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La science du changement climatique au service de la condition humaine

7902 lectures 08/10/2003, 11:48
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crédit : NASA
Nos connaissances de plus en plus vastes en matière de changement climatique devraient constituer une bonne base d’action. L’évolution de la température et de la composition de l’atmosphère ainsi que la fréquence accrue des phénomènes extrêmes nécessitent des mesures énergiques, tant au niveau de l’élaboration des politiques que sur le plan scientifique. C’est ce qu’a indiqué le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), M. G.O.P. Obasi, dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion de l’ouverture de la Conférence mondiale sur les changements climatiques, qui s'est tenue du 29 septembre au 3 octobre à Moscou (Fédération de Russie).

Le chef de l’institution spécialisée des Nations Unies qui joue un rôle de premier plan dans la surveillance du climat et la recherche climatologique a noté en premier lieu que les données sur la température en surface montrent sans aucune ambiguïté que la température moyenne à la surface du globe augmente (de plus de 0,6 °C durant les 100 dernières années) et que cette hausse de la température s’accélère (depuis 1976, elle a été environ trois fois plus rapide que la hausse enregistrée sur un siècle). L’année 2003 s’annonce déjà comme l’une des trois années les plus chaudes jamais observées. On a en outre observé une fonte et un recul marqués des glaciers dans le monde entier ainsi qu’une forte réduction de l’étendue des glaces de mer dans l’Arctique. Enfin, le niveau moyen de la mer s’est élevé de 10 à 20 centimètres durant le XXe siècle.

En second lieu, des évaluations scientifiques fondées sur les données rassemblées par l’OMM ont montré qu’au cours des dernières décennies, la pollution due aux activités humaines – et notamment à la combustion des combustibles fossiles nécessaires à la production d’énergie et aux transports – a modifié la composition de l’atmosphère. Pendant plus de 160 000 ans jusqu’aux environs de 1800 apr. J. C., la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère n’a pas varié de plus de 1 à 3 %. Depuis lors, cette concentration a augmenté de 33 %, au point d’atteindre 373 parties par million en volume (ppmv) à la fin de 2002. La concentration actuelle de CO2 n’a jamais été aussi élevée depuis 420 000 ans. Plus de la moitié de cette augmentation de la concentration de CO2 est postérieure à 1950 et est en fait plus ou moins proportionnelle à la consommation d’énergie primaire.

Troisièmement, nous assistons à une forte augmentation de fréquence des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes, dont certains sont d’une intensité sans précédent. Ces phénomènes ont souvent de graves conséquences sur le plan environnemental, écologique et socio économique. Nous avons encore en mémoire la vague de chaleur intense et prolongée qui s’est abattue cet été sur l’Europe et d’autres régions et qui a fait des milliers de victimes. Des dommages considérables ont en outre été causés par les gigantesques incendies de forêt directement liés à cette canicule. Nous pouvons aussi mentionner les vagues de chaleur et les inondations qui ont respectivement précédé et suivi la mousson en Asie, les inondations qui ont dévasté le Mozambique en 2000, les terribles sécheresses qui ont sévi en particulier dans la corne de l’Afrique et en Afrique australe et les violents typhons et ouragans qui ont frappé dernièrement de nombreuses régions. Des recherches sont entreprises afin de déterminer l’influence possible du changement climatique sur toute une série de phénomènes météorologiques extrêmes.

Comme l’a souligné M. Obasi, ces changements climatiques nécessitent des mesures très énergiques, tant au niveau de l’élaboration des politiques que sur le plan scientifique. S’agissant de l’élaboration des politiques, un certain nombre de mesures ont été envisagées, notamment par la Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC) par le biais du Protocole de Kyoto à cette convention.

Sur le plan scientifique, il est nécessaire de renforcer l’infrastructure existante et de prendre de nouvelles initiatives en vue d’intensifier la surveillance, de favoriser la recherche, de réduire les incertitudes de la prévision climatique et de faciliter la fourniture de services ayant trait au climat. De grands progrès ont été accomplis dans ces domaines grâce aux réseaux mondiaux uniques en leur genre qui sont coordonnés par l’OMM et dont le fonctionnement est assuré par les Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) de ses Membres. Des efforts concertés devraient être cependant consentis afin de combler les lacunes spatio temporelles en matière d’observation, spécialement dans les pays en développement et en milieu océanique. Comme l’a indiqué M. Obasi, « l’engagement et la coopération de toutes les nations sont des facteurs essentiels pour renforcer et mettre en place un système mondial d’observation à des fins climatologiques qui soit à la fois complet, coordonné, intégré et durable ».

Pour faire face comme il convient aux problèmes liés au changement climatique, l’une des priorités est de rendre les prévisions climatiques moins incertaines. A cet effet, le Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC) parrainé par l’OMM continue de fournir nombre de résultats cruciaux qui étayent les évaluations scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental OMM/PNUE sur l’évolution du climat (GIEC) et favorisent la mise en œuvre de la CCNUCC. Le principal défi, selon M. Obasi, consiste à fournir des projections climatiques qui offrent le degré de confiance et d’exactitude voulu pour ce qui concerne l’ampleur, la durée, la distribution géographique et les conséquences des changements climatiques dus aux activités humaines. Le PMRC poursuit donc deux buts principaux : déterminer dans quelle mesure le climat peut être prévu et préciser le degré d’influence de l’homme sur le climat.

En ce qui concerne la prévision des phénomènes météorologiques et climatiques et la fourniture des services d’alerte connexes, les pays devraient renforcer leur capacité d’adaptation aux phénomènes extrêmes qui mettent leurs habitants en péril et annihilent des années de croissance économique. A cet effet, le Quatorzième Congrès météorologique mondial, qui s’est tenu à Genève en mai 2003, a mis en train un nouveau programme transsectoriel de l’OMM pour la prévention des catastrophes naturelles et l’atténuation de leurs effets, qui met davantage l’accent sur la prévention et la gestion des risques que sur la protection et la reconstruction.

En dernière analyse, les questions les plus importantes ont trait à la manière dont les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes, la variabilité du climat et le changement climatique influent sur la condition humaine, notamment pour ce qui concerne la santé, l’approvisionnement en eau, la sécurité alimentaire, la production d’énergie, l’habitat et l’environnement. En conséquence, l’OMM aide les différentes nations à élaborer toute une série de services météorologiques et climatologiques, pour le plus grand profit de la société tout entière, dans les secteurs les plus sensibles aux conditions météorologiques et climatiques.

Outre ces services liés au climat, des mesures d’adaptation devraient être prises pour aider les collectivités locales à faire face et à s’adapter aux effets du changement climatique. De ce point de vue, il conviendrait de s’occuper davantage des défis urgents auxquels doivent faire face les pays en développement.

En savoir plus :
Le texte intégral de l’allocution de M. Obasi peut être consulté sur le site Web de l’OMM, à l’adresse suivante : http://www.wmo.int, rubrique « Public Info ».
Des renseignements sur la participation de l’OMM à la Conférence mondiale sur les changements climatiques de 2003 figurent à la rubrique « Hot Topics ».
Enfin, on trouvera des informations sur la Conférence à l’adresse suivante : http://www.wccc2003.org

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Auteur

Organisation Météorologique Mondiale
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page mise à jour le 08/10/2003, 11:48
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