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Une partie des voies rapides du réseau routier francilien sera plongée dans le noir

7475 lectures / 33 commentaires12 mai 2010, 12 h 46

Dès aujourd'hui, la Direction Inter-Départementale des Routes Ile-de-France (DIRIF) met en application son schéma directeur de l'éclairage public sur les routes nationales d'Ile-de-France : une partie du réseau routier sera progressivement éteint la nuit pour faire des économies d'énergie et lutter contre les nuisances lumineuses.

Dans le cadre des orientations du Grenelle de l'environnement qui visent à diminuer la consommation énergétique et la pollution lumineuse, un schéma directeur de l'éclairage public a été mis en place. Celui-ci devrait "simplifier la lecture du réseau par l'usager, en harmonisant au niveau régional, les pratiques d'éclairage des routes nationales franciliennes" indique la DIRIF.

Une journée de trafic automobile d'économisée !

Sur les 787 km que compte le réseau DIRIF, 243 km de voiries cumulés disposent d'un éclairage, ce qui représente l'émission indirecte de 13 000 tonnes de CO2 par an. Par comparaison, chaque jour, le trafic automobile en Ile-de-France émet environ 16 000 tonnes de CO2.(1)
Sur ces 243 km de voiries, 115 km de réseau resteront éclairés, soit l'extinction de près de 130 km de voies rapides ce qui diminuera de 45 % les rejets de CO2 et une partie de la pollution lumineuse induite par l'éclairage des infrastructures routières.

Les tronçons qui seront éteints

Dès ce soir, un tronçon de 10 kilomètres sur l'A86 (entre l'A15 et l'A14) sera éteint. L'extinction, par sections homogènes, se déroulera ensuite progressivement jusqu'à juillet 2010. Des sections de L'A13 et la N118 seront également éteints.

Le journal Le Parisien nous propose une carte et un calendrier des voies rapides qui seront éteintes.

Toutefois, les zones très fréquentées, dangereuses et celles qui présentent de nombreux échangeurs et tunnels ne seront pas concernées par cette mesure.

Eteindre l'éclairage au détriment de la sécurité ?

Contrairement aux idées reçues, l'éclairage n'est pas forcément garant d'une meilleure sécurité routière. La DIRIF prend pour exemple le cas de l'autoroute A15.
Au cours de l'année 2007, des actes de vandalisme répétés ont privé cette autoroute d'éclairage. Or, l'analyse comparée des chiffres d'accidentologie de nuit, entre la période éclairée et la période sans éclairage, montre qu'il n'y a pas eu de dégradation de la sécurité. Au contraire, les chiffres bruts en nombre d'accidents et de victimes sont en baisse de plus de 30% et on ne relève aucun tué depuis octobre 2008.

Toutefois, cet exemple encourageant n'est pas forcément reproductible sur l'ensemble du réseau. C'est pourquoi, la DIRIF souligne qu'avant d'éteindre, tous les secteurs le nécessitant, feront l'objet de travaux préparatoires permettant une meilleure lisibilité de la route sans éclairage : réfection de la signalisation horizontale, correction des défauts de la chaussée...). De plus, chaque zone éteinte fera l'objet d'un suivi particulier de l'accidentologie sur une période de 2 ans, avant d'effectuer la dépose définitive des équipements.

La DIRIF précise que le trafic nocturne est quatre fois plus faible mais pourtant il y a autant de tués la nuit que le jour. Avec un bon éclairage, les automobilistes roulent plus vite, souvent bien au-dessus des limitations de vitesse. Au contraire, l'absence d'éclairage oblige l'automobiliste à accroître sa vigilance et diminuer sa vitesse.

Ce constat n'est pas partagé par l'Association française de l'éclairage (AFE) qui s'appuie sur une étude scientifique portant sur l'influence de l'éclairage sur le comportement des conducteurs menée par le Centre de Physiologie appliquée (CNRS de Strasbourg)(2).
Cette étude menée en 1998-2002 sur simulateurs de conduite présente notamment les conclusions suivantes d'après l'AFE :

  • pas d'augmentation de la vitesse moyenne des automobilistes en présence d'éclairage
  • rétablissement des repères spatiaux et meilleure évaluation des distances : anticipation du conducteur qui peut se déporter pour éviter un obstacle 200 à 250 mètres plus tôt qu'en zone non éclairée (protection des personnes présentes sur les bandes d'arrêt d'urgence notamment)
  • réduction du phénomène d'éblouissement provoqué par les feux des autres véhicules
  • vitesse régulière (pas de freinages excessifs ni de ré accélérations brutales)

Si l'interprétation de cette étude souligne l'intérêt de l'éclairage sur la conduite, la première conclusion de l'AFE "pas d'augmentation de la vitesse moyenne des automobilistes en présence d'éclairage" peut être mise en doute : nul besoin de recourir à des simulateurs de conduite pour se rendre compte que la nuit, sur une voie rapide éclairée, les automobilistes roulent nettement plus vite, tout conducteur pourra s'en rendre compte par lui-même.

