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La voiture ou l'avion ? Débat sur les voyages et le changement climatique

5861 lectures / 14 commentaires27 août 2010, 11 h 21

voitures_bouchon.jpgBouchons sur l'A13 - France
© C. Magdelaine / notre-planete.info

Quel moyen de transport a le plus d'impact négatif sur le réchauffement planétaire : la voiture ou l'avion ? Selon les résultats d'une étude financée par l'UE, les trajets en voiture augmentent davantage la température mondiale que les vols sur une même distance parcourue, mais uniquement à long terme. Les voyages par avion, d'autre part, affectent les processus de réchauffement à court terme en haute altitude.

Publiés dans la revue Environmental Science & Technology, les résultats s'inscrivent dans le cadre d'un programme de recherche ambitieux qui s'appuie sur l'expertise de 41 participants et de 6 membres associés originaires de 17 pays européens ainsi que de la Chine, de l'Inde et des États-Unis.

Leurs travaux menés au titre de QUANTIFY se concentraient sur l'impact du trafic aérien, maritime et terrestre (des systèmes de transports européens et mondiaux) sur le climat de la Terre, notamment sur les effets des gaz à effet de serre, les émissions de précurseurs et de particules d'ozone, les traînées de condensation et les nuages de pollution laissés par les navires. L'objectif final était de donner des prévisions et autres conseils politiques aux gouvernements et organisations internationales.

Les chercheurs participant à ces travaux ont constaté qu'il s'agissait de la première étude se basant sur une telle série de modèles de chimie climatique pour comparer les effets du climat résultant de différents modes de transport à l'échelle mondiale. En plus du dioxyde de carbone (C02), l'étude a pris en compte les effets de tous les gaz (durables et éphémères), des aérosols et des nuages.

L'équipe a constaté qu'à long terme, conduire une voiture générait, en moyenne, une augmentation globale des températures plus importante qu'un voyage en avion sur une même distance parcourue. Cependant, les trajets en avion augmentent les températures mondiales quatre fois plus qu'un voyage en voiture au cours des premières années suivant le voyage.

L'auteur principal de l'étude, le Dr Jens Borken-Kleefeld, de l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués en Autriche, expliquait que puisque les avions volent à haute altitude, leur impact sur l'ozone et les nuages est temporaire mais disproportionnellement élevé. Les chercheurs ignorent l'ampleur du phénomène mais pensent que l'effet net est une élévation forte (bien que temporaire) des températures.

"Les déplacements en voiture émettent davantage de CO2 que les voyages par avion par voyageur-kilomètre. Le CO2 reste dans l'atmosphère plus longtemps que tout autre gaz, aussi les voitures ont-elles un impact plus dangereux sur le changement climatique à long terme", expliquait le Dr Borken-Kleefeld.

L'équipe de chercheurs d'Autriche et de Norvège a également découvert que le transport de marchandises par avion augmentait les températures mondiales jusqu'à 35 fois plus que le même transport par poids lourds sur une même distance. Il est surprenant de constater qu'à long terme, le transport par voie maritime entraîne 25 fois moins de réchauffement et génère même un rafraîchissement sur des périodes plus courtes.

"Les navires contribuent au réchauffement planétaire par leurs émissions de CO2, l'ozone et les particules de suie. Actuellement, ils émettent aussi de grandes quantités de dioxyde de soufre qui forment des particules de soufre dans l'atmosphère. Ces particules réchauffent la planète en reflétant les rayonnements solaire dans l'espace", expliquait le co-auteur, Dr Jan Fuglestvedt du CICERO (Centre for International Climate and Environmental Research) en Norvège.

Le Dr Fuglestvedt ajoutait que dans les premières décennies suivant une expédition par voie maritime, l'effet de refroidissement contrebalance davantage celui du réchauffement. Étant donné que de grandes quantités de marchandises sont transportées par bateaux, le commerce international équilibre certaines élévations de températures engendrées par les déplacements de passagers dans le monde. Le Dr Fuglestvedt soulignait cependant qu'"à long terme, tous les moyens de transport motorisé augmentent le réchauffement planétaire."

