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6645 lectures / 3 commentaires28 mai 2010, 12 h 05
Aujourd'hui, les observations indiquent que 84% du réchauffement du système planétaire a eu lieu dans les océans. De nombreux résultats attestent déjà d'une réponse des organismes marins vis-à-vis de cette augmentation de température. Cependant, peu d'études ont été conduites sur les conséquences du changement climatique global sur l'évolution de la biodiversité marine à grandes échelles spatiales.
Le programme Continuous Plankton Recorder basé à Plymouth en Angleterre suit tous les mois, depuis 1946, la présence et l'abondance de près de 450 espèces planctoniques dans l'océan Atlantique Nord. L'équipe dirigée par Grégory Beaugrand du Laboratoire d'Océanologie et de Géosciences (CNRS/Université Lille 1/Université du Littoral-Côte d'Opale, Wimereux) a analysé les 97 millions de données issues de ce programme. Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à la diversité taxonomique[1] de certains groupes clés de phytoplancton, les dinoflagellés et les diatomées, et de zooplancton, les copépodes qui assurent le transfert entre les producteurs primaires (le plancton végétal) et les niveaux trophiques supérieurs. Leurs analyses révèlent pour la première fois que le réchauffement des températures s'est accompagné d'une augmentation de la biodiversité de ces groupes planctoniques dans l'océan Atlantique Nord et d'une diminution de 25 à 33% de la taille moyenne des copépodes, dont une centaine d'espèces peuple cette partie de l'océan. La taille de ces organismes est en effet passée d'une moyenne de 3-4 mm à 2-3 mm dans certaines régions situées à la limite entre les systèmes tempérés et polaires.
Les chercheurs se sont alors intéressés aux conséquences de cette évolution surprenante. Ils ont ainsi montré que la diminution de la taille moyenne des copépodes, qui assure le transfert du dioxyde de carbone atmosphérique depuis la surface jusqu'au fond des océans à travers la chaîne alimentaire, pourrait induire une diminution, non encore quantifiable, du piégeage du carbone atmosphérique par l'océan Atlantique Nord, lequel contribue pour un quart au prélèvement total du carbone atmosphérique par l'océan mondial. Cet affaiblissement du puits de carbone dans l'océan Atlantique Nord viendrait alors s'ajouter à celui prévu par les modèles biogéochimiques, à savoir que l'augmentation de la température accroîtra la stratification thermique de la colonne d'eau[2], ce qui rendra plus difficile l'arrivée des sels nutritifs depuis les couches profondes jusqu'à la surface et finalement provoquera une diminution de la productivité marine. Ils ont également mis en évidence une circulation plus rapide du carbone biogénique, d'organismes à organismes à l'intérieur du réseau trophique, traduisant une augmentation du métabolisme de l'écosystème, ce qui est tout à fait cohérent avec le fait que plus un organisme est petit, plus il se développe et meurt rapidement.
Enfin, en utilisant les données issues de modèles permettant d'évaluer la probabilité de présence des morues en fonction des caractéristiques de leur environnement, ils ont trouvé une relation inverse entre la diversité taxonomique du zooplancton et la probabilité de présence des morues. Ainsi, l'augmentation de la diversité du zooplancton et la diminution de sa taille se traduirait par une diminution de la présence des morues en Atlantique Nord, un phénomène qui amplifierait l'effet de la surexploitation par la pêche de ce poisson subarctique.
Cette étude révèle ainsi qu'une augmentation de la biodiversité taxonomique, souvent vue comme avantageuse au sens large du fonctionnement écosystémique, pourrait, si elle est généralisable à l'ensemble de l'océan mondial, altérer temporairement certaines fonctions importantes pour l'homme, telles que la régulation du dioxyde de carbone et l'exploitation des ressources marines. Cette augmentation, jamais constatée à une aussi grande échelle spatiale, constitue l'empreinte d'un bouleversement structurel profond des systèmes biologiques en Atlantique Nord en réponse à l'augmentation des températures.
Beaugrand G, Edwards M, Legendre L (2010) Marine biodiversity, ecosystem functioning and carbon cycles. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, doi/10.1073/pnas.0913855107.
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
craps languidic -
De toutes façons, si la biodiversité diminue, c'est la faute de l'homme et du réchauffement climatique ( voir article http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2399_francais_biodiversite.php ) et ce n'est pas bon !
Et quand elle augmente, comme évoqué ci dessus, c'est certainement la faute de l'homme et du changement climatique, et ce n'est pas bon du tout !
De quel droit faudrait il figer la terre, les espèces et le climat tel que cela se trouve aujourd'hui en disant que toute évolution est la faute de l'homme et néfaste ??
La terre, le climat et les espèces ont toujours évolué, et sans l'homme !
DAOUD Alger -
bonjour!
enfin de compte toutes calamités qui pèsent sur cette planète auraient pour unique origine "le fait de l'hmme"
comme rappelé lus haut, 84% du réchauffement du système planéraire serait imputable aux océans!
lequel océans recellraient égalements d'autres "tares"
que devrions nous dire des surfaces émérgées?
si l'on considère le mal fait à ces surfaces particulièrement au plan de la déforestations et le manque de soin qui aurait du y être apporté, le constat de gravité aurait été autre !!
c'est pourquoi l'occasion nous est donnée pour renouveler les appels de notre association (reboiserlesahara) realtifs à une reforestation des espaces déboisées depui la nuit des temps A+
t là ce n'est justice rendue à notre planète
Hdrass Bourges -
craps @
"""La terre, le climat et les espèces ont toujours évolué, et sans l'homme !"""
Moi je dirais "avec" et sans l'homme !
Tout le problème étant de distinguer les impacts réels des activités humaines récentes (depuis 2 siècles) ainsi que les échelles de temps.
Je suis persuadé que ce problème sera clarifié dans la décennie qui vient.
Mais la nature de l'homme ne changera pas, capable du meilleur et du pire.
L'homme a les moyens de s'autoréguler si cela devient vraiment nécessaire, plus que tout autre espèce.
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