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Gérer les conflits entre l'Homme et la faune sauvage en Afrique

1432 lectures / 7 commentaires22 juillet 2010, 22 h 11

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Avec une population mondiale qui croît au rythme d'environ 75 millions de personnes par an, l'homme et la faune sauvage se disputent de plus en plus l'espace vital, accroissant d'autant les risques de conflits, les menaces aux vies humaines et aux moyens d'existence, explique l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

La compétition entre l'homme et la faune sauvage remonte à la nuit des temps, "mais aujourd'hui, les choses se compliquent, en particulier en Afrique", explique l'expert de foresterie et de faune sauvage de la FAO, René Czudek. La population du continent, qui renferme les plus vastes réserves de faune sauvage de la planète, passera d'un à deux milliards d'habitants au cours des 40 prochaines années. Les Africains s'entasseront dans les villes, mais leurs cultures exerceront une pression croissante sur le territoire peuplé par la faune sauvage.

La FAO propose un ensemble d'outils pour atténuer des conflits homme-faune sauvage. Il a pour vocation principale de résoudre ces problèmes en Afrique, en contribuant à protéger les populations, leur bétail et leurs cultures des animaux, mais aussi à protéger les animaux de l'homme.

Selon le Comité technique sur la faune sauvage de la Communauté de développement de l'Afrique australe, les animaux sauvages représentent le problème numéro un pour les populations rurales, tant pour leur sécurité personnelle que pour les dégâts économiques qu'ils occasionnent.

Les éléphants sont particulièrement friands de cultures de plein champ, comme le maïs et le manioc. Selon les estimations, le coût annuel des raids d'éléphants vont de 60 dollars (Ouganda) à 510 dollars (Cameroun) par agriculteur concerné.

Chasser de ses terres un éléphant mâle adulte est naturellement plus facile à dire qu'à faire, mais tous les éléphants ont un talon d'Achille : ils détestent le piment ! La solution pourrait être le Mhiripiri Bomber, un pistolet en plastique tirant des balles de ping-pong contenant un super concentré de piment qui explose au contact de la peau de l'animal, qui prendra la poudre d'escampette.

Une autre méthode efficace consiste à fabriquer des briques de piment avec du crottin d'éléphant et du poivre moulu, à les placer à la lisière des champs menacés et à les allumer. La fumée épaisse et âcre qui se dégage éloigne les éléphants. On peut aussi cultiver des champs entiers de piments, avec le double avantage d'avoir des cultures de rente et un instrument de dissuasion contre les éléphants.

La stratégie globale poursuivie par l'ensemble d'outils de la FAO est la prévention des conflits par une planification préventive de l'utilisation des terres - en veillant, par exemple, à semer les cultures là où elles sont le moins accessibles aux animaux problématiques. Des couloirs devraient être créés pour les animaux sauvages afin qu'ils puissent se rendre aux points d'eau, tout en évitant le contact, dans la mesure du possible, avec la végétation riveraine et en lisière de collines.

Cependant, dans les sites où l'homme et les animaux sauvages partagent le même espace, le danger ne peut être entièrement écarté. A l'heure actuelle, il semble que les plus grandes menaces de prédateurs pour l'homme soient les grands crocodiles du Nil qui peuvent peser jusqu'à une tonne. Des rapports de Zambie et du Mozambique laissent entendre que ceux-ci sont responsables du plus grand nombre de décès causés par des animaux dans ces pays (300 au Mozambique).

On peut protéger les points d'eau en construisant des clôtures solides. Mais il est important de savoir que les crocodiles sont moins susceptibles d'attaquer l'homme ou le bétail s'ils disposent de stocks abondants de poisson. Eviter la surpêche serait donc un moyen d'atténuer le danger.

On peut décourager les hippopotames qui, comme les éléphants, aiment s'attaquer aux cultures la nuit, en les éblouissant avec un projecteur. Mais cette opération nécessite de la prudence, car ces animaux sont imprévisibles et peuvent charger au lieu de s'enfuir.

Investir dans un chien de garde est un bon moyen d'être averti de l'approche de prédateurs. Dans certaines zones du Kenya, on utilise des ânes à la place des chiens. Ils n'ont peur de rien et peuvent faire fuir même de gros carnivores en brayant, en mordant et en ruant.

