Le site de référence en développement durable,
environnement et risques naturels depuis 2001
| Partager cette page | Actualités | Plan du site |
2243 lectures / 6 commentaires02 juillet 2010, 10 h 48
Recommander cette actualité à un(e) ami(e)Recevoir une alerte mail à chaque nouvelle actualitéFlux RSS

Peut-on se passer des expériences sur les primates dans la recherche en neurologie ? La réponse est Oui ! André Ménache, docteur vétérinaire, en fait la démonstration dans un rapport publié par One Voice.
En finir avec l'expérimentation animale, c'est l'un des combats majeurs de One Voice. Depuis des années l'association fait entendre la voix des millions d'animaux martyrisés et sacrifiés au nom de la science. Non seulement parce qu'au XXIème siècle, la technologie, en particulier, offre de merveilleuses perspectives d'avancées scientifiques avec par exemple les expériences in vitro ou les techniques d'imagerie non-invasives. Mais aussi parce que les expériences sur animaux « ne résistent pas à un examen scientifique » comme vient de le démontrer André Ménache dans un rapport consacré aux expérimentations sur les primates dans la recherche en neurologie.
Le vétérinaire, également directeur exécutif d'Antidote Europe, rappelle tout d'abord une vérité scientifique : le cerveau humain est bien différent de celui des primates non-humains, tant dans son anatomie que dans son fonctionnement. Par exemple, « le cortex humain fait 10 fois la superficie de celui du singe, un neurone humain crée entre 7 000 et 10 000 synapses (connexions), chez le singe rhésus ce nombre se situe entre 2 000 et 6 000... » Puis, à partir d'une sélection d'exemples parmi les maladies neurologiques les plus « médiatiques » du moment, comme les maladies d'Alzheimer, de Parkinson, l'autisme, etc., et appuyés par les propos de nombre d'experts du sujet, André Ménache dresse le bilan scientifique de plusieurs décennies de recherches réalisées sur les primates.
Résultat : le lourd tribu payé par nos cousins –macaques, ouistitis et autres lémuriens- n'a servi, en la matière, à rien ou presque. Pire, ce qui nous est parfois présenté comme une avancée majeure était déjà expérimenté chez l'homme depuis une quarantaine d'années. C'est notamment le cas de l'utilisation de la stimulation cérébrale profonde dans la maladie de Parkinson. Selon un groupe de scientifiques qualifiés, le ouistiti a été utilisé de façon improductive pendant des décennies dans la recherche sur la prévention de l'AVC. Les recherches menées sur la maladie d'Alzheimer témoignent également du « monumental échec du modèle animal ». Rien d'étonnant pour le Dr Kellie Heckman, pour qui les recherches effectuées sur le microcèbe, petit lémurien, sont « biaisées d'avance ». L'animal est, par exemple, très sensible aux cycles de lumière et une altération de ceux-ci peut le conduire à vieillir prématurément.
L'enfermement et les conditions de détention pourraient aussi contribuer au développement anormal du cerveau chez les animaux. Ce qui est vrai pour le microcèbe l'est également pour les autres primates non-humains. Enlever des animaux à leur milieu naturel et les condamner à une vie dépourvue d'enrichissements environnementaux et des interactions sociales nécessaires à leur développement conduit à faire des recherches sur des animaux atteints de troubles du comportement. Même les chercheurs qui utilisent des animaux pour leur recherche reconnaissent les effets et les symptômes très négatifs créés par la séparation familiale, l'isolement et l'ennui, qui s'ajoutent à la douleur et aux souffrances infligées à ces animaux lors des expériences. Certains d'entre eux font même part du conflit moral auquel ils sont confrontés lors des expériences sur primates.
Sur un plan éthique comme scientifique, plus rien ne justifie la poursuite de ces expériences. Selon certains sondages, 80 % des citoyens de l'Union européenne se sont d'ailleurs prononcés contre « presque toutes les expériences sur les primates ». En neurologie, nombre d'alternatives à l'expérimentation animale existent aujourd'hui comme le rappelle le Dr Aysha Akhtar, médecin et chercheur en neurosciences, en citant « l'imagerie et des outils neurophysiologiques pour cartographier et comprendre le fonctionnement du système visuel et d'autres systèmes neurologiques humains ». Ou encore le professeur en imagerie Paul Furlong qui parle, par exemple, des « réelles opportunités qu'offrent la magnétoencéphalographie (MEG) et l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) ». Auxquelles on pourrait ajouter l'électro-encéphalographie (EEG) et même la tomographie par émission de position (TEP).
Reste que la loi n'a pas été mise en accord avec l'évolution de la société et des connaissances. L'Europe vient récemment encore de céder aux lobbies pro-expérimentation animale en ne remettant pas en cause, lors de la révision de la Directive européenne 86/609CEE, les conditions d'autorisation et de contrôle des expériences menées sur les animaux. Ainsi, environ 10 000 primates pourront continuer à être sacrifiés chaque année dans l'UE sans qu'un examen préalable, pour déterminer si une méthode sans animaux est disponible, ne soit réalisé. À nos frontières, la position de la Suisse sur le sujet offre un exemple à suivre. Le droit helvète exige en effet qu'avant qu'une expérience soit autorisée, ses bénéfices pour la société sont évalués en regard des souffrances infligées aux animaux. En 2009, deux expériences prévues sur des macaques ont ainsi été interdites par la Haute Cour de Zurich. Dans ce même canton, les licences attribuées pour l'expérimentation animale peuvent être contestées par un comité consultatif d'experts externe à l'expérience, ce qui garantit non seulement l'indépendance des décisions mais également la confrontation des idées.
