publié dans l'édition en ligne avancée de "Chemosphere" du 27 octobre 2010.

Notes

  1. Braun et al, 2010
  2. La peau de porc présente de fortes similitudes physiologiques et morphologiques avec la peau humaine.

Référence

Viable skin efficiently absorbs and metabolizes bisphenol A. Chemosphere, online : doi:10.1016/j.chemosphere.2010.09.058.
Daniel Zalko, Carine Jacques, Hélène Duplan, Sandrine Bruel, Elisabeth Perdu

Auteur

Institut National de la Recherche Agronomique

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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8 commentaires

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avatar douds -

Encore un autre lièvre de lever par l'INRA de Toulouse. Mais de quoi se mêlent t ils ces gars là ? On leurs donne du fric pour étudier les patates et ils étudient le Biphenol alors qu'ils ne sont pas habilité à le faire.

C'est un scandale.

En attendant qu'ils soient sévèrement réprimandés, quelqu'un peut il m'expliquer pourquoi on continue à fabriquer cette merde de synthèse dans des dizaines d'usines de par le monde ?

avatar douds -

on peut même en trouver chez alibaba

http://buy.ecplaza.net/search/1s1nf20sell/bisphenol_a.html

franchement on a pas besoin de Ben Laden pour se faire peur, on y arrive très bien tout seul.

avatar Christophe Magdelaine -

Un scandale tout de même intéressant ;-)

avatar Daniel Belgique -

Et pendant qu'ils nous font chier et payer pour 3 g de carbone, ils nous entubent avec des kilos d'ogms, de pesticides, de micro-ondes, et de conneries en tous genres !!!
Mon rêve était de pouvoir voir l'an 3000 ..(dommage...)
Je m'y voyais déjà en pleines grâces....
Mais à ce que je vois pour le présent....
je serai bien content de quitter ce boxon bien avant !!!
Bande de cons !!

avatar Kaseekane -

Tu me fais rire Daniel! Tu avais des projets pour dans 1000 ans? Intéressant.... En tout cas, au vu de tout ce qui se passe sur cette planète, je doute fort que qu'elle tiendra le coup... Et peut-être que nous, humains, ne mourrons pas, mais seront des espèces de mutants, à force d'être dopés par tous ces produits chimiques... Alors, dans ce cas, oui... pour l'an 3000... mais personnellement, j'espère être sortie d'ici...

avatar Pierre-Ernest -

Alors si je comprends bien :
Le BPA pourrait traverser la peau humaine et ensuite pourrait avoir des effets endocriniens, ce qui pourrait avoir des effets néfastes sur l'organisme humain...
J'ai une question : à partir de combien de pourrait arrête-t-on le jeu ?

avatar Christophe Magdelaine -

A partir du premier : le principe de précaution, surtout pour un produit qui ne sert à rien.

avatar L - Namur -

L'homme est un loup pour l'homme

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