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Nagoya mon amour... La nature est à vendre !

4387 lectures / 17 commentaires28 octobre 2010, 10 h 34

NagoyaNagoya - Japon
© CDB

Du 18 au 29 octobre, la dixième conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB) qui se tient à Nagoya (Japon) s'est assignée pour finalité l'adoption d'un nouveau plan stratégique pour la période 2011-2020.

C'EST DEPUIS L'ENFER URBAIN DE NAGOYA QUE LES CHIFFONNIERS DOMINANTS SE DISPUTENT NOTRE BIOPATRIMOINE MONDIAL, C'EST D'ICI QUE LES BANKSTERS PHAGOCYTENT NOTRE VIVANT

À Nagoya on parle beaucoup plus d'économie que d'écologie… Parce que le seul et unique souci d'Homo sapiens modernicus est de vider le ventre de Gaia. Les agresseurs de la biosphère ont tué et ils tueront encore. Faisons-leur confiance, le WWF veille au grain : au royaume des faux-culs l'écologisme de pacotille est roi.

C'est donc de cette mégapole contre-nature (y'a pas photo !) que les maîtres-chiffonniers qui nous tiennent en laisse se disputent ce bien collectif qu'est notre diversité botanique et faunistique, tant quantitative que qualitative. Autant le dire tout de suite : ces gens-là n'y connaissent rien et sont possédés par une réelle détestation de la vie sauvage.

L'instant de la curée finale est advenue, c'est l'hallali, ils tirent des plans sur la comète, l'obsession majeure des équarisseurs en congrès étant de dépecer Gaia, n'en déplaise aux « marginaux » qui prétendent que la philosophie homéotélique des Peuples premiers était et reste la bonne. Ceux qui avaient raison d'avoir tort parce que toutes leurs cellules, tous leurs neurones étaient en phase avec la Nature, ceux-là font rire les mercenaires de la finance, autoproclamés décideurs planétaires.

Nagoya la belle, siège social de Toyota, troisième plus prospère des villes du Japon, avec une densité de 6 873 personnes par km² et une agglomération de 9 millions d'habitants. Tout un rêve de civilisation ! Ne parlons plus surpopulation, ne parlons donc que surconsommation.

Parmi un panel de 20 objectifs définis par la conférence de Nagoya figurent notamment l'arrêt de la pêche excessive (le choix du Japon n'est pas un hasard), la réduction du taux de pollution (suite des gargarismes de Copenhague) et l'inscription de la biodiversité sur la liste des priorités étatiques et sociétales. Ce dernier chapitre suffirait à envelopper tout le reste : il ne faut pas être un fin exégète biocentriste pour comprendre qu'une biodiversité chaque fois un peu plus meurtrie condamne l'humanité, et que la surpêche ou la surchauffe planétaire ne sont pas des sujets à distinguer mais intrinsèquement compris.  Nous sommes entrés de plain- pied dans la 6e crise d'extinction massive d'espèces, la première par la seule faute de l'homme. Selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN, 17 291 espèces sur les 47 677 espèces répertoriées sont menacées d'extinction. Les populations de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons ont décliné de 30% durant les 40 dernières années. Environ 20% des vertébrés sont menacés : 25% des mammifères, 13% des oiseaux, 22% des reptiles et 41% des amphibiens. C'est également le cas pour 33% des poissons cartilagineux, comme les requins et les raies. 70% des plantes et 35% des invertébrés connus à ce jour attestent un grave déclin. Et que dire du nombre infini d'espèces, souvent discrètes ou microscopiques, que l'on détruit avant de connaître. Pour ce qui me concerne, en Méditerranée occidentale, je suis déjà témoin d'un triste inventaire d'insectes et de plantes découverts et aussitôt après éradiqués.

Cette disparition galopante des espèces et un épuisement des ressources déjà très engagé n'incombent qu'au capitalisme en vigueur et au socialisme industrialiste qui en est solidaire. Pour enrayer l'hémorragie, il eut semblé plus réaliste de confier un tel dossier à un comité des sages, plutôt qu'au lobby d'une mafia d'économistes à la solde du système coupable. Mais comme il s'agit de faire semblant et seulement d'aboutir – au mieux – à des déclarations d'intentions cosmétiques, il ne faut guère s'étonner de cette énième entourloupe.