Forte de cette étude contradictoire, l'AFE, qui défend son gagne-pain, met en doute les réelles motivations de l'Etat et estime que le Grenelle de l'environnement et son article 66 sur la pollution lumineuse(3) est une bonne excuse pour justifier des restrictions budgétaires. Ce qui est un fait puisque la suppression de l'éclairage sur les autoroutes franciliennes doit permettre de diminuer de 40 % les dépenses en électricité de la Direction des routes estimés à 3M€.

L'AFE propose plutôt des aménagements en modulant l'éclairage en fonction de l'heure de la nuit, des éclairages plus adaptés (ce que la DIRIF s'engage à rechercher) et s'étonne même que l'éclairage public soit ainsi montré du doigt en terme d'émissions de CO2 vu que la production est issue du parc nucléaire. Pourtant, l'énergie nucléaire produit indirectement des gaz à effet de serre et en quantité non négligeable : bien au dessus des énergies renouvelables(4).

De manière plus globale, l'éclairage public et les enseignes publicitaires représentent 1 à 2% de la consommation électrique en France soit 4% des émissions de gaz à effet de serre. Au niveau des communes, l'éclairage public et la signalisation sont le premier poste consommateur d'électricité des communes (47 % de la consommation d'électricité), soit 20 % du budget total énergie(5).

Au final, ces mesures s'inscrivent dans la bonne direction : diminuer notre gabegie énergétique et la pollution lumineuse. D'autant plus que les conséquences sur la sécurité routière seront suivies avec des premiers cas concrets très rassurants qui obligent à plus de vigilance et moins de vitesse sur la route, c'est donc tout positif !

Notes

  1. En 2005, le trafic automobile en voitures particulières représentait 113,4 millions de km parcourus par jour (IAU Idf). Selon L'ADEME, un véhicule particulier émet en moyenne 140 g CO2 /km.
  2. Thèse de doctorat de Mlle Moessinger, 2001,CNRS Strasbourg, Conduite de nuit, influence sur le conducteur, 2000.
    Conduite automobile de nuit en fonction del'éclairage, Dr Muzet, directeur du centre de physiologie appliquée de Strasbourg – CEPA.
    L'AFE fournit une note explicative sur les résultats de cette étude.
  3. Texte du projet de loi Grenelle 2 portant engagement national pour l'environnement
  4. Valuing the greenhouse gas emissions from nuclear power: A critical survey Benjamin K. Sovacool - Energy Policy, 21 avril 2008
  5. En 2005, la facture énergétique des communes françaises s'élève à 2,2 millards d'euros - ADEME

Références

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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33 commentaires

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avatar Louis hervé Nancy -

Oui on ne peut qu'acquiescer cette mesure. Qu'est ce que cela signifie d'éclairer les autoroutes en région parisienne, partout ailleurs ça ne se fait pas ou si peu. En Belgique toutes les autoroutes sont éclairées et cela créer une pollution lumineuse finalement désagréable. Nos phares de voitures suffisent largement.

avatar douds -

le budget éclairage d'une commune peut représenter jusqu'à 40%. Avec les augmentations de 11% du prix de l'électricité l'an prochain, puis 3% par an jusqu'en 2025, je vous laisse deviner l'économie réelle.
Nous aurons donc utiliser une part non négligeable de la durée de vie des centrales nucléaires à dépenser une faramineuse énergie entre 1976 et 2010 à éclairer la nuit, et quand on en parlait ici voilà deux ans, il paraissait impossible à certains de faire autrement.

avatar Hdrass Bourges -

Questions de béotien :

- Que devient l'électricité produite par les centrales élect. lorsque la consommation diminue ?

- Est-ce que la baisse de la consommation sur une période courte comme la nuit permettrait d'économiser les combustibles (uranium, pétrole, gaz,...) ?

