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Les Français sont sensibles à la perte de biodiversité
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4264 lectures / 6 commentaires26 mai 2010, 16 h 57
"Les Enjeux du Quotidien", réalisés par TNS Sofres pour l'EPIQ*, sont une série d'études traitant de sujets se situant au coeur de l'actualité et des préoccupations quotidiennes des Français. Ce deuxième volet de la saison 2010 porte sur "les Français et la biodiversité". Il a été publié le 22 mai 2010 à l'occasion de la journée mondiale de la biodiversité.
79% des Français déclarent avoir entendu parler de la biodiversité, sans toujours savoir ce dont il s'agit précisément. Seuls 23% connaissent la signification de ce terme et 56% la connaissent « à peu près ». 21% répondent en outre « n'en avoir jamais entendu parler ».
Cette connaissance est prédominante parmi les agriculteurs (97%) et variable selon la catégorie socioprofessionnelle des personnes interrogées : tandis que 90% des personnes appartenant aux catégories les plus aisées ont entendu parler de biodiversité, ils ne sont que 70% parmi les personnes issues des catégories les plus modestes.
Au niveau régional, l'Aquitaine (84%), la Franche-Comté et le Rhône Alpes (83%) s'avèrent être les régions où les habitants ont le plus entendu parler de la biodiversité. A l'inverse, les régions où les populations ont moins souvent entendu parler de biodiversité sont la Picardie et le Nord Pas de Calais (66%).
La préservation de la biodiversité est quasi unanimement reconnue comme quelque chose « d'important » (95%, dont 59% pour qui c'est « très important »). Ceux qui connaissent la signification du terme «biodiversité» sont d'ailleurs plus nombreux à être convaincus de l'importance de sa préservation (69% de «très important »). En outre, le niveau d'instruction structure fortement les résultats : les Français du niveau école primaire sont moins affirmés dans leurs réponses (63% pensent que la préservation de la biodiversité est importante) que ceux qui ont suivi un enseignement supérieur (97%) ou qui ont un niveau lycée (98%).
Une fois la biodiversité redéfinie aux interviewés (diversité des organismes vivants, notamment diversité des espèces animales et végétales, et diversité des milieux naturels), la perception du problème que pose son déclin paraît plus globale – voire mondiale – que régionale : 48% des personnes interrogées considèrent que la biodiversité est menacée dans leur région, 67% la jugent menacée au niveau national et 91% au niveau mondial.
En Picardie, en Auvergne et en Champagne- Ardennes, moins de la moitié des personnes interrogées estime que la biodiversité de leur région est menacée (42% des Picards et des Auvergnats, 40% des Champardennais et des Limousins). Le diagnostic est plus sévère en Alsace, en Bretagne et en Provence où respectivement 60%, 57% et 54% des personnes considèrent que la biodiversité y est menacée.
Les Français ont largement entendu parler des actions en faveur de la biodiversité mais aussi des méfaits de certaines activités sur elle. Ainsi, ils ont entendu parler de la réintroduction de l'ours brun dans les Pyrénées (94%), de la pollution des eaux douces par l'agriculture intensive (94%), de la surexploitation du thon rouge en Méditerranée (87%) ou, dans une mesure moindre, de la culture de riz en Camargue (69%) et de la promotion d'un tourisme durable (61%). Evidemment, les régions concernées sont les plus informées : c'est en Aquitaine (99%), Midi-Pyrénées (98%) et Languedoc-Roussillon (95%) que les Français ont le plus entendu parler de la réintroduction de l'ours brun, et en région PACA qu'ils ont le plus connaissance de la surexploitation du thon rouge en Méditerranée (92%).
En termes d'impact, les opinions sont relativement tranchées :
L'opinion semble plus indécise par rapport à la culture de riz en Camargue : 43% des interviewés estiment que cela a un impact positif, pour 28% qui estiment que cela n'a pas d'impact, et 20% un impact négatif.