Précision : l'avis d'un écologisme dit radical est-il vraiment décalé ? Comment peut-on taxer de radical celui qui est aux petits soins avec le Vivant et montrer tant d'indulgence, voire de compromission à l'égard de l'exterminateur qui met tout en œuvre pour un écocide final des écosystèmes et de leurs hôtes. Oui, oui, je sais, l'économie, les emplois, le pouvoir d'achat ! Donc, tout doit disparaître à ce titre. Alors vivons un présent sans devenir, niquons en beauté les générations futures.

Tandis que la clôture approche, les représentants des 193 pays réunis ont fait peu de progrès. Il y aurait comme un hiatus entre les pays les plus riches en biodiversité, ceux en voie de développement et que l'Occident voudrait continuer à piller, à appauvrir, à asservir, et les pays développés, nantis mais vidés depuis belle lurette de leur cortège originel d'espèces endémiques et précieuses. La recherche d'une alliance globale entre voleurs et volés, entre usurpateurs et victimes est donc assez utopique. Sauf que l'inique rapport de force Nord-Sud devrait permettre, au final, d'amadouer les décideurs des pays bâillonnés dont les populations, pour la plupart encore soumises à de pseudo dictateurs, n'ont pas voix au chapitre. La confiance s'achète, il ne faut pas se leurrer. S'ils acceptent de « partager » leur réservoir génétique, le protocole prévoit de débloquer des milliards de dollars pour… un meilleur train de vie de la classe dirigeante de ces pays dits en développement.

Le prix du parfum des fleurs, le prix du nectar des pollinisateurs, le prix du chant des oiseaux, le prix du vol d'un papillon,  le prix des chemins creux, le prix d'une frondaison frémissant à la brise crépusculaire, le prix de la beauté bradée, combien ça coûte, pauv'con ? Parce que l'écologie, c'est aussi cela.

Si aujourd'hui, on consomme la nature sans en payer le prix, l'ultralibéralisme aura les moyens de mettre le prix pour consommer la nature ! Et comment !

L'Union européenne a notamment pour ambition de chiffrer le coût que fait peser à terme sur l'économie mondiale l'absence de politique ambitieuse de protection de la biodiversité. C'est une idée comme une autre. Chargé de cette mission comptable, l'économiste indien Pavan Sukhdev a présenté mercredi dernier à Nagoya les conclusions de son étude intitulée « Économie de la biodiversité et des services écosystémiques », laquelle étude évalue en fric sonnant et trébuchant les espèces chaque jour perdues. Voilà bien une méthode suffisamment laide et lourdingue pour réconcilier les économistes avec les forêts et les bestioles ! Une vision bouffie et boursicotière du Vivant pourrait donner à réfléchir et à détruire autrement. Question de méthode. « Par exemple, l'agriculture, dans la plupart du monde en développement, dépend de ressources comme les rivières, les forêts qui tempèrent le climat ou qui évitent des inondations, etc. Et du coup, on peut montrer ce que ces activités économiques peuvent perdre si disparaissent ces rivières en bon état, ces forêts, etc. On peut le faire aussi pour le tourisme, et même pour l'industrie », argumente « avec brio » Yann Laurans, un certain économiste de l'environnement qui flaire le bon plan. CQFD : quelle lapalissade imbécile !

En ôtant toute approche spirituelle, immatérielle, contemplative et respectueuse de la Nature, en la valorisant prosaïquement et économiquement, celle-ci ne sera plus qu'un produit marchand. L'avènement d'un PIB vert permettra donc aux banksters et à leurs disciples d'acheter, de vendre, de louer sans vergogne une barrière de corail ou tout écosystème terrestre ou marin. Combien une barrière de corail ? Combien cette forêt, cette savane, cette lande, ce marais, ce lac, ce bout de littoral, cette montagne et leurs hôtes ?