Sachant qu'il y a bcoup moins de consommation la nuit comme le montre la courbe de consom. journalière d'électricité, voir ici: http://www.audeladeslignes.com/hiver-consommation-electricite-pointe-19heures-1290
ou ici :
http://www.rte-france.com/fr/developpement-durable/maitriser-sa-consommation-electrique/la-consommation-en-temps-reel
, c à d au moment où les routes sont sensées être éclairées, que le gestionnaire de réseau ne peut pas forcément faire arrêter les centrales la nuit, l'électricité ne risque-t-elle pas d'être produite quand même pour rien ?
Cette dernière question rejoint d'ailleurs le problème de l'électricité d'origine éolienne qui est par nature aléatoire donc risque d'être produite, payée par EDF, et pas nécessairement toute vendue.

- Est-ce que ce type d'économie peut se traduire par une économie réelle, voilà l'enjeu sous jacent ?

- De telles économies n'étant pas forcément intéressantes pour les fournisseurs, un producteur comme EDF ne risque-t-il pas dans ce cas de vouloir compenser sa perte en augmentant ses tarifs ?

L'enjeu pertinent ne serait-il pas de diminuer la conso au moment des périodes de fortes demandes, qui sont d'ailleurs variables d'un jour sur l'autre, voir ici :
http://clients.rte-france.com/lang/fr/visiteurs/vie/vie_histo_courbe_j_plus_2.jsp
où EDF peut être contraint par moment d'acheter chèrement l'électricité à l'étranger pour la revendre moins chère ?

Je pense de plus que les enjeux financiers des producteurs peuvent ête contraires, sur ce point particulier des économies d'énergie, aux enjeux "écologiques", et par conséquent qu'il fauudrait maintenir l'électricité dans le domaine régalien.
Or l'ouverture du marché de la production à la concurrence ne me semble pas vraiment aller dans ce sens.

Quelqu'un de compétent sur le sujet peut-il me répondre ?

avatar craps languidic -

Tout à fait Hdrass, je rajoute aussi que le lien direct entre réduction de consommation électrique et réduction de co2 pour la France qui produit son énergie électrique par d'autres moyens que le thermique n'est pas pertinent.
Bien sûr le fait de ne pas gaspiller de l'énergie pour rien est tout à fait justifié et ce but doit être poursuivi.

avatar Hdrass Bourges -

Pour ceux qui ont le temps de lire, voici un bon rapport :

http://www.negawatt.org/telechargement/PointeElec/nW%20Pointe%20elec%20Dossier%20de%20presse%20011209.pdf

avatar Jacques -

L'électricité souffre d'un problème majeur qui est le stockage, on ne peut pas stocker l'électricité, la France a choisi le nucléaire comme source principale de son énergie, l'inconvénient du nucléaire est son manque de souplesse car on ne stoppe ou démarre pas un réacteur comme un moteur de voiture. L'élecricité produite en trop est en principe vendue à l'étranger, et lors des pics de demande on lance les centrales thermiques (en réserve car certaines tournent toute l'année) et on achète de l'électricité pour satisfaire la demande. La France posséde 17 centrales nucléaires et 14 centrales thermiques.

avatar craps languidic -

@Jacques
""La France posséde 17 centrales nucléaires et 14 centrales thermiques.""

Renseignez vous avant de dire n'importe quoi !

La France possède 58 réacteurs nucléaires qui fournissent 76 % de son électricité.
Les centrales thermiques ne démarrent que lors des pics et ne tournent certainement pas toute l'année, c'est justement tout le contraire !
Et elles ne fournissent que 10 % de l'électricité consommée annuellement.
D'ailleurs les écolos anti nucléaire favorisent par contre coup les centrales thermiques ( puisqu'il est impossible de fournir les besoins avec de l'éolien ou de l'hydroélectrique ou du solaire ), critiquées par ailleurs pour leur pollution !! Voir le résultat en Allemagne et au Danemark : Une émission record de co2 !!

avatar Jacques -


Oups je me suis effectivement trompé (sources trop anciennes) c'est 19 centrales que nous possédons plus une en construction.

