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Menaces sur les espèces africaines d’eau douce : les moyens de subsistance sont en péril

2989 lectures / 6 commentaires15 septembre 2010, 12 h 30

Oreochromis_karongaeOreochromis karongae. En danger sur la Liste rouge de l'UICN. Lac Malawi, Afrique de l'Est.
© Pr. George F. Turner

Menaces sur les espèces africaines d'eau douce: moyens de subsistance en péril

21% des espèces d'eau douce d'Afrique continentale sont menacées d'extinction, ce qui met en péril les moyens de subsistance de millions de personnes. Compte tenu de l'importance de l'enjeu, les eaux intérieures doivent être gérées non seulement en vue de l'approvisionnement en eau douce, mais aussi pour préserver la richesse biologique qu'elles abritent.

Dans le cadre de l'étude la plus complète réalisée jusqu'à présent sur le sujet, 5 167 espèces africaines d'eau douce ont été évaluées par 200 scientifiques sur une période de cinq ans pour la Liste rouge UICN des espèces menacées™, dont tous les poissons d'eau douce, mollusques, crabes, libellules et demoiselles connus, ainsi que quelques familles de plantes aquatiques. L'agriculture, l'extraction d'eau, les barrages et les espèces exotiques envahissantes sont les principales menaces qui pèsent sur ces espèces.

L'étude met en lumière l'état menacé de notre environnement naturel et comporte des informations essentielles pour les décideurs en vue de l'exploitation et la gestion des ressources en eau douce sur le continent africain. Les résultats sont particulièrement importants pour les gestionnaires, puisque les espèces ont été cartographiées et rattachées à leurs bassins hydrographiques respectifs.

"Les eaux douces abritent un pourcentage disproportionnellement élevé de la biodiversité mondiale. Elles ne couvrent que 1% de la surface de la planète, mais leurs ecosystèmes hébergent près de 7% de l'ensemble des espèces", précise Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du Programme sur les espèces de l'UICN. "Cette étude récente de la Liste rouge UICN montre clairement que les lacs, les cours d'eau et les zones humides ne sont pas à l'abri de la crise d'extinction actuelle".

Même la perte d'une seule espèce peut avoir des effets catastrophiques sur les moyens d'existence humains. Un groupe de poissons connu localement sous le nom de "chambo" est une source d'alimentation importante au lac Malawi. Considérablement surpêchée, Oreochromis karongae, une espèce menacée appartenant à ce groupe, a vu sa population diminuer de 70% depuis dix ans. Au lac Victoria, le déclin de la qualité de l'eau et l'introduction de la perche du Nil (Lates niloticus) a entraîné une importante réduction des populations de nombre d'espèces endémiques depuis trente ans, mettant en danger la pêche traditionnelle. Ayant évalué 191 espèces de poissons du lac Victoria, cette récente étude a trouvé que 45% sont menacées ou considérées comme éteintes.

Dans la région africaine des grands lacs, le poisson est la principale source de protéines et de revenus pour de nombreuses populations comptant parmi les plus pauvres du continent. Il est estimé qu'en Afrique sub-saharienne, la subsistance de quelque 7,5 millions de personnes dépend de la pêche en eau douce. Cette étude très récente est un outil précieux permettant de sauvegarder la pêche, ainsi que l'approvisionnement en eau douce et les nombreuses ressources connexes.

"L'Afrique abrite une diversité étonnante d'espèces d'eau douce, dont un grand nombre ne se trouvent nulle part ailleurs", explique William Darwall, directeur du projet et chef de l'Unité de la biodiversité d'eau douce de l'UICN. "Si nous n'arrêtons pas la perte de ces espèces, le continent va perdre irréversiblement de sa biodiversité, mais des millions de personnes vont perdre aussi une source essentielle de revenus, d'aliments et de matériaux."

L'étude permet d'identifier des aires prioritaires pour la survie d'espèces menacées ou ayant une aire de répartition restreinte. Ainsi, le lac de cratère Barombi Mbo, au Cameroun, abrite 11 espèces de poissons très menacées. Leur survie est précaire, car la déforestation accroît les risques de dégazage : d'importantes quantités de dyoxide de carbone sont libérées des profondeurs du lac, étouffant les poissons. En l'absence d'interventions de gestion, ces espèces, dont certaines sont une importante source d'aliments, peuvent disparaître à jamais.

Les poissons sont bien évidemment importants pour les populations humaines, en tant que source d'aliments et de revenus. Cependant, d'autres espèces d'eau douce, comme les mollusques, les libellules, les crabes et les plantes aquatiques, jouent aussi un rôle essentiel dans le maintien des fonctions des zones humides et il ne faut pas les négliger. Dans les chutes du cours inférieur du Congo, 11 espèces de mollusques, vivant sur une étendue de 100 km, sont très menacées en raison de la pollution en amont. Or, ces mollusques filtrent l'eau et assurent d'autres fonctions importantes.

"Cette nouvelle étude nous permet de sensibiliser les promoteurs et les autorités gouvernementales envisageant des projets d'infrastructures en eaux douces, qui sont encore peu développées dans la plupart des pays africains", dit Anada Tiéga, Secrétaire général de la Convention de Ramsar. "Jusqu'à présent nous n'avions pas les informations nécessaires sur les espèces et les menaces auxquelles elles sont confrontées, mais, grâce à ces évaluations de la Liste rouge de l'UICN, nous espérons que les décideurs africains feront maintenant les bons choix en vue de l'exploitation durable de leurs ressources en eau, tout en protégeant et valorisant la biodiversité mondiale."

Auteur

Union internationale pour la conservation de la nature

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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6 commentaires

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avatar lavoisier -

A qui profite l'introduction des perches du nil
elle ne mangent pas des haricots
et les populations locales ont droit aux arêtes

avatar poussiere de vie -

@ lavoisier
regarde le cauchemar de darwin tu comprendra
la bande annonce
http://www.youtube.com/watch?v=WZ6YYWkHCsA

pour etre honnête ce documentaire a été controversé , a mes yeux la controverse ne tient pas mais ça n'engage que moi

avatar lavoisier -

@ poussiére de vie
parce que tu croit que les perches du nil ne mange pas les cyclidés de la photo
c'est vrai que c'est plein d'arrêtes et pas en cube

A forçe d'épuisement de la ressource primaire elles deviennent méme antropohage
tout à une fin
entre les deux , les filets de perche du nil , c'est dans le rayon poissons du super marché
bien que c'est vrai qu'il semble que l'on soit au bout de la ressourçe

avatar poussiere de vie -

si justement elles détruisent toute la biodiversité c'est ce que démontre le documentaire entre autre chose, c'est une veritable catastrophe humaine et ecologique

avatar lavoisier -

sans aller trop loin

dans mon coin il ont vidangé un étang
la pêche se résume avec un silure glane de 40 kg
et quelques carpes pas encore avalées

avatar Biohazard -

@ poussière de vie

Pour s'adapter il leur faudra devenir air-bivore.

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