Les opinions semblent plus nuancées au sein des territoires concernés : quand en moyenne, les Français sont 18% à estimer que la réintroduction de l'ours brun n'a pas d'impact, ils sont 25% en Languedoc Roussillon et 24% en Midi Pyrénées à partager cet avis. De même, quand les Français, au niveau national, sont 43% à considérer que la culture du riz en Camargue a un impact positif, ils sont 47% en Provence Alpes Côte d'Azur.
83% des Français font confiance aux associations pour protéger la biodiversité, pour 38% au gouvernement.
En France comme ailleurs, les Français ont pris conscience que les modifications environnementales mettent en danger la survie des espèces animales et végétales, et que ces menaces portant sur la biodiversité auront des incidences sur leurs modes de vie (consommation, déplacements, rythmes sociaux). C'est pourquoi les attentes de prévention, de protection, de prévoyance et de précaution augmentent.
Les Français se détournent des sphères politiques (52% de confiance envers l'UE et 38% envers le gouvernement pour protéger la biodiversité). Ils font davantage confiance aux associations et aux collectivités locales pour la préservation de la biodiversité : ils mettent largement en tête les associations (83%) – un constat qui touche toutes les catégories de la population – suivies des communes (69%), des départements et des régions (tous deux à 68%). Les régions sont inégalement créditées selon les origines régionales des personnes interrogées : si 77% des Hauts Normands et 74% des Alsaciens et des Francs-comtois ont confiance dans leur région, les habitants du Centre et du Nord Pas de Calais ne sont que 61% et les habitants du Limousin 59% à manifester leur confiance.
Notes
« Les Enjeux du Quotidien »
Cinq vagues sont réalisées chaque année. Chaque vague est issue d'une méthodologie spécifique : l'enquête est réalisée pendant 2 mois, chaque jour, auprès d'un échantillon d'environ 4 000 personnes représentatives de la population de plus de 15 ans résidant en France. Les différentes vagues sont disponibles sur www.tns-sofres.com
A propos de cette deuxième vague de la saison 2010
L'étude sur « Les Français et la biodiversité » a été réalisée du 1er février au 31 mars 2010, par téléphone, auprès d'un échantillon national de 4 371 individus âgés de 15 ans ou plus.
A propos des Enjeux du Quotidien
« Les Enjeux du Quotidien » sont une série d'études dont objectif est d'aborder les enjeux de société sans langue de bois et sans parti pris, en bousculant parfois les présupposés sur l'opinion des Français. Ces études sont réalisées tous les deux mois au travers de l'étude nationale de mesure d'Audience des titres de presse d'actualité, confiée à TNS Sofres.
* Ces études entrent dans le cadre de l'EPIQ (Etude de la Presse d'Information Quotidienne) commanditée par la Presse Quotidienne Régionale, la Presse Quotidienne Nationale, la Presse Quotidienne Urbaine Gratuite et la Presse Hebdomadaire Régionale.
TNS Sofres
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Julietpapa -
Bonjour,
La connaissance de la biodiversité est prédominante chez les agriculteurs !!
Pourtant ils contribuent largement à sa destruction, aidé par l'industrie chimique . Ils utilisent massivement désherbants et pesticides : pour s'en convaincre il suffira d'observer en juin les plantations de maïs et autres céréales (déserts verts) . De plus l'agriculture intensive provoque l'extinction de la biodiversité du sol (lombrics, larves ...) et à terme la diminution des rendements .
La préservation de la diversité biologique est quasi unanimement reconnu comme quelque chose d'important pour 95% des Français interrogés individuellement mais pas pour les dirigeants de l'industrie chimique !!
craps languidic -
Heureusement les sondages comme celui ci dessus donnent le reflet de l'avis des sondés, absolument pas la vérité scientifique sur le sujet !
Hdrass Bourges -
Julietpapa @
Si vous n'avez pas une vision macro, votre vision micro ne vaut rien, et réciproquement, tout est lié.
L'agriculture extensive préserve la biodiversité, mais ne préserve pas le pouvoir d'achat si cher aux ménages, du fait d'une moindre production agricole qui provoque une flambée des prix alimentaires. Eh oui, il y a des lois physiques et des lois économiques bien connues.