Craps lisez correctement avant de dire n'importe quoi, j'ai parlé de centrales pas de réacteurs; une centrale comporte au minimum 2 réacteurs de façon à être toujours opérationnelle; celle du Tricastin en comporte 4 et ce n'est pas la seule.

avatar Jacques -


Des nouvelles fraiches, et où l'on voit que la diminution de la consommation demeure le seul outil viable...

http://www.enerzine.com/15/9014+france--la-consommation-delectricite-a-baisse-de-1-6-pct+.html

avatar craps languidic -

Valeurs de moyennes nationales pour les émissions de CO2 par kWh électrique pour différents pays (source AIE)


Suède : 0,04 kg CO2 / kWh él.

France : 0,09 kg CO2 / kWh él.

Autriche : 0,20 kg CO2 / kWh él.

Finlande : 0,24 kg CO2 / kWh él.

Belgique : 0,29 kg CO2 / kWh él.

Espagne : 0,48 kg CO2 / kWh él.

Italie : 0,59 kg CO2 / kWh él.

Allemagne : 0,60 kg CO2 / kWh él.

Pays Bas : 0,64 kg CO2 / kWh él.

Grèce : 0,64 kg CO2 / kWh él.

Royaume-Uni : 0,64 kg CO2 / kWh él.

Portugal : 0,64 kg CO2 / kWh él.

Irlande : 0,70 kg CO2 / kWh él.

Danemark : 0,84 kg CO2 / kWh él.

Luxembourg : 1,08 kg CO2 / kWh él.


http://www.econologie.com/europe-emissions-de-co2-par-pays-et-par-kwh-electrique-articles-3722.html

avatar craps languidic -

Malheureusement au niveau mondial, ce n'est pas du tout le cas selon la conférence 2009 de l'IEA la demande d'énergie d'ici 2030 devrait quasiment doubler, avec la plus grosse partie produite par le charbon :
Non-OECD countries account for 93% of the increase in global demand
between 2007 & 2030, driven largely by China & India.

Fossil fuels account for 77% of the increase in world primary energy demand in 2007-2030,
with oil demand rising from 85 mb/d in 2008 to 88 mb/d in 2015 & 105 mb/d in 2030

avatar Hdrass Bourges -

Ben oui craps, le problème de pollution qui est d'ordre global et le terrien moyen est encore peu soucieux de la pollution et de nuisances causées par son comportement.
Surtout le charbon est la source d'énergie du pauvre.

Ce n'est pas une raison pour être défaitiste et ne pas changer nos comportements pour montrer l'exemple.
Et en France il y a apparemment beaucoup à faire rien que dans le domaine de l'électricité.

@Jacques
"""la diminution de la consommation demeure le seul outil viable"""

Le seul outil viable, au niveau mondial peut-être, en France je ne crois pas.
Car si l'on en croit l'analyse produite en pages 6 et 7 du rapport déjà cité plus haut étali en décembre 2009 par une association de spécialistes de la question, le problème se situe au niveau de la consommation de pointe qui tend constamment à augmenter, donc nécessite de plus en plus de puissance installée :
http://www.negawatt.org/telechargement/PointeElec/nW%20Pointe%20elec%20Dossier%20de%20presse%20011209.pdf
On peut lire en commentaires :
"Sur les années 2000, le niveau de la consommation de base (la puissance minimale appelée tout au long de l'année) n'a quasiment pas augmenté, alors que la puissance de pointe augmentait en moyenne d'environ 1 600 MW par an. En d'autres termes, c'est l'équivalent en puissance nouvelle chaque année de presque deux réacteurs nucléaires de type 900 MWe – ou d'un nouveau réacteur de type EPR. A ceci près qu'il ne s'agit pas d'un besoin de base, mais de moyens de production à solliciter pour quelques jours, quelques semaines tout au plus."
"L'hiver dernier, la pointe de puissance a été atteinte le 7 janvier 2009 à 92 400 MW. La consommation de chauffage électrique durant la pointe hivernale du 7 janvier dernier est responsable d'une surconsommation en puissance de 34 000 MW, soit l'équivalent de la moitié du parc nucléaire français. Il est intéressant également pour mettre cet effet en perspective de rappeler que la crise financière, à la même date, avait fortement réduit les consommations industrielles, pour un impact en comparaison de 2 000 MW « seulement » sur la demande électrique."

Dans l'article que vous citez, il est dit : "Pour la première fois en 27 ans, la France a été, en octobre 2009, importatrice nette d'électricité sur un mois entier. Le RTE révèle que "l'année 2009 a compté 57 journées d'importations nettes, contre 6 en 2008, 20 en 2007"."

Il me semble donc que ce problème doit être finement analysé pour parvenir à améliorer le système.

