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Les Etats-Unis craignent l'une des pires marées noires de leur histoire

11335 lectures / 28 commentaires29 avril 2010, 20 h 35

plate-forme_usa_042010.jpgLutte des pompiers pour rechercher des survivants et éteindre la plate-forme pétrolière off-shore en feu le 21 avril 2010
© US Coast Guard photo

Après l'incendie d'une plate-forme pétrolière au large de la Louisiane, celle-ci a sombré. Les Etats-Unis redoutent maintenant l'" une des pires marée noire de l'histoire " du pays alors que les premiers essais pour colmater le puits qui laisse écouler le pétrole se sont révélés infructueux.

Le golfe du Mexique comprend plus de 3500 plates-formes qui extraient des nappes profondes d'importantes quantités d'hydrocarbures. Le forage en mer, plus cher à mettre en oeuvre est aussi plus technique et risqué comme en témoigne cette catastrophe inquiétante.

Mardi 20 avril 2010, la plate-forme d'exploration " Deepwater Horizon " construite en 2001, propriété de Trans Ocean et exploitée par la compagnie British Petroleum (BP)(1), a pris feu, tuant 11 travailleurs. Située au large de la Louisiane, à 70 kilomètres au sud-est de Venice (côtes américaines), celle-ci a sombré deux jours plus tard dans un gigantesque incendie, d'origine inconnue, malgré les efforts des pompiers.

Plus de 2,6 millions de litres d'hydrocarbures étaient stockés à bord de la plate-forme lors de l'accident mais les observateurs ignorent encore la quantité qui a brûlé avant que cette dernière ne sombre.
Elle repose désormais à 1 500 mètres de fond mais le puits d'extraction du pétrole n'a pu être colmaté et le précieux liquide continue de s'échapper. Conséquence : près de 160 000 litres de pétrole brut jaillissaient du puits sous-marin chaque jour. Depuis jeudi 29 avril, la découverte d'une nouvelle brèche dans le puits a fait monter cette estimation à 795 000 litres par jour !

Les solutions envisagées pour stopper la fuite

Un millier de personnes, des robots sous-marins sont mobilisés pour tenter de fermer les vannes de sécurité qui auraient normalement dû se déclencher automatiquement lors de l'accident. Coût de l'opération : 4,5 millions d'euros par jour.

Les idées pour colmater le puits ne manquent pas :

  • construction d'un couvercle de métal en forme d'entonnoir qui pourrait recouvrir le puits pour extraire en surface le pétrole en attendant de pouvoir fermer la tête de puits. Problème : " la structure, fabriquée sur mesure, est en cours de conception et de construction. Elle devrait être prête d'ici deux à quatre semaines ", a précisé Robert Wine, un porte-parole de la compagnie. De surcroît, cette solution n'a jamais été expérimentée à de telles profondeurs.
  • Apport d'une deuxième plate-forme. BP souhaite forer un puits de secours pour courcircuiter le puits principal, le temps de le colmater. La plate-forme Development DrillerIII, arrivée sur place lundi 26 avril, devrait commencer à forer d'ici quelques jours. Là aussi, cette solution prendra " deux à trois mois ", selon BP qui y voit toutefois un moyen de reprendre la production une fois l'installation terminée.

En attendant, le pétrole continue de jaillir du puits et alimente une nappe de pétrole de plus en plus menaçante. Si les premières estimations étaient plutôt optimistes, la situation s'est nettement dégradée. En effet, dans les premières heures qui ont suivi l'accident, une nappe de pétrole de 8 km de long et d'1,5 km de large avait été observée autour du site. Mardi 27 avril, celle-ci faisait déjà 130 km de long sur 80 km de large et n'était plus qu'à 30 km du littoral. Jeudi 29 avril, sa taille était deux fois celle de la Belgique !

L'échec des premières solutions laisse présager l'une des pires marées noires de l'histoire des Etats-Unis. Du coup, jeudi 29 avril, la marée noire a été décrétée "catastrophe nationale", selon la ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano. Dans le même temps, le président Barack Obama a promis de mobiliser "tous les moyens disponibles", dont l'armée.

