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6394 lectures / 4 commentaires19 mai 2010, 11 h 57
Les téléphones portables ou mobiles font désormais partie intégrante des télécommunications modernes. Dans de nombreux pays, plus de la moitié de la population utilise un téléphone portable et le marché s'accroît rapidement. À la fin de 2009, on estimait à 4,6 milliards le nombre d'abonnés dans le monde. Dans certaines régions du monde, ils constituent le moyen de communication le plus fiable, et parfois l'unique moyen de communication. Compte tenu du nombre considérable d'utilisateurs de téléphones mobiles, il est important de rechercher, de comprendre et de surveiller tout effet potentiel sur la santé publique.
La communication par téléphone mobile se fait par transmission d'ondes radio grâce à un réseau d'antennes fixes appelées stations de base. Les ondes de radiofréquence sont des champs électromagnétiques et, contrairement aux radiations ionisantes telles que les rayons X ou les rayons gamma, elles ne peuvent pas rompre les liaisons chimiques des molécules ni causer d'ionisation dans le corps humain.
Les téléphones portables sont des transmetteurs de radiofréquences (RF) de faible énergie, opérant à des fréquences situées entre 450 et 2700 MHz, l'émission maximale se situant entre 0,1 et 2 watts. L'appareil ne transmet de l'énergie que lorsqu'il est allumé. Cette énergie (et par conséquent l'exposition aux radiofréquences de l'utilisateur) décroît rapidement avec la distance. Une personne utilisant un téléphone mobile qui se trouve à 30-40 cm de son corps – par exemple, pour envoyer des SMS, se connecter à Internet, ou avec un kit «mains libres» – aura un niveau d'exposition aux champs électromagnétiques beaucoup plus faible que quelqu'un tenant son téléphone portable à proximité de son oreille.
Outre l'utilisation de kits «mains libres», qui permettent de garder une certaine distance entre l'appareil et la tête ou le corps pendant les appels, l'exposition peut également être réduite en limitant le nombre et la durée des appels. Utiliser le téléphone dans des conditions de bonne réception permet aussi de limiter l'exposition puisque le téléphone peut transmettre en utilisant moins d'énergie. L'efficacité des dispositifs commerciaux qui prétendent réduire l'exposition aux radiofréquences n'a pas été démontrée.
Les téléphones portables sont souvent interdits dans les hôpitaux et à bord des avions, car les signaux de radiofréquence peuvent interférer avec certains appareils électro-médicaux et les systèmes de navigation.
Un grand nombre d'études ont été menées au cours des deux dernières décennies pour déterminer si les téléphones portables représentent un risque potentiel pour la santé. À ce jour, aucun effet nocif pour la santé n'a pu être attribué à l'utilisation du téléphone portable.
Le principal mécanisme d'interaction entre l'énergie des radiofréquences et le corps humain est l'échauffement des tissus. Aux fréquences utilisées par les téléphones mobiles, la majeure partie de l'énergie est absorbée par la peau et les autres tissus superficiels, ce qui se traduit par une augmentation négligeable de la température dans le cerveau ou tout autre organe du corps.
Un certain nombre d'études ont recherché les effets des champs de radiofréquences sur l'activité électrique du cerveau, les fonctions cognitives, le sommeil, le rythme cardiaque et la pression artérielle des volontaires examinés. À ce jour, la recherche n'a apporté aucun élément de preuve significatif d'effets néfastes pour la santé provoqués par l'exposition aux champs de radiofréquences à des niveaux inférieurs à ceux qui induisent un échauffement des tissus. En outre, la recherche n'a pu fournir de données étayant une relation de cause à effet entre l'exposition aux champs électromagnétiques et des symptômes rapportés par l'utilisateur, ou une «hypersensibilité électromagnétique».
En revanche, la recherche a clairement établi une augmentation du risque d'accident lorsqu'on utilise un téléphone portable en conduisant un véhicule soit en tenant l'appareil, soit en mode «mains libres». Dans plusieurs pays, l'utilisation d'un téléphone portable au volant est vivement déconseillée, voire interdite.