Voici des extraits de ce rapport très bien argumenté, qui me paraissent très pertinents :
"L'ampleur de la variation saisonnière de la consommation d'électricité est une spécificité française liée au développement du chauffage électrique." "L'essentiel de la consommation supplémentaire entre une journée « normale » et une journée particulièrement froide d'hiver est fourni par des moyens de production thermique, en France et par le biais des importations."
"L'observation de la consommation française sur une année fait clairement ressortir l'importance du chauffage électrique, avec une période de plus forte consommation en hiver. Cet usage représente à lui seul plus de 60 TWh de consommation, soit 12,3 % de la consommation annuelle totale d'électricité française. Cette consommation a même dépassé durant l'hiver 2008/2009, particulièrement rigoureux, un total de 70 TWh (14,4 %) – l'équivalent de la consommation électrique d'un pays comme la Suisse (où, au passage, le chauffage électrique est interdit)."
"70 % des logements neufs chauffés à l'électricité"
"Le chauffage électrique est de plus en plus utilisé, tant dans les bâtiments neufs que lors des rénovations, notamment dans le logement. Sa part de marché augmente régulièrement depuis plus de dix ans, pour atteindre un taux proche de trois quarts des nouvelles constructions en 2008."
"la singularité française : au total, plus de la moitié du chauffage électrique européen est français."
"Les conséquences en termes de fragilité du système électrique sont désastreuses."
"Les perdants de la surconsommation hivernale C'est d'abord la planète et le climat qui y perdent"
"RTE estime par exemple qu'une économie d'électricité sur le chauffage électrique, ou respectivement une hausse de la consommation, entraîne alors une économie, ou une hausse en CO2 de 500 à 600 gCO2/kWh, bien que la moyenne des émissions soit bien plus faible."
"L'accroissement de la demande de pointe due à l'essor du chauffage électrique conduit soit à démarrer des centrales thermiques en France, soit à réduire les exportations, soit à importer de l'électricité. Dans tous les cas le kWh électrique est payé par EDF ou les autres fournisseurs au prix de marché c'est-à-dire, par exemple, deux à trois fois plus cher que le kWh de gaz naturel auquel il se substitue si le logement avait été chauffé directement au gaz."
"En tout état de cause, les investissements de surdimensionnement des infrastructures électriques associés à la surconsommation hivernale sont massifs."
"Le chauffage électrique est souvent adopté car il est peu coûteux à l'installation. Par contre la facture annuelle est pratiquement deux fois plus élevée que les solutions concurrentes (gaz, bois…). Ce surcoût pèse sur le budget des ménages français, et il se trouvera fortement accru lorsque les tarifs de l'électricité se rapprocheront des prix de marché."
"Les locataires qui ne peuvent pas choisir le mode de chauffage de leur logement et les propriétaires les plus modestes qui ont recours à la solution la moins onéreuse lors de la construction se trouvent ainsi piégés dans ce qui peut devenir rapidement un élément déterminant de la « trappe » de la précarité sociale"
"Et même les producteurs d'électricité sont perdants !"
"en développant le chauffage électrique EDF accroît ses ventes aux heures de pointe au tarif réglementé, c'est-à-dire à un prix pour lequel elle perd de l'argent."
"Durant ces périodes les capacités d'exportation sur un marché structurellement haussier sont loin d'être saturées, et EDF est même bien souvent en situation d'importer de l'électricité. S'il n'y avait pas le chauffage électrique, EDF pourrait vendre cette électricité sur le marché à un prix bien supérieur au tarif réglementé : ce faisant EDF améliorerait son résultat, créerait de la valeur pour son actionnaire majoritaire l'Etat et dégagerait des moyens supplémentaires pour développer des services énergétiques efficaces et les énergies renouvelables."
"Alors, si autant de monde y perd, pourquoi s'acharne-t-on alors dans cette impasse ? De fait, la création d'une pointe électrique d'une telle amplitude profite à quelques-uns…"
"Les tensions générées sur le marché d'échange de l'électricité font en premier lieu le bonheur des producteurs-traders."
"Plus fondamentalement, l'évolution actuelle du système électrique français sert les fabricants de convecteurs électriques et autres chauffages radiants, dont les publicités envahissent régulièrement les boîtes aux lettres et les pages des magazines."
"Leur influence discrète est néanmoins très réelle auprès des « grands décideurs », comme en témoignent par exemple les multiples tentatives de protection de leur activité dans les nombreux groupes de travail officiels qui ont jalonné tout le processus du Grenelle de l'Environnement."
"Une autre catégorie tire un bénéfice substantiel de cette situation : les promoteurs immobiliers et les constructeurs de logements qui équipent près de 75 % des nouveaux logements en chauffage électrique."
"Enfin, les principaux bénéficiaires de cette évolution seront peut-être, à terme, les pays exportateurs de gaz ou de pétrole –comme la Russie ou la Lybie –, leurs dirigeants et leurs oligarques. En effet, les Français se condamnent eux-mêmes, pour pouvoir se chauffer, à acheter deux ou trois fois plus de gaz qu'il serait nécessaire pour le même usage."
"Face au constat de la dérive du système, les pouvoirs publics disposent de différents leviers d'intervention : régulation, réglementation, fiscalité… Pourtant, rien ne change. On s'interroge donc : « mais que fait la police ? »
"par les tarifs réglementés de l'électricité, les anciens « tarifs bleus » ...c'est une véritable subvention qui a été mise en place au bénéfice des consommateurs particuliers équipés de chauffage électrique, payée par l'ensemble des autres consommateurs."
Les Pouvoirs Publics continuent donc à promouvoir à travers le tarif réglementé les usages les plus générateurs de pointe, malgré leur impact économique et environnemental de plus en plus marqué."
"Le réseau de transport d'électricité, RTE filiale d'EDF, s'en est ému dans son bilan prospectif 2009[3] : « En période de grand froid, une maison ancienne, relativement mal isolée et équipée d'une pompe à chaleur peut ainsi représenter aujourd'hui un appel de puissance comparable à un logement typique chauffé avec des convecteurs à effet Joule ».
"Face à la dérive de la pointe, des solutions heureusement existent. Encore faut-il distinguer le bon grain de l'ivraie tant les « fausses bonnes idées » sont légion."
"Traiter la pointe de 19h ne résoud pas le problème de la pointe saisonnière"
"Augmenter la production de base déséquilibre encore plus le bilan"
"Générer de nouveaux usages risque d'augmenter encore la pointe"
"Heureusement, de vraies solutions existent pour résoudre le problème de la pointe et du chauffage : il est nécessaire de les mettre en oeuvre de toute urgence :"
"il est absolument indispensable que les Pouvoirs Publics mettent en oeuvre une politique réglementaire, tarifaire et fiscale cohérente avec l'objectif de baisse significative de la consommation d'électricité en pointe."
"Revoir la politique tarifaire de l'électricité pour favoriser les économies d'énergie dans la future loi sur la Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité (loi NOME)"
"Imposer des réglementations énergétiques contraignantes quelques soient les énergies utilisées"
"Revoir les incitations et la fiscalité"
"Mettre en place une véritable Contribution Climat-Energie"
"Elle doit comprendre toutes les énergies dans son assiette, en particulier l'électricité avec une pénalisation particulière pour l'électricité consommée en pointe."

