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4146 lectures / 4 commentaires01 octobre 2010, 17 h 04
Un biberon qui ne contient pas de bisphénol AAlors que le bisphénol A vient d'être interdit dans les biberons par le parlement français, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de rendre son avis sur la possible toxicité de ce composant incorporé à faibles doses dans un certain nombre de récipients notamment en plastique.
Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), le Bisphénol A (BPA) est utilisé depuis plus de 40 ans, dans de très nombreuses applications dont des matériaux au contact des aliments et de l'eau. Il est utilisé dans la fabrication de plastiques polycarbonates potentiellement présents dans des produits comme des bouteilles réutilisables pour les boissons, des biberons pour les bébés et des réservoirs de stockage ; il est aussi employé dans le revêtement de certaines canettes ou boîtes de conserve.
En raison de l'association possible du BPA à des effets nocifs pour la santé, cette substance active sur le système endocrinien a fait l'objet d'une attention considérable dans le monde entier. En effet, le Bisphénol A est massivement produit et dispersé dans l'environnement et se retrouve dans l'organisme d'une large majorité de la population, quel que soit l'âge. Selon un certain nombre d'études, le BPA aurait des conséquences multiples : troubles de la sexualité, cancers de la prostate ou du sein, obésité, diabète, dysfonctionnements thyroïdiens, troubles du comportement et de la reproduction, augmentation du risque d'inflammations intestinales sévères, maladies coronariennes... Il aurait également des effets néfastes sur le développement du cerveau des foetus et des nouveau-nés.
C'est pourquoi, en octobre 2009, la Commission européenne invitait l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à évaluer l'intérêt d'une nouvelle étude sur les effets neurodéveloppementaux possibles du BPA et, le cas échéant, à mettre à jour la dose journalière tolérable (DJT) en conséquence. En France, fin janvier 2010, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) rendait un avis mitigé sur les effets toxiques du Bisphénol A.
Pourtant, fin juin 2010, l'Assemblée nationale adoptait définitivement une proposition de loi du Sénat visant à suspendre la commercialisation de biberons produits à base de Bisphénol A sur le territoire français : "La fabrication, l'importation, l'exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de biberons produits à base de Bisphénol A sont suspendues jusqu'à l'adoption, par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, d'un avis motivé autorisant à nouveau ces opérations."
Mais, le 30 septembre 2010, l'EFSA concluait à l'absence d'éléments pertinents permettant de prouver leur toxicité aux faibles doses actuellement admises...
"À la suite d'un examen détaillé et exhaustif de la littérature scientifique récente et d'études sur la toxicité du bisphénol A à faibles doses, les scientifiques du groupe CEF(1) de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont conclu qu'ils n'avaient pu identifier aucune nouvelle preuve qui les amènerait à reconsidérer la dose journalière tolérable(2) (DJT) existante pour le BPA, fixée par l'EFSA à 0,05 mg/kg de poids corporel(3) dans son avis scientifique de 2006 et reconfirmée dans son avis de 2008(4) . Le groupe a également déclaré que les données actuellement disponibles n'apportaient pas d'éléments probants concernant une toxicité neurocomportementale du BPA.
Un membre du groupe scientifique a exprimé un avis minoritaire(5) mentionnant que certaines études récentes font état d'incertitudes en ce qui concerne des effets indésirables sur la santé à un niveau inférieur à celui utilisé pour établir la DJT actuelle. Bien que le membre du groupe scientifique soit en accord avec l'opinion générale des autres membres sur le fait qu'on ne puisse pas se baser sur ces études pour établir une DJT inférieure, cet expert recommande cependant que la DJT actuelle soit transformée en DJT temporaire.
Les membres du groupe scientifique reconnaissent que certaines études récentes font état d'effets indésirables chez les animaux exposés au BPA pendant leur développement, à des doses bien inférieures à celles utilisées pour déterminer l'actuelle DJT. Ces études font apparaître des modifications biochimiques au niveau du système nerveux central, des effets sur le système immunitaire et une sensibilité accrue au cancer du sein. Ces études présentent néanmoins plusieurs lacunes. Actuellement, la pertinence de ces résultats par rapport à la santé humaine ne peut être évaluée ; cependant, si de nouvelles données utiles sont rendues disponibles dans le futur(6) , le groupe scientifique reconsidèrera l'avis actuel."
Selon le Réseau Environnement Santé, "l'EFSA arrive à cette conclusion en écartant 95 % de la littérature, dont les conclusions devraient en toute logique conduire à une remise en cause de cette DJA, car des dizaines d'études mettent en évidence une grande variété d'effets à des doses même très inférieures à la DJA : cancer du sein et de la prostate, atteinte de la reproduction, diabète et obésité, troubles du comportement... Tous ces effets sont généralement consécutifs à une exposition maternelle pendant la grossesse, qui peut se manifester sur la descendance, voir même sur plusieurs générations.