La vile domestication nous a permis la traite des espèces comestibles ou de compagnie : combien le kilogramme de côtelettes de ce doux agneau ? Combien ce petit chien dans la vitrine ? Une fois quottée, tarifée, la Nature sauvage se retrouvera domestiquée et négociable en tranches. Nous écartant chaque fois plus du mystère et du panthéon animiste, nous démolirons, nous déconstruirons, nous épuiserons. Mais tel est le but assigné de ces environnementalistes anthropocentristes qui ne voient à travers la Nature que ce qu'elle rapporte. Quand on nous disait qu'« ils » avaient planté des millions d'arbres dans le désert du Néguev, ce n'était que pour en exporter les fruits productivistes en induisant l'éviction de la flore et de la faune locales, en épuisant et en polluant les nappes phréatiques… Il semble bien que la néantisation du Vivant corresponde à une demande consensuelle de presque 7 milliards de Terriens. Qui ne dit mot consent.

À nos escrocs, l'humanité reconnaissante

Les écologues, les biologistes et les naturalistes, les paysans et les agronomes vrais, les artistes et les poètes, gardiens de toujours de ce qui reste de paradis sur Terre, doivent donc passer la main aux tenants de l'économie la plus ravageuse qui soit. C'était donc cela le changement de paradigme que l'économie verte nous susurrait à l'oreille. Le tour est joué, les bourreaux de la Nature seront ses secouristes, les empoisonneurs sont déjà nos médecins. Un indice discret : la directrice du développement durable de Bouygues-béton est présentement l'invitée d'honneur du Festival du vent à Bastia, un évènement d'inspiration écologique. Il faut y voir un signe, un signe des temps.

Je ne me sens pas apte à continuer à vivre sur une Terre que l'on détruit sur justification tarifaire. Cette quête du profit se heurte à celle pour la vie. La vie n'a pas de prix. Le compte à rebours est désormais trop avancé pour être acceptable. Au lieu de siffler la fin de la récré, on exploite tous les oxymores pour jouer les prolongations jusqu'au déclin. Qui sont-ils, que veulent-ils ces adeptes d'une économie chaque fois plus ravageuse et délétère ? Quelle est leur vérité, où est leur seconde planète ? Comment prendre la tangente, comment sortir de l'humain ?

Je suis naturaliste par passion depuis mon plus jeune âge et bien sûr je n'ai rien compris. Expliquez-moi…

Auteur

avatar Michel Tarrier

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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17 commentaires

