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France : convention pour le développement d'une hydroélectricité à haute qualité environnementale

4654 lectures / 6 commentaires23 juin 2010, 16 h 27

barrage_tignes.jpgBarrage du Chevril (Barrage de Tignes) - France
© Daniel Reversat

Jean-Louis BORLOO, ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer, en charge des Technologies Vertes et des Négociations sur le Climat a signé aujourd'hui, avec les représentants des élus, les producteurs d'hydroélectricité, les associations et fondations de protection de l'environnement, les associations pour les énergies renouvelables et l'association des pêcheurs professionnels en eau douce, une convention d'engagements pour le développement d'une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux aquatiques.

Face à l'urgence climatique, aux contraintes énergétiques, l'érosion de la biodiversité, l'impératif de restauration de la qualité des milieux naturels et des masses d'eau, le Gouvernement s'est fixé des objectifs ambitieux en matière d'énergies renouvelables (23 % de la production nationale en 2020), de restauration des continuités écologiques (trame verte et bleue) et du bon état écologique des masse d'eau (66 % en bon état en 2015).

La conciliation de ses objectifs ne va pas de soi. Et il est important de trouver le point d'équilibre entre des objectifs qui peuvent être contradictoires. Aussi a-t-il été décidé de développer l'hydroélectricité dans la limite de la cohérence de ce développement avec les autres exigences de même importance.

Fruit du Grenelle Environnement et d'un patient travail de 18 mois entre les collèges, cette convention constitue désormais un socle commun et partagé entre les élus des territoires, les entreprises productrices d'électricité, les associations et ONG de protection de l'environnement et les pêcheurs.

Elle réaffirme que la poursuite du développement des énergies renouvelables, priorité pour la France, doit se faire dans le respect des autres exigences environnementales et sociétales, en particulier de la préservation des milieux naturels et du respect des autres usages. Il en résulte la nécessité d'un programme volontariste de développement d'énergies renouvelables à haute qualité environnementale.

La convention prévoit notamment :

  • Un effort sur la recherche relative à la connaissance des espèces, des impacts des ouvrages comme l'illustre en particulier le lancement d'un programme de R&D sur l'anguille d'un montant de 4M€ (pris en charge par l'ONEMA, l'ADEME et les producteurs).
  • Un effort de mise aux normes des ouvrages existants par le respect des obligations légales (débit réservé et passes à poissons sur les cours d'eau où elles sont obligatoires), accompagné d'un meilleur suivi des impacts, et la mise en place de démarches « gagnant-gagnant » pour l'amélioration de la continuité écologique.
  • Un grand plan d'effacement des ouvrages hydrauliques en déshérence (plus de 40 000 dont 1 200 effacés d'ici 2012).
  • L'effacement de 5 ouvrages hydroélectriques, dont ceux de La Roche-qui-Boit et de Vezins sur la Sélune, dans le département de la Manche.
  • L'identification du potentiel de développement de l'hydroélectricité dans les secteurs où les enjeux environnementaux sont moindres, en cohérence avec la révision des classements de cours d'eau, afin de se donner les moyens d'atteindre à la fois un objectif de développement de la production hydroélectrique de 3 TWh par an d'ici 2020 et l'objectif de bon état d'au moins 66 % des masses d'eau en 2015.

Un comité de suivi, pérennisant le principe de la table ronde qui a été mise en place pour aboutir au texte de la convention, sera mis en place en septembre qui permettra le développement d'une culture commune entre les acteurs.

Auteur

Ministère du Développement durable

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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6 commentaires

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avatar craps languidic -

http://www.romandie.com/infos/news2/100622160548.ysuycexx.asp

Hydroélectricité: "la limite est atteinte", juge France Nature environnement

Signer c'est accepter l'installation de 500 à 1.000 microcentrales qui viendraient s'ajouter aux 1.500 ouvrages qui, déjà, barrent, détournent et modulent le débit des cours d'eau", estime FNE dans un communiqué .
En France, pays déjà fortement équipé en grands barrages hydroélectriques, nous avons atteint la limite", conclut-elle.

Avec une puissance installée de 25.000 mégawatts (MW), la France dispose du deuxième parc hydroélectrique en Europe après la Norvège. Les barrages répartis à travers le pays génèrent en moyenne 12% de la production d'électricité.

avatar craps languidic -

http://fne.asso.fr/fr/convention-pour-le-developpement-de-lhydroelectricite--fne-ne-signe-pas-.html?cmp_id=33&news_id=1710&vID=1

« une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux ». Comme il n'existe pas de barrages qui ne barrent pas les rivières, la seule manière efficace pour restaurer les milieux, c'est soit de déconstruire ceux qui existent et qui sont problématiques comme Poutès Monistrol(3), soit de ne pas en construire de nouveaux, et ceci en cohérence avec l'esprit de la Directive Cadre sur l'Eau qui prône la continuité écologique des cours d'eau. Un vrai challenge pour cette convention…qui ne donne pas le mode d'emploi pour résoudre cette contradiction majeure.