Par exemple, 34 études expérimentales ont été publiées sur les troubles du comportement chez l'enfant après exposition pendant la gestation sur plusieurs espèces : souris, rat et singe. 32 concluent à un effet, la quasi-totalité à des doses inférieures à la DJA. Une première étude chez l'homme a retrouvé ces effets chez l'enfant de 2 ans en corrélation avec l'imprégnation maternelle en BPA.
Mais l'EFSA se débarrasse de ces preuves scientifiques indiscutables en invoquant des problèmes de méthodologie. Ces fameux problèmes de méthodologie correspondent au fait que l'EFSA ne reconnaît que les études menées selon un protocole obsolète mis au point dans les années 70, incapable de voir des effets comme les troubles du comportements, mais qui a l'avantage d'être le protocole que suit l'industrie chimique et elle seule.
L'EFSA fait ainsi le choix de s'appuyer sur une poignée d'études issues de l'industrie chimique au mépris de toutes les règles de déontologie de l'expertise qui consiste à prendre en considération toutes les études publiées. Ce comportement de l'EFSA sur le BPA est exactement de même nature que celui qu'elle a sur la question des OGM. La nomination d'une ancienne lobbyiste pro-OGM ayant dissimulé ses liens d'intérêts à la présidence du CA de l'EFSA montre que l'EFSA est aujourd'hui plus un lieu de lobbying qu'une agence en charge de la protection de la santé des européens."
Le Réseau Environnement Santé conclut en indiquant qu'il va "agir avec ses partenaires européens regroupés dans le réseau HEAL (Health Environment Alliance) pour continuer à mobiliser tous les citoyens européens afin que chaque pays prenne une décision d'interdiction dans les contenants alimentaires. Le RES demande que le Parlement Européen forme une Commission d'enquête sur la déontologie de l'EFSA. Le RES va agir également auprès de la nouvelle agence en charge du dossier BPA en France, l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) afin qu'elle rende un avis conforme aux règles de déontologie.

Dans le doute, "le plus simple" reste encore d'éviter le BPA. Malheureusement, ce composé chimique est présent dans de nombreux récipients : boîtes de conserve, canettes de boisson (résines époxy utilisées comme couche protectrice à l'intérieur), films alimentaires, bouteilles d'eau... Certains des plastiques qui ont été fabriqués grâce au BPA peuvent être repérés par le chiffre 3 (PVC), 7 (other) ou PC (polycarbonate) au centre ou en dessous du symbole de recyclage.
De plus, certains fabricants n'hésitent pas à mentionner clairement sur leurs biberons l'absence de bisphénol A.
Enfin, notons une nouvelle fois que le verre demeure un matériau en théorie recyclable à l'infini avec une chaîne de production et de recyclage qui présente de nombreux bénéfices pour l'environnement. Certes, le verre c'est plus lourd mais là aussi les fabricants diminuent progressivement le poids de leurs récipients.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
douds -
il faut toujours se méfier des organisations comme l'EFSA où les membres sont nommés par des politiques. L'action de ces nommés consiste toujours à valider des méthodes d'investigation auto-référentes sans valeurs scientifiques pertinentes quand les problèmes surviennent.
Il y a dans ce domaine une révolution intellectuelle à entreprendre. L'étude de la faisabilité de satisfaction d'un besoin ne peut et ne doit pas se focaliser à une seule fonction technique, mais doit aussi prendre en compte la toxicologie. Ainsi on aurait évité que la chlordecone pollue les Antilles pour environ 700 ans.
Pierre-Ernest -
"il faut toujours se méfier des organisations comme l'EFSA où les membres sont nommés par des politiques" Çà, c'est bien vrai ! aurait dit la mère Denis. Le GIEC en est un bon exemple...
"L'action de ces nommés consiste toujours à valider des méthodes d'investigation auto-référentes sans valeurs scientifiques pertinentes". Beau charabia sans aucune justification qui devrait d'ailleurs commencer par s'appliquer à lui-même...
" L'étude de la faisabilité de satisfaction d'un besoin ne peut et ne doit pas se focaliser à une seule fonction technique" a dit le Grand Guru (génuflexion), en application de la règle 5421 bis du Haut Règlement de la Société (qu'il a lui-même écrit).
" mais doit aussi prendre en compte la toxicologie" Parce que l'EFSA n'a pas pris en compte la toxicologie, mais le règlement des courses à Vincennes...
"Ainsi on aurait évité que la chlordecone pollue les Antilles pour environ 700 ans." Dit l'expert à la barbe chenue, après la fin du test (qui a duré 700 ans).
Philippe74440 -
Le principal est pour Pierre-Ernest qu'il puisse être satisfait en comprenant lui-même ce qu'il écrit !
Moi aussi d'ailleurs !
robin robert rochefort -
peut il y avoir un rapport entre le bisphenol et des problèmes cutané sur les contours d'oreilles au passage des branches de lunettes ????
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