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avatar Pacha mama 65 -

Le commentaire de Michel Tarrier fait froid dans le dos. J'ai lu son livre "Nous peuple dernier" qui m'a aussi beaucoup bouleversé. Il dit beaucoup de choses qui font peur et je pense qu'il a malheureusement probablement raison, les thèmes qu'il aborde font penser à du catastrophisme primaire et j'ai essayé de me persuader qu'il avait tort , qu'il était fataliste: la surpopulation par exemple reste un énorme tabou, qui oserait dire ouvertement devant des collègues, sa famille ou ses amis qu'il faut calmer les naissances? Il passerait pour un extra terrestre, un nazi, un terroriste, un extrémiste écologiste ou que sais je encore il ne serait pas politiquement correct. Mais quand ce seront nos enfants qui diront eux même un jour pourquoi on a continué aveuglément comme cela? On va leur répondre comme certains allemands au sujet des chambres à gaz, on ne savait pas! et pour nombre d'entre nous ce sera vrai car on a pas encore compris ce qui se passe, tout va si vite, nous sommes bombardées d'informations qui disent tout et son contraire ... alors qui croire? quand en plus les grandes religions ne se sont pas encore réveillé au sujet d'une grande réflexion sur nos modes de vies. Tous les jours on détourne notre attention et notre compréhension (on nous bombarde à la télé et dans la société toute entière de "besoins" toujours plus irresponsables), cela fait longtemps que nous sommes coupés de l'essence même de la vie et il faut beaucoup de temps, de courage pour se remettre en question, prendre le temps d'analyser les choses. Cela demande de l'énergie et des sacrifices et ça beaucoup de gens ne veulent pas le voir ou ne peuvent pas le voir ils sont submergés dans leur vie de tous les jours à essayer de survivre, travailler pour gagner de l'argent, courir toujours courir, pour amener les enfants à l'école, faire les courses et le peu de temps qui reste ils se ruent dans une salle de gym, partent en voyage...ils fuient. Mais le temps de la réflexion, le recul nécessaire sur nos vies et notre fonctionnement qui peut ou qui veut vraiment le faire, certains voudraient mais sont dépassés avalés par la machine de notre société, certains prennent ce temps et sont de porte paroles mais ils sont perçus comme des empêcheurs de tourner en rond, ils gênent le train train que de plus en plus d'entre nous n'arrivent même plus à avoir, car même se loger, se nourrir est devenu un luxe pour les classes moyennes qui se retrouvent plus précaires que jamais. Seuls ceux qui ont un peu de terre à cultiver et qui en extraient de la nourriture ont un avantage mais aussi ceux qui réflechissent et nourrissent leur morale. Celui qui vit sans terre n'est rien car il est obligé d'acheter pour se nourrir!!! Alors que notre société nous démontre insidieusement que celui qui n'a pas d'argent n'est rien!
Quand on entend les arguments de certains qui prônent uniquement le fait qu'il faut beaucoup de descendants pour payer les retraites c'est vrai car notre système actuel est capitaliste et c'est notre façon de fonctionner, les enfants payent pour leurs ascendants mais il faudrait changer ce système où nous sommes dépendants de la société de consommation ou si l'on a pas d'argent on est rien. Si la terre était à nouveau nourricière dans le bon sens du terme et que le travail ne créait plus d'argent mais de l'énergie, chacun aurait droit de se nourrir par le fruit de son travail, il n'y a qu'à regarder le fonctionnement des sociétés dites "primitives" qui sont tellement en harmonie avec l'environnement et on ne l'aisse personne mourir de faim. Cela n'empêcherait pas les humains de continuer à faire des recherches innovantes depuis quand progrès et respect de la vie sont en opposition, depuis que l'on a dérapé mais cela pourrait être compatible il faut créer une éthique.
Ce qui me fait peur et cela rejoint la théorie du complot c'est que peut être des "têtes pensantes et savantes" sont entrain de préparer quelque chose un après catastrophe, une sorte de plan B : des villes futuristes sous des sortes de grandes cloches protectrices car l'air ne sera plus bon, trop chaud ou trop froid, des techniques de dépollution du sol hightech (après tout ce que l'ona enterré et que l'on continue à enterrer!), des substituts alimentaires, des nanotechnologies partout, des robots y compris miniatures qui gèrent tout mais quand je dis tout c'est tout, par exemple les futurs robots miniatures remplaçants nos pollénisateurs... et que sais je? je crois que même mon imagination n'a peut être pas atteint ce qui est entrain de se préparer dans des laboratoires secrets dans le monde entier. Bon ce point de vue ressemble un peu à une théorie du grand complot mais si c'est secret par définition nous ne sommes pas au courant! Le problème est que bien que ces super labo soient peut être très innovateurs je pense que l'on va être très vite dépassés et que peut être nous n'aurons pas le temps de mettre en place ces découvertes, la terre et l'univers, la nature vont peut être nous préparer un coup de Trafalgar, les coups de semonce n'ont pas été entendus acceptés et compris par tous... . les grand dinausaures ont disparu mais la terre et l'univers ont survécu... mais qui est on pour croire que l'on va être épargnés? Les grandes religions nous ont mis dans la tête que nous étions des êtres supérieurs mais cela ne veut pas dire que nous survivrons à nous même, il serait temps que les grandes religions s'intéressent aux problèmes actuels...ah que je suis utopiste! Et puis qui nous dit que les grands dirigents de ce monde qui ne sont sûrement pas les présidents mais bien des cerveaux que l'on ne connaît peut être même pas nous ont prévu dans leur plan B? Il y aura peut être quelques groupes humains qui seront sauvé et la plupart disparaitront
bon ce n'est pas très drôle mais il faut évoquer les probabilités. Bien sûr j'espère de tout mon coeur que j'ai tort, oui j'espère que j'ai vraiment tort et que la vie va me démontrer que l'on peut s'en sortir...
Alors malgré tout cela j'essaie de continuer à être et à penser, cela peut toujours servir?

avatar Verseau -

Intéressant, tout ceci fait partie du cycle de l'univers, je crois qu'il faut l'accepter, meme si les humains disparaissent, la terre trouvera son chemin, nous sommes que des spectateurs mais la vie continue et continuera sans nous.