Les garde-côtes ont même tenté de mettre le feu à la nappe de pétrole ce qui limiterait la pollution des côtes mais aggraverait celle de l'air. Ainsi, le contre-amiral des garde-côtes Mary Landry a déclaré que " le pétrole serait pris au piège dans des barrages flottants spéciaux " puis, la nappe serait incendiée. Une telle expérience a déjà été menée avec succès au large des côtes de Terre-Neuve en 1993. Cette solution insatisfaisante mais sans doute nécessaire pourrait éviter l'un " des plus importants déversements de pétrole dans l'histoire des États-Unis " a ajouté Mary Landry.
Mercredi 28 avril, vers 23h45 heure française, des petites nappes isolées ont été incendiées mais les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances, du coup l'expérience a été abandonnée.

Les risques sur l'environnement

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des Etats-Unis a indiqué que les oiseaux et les mammifères pourraient échapper plus facilement à un incendie qu'à une nappe de pétrole, quand bien même les panaches de fumée pourraient les désorienter. Toutefois, la combustion du pétrole n'est pas sans conséquence puisqu'elle générera une importante pollution atmosphérique dont les effets sur la vie marine ne sont pas bien établis.

Si aucune mesure n'est prise, la nappe de pétrole pourrait atteindre les côtes de Venice en fin de semaine. Or l'écosystème côtier est notamment riche en oiseaux (hérons, pélicans bruns...), en mammifères (dauphins, cachalots...) en poissons (requins, espadons, mérous...) et crustacés (40 % des fruits de mer consommés aux Etats-Unis proviennent de Louisiane).
Les oiseaux sont particulièrement vulnérables aux marées noires car les hydrocarbures engluent ces animaux qui perdent en outre leur étanchéité. De plus, des milliards d'oeufs et de larves de poisson pourraient être détruits. Des zones humides, des réserves naturelles et des sites de nidification de la Louisiane, du Mississippi, d'Alabama et de Floride sont également menacés.

nappeLocalisation de la nappe de pétrole (oil slick) le 25 avril 2010, Golfe du Mexique - USA
© NASA / MODIS Rapid Response Team

D'ores et déjà, " le milieu marin est certainement affecté ", estime Cynthia Sarthou, directrice de l'association de protection de l'environnement Gulf Restoration Network, à La Nouvelle-Orléans. " La fine nappe que l'on observe ne montre que la part de pétrole qui remonte à la surface. On ne sait pas quelle quantité de pétrole reste en suspension dans l'océan et se disperse entre deux eaux, ou se dépose pour toujours sur le fond, deux cas de figure très nocifs pour les espèces marines et les écosystèmes ", précise Mme Sarthou dans le journal Le Monde. Une telle situation perdurant pendant des semaines pourrait devenir une catastrophe majeure.

Enfin, les acteurs économiques vivant de la côte (pêcheurs, restaurateurs, propriétaires d'hôtels, promoteurs et acteurs du tourisme) suivent avec beaucoup d'inquiétude l'évolution de la nappe.

L'échouement du pétrolier Exxon Valdez, en mars 1989 demeure la pire marée noire de l'histoire américaine : 40 000 tonnes de pétrole brut s'étaient déversées en mer, polluant plus de 2 000 km de côtes de la baie du prince William en Alaska.

Localisation géographique de la plate-forme pétrolière


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Sources

Notes

  1. BP est le premier producteur de pétrole et de gaz dans le Golfe du Mexique avec une production nette de plus de 400 000 barils d'équivalent pétrole par jour.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 28 avril 2010, 17 h 07 - Tous droits réservés

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28 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar khaled - 28/04/2010, 21:31

Que ce soit les causes, les conséquences sont plus atroces sur la vie des êtres humains. A chaque jour qui passe; l'Homme confirme son inaptitude face à des problèmes en rapport avec l'environnement. A nous d'attendre quelles mesures va-t-on prendre pour éviter les dégâts. Puisque le risque zéro n'existe pas, qui va-t-il subir les conséquences de cette marée noire ?

avatar Jacques - 29/04/2010, 00:17



Aux dernières nouvelles (France info), les américains auraient décidé de brûler le pétrole ffottant à la surface pour éviter la marée noire..