Pour FNE, l'efficience environnementale de cette convention n'est pas avérée, elle poursuit d'autres buts. Quand on milite depuis des décennies pour une Loire Vivante, et des rivières libres, comme le fait FNE, il n'est pas possible de signer cette convention.

avatar lavoisier -

et qu'est qu'il il arrive aux petits poissons, civelles et autres avalés par les 60 m3 seconde de refroisissement de l'EPR ???
déja que l'on ziguoille les géniteurs !

avatar lavoisier -

l'Écologie, et l'Énergie, et Développement Durable et de la Mer,et des fleuves et riviéres

il y a plus trop de choses conciliables

peut être la décentralisation de l'outi électrique, cela évite déja de gaspiller une partie 2/3 des ressourçes primaires

avatar Alexandre Oberlin -

Salut à tous,

Si elles peuvent parfois être acceptables dans le cadre d'une production sur site, les micro-centrales hydroélectriques sur les cours d'eaux n'apportent aucune contribution à la solution du problème global de l'énergie et, pour l'essentiel, ne sont pas rentables. En Europe de l'ouest, tous les sites valables sont en effet aménagés depuis belle lurette. Si l'on considère le rapport énergie produite / dégâts environnementaux, ces « mini-centrales, maxi-dégâts » sont pour la plupart une pure hérésie, et ne peuvent voir le jour que grâce aux subventions à tous les niveaux, c'est à dire nos impôts.

Mais ça ne fait rien, c'est la mode : on bétonne des rivières, on les met en tube (le pire), on bouleverse des écosystèmes, on fait des tranchées dans la forêt pour faire passer les fils, on aménage des zones jusqu'ici miraculeusement préservées avec un système de voies d'accès dûment asphaltées et de largeur règlementaire... Tout ceci bien sûr sans la moindre retenue question émissions de CO2.

Le véritable intérêt de ces installations n'est bien sûr pas dans les misérables kiloWatt.heure grappillés : il s'agit pour les politiques (encore eux ;-) de se donner un image à la fois verte et responsable.
Responsable parce qu'on donne l'impression de stimuler « l'économie locale » (lisez « quelques entreprises de BTP qui savent tirer les bonnes ficelles »), et encore, très provisoirement.
Verte parce qu'il y a encore beaucoup de gens assez mal informés (dont pas mal d'écolos) pour croire que ça va dans le bon sens et mordre à l'hameçon, à défaut de poissons pour le faire...






avatar Alain baclet " la motte" Bazoches les Bray 77118 -

Bonjour !
J'habite à 2 km d'un barrage VNF sur la Seine amont la Grande Bosse .
En 1980 pour mettre la Seine en grand gabarit( et c'est
très bien moins de camions sur les routes) on a modifié le tracé du fleuve, supprimé une Seine sauvage que je regrette dont je ne retrouve aujourd'hui l'image que sur le Gave d ' Oloron c'est donc l'Etat qui avait financé et commandité ces travaux qui ont couté une fortune.l'Etat encaisse les taxes piscicoles chaque année mais n'est pas fichu d'installer de passes à poissons, la chute d'eau après les travaux est passée de 1.80 m à 3.50 mètres la chute en été a l'étiage peut alimenter 3000 habitants et dés novembre une bonne partie de Provins de janvier à mai toute la ville peut être alimentée 3500KW/h (7000 abonnés) car après la création du réservoir d'Orient le fleuve fait moins de crues son débit est plus régulier et son étiage est soutenu l'été27 m²/sec. Cela fait plus de trente ans que cette ressource est gaspillée.C'est désarmant, j'ai contacté le maire, le conseiller général et rien ne bouge alors que l'on va installer 12 hectares de panneaux solaires à Sourdun pour 20 M euros ,une petite centrale hydroélectrique reviendrai au quart de ce prix et ferait travailler des Français et utiliserait une ressource Française au lieu de faire encore travailler les Chinois. Les panneaux c'est très bien! . Mais quand il y a du soleil ! donc l'hiver, et par temps couvert cela est nul hélas c'est en cette saison que l'on a le plus besoin d'énergie électrique. Panneaux ; oui Eoliennes aussi mais il faut être sensé et commencer par les centrales au fil de d'eau qui grâce aux,nouvelles turbines Ichtiophiles VLH permettent de rentabiliser les basses chutes aux débits importants au rendement très élevé(89%possible) et font pratiquement disparaitre les pertes de transport qui sont loin d'être négligeables en utilisant le courant produit localement .Tout cela sans nuire aux poissons avec un génie civil très réduit, Il faut souhaiter qu'on y viendra un jour. Et vive la production répartie, non aux monstres industriels aussi dangereux que les bombes atomiques il y en a 440 dans le monde actuellement ;Tchernobyl a failli faire disparaitre les 3/4de l'Europe si un millier de Russes, morts aujourd'hui n'avaient pas creusé une galerie pour vider de l'eau qui était située sous le réacteur en folie.

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