Une arme de dissuasion contre les babouins est un serpent dissimulé dans une miche de pain. On peut faire fuir les babouins qui s'introduisent dans les maisons pour dérober de la nourriture, en plaçant un serpent, de préférence vivant, dans un pain vidé de sa mie. En se retrouvant nez à nez avec le reptile, ils auront une telle peur qu'ils se garderont bien de revenir.

D'une façon générale, toutefois, le meilleur moyen de réduire les problèmes auxquels est confronté l'homme avec la faune sauvage - et vice versa - consiste à éduquer les agriculteurs et les villageois, ainsi que les responsables politiques, pour qu'ils considèrent les animaux comme un atout plutôt que comme une menace à éliminer.

Une solution pourrait être de leur verser un pourcentage des recettes tirées du tourisme, de les rémunérer pour les services environnementaux qu'ils rendent, ou de leur offrir une indemnisation pour les dégâts causés aux cultures ou les dommages corporels subis.

"Quelles que soient les mesures adoptées, il est important qu'elles soient introduites sans délai et appliquées dans les règles de l'art, affirme M. Czudek. Dans le cas contraire, on risque de voir disparaître progressivement la faune sauvage dans une grande partie de l'Afrique, ce qui représenterait une perte tragique pour toute l'humanité".

L'ensemble d'outils sur les conflits humains-faune sauvage est actuellement en train d'être testé en Afrique australe. Il a été préparé en collaboration avec le CIRAD (Centre de recherche agronomique pour le développement), le WWF (Fonds mondial pour la nature), CAMPFIRE (Programme de gestion des aires communales pour les ressources indigènes) et d'autres partenaires.

Référence

Les conflits humains-faune en Afrique - FAO

Auteur

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

7 commentaires sur cette actualité

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commentaire DAOUD Alger - 23/07/2010, 08:24

bonjour!
l'article ci dessus est le bien venu, que des voix s'élèvent pour le soutenir
dans cet ordre d'idée, ne faut-il pas aussi, non seulement protéger les forêts mais également reconstituer les forêts Afrcaines d'antant A+

commentaire HIDJAZI NDJAMENA TCHAD - 23/07/2010, 13:48

TRAITONS LA MENTALITE DES HOMMES;
UN HOMME CONSCIENT DE SON ENVIRONNEMENT LE PROTEGE MIEUX DONC IL SE PROTEGE.
CHANGEONS NOS MAUVAISES HABITUDES
"DE L HOMME A L HOMME."
HIDJAZI

commentaire Krystauf - 23/07/2010, 21:36

Comme le sondage de juillet le demande . il serait judicieux de l'envisager cette limitation de croissance démographique, humaine . ça aurait déjà le mérite d'éviter l'invasion des terres vierges de cultures .

commentaire Melonides, Toulouse - 24/07/2010, 19:58

Cette croissance exponentielle de la population mondiale est évidemment la menace la plus lourde et la plus sérieuse pour la planète et donc l'Homme. Aucun d'entre nous ne peut nier cette évidence. L'espèce s'abroge le droit de vivre au dessus de toute notion rationnelle de gestion de son peuple et malgré cette intelligence si caractéristique qui lui fut octroyé. Vivre à tout prix...
Non, ce n'est pas l'Homme, c'est autre chose, nos enfants l'apprendrons bien assez tôt.
Puisse cette intelligence se réveiller bien assez tôt, et puisse celle-ci nous sauvez de la colère de Gaia.

commentaire khaled - 25/07/2010, 16:00

c´est très indispensable de prévoir des règlements qui ont pour but la protection de la faune qui représente une richesse à préserver...

commentaire Issiaka CISSE - 06/08/2010, 18:04

Je pense que cet article permettra aux populations africaines de se rendre compte que la disparition de ces espèces animales constituerait une menace pour l'humanité. Je lance un appel aux autorités africaines de ne menager aucun effort pour la protection des faunes en Afrique et cela permettra de sauver notre planète

commentaire Youssouf - 17/08/2010, 15:58

Je dirais que la gestion de la faune sera difficile tant qu'il y a pas d'alternatives pour les populations riveraines des aires protégées. Il faut créer des réseaux de developpement local autour des ces zones protégées.

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