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Le devenir en France des retombées radioactives des essais nucléaires et de Tchernobyl

5518 lectures / 3 commentaires11 juin 2010, 11 h 57

puy_dome_stations.jpgStation de mesure au sommet du Puy de Dôme - France
© C. Magdelaine / notre-planete.info

Durant un an et demi, des chercheurs du Laboratoire de météorologie physique (LaMP/OPGC, Université de Clermont-Ferrand 2 / CNRS), de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et de l'Université de Venise ont mesuré au sommet du puy de Dôme les concentrations en césium-137, un radionucléide artificiel produit lors des essais nucléaires et de l'accident de Tchernobyl.

Ils ont ainsi pu mettre en évidence que celui-ci est régulièrement réinjecté dans l'atmosphère par les feux de biomasse, qu'ils soient feux de cheminée, feux de forêt, brûlis ou écobuages. Les concentrations atmosphériques de cet élément n'en restent pas moins infimes.

Des mesures de pollution particulaire ont été réalisées d'octobre 2005 à avril 2007 par une équipe de chercheurs, à l'aide de filtres placés au sommet du puy de Dôme (altitude 1465 m) et remplacés toutes les semaines, afin notamment de quantifier le césium-137 (137Cs). En effet, bien que déposé depuis longtemps dans les sols, ce radionucléide artificiel produit lors des essais nucléaires et de l'accident de Tchernobyl demeure néanmoins présent à l'état de traces dans l'atmosphère.

Compte tenu d'une part de la source présumée du 137Cs, à savoir les anciens dépôts sur les sols remis en suspension par vents et frottements, et d'autre part des faibles concentrations particulaires moyennes à cette haute altitude, les chercheurs s'attendaient à observer des niveaux d'activité(1) inférieurs à la limite de détection (0,1 µBq/m3). Or, les niveaux mesurés sont de l'ordre de 1 µBq/m3. Bien qu'ils soient plus élevés que le bruit de fond moyen mesuré en plaine (0,25 µBq/m3), ils restent un million de fois inférieurs aux plus forts niveaux mesurés dans l'est de la France après l'accident de Tchernobyl (~ 1 Bq/m3, le 1er mai) et mille fois inférieurs aux niveaux mesurés dix jours plus tard (le 10 mai). À titre de comparaison avec un radionucléide naturel, ces niveaux d'activité du 137Cs sont environ 100 à 1000 fois inférieurs à ceux du plomb-210.

Afin d'expliquer ces niveaux d'activité, les chercheurs se sont intéressés à d'autres mécanismes susceptibles de réalimenter le compartiment atmosphérique en 137Cs que sa remise en suspension dans l'air. Pour ce faire, ils se sont penchés sur des traceurs chimiques spécifiques, notamment le calcium qui est un traceur des sources terrigènes, ainsi que le potassium et le levoglucosan qui sont des traceurs des feux de biomasse, dont ils ont comparé l'évolution des concentrations à celle des concentrations en 137Cs.

137csÉvolution temporelle du 137Cs au puy de Dôme (altitude 1465 m) et à Opme (altitude 660 m). Les épisodes de poussières désertiques en provenance du Sahara ne sont visibles qu'en altitude.
© LaMP, INSU/CNRS

Ils ont ainsi pu mettre en évidence que, durant la période considérée, le 137Cs présent dans le compartiment atmosphérique est apporté par des feux de biomasse et ponctuellement par des poussières désertiques d'Afrique, seuls les feux de biomasse permettant d'entretenir une persistance à l'état de traces de ce radionucléide dans l'atmosphère.
Ils n'ont observé par ailleurs aucune influence de l'origine des masses d'air, ce qui semble indiquer que les feux de biomasse d'Europe de l'Est ne se distinguent pas de ceux d'Afrique par leur niveau d'activité en 137Cs.

Note

L'activité d'un radionucléide est le nombre de désintégrations radioactives qui se produisent par seconde. L'unité utilisée est le becquerel qui correspond à une désintégration par seconde.

Source

Bourcier, L., Sellegri, K., Masson, O., Zangrando, R., Barbante, C., Gambaro, A., Pichon, J.-M., Boulon, J., Laj, P., Experimental evidence of biomass burning as a source of atmospheric 137Cs, puy de Dôme (1465 m a.s.l.), France, Atmospheric Environment (2010), doi:10.1016/j.atmosenv.2010.04.017

Auteur

Institut national des sciences de l'univers

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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3 commentaires

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avatar lavoisier -

le devenir est trés simple
la période biologique est d'environ 100 jours
sur 160 atomes consomés 1 se transforme en barryum 137 et les 159 retourrnent refaire de l'herbe pour les suivants
au bout de 30 ,7 ans il en reste 80
1 va se ransformer en baryum et 79 vont retourner dans l'herbe pour les suivants

et ainsi de suite au bout de 61,4 il en reste combien ?
sans faire de grandes études

avatar PEILLARD Quincy -

"Ils ont ainsi pu mettre en évidence que celui-ci est régulièrement réinjecté dans l'atmosphère par les feux de biomasse, qu'ils soient feux de cheminée, feux de forêt, brûlis ou écobuages" ha oui? et pas par les tours de refroidissement nucléaire, ou par les autres échanges thermiques crées artificiellement ou non (incinération d'ordures, centrales thermique etc...)

"Les concentrations atmosphériques de cet élément n'en restent pas moins infimes" Merci de consulter les sources qui vous indiqueront le rôle des faibles doses de radioactivité pour l'environnement et la santé.
3w.independentwho.info

NB: toute information émanant d'institution officielle française concernant la radioactivité ne peut être crédible. Vous vous doutez pourquoi.

avatar lavoisier -

A titre indicatif de l'IPSN

http://www.irsn.fr/FR/larecherche/Information_scientifique/Publications_Documentation/fiches-techniques-radionucleides/sante/Documents/CS137SAN.pdf

le césium a 31 isotopes, il y a de quoi s'amuser
et c'est un radio nucléide qui n'esxiste plus naturellement sur terre

il y en 2 qui pose un pettit probléme de période atomique le 137 et le 135 (on se passe du 134 avec sa période de 2,2 ans)

la chançe est en fin de compte sa période bioloqique
sauf déficit en potassium auquel notre organisme l'assimile, sans quoi il retourne dans la nature et comme c'est un émetteur béta, le probléme est la contamination interne et pas l'iiradiation gamma

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