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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
7288 lectures / 12 commentaires08 septembre 2010, 15 h 27
Inondations au Pakistan en août 2010Les événements climatiques extrêmes comme la canicule russe, une mousson indienne dévastatrice au Pakistan et en Inde et des gigantesques inondations à travers la Chine, démontrant une nouvelle fois, et de manière dramatique, la vulnérabilité des sociétés humaines devant les colères de la nature. Comme à chaque fois, nombreux sont ceux qui relient ces événements au réchauffement planétaire.
Les signes de la poursuite du réchauffement engagé depuis un demi-siècle sont nombreux. La température moyenne de la planète montre, selon les relevés et analyses de l'équipe de James Hansen au Goddard Institute for Space Studies (NASA), que les six premiers mois de l'année 2010 détiennent le record de chaleur depuis cent trente ans. La hausse du niveau marin global, mesuré par satellite depuis 1992 avec une précision diabolique, se poursuit inexorablement. En cause ? La dilatation des eaux de surface du fait de leur réchauffement et la fonte des glaciers continentaux (montagnes et calottes polaires). La banquise arctique va, pour la quatrième année consécutive, passer sous la barre des 5 millions de km² d'ici quelques jours. Alors qu'elle n'était jamais descendue sous cette limite entre 1978 et 2006, la période où nous disposons d'observations quotidiennes par satellites.
Pour la plupart des climatologues il est encore très difficile d'attribuer tel ou tel événement, surtout extrême, au changement en cours. D'ici quinze ou vingt ans, cela deviendra peut-être évident, mais à ce jour rien n'est encore sûr. En effet, seule la répétition accélérée des événements extrêmes signalera qu'ils trouvent l'origine de leur fréquence accrue dans le changement climatique. En revanche, les projections à plusieurs décennies montrent que les épisodes caniculaires seront plus fréquents, par exemple en Europe ou en Russie, au fur et à mesure que la température moyenne va croître. Ainsi, la canicule russe de 2010 préfigure donc des événements similaires plus fréquents d'ici quelques décennies.
Pour la mousson asiatique, les désaccords entre modélisations ne permettent pas encore d'arriver à une conclusion. Si certaines simulent des moussons asiatiques plus fortes dans l'avenir, avec des épisodes très intenses plus fréquents, d'autres ne parviennent pas aux mêmes résultats. Les progrès des modèles à représenter les phénomènes de convection atmosphérique et la puissance accrue des ordinateurs devraient permettre de savoir, d'ici quelques années, quelles seront les évolutions des moussons futures.
Cette apparente multiplication des événements à cours de ces derniers mois ne doit pas faire oublier qu'ils ont en fait la même origine. En effet, le blocage anticyclonique sur la Russie, la phase la Niña dans le Pacifique tropical et les températures élevées dans l'océan Indien se conjuguent pour provoquer cette mousson intense et les fortes pluies sur la Chine en contraignant la circulation atmosphérique. Pourtant, tout n'est pas compris dans cette année 2010, très "atypique". Ainsi, les températures de surface très élevées de l'Atlantique tropical, au large de l'Afrique de l'Ouest, auraient dû provoquer une saison cyclonique exceptionnelle et une mousson africaine elle aussi très forte. Pour cette dernière cela n'a pas été encore observé et il faudra attendre début novembre pour faire le bilan de la saison cyclonique Atlantique.
La principale semble être que la vulnérabilité des sociétés aux aléas climatiques reste très élevée, voire s'accroît. La canicule russe et ses conséquences diverses - incendies, pollution urbaine, chute de la production de céréales, mortalité en hausse dans les villes touchées - sont certes des conséquences directes de la sécheresse et des températures élevées, mais qui proviennent surtout d'une combinaison de ces facteurs naturels avec l'incapacité des sociétés à les prévenir et à y faire face. Les incendies des tourbières autour de Moscou sont également la conséquence de leur exploitation, comme les incendies de forêts sont à relier à leur mauvaise gestion.
