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Comment résoudre le problème des cendres volcaniques ? La crainte de l'éruption du Laki

7017 lectures / 5 commentaires25 juin 2010, 17 h 46

panache_Eyjafjoll_17042010.jpgPanache de fumée de l'Eyjafjöll le 17 avril 2010. La couleur sombre du panache correspond à une explosion phréatique qui émet d'importantes quantités de cendres.
© Marco Fulle / Stromboli online

En avril dernier, l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull a fait la une des journaux lorsqu'il a paralysé le trafic aérien européen pour plusieurs jours. Des millions de voyageurs se sont retrouvés bloqués et cette éruption a eu un impact économique énorme sur l'industrie du voyage. Alors que le public essayait encore de prononcer le nom compliqué de ce volcan, on a commencé à se demander comment une éruption relativement peu importante avait pu provoquer un tel bouleversement dans la vie d'autant de personnes.

Ces questions étaient au coeur de l'atelier organisé par le STOA (le comité d'évaluation des choix scientifiques et technologiques du Parlement européen) le 23 juin dernier à Bruxelles, en Belgique.

Comme l'expliquait le professeur David Cope de l'office parlementaire britannique de la science et de la technologie, l'Europe abrite de nombreux volcans, dont la plupart se trouvent sur le pourtour méditerranéen. Les volcans islandais sont plus susceptibles de produire d'immenses nuages de cendres car la plupart d'entre eux se trouvent sous des calottes glaciaires.

Lorsque ces volcans entrent en éruption, la glace fond, et le contact du magma et de l'eau de fonte crée des cendres. « En ce qui concerne le problème des cendres, c'est l'interaction de l'éruption volcanique avec de grandes quantités d'eau qui est au coeur du problème », expliquait-il.

On s'est également demandé pourquoi le nuage de cendres était resté aussi longtemps en suspens au-dessus de l'Europe. Selon le professeur Julian Hunt de l'University College London, au Royaume-Uni, le responsable est un phénomène climatique inhabituel que l'on appelle blocage atmosphérique, qui a retenu ce nuage de cendres au-dessus de l'Europe pendant plusieurs jours.

Néanmoins, il reconnaît qu'il est primordial d'améliorer notre compréhension des facteurs déterminant l'avenir des nuages de cendres. « Il faut modéliser la formation des nuages et les processus de dispersion ; malheureusement, nos connaissances en la matière sont très restreintes », admettait-il.

Frank Haselbach, du groupe britannique Rolls Royce, offrait le point de vue des fabricants de moteurs. Il expliquait que les fabricants avaient mené des expériences et créé un tableau garantissant qu'un moteur était propre au vol. Toutefois, il soulignait également la nécessité d'effectuer davantage de modélisations en vue de vérifier les concentrations de cendres dans l'atmosphère.

Le Japon a une grande expérience de la gestion des conséquences d'éruptions volcaniques ; situé dans la ceinture de feu du Pacifique, ce pays est parsemé de volcans en activité et a plus de 100 aéroports.

Le Dr Takashi Moriyama de l'Agence japonaise de l'exploration aérospatiale (JAXA) expliquait que le pays utilise un nouveau satellite pour surveiller les nuages de cendres. La mission du satellite de télédétection des gaz à effet de serre (GOSAT - Greenhouse gases observing satellite) est de mesurer les taux de dioxyde de carbone (CO2) dans le monde entier afin de suivre l'évolution climatique. Toutefois, les instruments du satellite sont également capables de visualiser l'étendue des nuages de cendres volcaniques.

La NASA (Administration américaine de l'espace et l'aéronautique) dispose également d'instruments permettant d'évaluer le poids des nuages de cendres. Parallèlement, les agences spatiales nationales discutent déjà des meilleurs moyens de collaborer pour partager des données collectées par les différents instruments d'observation.