Pour l'auteur du rapport « les arguments scientifiques contre les expériences sur les primates ont déjà gagné. Il est maintenant question d'une bataille médiatique pour gagner le soutien de l'opinion publique. » Et c'est sur le terrain juridique que cette bataille se jouera. Même si elle est loin de préserver la « dignité des animaux », la loi européenne permet d'attaquer en justice une expérience sur un animal dès lors que «des données équivalentes peuvent être obtenues par une méthode n'utilisant pas d'animaux. » Tous ceux qui défendent l'idée d'une science respectueuse du vivant doivent donc saisir chaque occasion « pour exploiter à fond cette avancée juridique ». La vulgarisation de l'information et la mise sur la place publique du débat qui divise le milieu scientifique contribueront sans aucun doute à mettre en cause le modèle animal et à légiférer sur de nouveaux droits pour les animaux, en général, et les primates, en particulier. En publiant ce rapport, One Voice participe à ce combat.
Le remplacement des primates dans la recherche en neurologie - One Voice
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !
Géraldine - Evreux - 02/07/2010, 15:59
Je vais m'empresser de "faire tourner" cet article, qui ne m'apprend rien, mais qui soutiendra efficacement le discours que je tente de faire entendre à mon entourage depuis longtemps...
Mais quand apprendra t-on enfin l'interdiction totale de ses expérimentations???
reith grenoble - 03/07/2010, 16:47
exactement..........
les opinions de cet article devraient être celles de tout être humain sensé et doté d'un peu d'humanité.
les avancées scientifiques devraient, au moins, servir à cela !
lavoisier - 03/07/2010, 22:04
vu la disparition de ces pauvres cousins
il va falloir qu'ils s'occupent avec les cochons
aprés tout il n'y a pas beaucoup de trucs qui nous séparre et ils y en plein qui ne demande que de faire vivre la sciençe sur leur callboutis
une finale glorieuse pour un cochon
Dimitri - 04/07/2010, 14:55
Je me souviens du film L'armée des 12 singes (pas vu depuis longtemps aussi). Le héros voyant un lapin mourir sous les essais d'un scientifique disait :
L'espèce humaine mérite peut-être d'être exterminer.
Il y a le mépris total de la vie. Il disait ceci à mon avis par qu'il le considérait aussi comme l'un de ses frères vivants.
La première des recherches devrait se faire dans notre coeur et dans notre respect de vie des autres espèces vivantes.
VQP paris - 05/07/2010, 15:11
Bonjour,
Je suis d'accord qu'il faut prendre le sujet de l'expérimentation animale au sérieux, et que le débat de la légitimité n'est pas simple.
Par contre votre article n'est pas objectif du tout (peut être est-ce le reflet de l'étude dont vous parlez). Je ne vais pas lister tout ce qui m'a fait tiquer mais par exemple dire que le cerveau des primates non humain est différent de celui des humains ou qu'il y a un biais dans les expériences du fait d'avoir des animaux enlevés de leur milieu naturel (il y a quand même beaucoup d'élevage aussi) n'est pas correct. Il y a effectivement plein de différences entre un singe en laboratoire et un humain, mais c'est le parallèle le plus proche possible. Pensez-vous que le cerveau des cafards est plus proche de celui de l'homme? En passant, je rappelle que si les expériences sur les singes posent plus de problèmes que sur les rats ou les insectes, ce n'est que par anthropomorphisme (ils nous ressemblent plus donc on s'identifie) et qu'il n'y a pas de critères objectifs disant que c'est pire d'utiliser tel ou tel animal.
Quant à l'utilisation de techniques parallèles, c'est vrai qu'elles permettent à la fois de mieux comprendre certains phénomènes, de diminuer le nombre d'animaux et d'éviter les actes chirurgicaux. Cependant, on ne peut pas répondre à toutes les questions. Par exemple avec l'imagerie médicale on ne peut pas observer ce qu'il se passe à l'échelle d'une seul neurone. De même qu'il n'est pas possible d'étudier les systèmes sensoriels avec des techniques in vitro.
Tout ça pour dire que je ne suis pas forcement pour l'expérimentation animale (en fait je ne sais pas trop quoi penser), mais que votre article prenait de manière erronée le parti anti-expérimentation. Je terminerai juste par dire que si l'on est profondément contre l'expérimentation animale, on se doit de ne pas profiter des découvertes tirées de l'expérimentation animale, c'est à dire ne jamais prendre de médicament ou aller voir un médecin par exemple...
universcience-vod - 17/07/2010, 19:54
4 films sur les grands singes (gratuit) sur universcience-vod.fr
(chimpanzés) Nos frères de la forêt
http://www.universcience-vod.fr/media/1008/nos-freres-de-la-foret.html
Les gorilles de Dian Fossey
http://www.universcience-vod.fr/media/1009/les-gorilles-de-dian-fossey.html?spage=1&search=gorilles
Les orangs-outans de la Kinabatangan
http://www.universcience-vod.fr/media/1011/les-orangs-outans-de-la-kinabatangan.html?spage=1&search=singe
(bonobos) Hortense, Hermien, Kidogo et les autres…
http://www.universcience-vod.fr/media/1010/hortense--hermien--kidogo-et-les-autres-.html?spage=1&search=singe
Offres d'emploi CV Livres et DVD Associations Communiqués Agenda Forums de discussion Facebook Twitter Flux RSS
Page mise à jour le 02/07/2010 32 connectés© 2001-2010 notre-planete.info - tous droits réservés
notre-planete.info est un site indépendant qui vise à informer et sensibiliser objectivement sur l'environnement, l'écologie, les sciences de la Terre, les risques naturels et le développement durable
Mentions légales |
Presse |
Publicité |
Contact |
Logos |
Soutenez notre-planete.info !