La recherche épidémiologique qui examine les risques potentiels à long terme de l'exposition aux radiofréquences a essentiellement recherché un lien entre les tumeurs cérébrales et l'utilisation du téléphone portable. Toutefois, du fait que de nombreux cancers ne peuvent être décelés que de nombreuses années après les interactions qui ont conduit à la tumeur, et que les téléphones mobiles étaient peu utilisés avant le début des années 1990, à l'heure actuelle, les études épidémiologiques ne sont en mesure d'évaluer que les cancers qui apparaissent dans un laps de temps plus court. Cependant, les résultats des études portant sur des animaux montrent invariablement qu'il n'y a aucune augmentation du risque de cancer du fait d'une exposition prolongée aux champs de radiofréquences.
Plusieurs études épidémiologiques multinationales de grande envergure ont été menées à bien ou se poursuivent, y compris des études cas-témoins et des études de cohorte prospectives examinant un certain nombre de paramètres sanitaires chez les adultes. À ce jour, les résultats des études épidémiologiques n'apportent aucun élément de preuve persistant d'une relation de cause à effet entre l'exposition aux radiofréquences et un éventuel effet néfaste pour la santé. Cependant, ces études comportent certaines limites qui empêchent d'écarter complètement tout lien.
L'étude INTERPHONE et ses résultats
INTERPHONE, une étude cas-témoins rétrospective menée sur des adultes et coordonnée par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), a été conçue pour déterminer s'il existe des liens entre l'utilisation des téléphones mobiles et les cancers de la tête et du cou chez les adultes.
Interphone a ainsi démarré en 2000 sous forme d'un ensemble d'études cas-témoins internationales menées dans 13 pays à travers le monde[1] se concentrant sur quatre types de tumeurs dans les tissus qui absorbent le plus l'énergie des RF émise par les téléphones portables, à savoir les tumeurs du cerveau (gliomes[2] et méningiomes[3]),du nerf acoustique (schwannome[4]) et de la glande parotide[5]. L'objectif était de déterminer si l'utilisation du téléphone portable augmentait le risque de ces tumeurs. Interphone est à ce jour la plus grande étude cas-témoins menée surles rapports entre l'utilisation du téléphone portable et les tumeurs cérébrales.
Cette méta-analyse internationale, n'a constaté aucune augmentation du risque de gliomes ou de méningiomes associée à une utilisation du téléphone portable sur une période supérieure à 10 ans. Il existe quelques signes d'un risque accru de gliomes pour les 10 % d'utilisateurs dont le nombre d'heures cumulées d'utilisation était le plus élevé, bien qu'aucune tendance systématique de risque accru n'ait été établie pour une plus longue durée d'utilisation. Les chercheurs ont conclu que les biais et les erreurs limitent la validité de ces conclusions et ne permettent pas une interprétation de causalité.
Tandis que les données tirées de l'étude INTERPHONE ne permettent pas d'établir qu'il existe un risque accru de tumeurs cérébrales, l'augmentation de l'utilisation des téléphones mobiles et l'absence de données concernant cette utilisation sur des périodes dépassant 15 ans justifient que de nouvelles recherches soient menées sur l'utilisation des téléphones mobiles et les risques de cancer du cerveau. En particulier, compte tenu de la popularité récente du téléphone mobile chez les jeunes, et par conséquent d'une durée potentielle d'exposition plus longue au cours de la vie, l'OMS a encouragé de nouvelles recherches pour ce groupe d'âge. Plusieurs études portant sur les effets potentiels sur la santé des enfants et des adolescents sont en cours.
Ainsi, le Dr Christopher Wild, Directeur du CIRC, a déclaré : "Les données d'Interphone ne permettent pas de mettre en évidence un risque accru de cancer cérébral. Cependant, les observations au plus haut niveau du temps d'appel cumulé et l'évolution du mode d'utilisation des téléphones portables depuis la période étudiée par Interphone, notamment chez les jeunes, font qu'il est souhaitable de poursuivre l'étude de l'utilisation du téléphone portable et du risque de cancer cérébral".