Le professeur Cope faisait toutefois remarquer un point malheureux pour ceux qui dépendent totalement des perturbations du trafic aérien. « Si vous me demandez quelle est la menace la plus importante pour l'Europe continentale, [...] ce n'est surement pas une éruption volcanique liée à de l'eau de fonte, mais plutôt un autre volcan islandais appelé Laki, enclin aux fissures. »
Lors de son éruption en 1783, il avait émis d'énormes nuages d'anhydride sulfureux et de fluorine qui ont décimé un quart de la population et ont eu de sérieuses répercussions sur la majeure partie du Nord-ouest du continent européen.

« Il faut surveiller l'Islande, car il est fort probable qu'un autre évènement volcanique s'y produise ; il n'aura pas forcément d'impact similaire sur le trafic aérien, mais pourrait avoir de graves conséquences sur la santé humaine », concluait le professeur Cope.

Nikulas Hannigan, de la mission islandaise auprès de l'UE ajoutait que le souvenir de l'éruption du Laki « est encore dans les esprits des Islandais ». Il citait Gilbert White, un naturaliste anglais qui évoquait l'impact de l'éruption dans le Sud de l'Angleterre.

« Le soleil, à midi, était recouvert d'un halo laiteux, comme la Lune lorsqu'elle est cachée par les nuages », écrivait-il, « et les mouches grouillaient tellement sur les routes et les haies qu'elles rendent les chevaux fous. »

Référence

D'après la participation de CORDIS Nouvelles à l'atelier du STOA intitulé « Avoiding ash disruptions: can technology help to manage air space better ? » le 23 juin 2010.

Auteur

© Communautés européennes, 1990-2012 / CORDIS, http://cordis.europa.eu/

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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5 commentaires

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avatar quimper -

les cendres volcaniques est 1 reelle probleme allee contre la nature s' est detruire notre bonne vieille terre deja detruit en partie par l ' homme

avatar Bernard, Louveciennes -

La déclaration du professeur Cope montre qu'il ne doit pas être un volcanologue. En effet, une éruption basaltique fissurale, analogue de celle qui a précédé celle de l'Eyjafjöll mais à une toute autre échelle, peut être majeure, comme celle du Laki en 1783, mais elle n'est pas suivie par d'autres éruptions un ou plusieurs siècles plus tard. Il peut y avoir d'autres éruptions du type de celle du Laki, peut-être aussi le long de la même fissure qui court de l'Eyjafjöll à l'ouest au Vatnajökull à l'est, mais ce ne sera pas le Laki sensu stricto.
D'autre part, les éruptions les plus dangereuses sont celles de volcans centraux qui émettent des laves évoluées, et non basaltiques. C'est le cas de l'Eyjafjöll et, surtout, celui du Katla, situé immédiatement à l'est. En Islande, il y en a d'autres, comme l'Hekla, apparemment en repos pour le moment mais qui pourrait envoyer des cendres et des ponces acides, comme au cours des siècles derniers.
Enfin, la cause majeure des perturbations climatiques à l'échelle globale a été l'émission dans l'atmosphère de gaz, dioxyde de soufre et acide fluorhydrique. Qu'il y ait de la glace (Islande) ou non (Philippines, par exemple, avec le Pinatubo) dans le processus éruptif ne change rien au phénomène.

avatar Kaseekane -

J'ai vu un documentaire comme quoi le réchauffement climatique ne serait pas dû à l'émission de gaz produits par les hommes, mais proviendrait du cosmos. Que les rayonnements solaires détermineraient la formation des nuages, et donc conséquences sur le réchauffement par effet de serre... Alors, réduisons la pollution, oui, mais au final, c'est le cosmos semble-t-il qui aura le dernier mot.

avatar Kaseekane -

Voici le site (en anglais)

http://www.youtube.com/watch?v=dKoUwttE0BA

Très intéressant, ça parle de ce que je vous ai dit, que ce seraient les nuages, et la cosmos qui les régule à l'origine de l'effet de serre.

avatar Morbiflette -

Cloud Mystery : Cette vidéo semble très intéressante.... et surement passionnante. Existe-t-elle en version française ? existe-t-elle en DVD ?
Pour ma part, il y a longtemps que je suis convaincue que notre activité à elle seule puisse provoquer ce changement climatique...

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