avatar Mel de Belgique -

Ce texte qui fait froid dans le dos reflète bien la vérité. Comme d'habitude, certains se rassureront en disant (égoïstement) que c'est pour demain. Or, c'est aujourd'hui! Je ne suis pas toujours d'accord avec les opinions de Monsieur Tarrier, notamment en matière de surpopulation. Non que ce soit pour moi un tabou mais, force est de constater que c'est un tout petit nombre de terriens qui ont provoqué les désastres que nous connaissons. Dans nos pays, la natalité est faible, voire négative. Or nous sommes les plus grands destructeurs. Enlever la grande partie qui subit plus qu'elle ne pollue ne résout donc rien. Par contre, on doit leur montrer l'exemple pour qu'ils ne polluent pas à leur tout autant que nous. D'accord, c'est trop tard! Mais comme je le disais, bravo Monsieur Tarrier pour ces propos lucides et engagés.

avatar observ46 IDF -

La marchandisation et la financiarisation de la vie et de sa diversité est l'aspect le plus inquiétant des évènements actuels.

avatar terrien -

plus de croissance = plus de chaos !
plus de croissance (de population et de consommation) = plus de besoins = plus de destruction de la planète (déforestation massive, chasse/agriculture intensive, urbanisation envahissante, pollutions, maladies...) et plus d'inflation (immobilière, alimentaire, énergétique...) car la demande est supérieure à l'offre, la planète est inextensible, les ressources limitées et décroissantes, donc plus de tensions, de conflits (...), de chaos !

avatar Michel Tarrier -

http://info.france2.fr/planete/accord-historique-pour-proteger-la-biodiversite-65634558.html

"Il s'agit de préserver les espèces, les écosystèmes et à en partager les bénéfices de façon plus équitable."
BIEN DIT ! EN PARTAGER LES BENEF !!
Cette déclaration de bonnes intentions étatiques sonne faux et masque une appropriation capitaliste indue des espèces dont on constatera bien vite les dérives néfastes.
Quant à la biopiraterie, la voici seulement institutionnalisée.
Toute la biodiversité des écosystèmes majeurs est désormais sous contrôle d'une police verte mondiale. C'est notamment la dépossession finale et définitive de la pharmacopée traditionnelle des derniers représentants des peuples natifs, et ce, au profit des laboratoires pharmaceutiques.
Ce n'est certes pas ce qu'annonce la première lecture des accords, mais un second regard permet de décrypter l'astuce.
Faisons-nous une raison puisqu'en Occident déjà les cultures des tisanes ou l'usage de la purée d'ortie sont, entre autres, policées, voire quasiment prohibées. Nos amis semenciers-paysans le savent et tombent de plus en plus sous le coup de ces lois iniques. De ces exemples locaux, il est aisé d'extrapoler et de se montrer plus que défiant. N'oublions pas qu'aux États-Unis, Monsanto a déjà cherché à interdire la pratique du potager domestique ! Et Monsanto & Co sont bel et bien tapis derrière ces manigances ultralibérales.

avatar André Molsheim -

En réponse à la longue réflexion de Pacha mama 65, d'abord une petite remarque: il (elle) écrit: "On va leur répondre comme certains allemands au sujet des chambres à gaz, on ne savait pas!" Le négationisme n'est pas l'apanage exclusif de "certains allemands". Rappelez-vous les propos du chef du FN qui ont défrayé la chronique à plusieurs reprises!
Mais sur le fond du problème: je pense que nous avons les moyens de résister au matraquage publicitaire et ne pas faire le jeu des spécialistes du marketing qui ne cherchent qu'une chose: éveiller chez nous de nouveaux besoins.
Refuser les programmes TV qui comportent de la pub (Arte ne fait pratiquement appel à la pub) ou éteindre la TV ou la radio au moment de la page de publicité.
On peut aussi facilement renoncer à sa voiture lorsqu'il existe des alternatives transports en commun/piste cyclable/chemins piétonniers etc.
Il existe en France (et pas seulement) énormément d'associations qui refusent la logique mercantile en offrant services et produits sur la base d'échanges (je te bêche ton jardin, tu m'aides à retapisser mon salon)
Je ne suis pas non très optimiste et ne pense pas que la prise de conscience de nos concitoyens se fera facilement et sans contrainte. Mais en tant qu'individus éclairés (ou à plus forte raison comme membres d'une association) nous pouvons agir et faire réfléchir les autres, même si nous passons pour des originaux.

