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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
5184 lectures / 3 commentaires09 juillet 2010, 12 h 13
© C. Magdelaine / notre-planete.infoDu point de vue de l'énergie, l'année 2009 est celle de la crise de la demande, avec des baisses à deux chiffres de la production industrielle (-15% pour l'indice de la production industrielle manufacturière) ou de la circulation des poids lourds (-12%). La plupart des consommations d'énergie en France métropolitaine marquent un net décrochage par rapport à la tendance à la stabilisation observée ces dernières années avec au total une baisse de 5,2%. Du côté de la production, le nucléaire est en recul. Le développement des énergies renouvelables se poursuit, malgré une baisse de l'hydraulique liée à la pluviosité. Les activités du raffinage et de la pétrochimie sont en net repli. Les émissions de CO2 dues à la combustion d'énergie baissent de 5,7%.
Corrigée des variations climatiques, la consommation totale d'énergie primaire, qui était à peu près stabilisée depuis 2002, baisse brutalement d'environ 5%, à 259 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). La consommation énergétique finale baisse un peu moins (-3%), à 156 Mtep.
L'intensité énergétique diminue nettement pour l'énergie primaire (-2,7%), mais beaucoup moins pour l'énergie finale (-0,4%) : les baisses du nucléaire, du raffinage, de la pétrochimie ont de fortes répercussions sur la consommation primaire, mais pas sur la consommation énergétique finale dont les progrès ont été interrompus par la crise.
La production primaire totale d'énergies renouvelables (thermiques et électriques) atteint 20 Mtep. Elle bat ainsi son record absolu atteint en 2008. Mais la hausse n'est que de 1,8 %, bien inférieure à celle de l'an dernier (+14%). Elle a cependant été obtenue malgré un net fléchissement de l'hydraulique (-0,6 Mtep, soit -11%) dû aux conditions climatiques. L'évolution positive est portée par la progression des biocarburants (+0,3 Mtep), de l'éolien, des pompes à chaleur et du bois-énergie (+0,2 Mtep chacun). La part d'énergies renouvelables dans la consommation (objectif de 23% en 2020) est passée de 9,7% en 2005 à 12,4% en 2009.
La transformation d'énergie a consommé 8% de moins que les années précédentes et les usages non énergétiques chutent à nouveau (-12%). Les centrales thermiques n'ont pas été beaucoup plus sollicitées que d'habitude, mais toute l'industrie du pétrole est en crise avec les difficultés du raffinage et de la pétrochimie.
La consommation finale baisse dans toutes ses composantes non renouvelables : -2,3% pour l'électricité, -2,7% pour le pétrole, -3,3% pour le gaz, et -23% pour le charbon. Les énergies renouvelables se singularisent avec une progression de 4%.
La consommation de l'industrie diminue de 10%. C'est la plus forte chute depuis 1975. La baisse touche quasiment tous les secteurs.
La consommation d'énergie des transports baisse à nouveau (-1,1%), malgré une reprise des déplacements particuliers avec la baisse des prix des carburants. L'effondrement du trafic de marchandises est à l'origine de cette baisse qui se répercute essentiellement sur la demande de gazole.
Le secteur résidentiel et tertiaire est celui qui est le moins perturbé par la crise. Sa consommation baisse néanmoins de 0,9% (à comparer aux +2,2% de croissance annuelle entre 2002 et 2008). Ce sont surtout les consommations de pétrole et de gaz qui régressent, au profit de l'électricité et des énergies renouvelables.
En conséquence de ces évolutions, les émissions de CO2 dues à l'énergie baissent de 5,7%, après -1,2% en 2008. Elles sont 9,1% en-dessous de leur niveau de 2005 et 6,1% en-dessous de celui de 1990. En 2009, ce sont l'industrie et la branche énergie qui contribuent le plus à la baisse.
Avec 38 milliards d'euros, la facture énergétique de la France diminue d'un tiers (58 milliards d'euros en 2008). Elle reste néanmoins lourde, puisqu'elle représente 2% du PIB, contre 1% pendant les années 1990. Elle continue à représenter à elle seule la quasi totalité du déficit du commerce extérieur, qui est en 2009 de 43 milliards d'euros.
Le bilan énergétique de la France pour 2009
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
craps languidic - 09/07/2010, 12:54
Cela tient il compte des importations d'électricité ( à moins qu'il n'y en ait eu que début 2010 ? )
Hdrass Bourges - 11/07/2010, 12:39
craps languidic @
"""Cela tient il compte des importations d'électricité ?"""
Vous chipotez, vous savez bien que grâce son équipement en réacteurs nucléaires, la France importe peu d'électricité (mais hélas de plus en plus à cause de cette folie écolo-lobbyiste d'implanter anarchiquement des éoliennes, des panneaux solaires, des pompes à chaleurs arnaqueuses de gogos, etc., dissiminés donc peu efficaces l'électricité n'étant gérable que par production concentrée, par conséquent qui coûtent à la collectivité, défigurent le paysage déjà bien abîmé, et produisent de l'électricité intermittente quasiment inutile, le développement du nucléaire étant stoppé), ce qui est intéressant c'est de constater que c'est l'industrie et les transports qui ont le plus contribué à la diminution de la consommation d'énergie, alors que le secteur résidentiel et tertiaire est bien moins concerné, évidemment rien n'est fait politiquement pour ce secteur (on peut se demander pourquoi).
Pourtant la marge de progrès la plus importante se situe dans le secteur résidentiel qui consomme presque 1/3 de la consommation énergétique nationale, mais l'isolation des bâtiments (chauffés en majorité avec des convecteurs électriques peu coûteux pour les installateurs et les promoteurs, mais représentant une gabegie au niveau du bilan énergétique) n'attire pas les gros industriels lobbyistes car ce sont des petites entreprises et de la main d'oeuvre locale (hélas trop coûteuse) qu'il faut pour s'attaquer à cette source importante d'économie REELLE pour la collectivité, notamment les ménages et les petites entreprises, mais ceux-ci étant hélas les vaches à lait de l'Etat et tellement ponctionnés qu'ils n'ont plus de ressources pour investir pour leurs propres intérêts, les grosses entreprises lobbyistes faisant elles de gros bénéfices en surfant sur les modes qu'elles promeuvent avec l'aval de politiciens corrompus.
Le bilan est écoeurant : chômage, délocalisant d'entreprises, importations massives, mondialisation destructrice mais profitant aux multinationales puissantes et opportunistes ... le déclin et la ruine en cours de ce pays !
Cette mécanique politico-industrialo-financiaire ne s'arrêtera hélas pas et les futures générations vont en supporter les conséquences désastreuses.
pourunmondemeilleur.org - 11/07/2010, 15:32
alors vive la crise ! il n'y a que cela (crise/manque d'argent) pour stopper cette satanée croissance aveugle, insensée (auto-)destructrice !
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