Au Pakistan, l'explosion démographique s'est traduite par une urbanisation anarchique dans les zones inondables et donc au désastre de millions de sinistrés. Mais, l'exemple de la gestion du cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans a montré que les Etats-Unis n'étaient pas capables de gérer l'évacuation de 500 000 personnes de manière correcte. Il sera difficile de diminuer la vulnérabilité aux aléas climatique créée par des évolutions démographiques et économiques non maîtrisées. Même un pays riche comme la France n'arrive pas à s'interdire la construction en zones dangereuse et inondable. L'aide internationale d'urgence s'organise au Pakistan, mais les gouvernements sont encore incapables de développer une politique de prévention réelle. Les catastrophes risquent donc de se succéder.
Les épisodes de sécheresse en 2003 en Europe de l'Ouest, puis en 2007 en Australie ont joué un rôle important dans l'envolée des prix du blé et la crise alimentaire qu'elle a déclenchée. La question agricole met en lumière les connexions entre climat et géopolitique : la hausse brutale du prix du blé sur les marchés internationaux à la suite de la décision du Kremlin d'interdire l'exportation montre que ce sont des populations parmi les plus pauvres et pas directement touchées par l'événement climatique qui risquent d'en payer le prix le plus élevé. Cette exportation du choc climatique à longue distance montre à quel point la dépendance au marché international dans laquelle les politiques actuelles plongent certains pays pauvres peut se révéler dangereuse pour eux-mêmes et pour la stabilité des relations internationales. Surtout, insiste l'économiste, il faut se garder d'une vision abstraite du marché des denrées agricoles. La plupart des pays pauvres ne peuvent réagir à une hausse brutale des prix en réduisant leur consommation - obéissant ainsi à la théorie libérale en vigueur - sauf à mettre en péril la santé ou la survie des populations.
En 2009, les catastrophes hydrologiques, parmi lesquelles les inondations, ont représenté 53 % du nombre total de catastrophes naturelles. Le nombre de cas déclarés catastrophes climatiques (températures extrêmes, sécheresses et incendies de forêt), était plus élevé en 2009 que l'année précédente, mais inférieur à la moyenne annuelle pour la période 2000-2008. Le nombre de personnes touchées par les catastrophes météorologiques tels que les typhons ont augmenté de 220 % par rapport à 2008. L'Asie a concentré en 2009 un peu plus de 40 % de ces phénomènes. Les zones côtières sont également très touchées.
Une étude réalisée par la Banque mondiale et Columbia university a identifié 86 pays à très fort potentiel de catastrophes qui pourraient subir des pertes économiques et humaines élevées en raison de cyclones, tremblements de terre, inondations, sécheresses, éruptions volcaniques ou encore glissements de terrain.
Selon le rapport d'évaluation sur la réduction des risques de catastrophes au niveau mondial (Global Assessment Report on Disaster Risk Reduction), les risques de catastrophes augmentent le plus rapidement dans les pays à revenu moyen et faible dont les économies sont en forte croissance. Les pays en développement, les Etats fragiles et les petits États insulaires seraient les moins résistants à l'impact de ces catastrophes.
Pour la Banque mondiale, ''les catastrophes naturelles devraient augmenter en termes de fréquence et de gravité en raison du changement climatique, de la croissance démographique, de l'urbanisation rapide et de la dégradation de l'environnement''. Un rapport conjoint du PNUD, de l'UNICEF, du FNUAP et du PAM, publié en janvier 2008 dresse le même constat : ''la portée des catastrophes naturelles et l'augmentation de leur fréquence et gravité indiquent que les conséquences du changement climatique ne feront qu'empirer, notamment en raison de l'urbanisation rapide actuellement en cours''.
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Hdrass Bourges - 09/09/2010, 12:10
Catastrophes naturelles en série : la faute au réchauffement climatique ?
Au niveau scientifique tout est dit dans cette phrase :
"D'ici quinze ou vingt ans, cela deviendra peut-être évident, mais à ce jour rien n'est encore sûr. En effet, seule la répétition accélérée des événements extrêmes signalera qu'ils trouvent l'origine de leur fréquence accrue dans le changement climatique."