Notes

Les résultats sont les fruits du projet QUANTIFY («Quantifying the climate impact of global and European transport systems»), financé à hauteur de 8,39 millions d'euros au titre du domaine thématique «Développement durable, changement planétaire et écosystèmes» du sixième programme-cadre (6e PC).
Le projet QUANTIFY a débuté en mars 2005 et s'est achevé en février cette année. Les autres réussites de ce projet se sont traduites par la création d'une base de données consacrée à l'inventaire des émissions, une université d'été, une série de conférences internationales et des activités d'apprentissage en ligne par le biais d'un portail web.

Référence

Borken-Kleefeld, J., et al. (2010) Specific climate impact of passenger and freight transport. Environ. Sci. Technol, 44, 5700-5706. DOI: 10.1021/es9039693

Auteur

© Communautés européennes, 1990-2011 / CORDIS, http://cordis.europa.eu/ ; date originale : 27 août 2010, 11 h 21

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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14 commentaires

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avatar Stéphane LAGASSE BRUXELLES - 28/08/2010, 00:00

Bougeons moins, mieux, doucement, avec notre énergie propre.

Bref soyons plus automobile avec de bon mobiles.

avatar Louis Possoz - Louvain-la-Neuve - 28/08/2010, 09:15

"Sur une même distance parcourue" ?



C'est là la question essentielle. On ne parcourt pas les mêmes distances en voiture ou en avion. L'être humain ne réfléchit pas en terme de distance mais en terme de temps. On est prêt à passer une journée pour se rendre sur son lieu de vacances ou une heure pour se rendre au boulot. La distance acceptable dépendra de la vitesse du moyen de transport choisi. Conclusion : si l'avion n'est pas plus polluant que la voiture pour une même distance, il encourage nettement à parcourir de plus longues distances. CQFD.

avatar André Girod Lauris - 28/08/2010, 12:16

Dans un livre " Tourisme de masse destruction" qui va sortir, je parle du problème du transport: auto, avion et il apparaît que ce problème qui s'aggrave de jour en jour ne pourra se régler que par des décisions tyranniques humaines ou catastrophiques naturelles.



avatar lavoisier - 28/08/2010, 14:14

vu l'image



ceal va être un peut plus compliqué de faire des avions hybrides que des voitures qui ne consomment pas au ralenti ou à l'arrêt

avatar lavoisier - 29/08/2010, 12:17

si il y a embouteillage sur l'aérodrome et plus de kéroséne



cela plonge

avatar Biohazard - 29/08/2010, 17:26

C'est la question de la circulation commercial écologique.



Sur de courtes distances, il apparaît évident que les planeurs et les péniches ont besoin d'une sacré innovation commercial collective pour faire face à la (hélas) très populaire voiture (reste le train, le bus ou le vélo, le roller à mon avis, ou ce qui utilise une énergie humaine). Citation de l'article :

"Les déplacements en voiture émettent davantage de CO2 que les voyages par avion par voyageur-kilomètre."



Hors comme pour l'exemple des accidents de voiture, son utilisateur a le plus d'emprunter ce chemin pour ses différentes obligations : travail, loisirs,...ect



D'un point de vue individuelle, la voiture, pour ses chemins réguliers, est le meilleur moyen de contribuer au réchauffement climatique car les autres transports sur de longues distances sont très nettement moins utilisés.



Au niveau commercial international, le transport maritime émet 25 fois moins que les autres polluants. Encore faut-il avoir un réseau maritime de distribution, que celui-ci soit plus rentable ? Et aussi que les écosystèmes ne soient pas affecté par une trop grande fréquentation des transports.



De toute façon, aucune de ses manières de commerce ne sont à long-terme car selon le Dr Fuglestvedt :

"à long terme, tous les moyens de transport motorisé augmentent le réchauffement planétaire."



Les industries renouvelables sont populaires mais la circulation, l' interdiction/remplacement technologique, les réseaux bio-compatibles sont de nouveaux enjeux sociétaux.

