l'Inserm vient de rendre publique la première phase d'une mission d'estimation de la mortalité liée à la canicule d'août 2003, à savoir, l'importance de l'excès de mortalité constaté au cours de la période - et des jours qui l'ont suivie - selon les personnes, leur âge, sexe, résidence, lieu de décès.
Une méthodologie rigoureuse- Les sources d'informations qui ont permis de déterminer les résultats de cette mission proviennent de l'Inserm, de l'Insee (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), de l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) et de Météo France.
- Les informations - transmises dans la première quinzaine de septembre - portent sur plus de 56 000 décès survenus au mois d'août 2003 dans les quelque 36 000 communes métropolitaines. Elles sont toutes validées.
- Le dénombrement des décès pour l'ensemble du mois d'août 2003 en France métropolitaine est exhaustif au 17 septembre.
- Les sources Inserm et Insee ont permis de cerner les principales caractéristiques épidémiologiques de la surmortalité d'août 2003. La source Inserm a donné une information sur les causes médicales de décès impliquées dans cette surmortalité.
Une élévation majeure et brutale de la surmortalité à court terme : + 60 %La vague de chaleur a été d'une durée et d'une intensité exceptionnelles. Elle a entraîné une surmortalité majeure :
environ 15 000 décès supplémentaires par rapport à la mortalité attendue.
Cette surmortalité observée porte sur la période du 1er au 20 août et correspond à un excès de + 60 % par rapport à la mortalité moyenne.
La surmortalité a été synchrone avec la période de canicule :
- élévation significative de la surmortalité le 4 août,
- accroissement régulier jusqu'à un pic le 12 août,
- amorce de régression le 13 août,
- régression rapide dans les jours suivants,
- retour à une mortalité normale le 19 août.
Une surmortalité :
- particulièrement élevée, + 70%, chez les sujets âgés de 75 ans et plus,
- très importante aussi, + 30%, dans toutes les classes d'âges comprises entre 45 et 74 ans,
- de 40 % chez les hommes et de 60 % chez les femmes.
La surmortalité a été très prononcée dans la région Centre :+100 %, et en Ile-de-France : +130 %.
La région Ile-de-France totalise à elle seule près du tiers de l'ensemble de la surmortalité observée en métropole. La surmortalité s'élève à :
- + 127 % pour Paris,
- + 147 % dans l'Essonne,
- + 161 % dans les Hauts-de-Seine,
- + 160 % en Seine-Saint-Denis,
- + 171 % dans le Val-de-Marne.
Les nombres de décès qui ont eu lieu à domicile et en maisons de retraite ont été multipliés environ par deux par rapport à leur valeur habituelle et les décès en excès sont survenus pour :
- 42 % dans des hôpitaux,
- 35 % à domicile,
- 19 % dans des maisons de retraite,
- 3 % en clinique privée.
La plupart des causes de décès sont concernées par la surmortalité. Dans les cas de surmortalité observés en 2003, les causes directement liées à la chaleur (coups de chaleur, déshydratations, hyperthermies) représentent 28,9 % des décès, les maladies cardio-vasculaires 20,6 % et les maladies de l'appareil respiratoire 7,7 %.
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