Le Professeur Elisabeth Cardis a déclaré que "l'étude Interphone se poursuivra avec d'autres analyses de l'usage du téléphone portable et des tumeurs du nerf acoustique et de la glande parotide". Elle a ajouté : "En raison depréoccupations liées à l'augmentation rapide de l'utilisation du téléphone portable chez les jeunes − qui n'étaient pas couverts par Interphone −, CREAL coordonne un nouveau projet, baptisé MobiKids, financé par l'Union européenne, pour étudier le risque de tumeurs cérébrales lié à l'utilisation du téléphone portable dans l'enfance et l'adolescence".
Les limites d'exposition aux radiofréquences pour les utilisateurs de téléphones portables sont quantifiées en utilisant une grandeur physique dénommée DAS ou Débit d'Absorption Spécifique, qui correspond à l'énergie absorbée par le corps par unité de temps et de masse. À l'heure actuelle, deux organismes internationaux [6,7] ont élaboré des lignes directrices à l'intention des professionnels et du grand public, à l'exception des patients faisant l'objet d'un diagnostic médical ou suivant un traitement. Ces lignes directrices reposent sur une évaluation approfondie des données scientifiques disponibles.
En réponse aux préoccupations du public et des gouvernements, l'OMS a établi en 1996 le Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques, qui se propose d'évaluer les données scientifiques relatives aux éventuels effets sanitaires néfastes provoqués par les champs électromagnétiques. L'OMS mènera une évaluation formelle des risques sanitaires de l'exposition aux radiofréquences d'ici à 2012. Dans l'intervalle, il est prévu qu'en 2011, le Centre international de Recherche sur le Cancer, organisation spécialisée de l'OMS, examine le potentiel carcinogène des téléphones mobiles.
L'OMS recense aussi périodiquement les priorités en matière de recherche sur les champs électromagnétiques et la santé et encourage les travaux visant à combler les lacunes dans les connaissances par l'intermédiaire de ses programmes de recherche.
Brain tumour risk in relation to mobile telephone use: results of the INTERPHONE international case–control study, the Interphone Study Group. International Journal of Epidemiology 2010;1–20. doi:10.1093/ije/dyq079.
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Frank Rouen -
2,4Ghz est une fréquence utilisé par certain téléphone portable et surtout par le WIIFI, c'est fréquence est également celle utilisée par nos fours à micro-onde, car c'est la fréquence de résonnance de l'eau. Je rappelle que notre corps est essentiellement constitué d'eau. Sans attendre des années de recherche, toutes les personnes qui travaillent dans le monde des vibration savent qu'il ne faut pas exiter un matériel (gros ou petit) aux fréquences de résonnance même à faible énergie, car on a forcement une destruction prématurée.
C'EST CE QU NOUS FAISONS ACTUELLEMENT AVEC NOS CORPS EN UTILISANT LE 2.4GHz. Quand on verra les effets néfastes, il sera trop tard pour des millions de personnes. A méditer
ile de france -
Pas de lien avec le cancer, sauf que certains types de tumeur augmentent, consultez les tableaux.
il n'y a aucune augmentation du risque de cancer du fait d'une exposition prolongée aux champs de radiofréquences.
Ah bon, vous avez interrogé les rats de l'étude de Dirk Adang dont 60% sont morts après exposition.
Jean-marie Rith -
Bonjour,
Il serait cependant nécessaire de chiffrer l'exposition aux émission des antennes relais situées en zone d'habitation, car celles-ci ont une puissance de rayonnement notablement plus élevée que les portables, mais a l'heure actuelle aucune étude ne semble tenir compte de l'existance de ces antennes !
PatrickR -
La dernière étude dont j'ai entendu parler ces jours concernant les radiofréquences, qui a couté dans les 16 millions d'euros (ou de CHF, je ne sais plus) à l'échelle européenne -est-ce celle ci-dessus -? voulait tout dire et son contraire. Au bout du compte, personne, à commencer par les gens qui ont mené cette étude, n'a l'air d'en savoir plus qu'avant ou ne veut pas le dire. Je crois que nous ne sommes pas au début d'entendre les premières bribes de vérité tellement il y a d'argent en jeu. Comme pour le tabac, quoi...
CEla dit, rien n'empêche de rester vigilant.
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