Ainsi le parcours à accomplir parait donc immense, et l'exemple donnée par l'article ci-dessus de Christophe Magdelaine ne représente qu'un effet médiatique par rapport à des mesures qui seraient réellement perminentes au niveau national et qui passent donc par une importante réforme des politiques menées jusqu'à maintenant.


avatar craps languidic -

@ Hdrass

Tout à fait d'accord, le chauffage électrique est une absurdité totale, vu le rendement faible de cette énergie, il faut brûler 2 à 3 kw d'une énergie primaire pour en produire 1kw.
Elargissons au passage ce raisonnement, en plus du chauffage électrique, aux voitures 100 % électriques qui ne sont absolument pas l'avenir.

avatar Jacques -

Hdrass @

Perso je ne vois pas d'autre moyen le nucléaire par la fusion si ça marche c'est au plus tôt pour la fin du siècle et les ressources fossiles iront de toues façons en s'amenuisant, donc la baisse de consommation est l'une des conditions d'un avenir correct, on ne fera marcher q'une télé au lieu de 2 voire trois....

avatar Hdrass Bourges -

Jacques @

D'accord sur le principe général, mais comment fait-on la transition à partir de la situation actuelle ?
Il faut bien essayer d'y aller progressivement et en douceur car nous sommes encore en démocratie.

Votre conception est plutôt autoritaire.
Il est abérant de dire aujourd'hui : éteignez 1 télé sur 2 ! c'est inacceptable pour les gens.
Pourquoi les pauvres éteindraient leur télé alors que pendant ce temps d'autres et surtout les milliardaires continueraient à brûler de l'énergie à tour de bras.