avatar Run's - borneo -

Bonjour,

Qu'on apprécie ou pas l'auteur a peu d'importance en soi, son analyse est lucide et dénuée.
Malgré le critique de la situation, il continue à tirer le signal d'alarme.
Il met le nez où il faut quand il faut, et les situations qu'il décrit se rapportent a une seule et même logique : continuer à suivre stupidement les rails qu'on nous a tracés en brûlant tout sur notre passage nous mènera a percuter tôt ou tard un inconfortable mur.
Et quand nous nous trouverons éjectés de notre petit cocon confortable, la réalité sera alors très très dure.

avatar Michel Tarrier -

http://www.arnaudgossement.com/archive/2010/10/30/biodiversite-un-accord-vert-tres-pale-a-nagoya.html

avatar lanceleau, Geneve -

Un grand merci à Michel Tarrier
Sa rage et ses mots sont les miens...l'espece humaine est décidément la plus cretine que la terre ai jamais portée

avatar Michel Tarrier -

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=991

avatar Arénaria_Alger -

Je comprends le point de vue de Michel Tarrier concernant l'intérêt éconimique qui se cache subtillement derrière la préservation de la biodiversité, et voilà comme par enchantement après des années de destructions massives des écosystèmes, que les banques se pointent sur leurs beaux cheval blancs à la réscousse de l'humanité.
ce même système économique qui est responsable de la perte de la biodiversité, et qui sans gène ni humilité se proclame sauvteur de la biodiversité....comme si on pouvait tout rêgler avec l'argent, comme s'il suffisait de dilapider quelques billets verts pour voir refleurir notre terre, personellement je n'accorde que très peu d'intérêt à ce genre de sommet tape à l'oeil politico-économique, car leurs soucis primaire c'est de s'enrichir encore plus......sans vouloir être alarmiste combien de conventions, combien de séminaire combien de lois concernant l'écologie sont tombées à l'eau :) alors pourquoi en accorder plus de crédit à celui-ci ......
Merci pour votre article certe alarmant mais très réaliste..
une passionnée de la nature :)

avatar Michel Tarrier -

Merci Arénaria !
« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas. » (Précepte des Indiens Crees).

avatar Bouvard -

La nature est un enjeu économique d'importance mais quantitativement et qualitativement elle s'épuise de plus en plus, du fait de notre logique économique en cours, productiviste, consumériste et mondialiste et d'autant plus que son chef de file, l'OMC, prône un commerce international libéralisé, pour maximiser le profit à court terme et les multinationales ont incarnés parfaitement ce modèle, peu sensibles à la nature.
L'évaluation économique des biens et services que nous offrent gratuitement la nature, va permettre(paradoxalement) de la protéger, car nous dépendons tous de la biodiversité (entreprises, collectivités, particuliers) et pour notre survie à tous, nous devons la préserver, et même la capitaliser. Les services qu'elle nous rend ont une valeur sociale et économique, et aussi nous rend heureux et nous apporte un bien-être indispensable. Il n'y a aucun doute que le mode de développement actuel mènera à une perte catastrophique de la biodiversité. Il y a urgence à en changer et à établir un nouvel ordre économique mondial, qui priorise la préservation de la biodiversité.

avatar Michel Tarrier -

http://www.terre-citoyenne.org/des-points-de-vue/agnes-bertrand-et-francoise-degert.html

avatar Michel Tarrier -

J'avais été le premier à "me moquer" de Nagoya et à avertir du grave danger de remettre les clés de ce qui reste du biopatrimoine mondial au "service comptabilité" du cartel de la mondialisation ultralibérale dont les banksters sont les concierges...
http://vert.courrierinternational.com/article/2010/11/04/nagoya-une-sombre-farce

avatar Melonides, Toulouse. -

Merde!!! Tout cela est vrai...

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