avatar Kaseekane - 30/08/2010, 01:28

Je préfère l'avion, plus confortable, plus rapide, et on parcourt de plus grandes distances en un minimum de temps. Mais oui, c'est extrêmement polluant. Pour le boulot ou les études, je préfère le tram ou le train, ça va plus vite, y'a pas d'embouteillages, mais par contre y'a la foule, c'est assez désagréable quand ils écrasent la maquette sur laquelle j'ai bossé toute la nuit! En terme de prix, pour les voyages, le train est parfois plus cher que l'avion, et met évidemment plus de temps de trajet. Pour la voiture, ben, s'il faut passer une heure à tourner en rond pour se garer en ville, c'est clair qu'on pollue pour rien! Voyager en voiture? Trop long, et trop d'embouteillages, et trop polluant. Pour les courtes distances: vélo, train, tram, marche à pied. Pour les moyennes distances: train. Grandes distances: avion pour les pressés, et bateau pour ceux qui ont du temps. Sinon, ne pas bouger de che soi... Mais bon, nous sommes dans une ère où l'on aime bouger, où la technologie nous permet de faire en 8 heures ce que nos ancêtres ont fait en plusieurs années. A moins de trouver un moyen de se téléporter... La téléportation, solution future et idéalement écolo?????? Voilà mon avis.

avatar lavoisier - 30/08/2010, 21:37

faire des éconmies et l'année sabatique à la voile



bon, il y a maintenant les pirates

avatar gallesio Bruno demeurantà Cagnes sur Mer O6800 - 31/08/2010, 17:30

Bravo pour Kaseekane ,lui à bien étudié le probléme des desdeplacements actuels ,je suis d'accord à100pour 100 avec

lui.

avatar Ariane-Bordeaux 33 - 01/09/2010, 08:06

la téléportation qui fonctionnerait aux déchets ou à l urine... faut voir lol

avatar lavoisier - 02/09/2010, 19:25

bon vaut mieux faire le calcul de la consommation des milliers de moteurs au ralenti



s'ils vont tous à l'aéroport, vaut mieux prendre son temps pour l'avion

avatar Kaseekane - 04/09/2010, 23:44

Avec "elle", Bruno, je suis une femme. ;-)

On est dans un engrenage... tout dépend de tout.... on se déplace parcequ'on a des gens à voir loin, parceque le boulot le veut, parcequ'on veut se dépayser.. on étudie pour travailler, on travaille pour avoir des sous, des sous pour manger, il faut acheter et s'équiper pour manger, consommer pour cuire, ensuite on jette nos déchets, ils faut traiter les déchets, mais y'a des gens qui travaillent pour cela, et donc la vie est un cycle infernal.... Alors en fait la question à se poser c'est à quel niveau faut-il faire le changement de nos habitudes? S'agit-il des individus? Ou bien du système au dessus de nos têtes? Ou des lois? c'est presque comme se demander si la poule fait l'oeuf ou l'oeuf la poule...

avatar André Girod Lauris - 05/09/2010, 08:16

Extrait du livre " Tourisme de masse destruction" à paraître:

Et les solutions, comme nous l'avons vu, fusent : diminution des émissions de CO2, réduction de nos dépenses de calories d'énergie.



Je me pose la question : quelle a été ma production de CO2 dans ma carrière, ma vie ? Je n'y ai jamais fait attention comme tout le monde jusqu'à présent. D'abord je n'avais pas la moindre idée que le kilomètre que je parcourais en avion, en voiture aggravait la situation environnementale de la planète. Comme beaucoup, la terre était éternelle et pouvait, sans contraintes, soutenir des milliards d'êtres humains qui, par leurs activités, et dans cette sacrée lutte vers de meilleures conditions de vie, émettaient des tonnes et des tonnes de saloperies dans l'air.



Maintenant que nous avons à notre disposition des appareils précis qui peuvent nous classer dans la catégorie des bons ou des mauvais citoyens, n'hésitons pas à les utiliser.



En tout premier lieu, comme un exercice de calcul à l'école primaire, il faut trouver les données du problème. Comme le CO2 est émis par les moyens de transport, l'énergie consommée, étudions de près, sur une année, ce que cela fut pour mon cas.



Je vais prendre l'année 1990, année du calendrier. Mais mes activités véritables étaient plutôt basées sur l'année scolaire puisque je travaillais avec des écoles primaires françaises et américaines.



Mes réunions me faisaient voyager dans toute la France inclus les territoires d'outre-mer : la Réunion et la Martinique. D'autre part pour convaincre les systèmes scolaires de participer aux classes franco-américaines Back to Back, je traversais l'Amérique dans tous les sens, sans oublier les allers et retours entre nos deux bureaux, l'un à Perthes en Gâtinais 77 et l'autre à Westmont, près de Chicago, Illinois.