Donc dénonçons d'abort les incohérences et les gabegies de notre société en espérant que des responsables politiques compétents arriveront au pouvoir avec les "bonnes" solutions.
Il ne faut pas oublier que les peuples démocratiques sont plus heureux et libres que les peuples non démocratiques.
Mais nous avons aussi les élus que nous méritons, et c'est vrai que l'on peut être pessimiste en constatant que les pays démocratiques occidentaux sont en décadence.
Enfin on peut essayer de croire à une prise de conscience collective, mais cela va être très difficile étant donné l'état et l'inertie de nos sociétés, que je qualifie de schizophrènes car la réalité risque de faire retour violemment dans ce monde dont la plupart de nos ancêtres n'auraient même pas osé rêver de leur temps qui n'est pourtant pas si lointain.

Concrètement, je crois que des associations de citoyens responsables comme celle de negawatt.org qui prône d'abord la sobriété énergétique, puis l'efficacité énergétique, avant le déploiement des renouvelables, contrairement aux politiques actuelles basées sur les renouvelables et l'augmentation de l'offre, peuvent avoir un rôle utile à jouer pour notre avenir commun.

avatar Jacques -

Hdrass @

Permettez moi cette remarque, mais tant que l'argent gouvernera ce monde, nous n'aurons qu'un eszartz de démocratie. Il y a toute une éducation à refaire, et personnellement je suis très dubitatif quand à l'intelligence des élus tout comme je le suis pour celle des électeurs.

avatar Michelle Bergeron -

Les débats n'ont pas encore été au rendez-vous. Nier que beaucoup de problème que l'être humain à régler est imcompatible avec la nature. Que l'on parle d'abus et non d'interdiction. Exemple: pesticide et insecticide: Qui a sauver le monde d'un manque de nourriture, de la malaria etc. Ce n'est pas une raison pour soupoudrage à la grandeur. Ex: les sacs de platic très propre ou il existe une technologie biodégradable mais plutôt on favorise les marchands, au frais du consommateur. Attitude hypocrite il n'y a jamais autant d'emballage dans les épiceries. J'ai mal au coeur de voir tout les sacs réutilisables transportant des bactéries, c'est dégoutant.. L'augmentation des cafards ou des puces etc sera au rendez-vous. Il est vrai que certains aiment déguster ce genre de nourriture. Notre survie doit passer en priorité. Pensez-vous vraiment que de remplacer l'énergie électrique par la combustion du bois peu importe le type d'appareils règle les problèmes? c'est un phénomène qui est extrêmement nocif pour la santé et la vie et pourtant les preuves scientifiques sont là et voyez les orientations. Quand les ordres viennent d'en haut, quand on exploite la peur, quand la science n'a plus l'indépendance etc il faut s'interroger. Au USA (EPA)sur 2500 chercheurs 1800 ont admit avoir changer les résultats de recherche pour des pressions politique. Le phénomène de survie de la science entraîne ce genre de comportement. malheureusement.

avatar Seraphin, Seoul -

On a dans cet article la preuve, un fois de plus, du discours biaisé concernant le pseudo réchauffement de la planète, les gaz à effet de serre, etc etc dont on nous a fait la nouvelle religion et dont je ne vous cache pas que je ne suis pas un adepte.
Relisez vous et voyez un peu les couleuvres que vous essayez de faire avaler aux gens.

"l'éclairage public et les enseignes publicitaires représentent 1 à 2% de la consommation électrique en France soit 4% des émissions de gaz à effet de serre"

... ce qui revient à dire que 50% de l'électricité produite en France produirait 100% des gaz à soit-disant effet de serre.

J'espère que cette mascarade et cet énorme mensonge mondial s'arrêtera bientôt parce qu'il y en a vraiment marre d'être pris pour des imbéciles par ces écolos qui prétendent sauver la planète ..

avatar Christophe Magdelaine -

@ Seraphin : 4 % des émissions liés à la consommation électrique en France (NDLR). Vous savez les "écolos" ne gouvernent pas... Posez vous les bonnes questions avec les décideurs passés et actuels qui ont transformé notre planète en poubelle...

avatar Jacques -


""""100% des gaz à soit-disant effet de serre.""""

Encore un qui veut révolutionner la physique, un adepte de Robitaille?

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