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7246 lectures / 2 commentaires29 avril 2010, 11 h 23
Panache de fumée de l'Eyjafjöll le 17 avril 2010. La couleur sombre du panache correspond à une explosion phréatique qui émet d'importantes quantités de cendres.Valérie Pécresse et Chantal Jouanno se sont rendues, jeudi 22 avril, à l'Ineris, l'institut chargé de la surveillance de l'air. Après les analyses réalisées, la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie a pu annoncer que le passage du nuage volcanique n'avait pas provoqué de pollution en France.
" Pas de pollution majeure " due au passage du nuage volcanique, a déclaré le 22 avril à l'AFP la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie. Chantal Jouanno est venue, aux côtés de la ministre Valérie Pécresse, prendre connaissance des résultats des analyses réalisées par l'Ineris, l'organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air en France.
Le système PREV'AIR (1) a prévu depuis le vendredi 16 avril une pointe de pollution particulaire classique, les modèles n'intégrant pas les émissions du volcan. Les mesures de PM10 et de SO2 du dispositif de surveillance de la qualité de l'air français ont bien montré ces derniers jours des niveaux importants, notamment de pollution particulaire, qui n'ont cependant pas dépassé les seuils d'alerte.
La concomitance du phénomène volcanique conduit à se poser la question du cumul des deux phénomènes. En l'état actuel des connaissances, l'INERIS tire trois enseignements de ses observations :
L'épisode « classique » a été prévu grâce au système de modèles numériques(2) et à la prise en compte des apports de pollution transfrontaliers. Relativement fréquent en cette saison, il est essentiellement lié aux activités humaines. Il a été exacerbé par des activités d'épandage et de fertilisation agricoles qui s'ajoutent aux émissions habituelles liées aux transports notamment (moteurs diesel), et aux autres combustions (chauffage, industries).
L'évènement de pollution aux particules, tel que mesuré par le réseau de surveillance, a débuté le samedi 17 avril sur le Nord du pays et a atteint son maximum le lundi 19 avril sur la Normandie, le bassin parisien et plus à l'Est, en Champagne Ardennes.
Le département de la Marne, l'Alsace et la Lorraine ont mis en place une procédure d'information du public (moyenne journalière supérieure à 80 µg/m3) les lundi 19 et mardi 20 avril. Dans ces zones, les procédures de recommandations classiques en cas de pic depollution de l'air sont mises en oeuvre.
Aucun seuil d'alerte (moyenne journalière supérieure à 125 µg/m3) n'a toutefois été atteint sur le territoire national. Après avoir stagné vers 3-4 kms du sol, le nuage de cendres volcaniques provenant d'Islande a poursuivi sa lente descente et il semble que l'on ait assisté à un impact cumulé des deux phénomènes.
Les premières simulations faites à l'INERIS (exploitation des informations LIDAR ; modélisations FLEXPART et CHIMERE) indiqueraient ainsi un apport en particules du panache de l'ordre de 10 à 20 µg/m3. Les mesures de PM10 et de SO2 ont été réalisées par le biais de stations de mesures automatisées gérées par 33 associations agréées par le ministère en charge de l'Ecologie pour la surveillance de la qualité de l'air (AASQA) sur l'ensemble du territoire, et au plan national par le Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l'Air (LSCQA).
Des filtres provenant de prélèvements journaliers, déclenchés depuis le 16 avril 2010, ont été collectés auprès des AASQA parmi les plus concernées par l'épisode de pollution particulaire (Normandie, Champagne Ardennes et Alsace, en priorité) pour analyses à l'INERIS.
Les premières analyses, exploitées dès le 21avril au soir, permettent d'apporter les informations suivantes qui seront consolidées par un travail d'interprétation plus large, notamment à partir des analyses encore en cours.
Les résultats obtenus au cours des journées des 18 et 19 avril révèlent une proportion de composés non volatils, insolubles, constitués d'éléments métalliques, plus importante qu'attendue, jusqu'à devenir largement majoritaire (de 60 à 80% de la masse totale des particules). En effet, ces composés se retrouvent en proportions beaucoup plus faibles lors d'épisodes de pollution particulaire fréquents en cette saison (concomitance de situations météorologiques anticycloniques et de certaines activités humaines industrielles et agricoles), comme celui qui s'est développé ces derniers jours. Dans un cas de pollution particulaire « classique », la fraction semi-volatile des particules(3), notamment le nitrate d'ammonium, peut atteindre 70% de la masse totale des particules.
De plus, parmi les métaux qui ont été spécifiquement dosés dans les échantillons étudiés, des teneurs en aluminium significatives (soit 1 à 2 µg/m3, sur une totalité de masse particulaire d'environ 50 µg/m3) ont été détectées dans les zones d'études, en particulier, dans l'est de la France, ce qui confirme la présence de particules primaires naturelles d'origine crustale (croûte terrestre).
Dans la mesure où nous n'avons pas connu d'épisodes de poussières désertiques pendant toute cette période, le profil relativement atypique de la charge particulaire peut être attribué à la présence de cendres volcaniques.
Ces résultats ont également été misen perspective avec les informations fournies par les AASQA à l'aide de leurs appareils automatiques permettant de suivre l'évolution temporelle des concentrations en continu en de nombreux points du territoire, pendant la période d'intérêt et les observations réalisées dans les zones limitrophes (Belgique, Allemagne, en particulier).
La confrontation de l'ensemble de ces éléments permet, à ce jour, de conforter l'hypothèse issue des simulations numériques : les cendres volcaniques provenant d'Islande ont, ces derniers jours, contribué à hauteur de 10 à 30% à l'épisode de pollution particulaire observé sur la moitié nord de la France (zone géographique allant du bassin normand à la forêt noire), avec un maximum localisé dans la région de Mulhouse.
Dans tous les cas, les épisodes de pollution sont restés limités, dépassant parfois le seuil d'information (80 µg/m3), mais n'atteignant jamais le seuil d'alerte.
Les études scientifiques montrent qu'une exposition répétée aux particules en suspension peut induire chez l'homme des effets sur la santé. La gravité des effets dépend de la nature de ces particules. On sait notamment que les émissions de moteur diesel sont particulièrement cancérigènes. Concernant spécifiquement les cendres volcaniques, l'Ineris explique que les effets sont "symptomatiques et réversibles", allant de l'irritation oculaire à une irritation pulmonaire.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Julietpapa -
Bonjour,
Non seulement une éruption volcanique n'engendre pas de pollution majeure à elle seule, mais elle montre que notre planète est active (notion fondamentale pour la diversité biologique dont l'humanité est issue) . L'activité des volcans émet en permanence des gaz qui sont à l'origine de notre atmosphère .
boulot paris -
nous sommes pollués en permanence par les chauffages à bois c'est pire que le volcan
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