avatar Stéphane LAGASSE BRUXELLES - 29/04/2010, 06:32

Combien de CO2? En plus...

avatar Florian, Rennes - 29/04/2010, 10:57

et nous, pendant ce temps, on est tranquillement installé au volant de notre belle voiture... prolongement naturel de notre corps ! des remords ? pourquoi donc ?

avatar Cécile LAMBERT, Montpellier - 29/04/2010, 13:34

Les "décroissants" peuvent être critiqués, mais ils n'ont pas tort sur un point : nous devrons changer nos habitudes de consommation quand les énergies fossiles deviendront trop dangereuses à extraire ! Alors, il vaut mieux y réfléchir tout de suite.

En attendant, que vont devenir les algues et les bêtes qui peuplent la mer, quand on va mettre le feu au pétrole au-dessus de leur tête ? !

avatar douds - 30/04/2010, 08:55

A force de faire des conneries, l'humanité va peut être finir par conclure, qu'il ne faut plus aller en mer pour creuser des puits de pétrole mais pour y implanter les 7 MW offshore. En cas de catastophe industrielle, les dommages se résumeraient à un enchevetrement d'acier qui donnerait refuge à beaucoup de poissons. Sans parler des dommages au vivant, les dégats sont estimés à 1 milliard de dollars (bien sûr sans tout pouvoir réparer). A 1 million d'euros par unité de 7Mw, cela ferait 7 GW de belle et bonne énergie !

avatar Jacques - 30/04/2010, 11:13

Douds @



""""A force de faire des conneries, l'humanité va peut être finir par conclure, qu'il ne faut plus aller en mer pour creuser des puits de pétrole """"



J'en doute fortement, vu la demande croissante en énergie et notre incapacité à vouloir freiner notre consommation de la dite énergie....

avatar Jean-marie Rith - 30/04/2010, 14:38

Bonjour,

Les causes de l’incendie de cette plate-forme sont toujours inexpliquées, il est toujours « tentant de penser » qu’une politique de restriction budgétaire (très en vigueur par ces temps de crise et de recherche exacerbée de rentabilité), a été appliquée sur les dispositifs de sécurité incendie et les moyens de lutte => Des économies qui pourraient couter cher !

« Les marées noires découlent de la considération du risque industriel comme une conséquence inévitable de la civilisation actuelle et ne mérite pas le moindre effort financier pour en réduire les fréquences et conséquences»

avatar siks - 30/04/2010, 14:58

C'est l'environnement qui va souffrir encore causer par des bêtises humaines !

avatar Jacques - 30/04/2010, 20:50

le gros problème de cet accident par rapport aux accidents précédents et la quantité de pétrole à déverser, les bateaux, avaient leur chargement donc une quantité limitée quoiqu'importante, ici c'est 800000litres/jour qui s'échappent et pendant combien de temps? De plus si la tête de forage ne résiste pas, c'est la libération de toute la quantité de pétrole en un temps raccourci qui se produira et ceci sans que nous ayons le moindre moyen de contrôle.



avatar Hdrass Bourges - 30/04/2010, 22:24

La nappe de pétrole est maintenant gigantesque, s'étendant sur une superficie d'environ 74 000 km2.

avatar lavoisier - 01/05/2010, 10:03

et pendant ce temps où on ajoute tout les jours un peu plus de dégradion des océans



http://expositions.bnf.fr/lamer/arret/index4.htm



nous allons voir plus vite le probléme que les conséquences du réchauffement climatique

avatar lavoisier - 01/05/2010, 11:32

en fin de compte



une poubelle de chimie , plastique, nitrates, hydrocarbures, métaux lourds et autres qui déborde

avatar Jean-marie Rith - 01/05/2010, 17:08

Bonjour Jacques,

L'ampleur de cette catastrophe semble actuellement très largement sous-estimée: En effet, l’un des dangers majeurs de cet accident reste que, du fait des densités relatives entre l’eau de mer et le pétrole, lorsque la pression interne du puits de pétrole sera inférieure à la pression régnant dans les fonds marins à 1500 mètres (profondeur déclarée selon déclaration des U.S.) , c’est l’eau de mer qui va a son tour pénétrer, par le même forage dans le gisement pétrolier et, par double flux, en chassant le pétrole, fera à son tour remonter peu à peu le pétrole, c’est alors l’ensemble du gisement qui risque de remonter à la surface de l’océan. Donc sans réussite d’une action "obligatoirement efficace", nous sommes en face d’une marée noire inextinguible qui pourrait dés lors, s’étaler sur plusieurs siècles !