Cette année-là, je compte 34 vols AR entre Paris et Chicago, Air France, première classe soit déjà un total de : 7058 ( kilomètres aller entre Paris et Chicago, source Air France)x2x34= 479 944 kilomètres.



A cela, il faut ajouter 3 Paris- San Francisco, 2 Paris- Miami et 5 Paris- New York pour un kilométrage de 142 330.



A travers les Etats-Unis, mes responsabilités me firent aller de la « Cuppertino School » à Sunnyvale, Californie à la « Sea Gate school », à Naples, Floride et de la « Atkinson school » à Freeport, New York à la « Portland Cathedral school », Portland, Oregon. Sans oublier l'Alaska et le Mid west et les passages obligatoires à mon bureau à Westmont, Illinois.

J'évalue le nombre de miles parcourus à environ 200 000 soit 320 000 kms.

Un relevé de mon propre compte de l'American Express de 1997 ( account summary) indique dans la rubrique Airline, une dépense de 740 428,49 dollars ! (Dans « Classe franco-américaine back to back, » j'ai expliqué pourquoi une telle somme !)



Cette année-là, pour ma détente et mon plaisir, je suis allé en Afrique du Sud, en Chine, en Amérique du sud et en Australie. Je rajoute une bonne louche de kilomètres: 100 000.



En comptabilisant les distances parcourus dans l'année 1990, j'arrive grosso modo au total effarant de près d'un million de kilomètres en 365 jours ! Effarant, près de trois fois la distance Terre-Lune ! Plus qu'un commandant de bord !



C'est sans doute la première fois qu'un homme d'affaires ose tenter un tel calcul et avouer une telle folie.



En utilisant les rapports et études faits par le GIEC ( Groupe intergouvernemental de l'Evolution du Climat) créé en 1988 à la demande du G7 par 2 organismes de l'ONU : Organisation météorologique mondiale ( OMM) et le programme des Nations - Unies pour l'environnement ( PNUE), je tremble d'avance d'annoncer les chiffres de mon méfait environnemental !



Un passager voyageant en classe économique sur un Paris New York émet en équivalent carbone le poids de 696 kg. Sur un San Francisco, ce sera 1 088 kg, plus d'une tonne ! Mais, souligne le GIEC, en première classe, le passager émet sur un Paris-New York,

2 456 kg !! J'en suis tout retourné d'avoir lâché dans l'atmosphère, deux tonnes et demie de CO2 pour mon Paris New York ! L'espace et le volume occupé par un siège de première expliquent la différence. C'est le carburant qui justifie ces chiffres. D'après le constructeur Airbus, le A 380 consommera pour un vol de 13 900 kms, 194 800 litres de carburant ! D'où, paraît-il, des économies sur les autres avions !



Un voyageur émet en CO2:

Sur un court courrier : 140 grammes de CO2 par km ( Même consommation qu'une voiture moyenne en ville)

Sur un long courrier : 87 grammes ( Même consommation qu'une voiture moyenne sur la route). Les décollages et atterrissages coûtent cher en carburant.

Sur un train : 3 kgs

Sur un bateau : 0,2 Kg

Mais le Concorde faisait 330 kgs !

Source : ADEME ( Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie)

INRETS ( Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité)



Mais le GIEC continue dans son enquête, à déclarer que le transport aérien émet deux fois plus de CO2 que les voitures particulières. Pour un vol de 6500 kms, la consommation pratique sera de 240 litres par passager, soit 0,037 litre par kilomètre/passager.



Je n'ose compter MA consommation pour l'année 1990, de peur d'être pendu en effigie par les écologistes !



En tenant compte des chiffres précédents, j'aurais consommé 0,037 litre x 1 000 000 kilomètres = 370 000 litres de carburant pour ma petite personne. Quant à mon émission de CO2 pendant l'année 1990, haro sur le baudet ! J'ai émis, si j'avais voyagé en classe économique : 120 000 kg de CO2 soit 120 tonnes et en première classe, ce qui fut plus souvent mon cas : 410 000 kg de CO2 soit 410 tonnes. Les bras m'en tombent !



Si je me compare à un paysan du Bengladesh qui ne dépassera jamais un rayon de dix kilomètres autour de sa cahute, j'aurai émis autant de CO2 que les habitants de toute cette région, environ 2 millions de personnes !



http://andre-girod.over-blog.com

avatar igloo guntershoffen - 29/09/2010, 15:35

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