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3531 lectures / 6 commentaires19 octobre 2010, 16 h 45
Choux issus de l'agriculture biologiqueAdhérents à l’AMAP "Les Paniers de Vaux" (77), nous avons été conviés par Ronaldo OYAMA, le samedi 16 Octobre 2010, à visiter l’exploitation SCEA KOORIN près de Soisy-sur-Ecole, dans l’Essone. L’exploitation de 5 hectares est en place depuis 1997 et a toujours été tournée vers l’agriculture biologique. Aujourd’hui, ce sont 600 paniers hebdomadaires qui sont distribués en Ile-de-France.
Il s’agissait de recueillir quelques avis sur l’AMAP et ses Amapiens. On parle beaucoup de qualité, de variations sur un même légume (courgettes, haricots, …), de ce qu’on aime, ce qu’on aime moins…
Et on constate également que sur les nombreux foyers qui achètent leurs légumes directement à la SCEA KOORIN, très peu s’intéressent à l’exploitation. Nous étions seulement 9 personnes à lui rendre visite et à nous interroger (sachant qu’il y avait eu plusieurs désistements de dernière minute). Un peu dommage d’être dans une association et de ne pas s’y investir plus : c’est ainsi que l’on peut résumer la pensée des présents.
A l’heure actuelle, Ronaldo prépare le printemps prochain pour bien faire correspondre le cycle de la production en fonction des cycles de la pluie.
Nous avons appris que la plus grande partie des budgets européens dans le domaine agricole était allouée à la labellisation de produits phytosanitaires en « AB ». Ceci venant du fait que de plus en plus d’agriculteurs traditionnels se positionnent sur le créneau du bio tout en conservant la mentalité de l’agriculture traditionnelle, selon laquelle, il faut aller toujours plus vite, et quand il y a un problème sur une plante, on le solutionne grâce à un produit chimique. Alors qu’en bio, tout passe par le travail du sol. Ronaldo nous a expliqué qu’il avait assez peu d’attaques de mouches blanches ou de parasites divers, et que lorsqu’il y en avait, il laissait la plante se défendre seule. Et en général, ça marche : la plante parvient à maîtriser la maladie sans l’intervention d’un humain.
De plus, depuis 2005, Ronaldo forme de jeunes agriculteurs aux méthodes de culture biologique. Sur 7 personnes formées, on compte 5 réussites d’agriculteurs qui ont décidé ensuite de s’implanter en Ile-de-France. C’est très encourageant !
Ronaldo et son équipe ont pu récemment récupérer un terrain mitoyen à l’exploitation, grand de 5 hectares qui était en agriculture traditionnelle et que Ronaldo veut à tout prix convertir en bio… d’une façon novatrice.
Le spécialiste de la terre nous a expliqué comment il allait procéder pour convertir le terrain « traditionnel » en terrain « bio ». Auparavant, il y avait sur les 5 hectares une culture de blé. Il a analysé le terrain et a trouvé du liseron et des chardons, signe d’un sol compact, dans lequel il y avait également de grandes ornières des labours précédents.
Il a demandé à ce que les tiges soient coupées haut lorsqu’on lui a cédé le terrain. De cette façon, le sol a déjà pu être préparé pour effectuer un broyage. Cela permet de rétablir et niveler le terrain. Et il va ensuite décompacter le sol.
L’esprit adopté pour la mise en place concrète de ce nouveau terrain, c’est de ne pas donner d’apport organique (contrairement à ce qu’il avait fait sur ses 5 hectares : 100 t de compost par hectare pendant 5 à 6 ans). La nouvelle parcelle recevra donc simplement la production, pour que les racines se développement correctement, et afin de bien assouplir la terre.
Cette proximité de la nouvelle partie de l’exploitation est une excellente nouvelle pour réduire certains frais kilométriques de l’exploitation. En comptant les déplacements pour se fournir et ceux pour livrer les paniers, le maraîcher fait 800 km par an. Jusque là, l’équipe devait aller chercher certains produits (pommes de terre, par exemple) à Nemours ou encore à Arpajon. Cela ne sera plus le cas grâce à cette acquisition.
Aujourd’hui, la SCEA KOORIN emploie 3 personnes à temps plein et quelques saisonniers. En 2011, avec cette nouvelle parcelle à travailler, les effectifs vont monter jusqu’à 8 ou 9 personnes en CDI à plein temps.
Un gros investissement va être réalisé dans du matériel spécialisé de binage (2 machines) pour gagner en temps et en précision. Et la construction d’un nouveau bâtiment de stockage en continuité des locaux actuels est prévue pour 2011.
Bref, par un temps un peu venteux, mais bien ensoleillé, nous avons pu observer les serres et la terre, et apprendre, poser nos questions. Ronaldo s’est montré très pédagogue et tout le monde s’est réjouit d’avoir participé à cette matinée enrichissante en plein air.
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
FAUVEL -
C'est dommage qu'il n'y ait pas plus d'agriculteurs comme lui . Il faudrait mieux l'encourager.