La vérité, c'est qu'il existe de nombreuses contradictions dans la tête des gens, qui voudraient une chose et son contraire, et qu'ils ne sont pas prêts (dans leur grande majorité) pour des choix de société qui se répercuteront nécessairement par une forte réduction de leur train de vie.
Il ne faut pas oublier que toute l'économie et la société (mondialisées) actuelles reposent sur les gains de productivité individuels et dont l'origine remonte essentiellement à la découverte des potentialités permises par l'utilisations des sources d'énergie d'origine fossiles, nos esclaves modernes : charbon, pétrole, gaz, puis nucléaire.
Supprimons ces 4 sources d'énergie et nous retrouverons dans quelque temps une plus grande biodiversité, au détriment des populations humaines qui déclineront, mais pas la même biodiversité qu'autrefois à cause des modifications environnementales déjà occasionnées dont les effets se manifesteraient encore sur plusieurs siècles.
Difficile à envisager, d'autant que nombreux seront prêts à se battre pour exploiter jusqu'au bout toutes ces sources d'énergie.
Les comportements humains reposent sur l'éducation et c'est là qu'il faudrait agir pour espérer obtenir un résultat tangible au terme d'une génération.
Et cela à l'échelle planétaire.
Bon courage !
craps @
"""les sondages comme celui ci dessus donnent le reflet de l'avis des sondés, absolument pas la vérité scientifique sur le sujet !"""
La vérité scientifique sur la biodiversité ?
Et encore un sujet de débat totalement stérile ! Contrairement à la biodiversité qui, elle, ne l'est pas.
Stéphane LAGASSE BRUXELLES -
La biodiversité n'est pas cotée en bourse; ça n'existe donc pas.
françoise nalet saint paul les dax -
je ne suis pas experte en chiffres, et d'ailleurs je m'en moque un peu, je sais pas contre que des tentatives pour contrer l'agriculture avec produits chimiques sont en route, s'appliquent et interpellent avant de convaincre, de nombreux agriculteurs.. alors le seul moyen est de continuer à diffuser ces informations, au delà des chifres, pour que cette bio diversité se nomme demain "obligatoire, incontournable, déterminante" pour l'avenir de la planète et surtout celui de nos enfants...
Hdrass Bourges -
Stéphane LAGASSE @
"""La biodiversité n'est pas cotée en bourse; ça n'existe donc pas. """
Bon sujet de discussion.
A mon avis vous avez tort, tout est cotable en bourse, avec plus ou moins de succès bien sûr.
Et les spéculateurs-investisseurs avertis le savent bien.
Regardez la bourse du carbone introduite à la suite du protocole de Kyoto, cependant les règles ne sont apparemment pas encore bien au point.
Les hommes sont joueurs par nature et si les règles du jeu édictées sont bonnes, qu'il y a de l'argent à gagner, le marché est un bon moyen de régulation.
La biodiversité est d'ailleurs déjà prise en compte en bourse par les biais des réglementations de plus en plus contraignantes qui pèsent sur les entreprises occidentales cotées, qui sont alors obligées d'aller chercher des nouveaux revenus dans les pays à plus faibles contraintes environnementales, jusqu'à ce que ceux-ci leur en imposent à leur tour.
Bon d'accord, de nombreux pays sont dirigés par des dictatures corrompues et sans scrupule avec lesquels les entreprises (cotées ou pas) font leurs affaires. On a tous des exemples à l'esprit.
Il ne faut pas renier la réalité du monde tel qu'il est et qui est reflétée par les marchés, et tout est lié à plus ou moins brève échéance, y compris la biodiversité.
Donner un prix à un bien quel qu'il soit est quelquechose de très compliqué et le marché, s'il est sain et bien réglementé (ce qui n'est pas toujours le cas), est le meilleur moyen que les hommes ont trouvé pour le faire avec efficacité.
françoise nalet @
La bio diversité se nomme, je crois, "éducation" et "contrainte réglementaire".
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