Maintenant, au niveau politique de la capacité d'anticipation, de prévention, d'adaptation, de modification des comportements humains, actuellement seule l'intuition individuelle est bonne conseillère.
Plus une société s'en réfère à la collectivité pour sa sécurité, plus elle devient vulnérable, car les gouvernements et les Etats sont incapables de faire de l'anticipation (sauf peut-être en matière de retraites, quoi que !).
A méditer pour les français...
Autre réflexion :
l'explosion démographique est une source de vulnérabilité accrue et comme par hasard elle a surtout lieu dans les pays très concernés par les catastrophes naturelles en série, et on peut en conclure que la nature est intelligente car elle procède à terme à une régulation salutaire pour la vie en général.
La science a cru dompter la nature mais c'était une méprise.
L'abondance relative actuelle (obtenue grâce à l'avènement de la science) permet encore la solidarité humaine, mais la rareté relative qui se profile à l'horizon va provoquer des tensions sociales et politiques sans précédant.
Alors, vive la nature et ses lois qui remettent les humains à leur vraie place sur terre !
Gérard Nevers - 10/09/2010, 13:56
Que le réchauffement climatique prédispose a des augmentations d'intensité est réel mais il faut tenir compte aussi, du moins pour cette année, de la Nina qui est en action.
jean pierre chambery - 10/09/2010, 21:00
la Nina est liée au refroidissement du Pacifique , où est le réchauffement ?
Encore un article fondée sur des modélisations criticables et critiquées, avec des données incomplètes, aléatoires et incertaines mais bien "travaillées" pour donner l'illusion de la vérité scientifique sur des phénomènes si complexes qu'ils sont encore incompris, quand l'homme acceptera t-il d'admettre son ignorance plutôt que de vendre une idéologie maquillée en science.
Jacques - 10/09/2010, 21:34
Jean-Pierre @
""""Encore un article fondée sur des modélisations criticables et critiquées, avec des données incomplètes, aléatoires et incertaines mais bien "travaillées" pour donner l'illusion de la vérité scientifique sur des phénomènes si complexes qu'ils sont encore incompris, quand l'homme acceptera t-il d'admettre son ignorance plutôt que de vendre une idéologie maquillée en science. """""
Quelques justifications de vos assertions à nous donner ?
Bernard, Louveciennes - 13/09/2010, 13:29
Ne pas oublier que l'activité humaine n'est que l'une des causes possibles du réchauffement climatique, quelle qu'en soit l'intensité par ailleurs. Parmi les autres causes: les éruptions volcaniques et le magmatisme en général, la surrection des chaînes de montagnes qui libère CO2 inclus dans les roches (comment croyez-vous que Perrier ou Quézac sont des sources gazeuses?), etc. Quelle est la répartition de ces causes dans le phénomène? Les articles qui sont continuellement publiés dans des revues générales comme Nature et Science montrent qu'on est encore loin du but.
L'activité humaine joue à différents niveaux: les médias insistent beaucoup sur le rôle de l'utilisation des énergies fossiles et de l'industrie à l'échelle globale, ce qui implique surtout les pays industrialisés, même récemment, et exonère les autres.
Or, on oublie les causes locales: l'urbanisation en zones inondables (et pas uniquement pour des raisons démographiques, voir le Languedoc ou la côte vendéenne pour rester en France), l'apparition de zones inondables par suite de déforestations programmées ou sauvages (voir le haut Indus, où ce ne sont pas les grandes compagnies industrielles qui sont en cause) ou encore l'apparition de zones inondables par suite de ... l'urbanisation (la terre végétale retient l'eau mieux et plus longtemps qu'une zone macadamisée: ce fut l'une des causes de la grande inondation de Paris en 1910 après avoir canalisé la Seine), etc.
