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3519 lectures / 4 commentaires03 mai 2010, 13 h 39
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© Laurent Mignaux - MEDADUne nouvelle étude révèle qu'un quart des poissons vendus comme étant de la morue ou de l'églefin dans les magasins et les supermarchés de Dublin en Irlande étaient en réalité d'une toute autre espèce. Ces résultats confirment ceux d'enquêtes comparables réalisées aux États-Unis, et conduisent à se demander si de tels systèmes imprécis d'étiquetage et de suivi ne sont pas la règle à l'échelle mondiale. Les résultats ont été publiés dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment.
Ces travaux ont été conduits par des écologistes irlandais, qui ont utilisé la technique de code-barre ADN pour identifier les espèces des poissons vendus dans les «fish and chip», les poissonneries et les supermarchés de 10 banlieues de Dublin, la capitale de l'Irlande. Ils ont extrait des tissus de morue et d'églefin fumés, frits, en beignets, frais et congelés, et comparé les séquences des gènes avec celles de plusieurs bases de données.
Ils ont découvert que 39 des 156 produits vendus sous l'étiquette «morue» ou «églefin» étaient en fait d'autres poissons. Pour les poissons fumés, la proportion d'étiquetage erroné s'élève à plus de 80% (28 échantillons sur 34). Environ un quart des échantillons de morue étaient vendus sous l'étiquette d'églefin (et réciproquement), de goberge (colin d'Alaska), de merlu blanc ou de morue bleue. Dans certains cas même, la morue du Pacifique a reçu l'étiquette de morue de l'Atlantique.
Dans l'ouverture de leur étude, la doctorante Dana Miller et le Dr Stefano Mariani de l'University College Dublin en Irlande expliquent que les consommateurs devraient pouvoir faire confiance aux étiquettes pour décider de leurs achats. « Pourtant, le changement de nom et d'étiquette, en raison de réglementations inefficaces ou d'une application insuffisante des politiques, reste un sérieux problème ».
Une équipe de l'université de San Diego de Californie aux États-Unis a appliqué la même approche pour identifier les poissons servis dans des restaurants de New York. Les chercheurs ont également constaté que 25% des appellations étaient incorrectes.
Au vu de ces résultats similaires, Mlle Miller pense que la situation pourrait être identique au niveau mondial. « Il y a de quoi s'inquiéter, surtout si l'on associe cette constatation avec la demande croissante pour les poissons. Il est de plus en plus nécessaire de mettre en place une gestion efficace et durable du secteur de la pêche à l'échelle internationale, et tout spécialement en matière de transparence. »
Selon Mlle Miller, les résultats montrent clairement l'échec de la mise en place et de l'application de réglementations strictes pour l'UE, et cette situation pourrait contrarier les initiatives visant à laisser les stocks de poissons se reconstituer. Par exemple, en constatant une apparente abondance de morue (faussement étiquetée) sur le marché en Irlande, le consommateur pourrait croire à tort à son abondance dans la nature.
« La falsification de l'étiquetage des poissons s'accompagne de nombreux problèmes, par exemple celui de faire croire à la disponibilité du vivaneau rouge aux États-Unis en dépit de l'appauvrissement des stocks », ajoute-t-elle. « Les consommateurs pourraient penser que si la 'morue' est toujours sur les marchés et dans les restaurants en Irlande, sa situation en mer doit être bonne. »
Concernant les droits des consommateurs, le Dr Mariani déclare : « Le consommateur doit pouvoir acheter en sachant qu'il obtient bien ce pour quoi il paie, surtout lorsque le produit est vendu dans l'UE où de nombreuses réglementations d'étiquetage et de suivi sont déjà en place. » Point positif tout de même, il ajoute que la traçabilité des stocks des poissons deviendra plus abordable et disponible grâce aux progrès rapides en bioinformatique.
« On peut espérer que ceci facilitera le bon étiquetage des poissons et encouragera la transparence dans le secteur », conclut le Dr Mariani. « En retrouvant la confiance envers les détaillants et les décideurs politiques, le secteur de la pêche peut devenir une activité durable à l'échelle mondiale. »
Miller, D., and Mariani S. (2010) Smoke, mirrors, and mislabelled cod: poor transparency in the European seafood industry. Frontiers in Ecology and the Environment (sous presse), publié en ligne le 21 avril. DOI: 10.1890/090212.
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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BONTOUR DE TAHITI - 08/05/2010, 11:55
Nous vivons sur la terre de fâçon si corrompue que nous volons l'air que nous respirons et ne respectons pas nos enfants ; nous sommes des criminels. Mamé 76 ans fière dêtre une vraie paysanne
Hubert Kessler - 08/05/2010, 15:25
Cela fait longtemps que je me pose des questions sur la nourriture présentée dans les étals "frais". N'étant pas un spécialiste des races de poissons, je me suis toujours posé la question de ce qui différencie un filet d'un autre, ne serait-ce que cela... Et cette question peut s'étendre à d'autres denrées...
Orianne, Paris - 09/05/2010, 20:32
En tant que végétalienne, je considère que la place des poissons n'est pas dans une assiette mais dans la mer ( la rivière...) !
PatrickR - 22/05/2010, 11:02
Orianne, on pourrait aussi dire aussi que fruits et légumes n'ont rien à faire dans une assiette. Au bout du compte, selon ce que je perçois de votre idéologie, couper un végétal revient aussi à lui ôter la vie, vous ne pensez pas ? A part ça, le fait que vous soyez végétarienne ne me dérange pas le moins du monde. ;-)
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