OLIVAIN NICE -
désolée mais il ne peut y avoir d'agriculture vraiment bio dans la mesure où la pluie rabat sur les terres des pollutions de toutes sortes.
Mon père a toujours eu un jardin où jamais aucun ingrédient chimique n'a été utilisé. Il n'y a plus aucun ver
de terre dans ce jardin, plus aucune courtilière, plus de taupes évidemment...
comment expliquer une terre quasiment stérile alors qu'elle n'a jamais vu l'ombre d'un pesticide ni d'engrais depuis au moins cent ans (deux générations) ????
J'estime qu'il est désormais impossible de consommer un légume ou une céréale à 100% bio...
Christophe Magdelaine -
@ OLIVAIN NICE : vous avez raison, 100% naturel c'est impossible. Toutefois, une production biologique reste beaucoup plus saine et respectueuse de l'environnement qu'une production conventionnelle.
Pour les terres de votre père, il faudrait voir si il n'y a pas une pollution de l'eau souterraine ou du sol.
OLIVAIN NICE -
christophe, je suis bien consciente qu'il vaut mieux du bio pas 100% que rien du tout !!! ça va de soi
Ce jardin a été cultivé durant deux générations, et j'y voyais , enfant (il y a 50 ans) des lombrics d'une longueur pas possible.. à présent plus rien, sans qu'aucune intervention extérieure n'ait eu lieu (à part peut être des épandages sur des cultures de colza, mais à plusieurs km sur les collines environnantes); Mon père arrosait aussi son jardin avec l'eau puisée dans la Marne qui ne recèle quasiment plus de vie.. peut être est-ce aussi un élément...
Son autre jardin situé ailleurs en plein village (en Haute Marne) est entouré de 4 murs. Les scarabées colorés, les araignées, les lombrics, les musaraignes et une pléthore d'insectes y proliféraient.. A présent plus rien... je dois chercher pendant des heures pour trouver UNE malheureuse araignée, deux papillons et 4 escargots.. Lorsqu'il pleut je cherche en vain un seul ver de terre dans l'allée alors qu'autrefois ils abondaient au point qu'on les ramassait pour les donner à manger aux poules!!!!!!!!...
L'eau de pluie des toitures que mon père récoltait était claire comme de l'eau de roche. Elle est désormais saturée de résidus de pollution automobile. A mon avis tout cela AUSSI s'est déposé au fil des ans dans cet autre petit jardin, tuant peu à peu toute vie. J'habite à Nice mais lorsque je retourne dans mon village, j'ai l'impression d'être dans un décor de carton pâte et suis en proie à une profonde tristesse.
Je ne sais pas si on s'est livré à une analyse des sols "bio", mais je suis sûre qu'on doit y trouver pas mal de substances polluantes tombées du ciel ou pompées des rivières polluées..
Gilles -
Maraîcher bio, je confirme que les contrôle de certification en Agriculture Biologique ne portent pas sur l'environnement proche (pollué ou non)mais uniquement sur les intrants utilisés (semences, plants, terreau, engrais, produits de traitements...).
Il est donc possible de faire de l'agriculture bio à proximité d'une usine polluante ou autre déchetterie...
Une analyse du sol est effectué par les organismes de contrôle uniquement en cas de fraude soupçonnée ou avérée.
Peut-être serait-il opportun de prendre en considération les données environnementales de proximité pour accorder le Label AB ?
Mais ne serait-ce pas là mettre un frein au développement souhaitable du bio ?
D'autant que des études ont montré que les produits issus de l'agriculture biologique étaient quasiment indemnes de résidus chimiques, et ce quelque que soit leur provenance.
Je pense quant à moi qu'il est préférable de combattre le mal à la source, à savoir les industries polluantes. En effet, un agriculteur bio (un collectif d'agriculteurs et de riverains auraient évidemment plus de poids)) peut très bien engager une action en justice s'il s'avère qu'une usine porte préjudice à la qualité de ses produits en rejetant (dans l'air, dans le sol ou dans l'eau) des produits dangereux pour l'environnement. Ce n'est certes pas un combat facile à gagner et il ne peut en être question quant il s'agit de pollution due au trafic routier...
Toutefois, un tel combat aurait un moins le mérite de mettre en évidence et donc de contraindre les industries polluantes à une meilleure gestion de leurs émanations ou déchets toxiques.
Christophe Magdelaine -
Effectivement, en AB, il n'existe pas de distance minimale réglementaire à respecter avec d'éventuelles sources de pollution. Toutefois, afin d'éviter toute contamination et donc le déclassement de la production (AB -> conventionnel), les parcelles cultivées "ne doivent pas être situées à proximité immédiate de sources de pollution importantes telles que les autoroutes ou les usines". De plus, "toutes les précautions doivent être prises pour éviter les contaminations provenant de l'extérieur des unités" et notamment les traitements phytosanitaires des cultivateurs voisins (source : Guide pour la mise en place de productions biologiques)
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