avatar hallaux 1440 - 01/05/2010, 22:06

C'EST TOUT DE MEME INCROYABLE QUE CE GENRE DE CHOSES ARRIVE ENCORE! ET QUI PAIE DANS TOUT CA? LES OISEAUX ,LES POISSONS, LA VEGETATION MARINE, ET NOUS INDIRECTEMENT! A CE RYTHME- LA , IL N'Y AURA PLUS AUCUNE VIE DANS CINQUANTE ANS! JE NE LE CACHE PAS, J'AI PEUR POUR LES GENERATIONS A VENIR

avatar Jacques - 02/05/2010, 00:54

Jean-marie Rith @



Oui bien que ce gisement ne soit pas très important, c'est quand même une menace de quelques millions de barils.

avatar vilain Rosette Belgique - 02/05/2010, 11:00

La bible a prédit que dans les derniers jours les "humains vont ruiner la terre mais Dieu va ruiner ceux qui la détruisent

avatar longo 13730 st victoret - 02/05/2010, 12:39

Bonjour à tous. Je pense que l'être humain grandit de ses erreurs. Certes l'éco-systeme subit l'évolution de l'homme et une fois de plus les multinationales sont au premier plan mais il est facile de montrer du doigt les exploitations pétrolières. N'oublions pas que nous sommes tous responsables de cette marée noire. Lorsque nous démarrons notre véhicule équipé d'un moteur thermique pour aller au travail, voir un film au cinema, partir en vacances...nous polluons l'atmosphère mais ça n'a pas l'air de déranger. Bien sûr, cela ce voit beaucoup moins qu'une nappe de pétrole qui dérive à la surface de l'océan ou d'une mer. Pour diminuer la prolifération des puits de pétrole ainsi que sa commercialisation, il ne tient qu'à chacun de nous de changer son mode de consommation (achats de jouets superflus,équipements hifi video dernière technologie alors que le précedent fonctionnait, portables, maquillage, parfum... eh oui, tout ça contient du pétrole , achat de legumes importés ect...)et diminuer ses déplacements en voiture. Nous sommes en 2010 et nous connaissons l'impact de notre civilisation sur l'environnement, nous ne pouvons plus dire "je ne savais pas". Alors arrêtons l'hypocrisie et agissons intelligemment au quotidien afin de stopper ou du moins de ralentir l'exploitation inutile. Nous ne sommes pas tenus d'acheter tous ce que la société de consommation nous propose : n'oublions pas que c'est nous qui enrichissons les grosses multinationales avec notre petit porte monnaie.



avatar lavoisier - 02/05/2010, 15:30

en fin de comptre un simple incident comparable à la pollution sauvage et volontaire

-----Les déballastages (ou dégazages) sont huit à dix fois supérieurs en volume à l'ensemble des nuisances provoquées par les seuls naufrages. 1 200 000 à 1 500 000 tonnes sont ainsi déversées chaque année dans les océans. Ce ne sont pas seulement des hydrocarbures mais une large gamme de détergents, de produits chimiques, d'huiles diverses qui polluent dans une quasi-impunité, voire en toute légalité au-delà des Zones économiques exclusives (200 milles) puisque l'on peut procéder à des rejets dans les mers ouvertes à condition de ne pas outrepasser certaines normes.



pas de problème le niveau monte et va nous renvoyer dans les terres nos conneries

avatar aron - cayenne (guyane Frse) - 02/05/2010, 15:59

reprendre le commentaire de "longo 13730 st victoret " : Il a tout dit car nous ne sommes plus au temps des belles paroles mais aux ACTES et c'est seulement les actes - à l'heure où nous parlons - qui changeront les choses. Merci à tous.

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