Catastrophes vs. réchauffement climatique, oui, mais jusqu'à un certain point. La tempête Cynthia n'aurait pas eu un tel impact si les permis de construire avaient été donnés avec plus de réflexion.
C'est ainsi que, bien avant l'ère industrielle, des civilisations avancées ont disparu, comme les Mayas classiques avant l'ère toltèque et l'arrivée des Espagnols. Sait-on aussi pourquoi les premières cités au monde, dans le bas Indus (Mohendjo Daro), ont disparu totalement, bien avant le peuplement actuel du Pakistan?
Que l'homme soit une cause, certes, mais non LA cause. Et ni l'homme de la civilisation industrielle, ni la démographie.
Enfin, pour terminer avec la question des modèles de calcul, fiables ou non: malgré la capacité actuelle des ordinateurs et la mise en place progressive de réseaux d'ordinateurs, on est encore loin d'avoir pris en compte tous les facteurs. Un exemple: le rôle des nuages, entre effet d'albedo et effet de serre, n'est pas encore totalement compris. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les météorologistes eux-mêmes: il suffit de consulter, sur les sites des grands laboratoires météo, les projets de recherches soumis à financement.
Bat77 - 13/09/2010, 13:58
Est-ce que tout ça ne sont pas plutôt les prémices de l'inversion du champs magnétique terrestre ?
Christophe Magdelaine - 13/09/2010, 14:01
@ Bat77 : si inversion il y a, cela ne se fera pas avant au moins 2000 ans.
williams - 13/09/2010, 16:05
jean pierre chambery a écrit :
la Nina est liée au refroidissement du Pacifique , où est le réchauffement ?
---------------------
La Nina est une oscillation océanique a court terme du Pacifique (ENSO). C'est opposé du El Nino. Et le réchauffement climatique n'a pas de conséquence sur cette oscillation (ENSO). Pour plus d'infos sur La Nina, El Nino... avec une vidéo : http://la.climatologie.free.fr/enso/ENSO-PDO.htm
Pour le nombre des événements climatiques (inondations...) il est impossible de dire si oui ou non ils ont augmenté car si on en voit plus c'est logique car c'est l'évolution de la technologie (satellites...) qui nous le permet depuis environs 30 ans.
Williams
Jacques - 13/09/2010, 18:13
Williams @
""""Et le réchauffement climatique n'a pas de conséquence sur cette oscillation (ENSO)""""
Pardon ? . Pouvez vous développer (avec références)
Stéphane LAGASSE BRUXELLES - 13/09/2010, 23:37
Nous sommes "sortis" de la régulation par la biodiversité. Au 20ème siècle nous avons grandi avec la croyance que nous pouvons ou pourrons tout maîtriser. Aujourd'hui le seul et vrai progrès est la conscience, l'expérience et la connaissance de ce qui nous relie à la "nature". La permaculture est infiniment plus savante que les OGM. C'est l'orthèse contre la prothèse.
sebb - 22/09/2010, 13:44
Je n'ai pas souvenir d'avoir lu un texte qui appuie ou qui réfute un rôle du réchauffement climatique sur l'ENSO.
Je ne sais pas si on peut dire qu'il y a une augmentation de l'écart de la SST en période niña, qui se répercute sur la différence de pression entre 2 points pris en compte dans le calcul des indices.
Parler d'une hausse des catastrophes naturelles peut paraître peu crédible en terme de conclusion; car sur le point de l'intensité, une probabilité n'est jamais nulle, et en terme de fréquence, les séries de données sont pour le moins opaques et rapidement rares à mesure que l'on remonte les années, et hétérogènes selon les régions.
Adamski Pologne - 28/09/2010, 17:28
Nier le rechauffement climatique revele soit une mauvaise foi soit une existence vecue sur l autre pla=
nete .Les plages grignotees par la mer , temperatures
hautes jamais enregistrees en tel ou tel endroit ,c est
l experiance de tout le monde .Et la connaissence de
lois physiques elementaires permette imaginer la suite
Finissons donc discuter si deux et deux fait quatre .
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