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Expansion des agrocarburants : vision rationnelle et critiques irrationnelles

6579 lectures / 22 commentaires23 avril 2010, 12 h 20

canne_sucre_mais.jpgRotation de cultures - Plantation de canne à sucre ensemble avec une plantation de maïs. Un exemple montrant qu'une bonne promotion scientifique adaptée des agrocarburants peut résoudre aussi le problème de la faim contrairement à ce qui se dit. Une pratique d'assolement très importante pour l'equilibre nutritionnel durable du sol
© Léonard Sebio

Dans un contexte de crise de style de vie énergétique basée sur le changement de paradigme ayant pour objectif le développement durable l'agroénergie se qualifie comme principal facteur pour ce changement. Le principale vecteur de l agroénergie est l'agrocarburant liquide dont l'adoption suscite des débats houleux de passion et de détractions avec des réactions antagonistes de part et autre au niveau de la societé. Cet article présente en bref les enjeux du développement des agrocarburants surtout le bioéthanol à partir de la canne à sucre et dresse un panorama sur les visions rationnelles et critiques irrationnelles sur leur production et consommation dans le monde mettant en relief les mythes et réalités.

Introduction

Les thématiques sur l'écologie et le développement durable, après s'être vulgarisées, ont  acquis une intense tournure passionnée, probablement en raison de leur  image liée à la bucolique et à la sotériologie qui sont caractéristiques propres de la nature humaine. L'adoption de ces caractéristiques s'est consolidée dans les années 60 et 70 lorsque les mouvements idéologiques et sociales avaient commencé par apparaître au même moment que l'ONU organisait les conférences de Paris (1968), Londres (1970), les réunions à New York, Prague et Genève (1971) préparatoires pour la conférence mondiale sur l'environnement qui s'est tenue en  Stockholm (1972). A partir de ce moment ces sujets sont devenus de plus en plus populaires et sont traités à différents niveaux de connaissances et d'intérêts, souvent dénués de fondement scientifique, confondant le vrai et le faux. Ainsi se développa une dialectique qui caractérise la récente période historique qui conduit à l'adoption du  "principe de précaution" eu égard aux  réactions antagonistes de part et d'autre et souvent exagérées sur ces thématiques.

Tel en est le cas de l' avènement des biocarburants ou agrocarburants liquides sans aucun abus de langage qui sont un thème à plusieurs facettes dont les débats sur leur durabilité doivent prendre en considération les aspects environnementaux, sociaux et économiques, énergétiques bref, les défis du point de vue développement durable. Néanmoins les récents débats ont été chargés de grandes émotions et il semble qu'ils aient perdu leur visée première et prioritaire.

L'importance de la remise en cause du paradigme énergétique

Au fait la quintessence de l'énergie que nous osons définir brèvement comme force en action, est qu'elle est à l'origine de l'existence de toute matière vivante ou inerte. Autrement dit l'humanité ne traverse pas une crise d'énergie mais plutôt une crise de style de vie ou soit un modèle de société basé sur l'utilisation intensive d'une seule source d'énergie non durable ce qui fait que la sécurité énergetique mondiale se trouve menacée para la concentration de l'approvisionnement d'énergie dans quelques pays producteurs de pétrole. Le maintien de ce modèle serait plutôt une fantaisie qu'une perspective réelle.

Compter sur des ressources énergetiques de qualité et à des prix accessibles est un atout essentiel pour le fonctionnement des économies modernes qui en dépendent pour leur processus productifs, le bien être des citoyens et la circulation des biens et des personnes. Ainsi la sécurité énergetique constitue une préoccupation grandissante dans tous les pays car elle est toujours associée à la dépendence expressive et croissante des sources externes provocant les instabilités politiques et les oscillations de l'offre. Force est de constater qu'il y a une grande convergence de vision des chercheurs dans le monde entier à accepter l'idée que l'épuisement ou le déclin des ressources pétrolifères se profilerait à l'horizon des dix prochaines décenies conforme la courbe de Hubbert [1]. Même si elle n'est exacte qu'en principe, la prévision d'un maximum de production future rappelle que le pétrole est effectivement une ressource limitée.

Le recours aux ressources renouvelables par la chimie verte en tant qu'alternative à la pétrochimie fondée quant à elle sur les ressources fossiles n'est qu 'un aspect du vaste concept du développement durable selon lequel il convient d'établir un rapport harmonieux entre l'écosphère (la nature en tant que fournisseur de matières premières), la technosphère (technologies de production et transformation) et la sociosphère ( Utilisation, fin de vie et comportement des consommateurs)...

En outre, l'utilisation préférentielle des matières premières agricoles ou soit l'agroraffinerie offre des avantages techniques considérables par rapport à la pétroraffinerie tels comme une cinétique de réaction plus rapide, un meilleur rendement de conversion, une plus grande pureté de produit final, une réduction de la consommation d'énergie et une nette diminution de la production de déchets et résidus chimiques.

La grande diversité de ressourses naturelles pour la production de l'agroénergie peut être constatée à partir de la répartition actuelle de la planète car le pétrole existe en très peu de pays, environ une quinzaine mais en contre-partie plus de 100 pays sont en conditions favorables de développer l'agroénergie.

La production annuelle totale de biomasse sur notre planète est estimée à 170 milliards de tonnes composée de 75% de carbohydrates 20% de fibres, 5% de oléagineux et protéagineux, etc. De cette production de biomasse terrestre seulement 6 milliards de tonnes para an (3,5%) servent aux besoins humains. [2]

D 'autres parts la superficie des terres cultivables sur la planète atteind près de 15 milliards d'hectares dont seulement 1,5 milliards d'hectares sont utilisés pour la production alimentaire en grande majorité (environ 80%) dans les pays développés.  Cependant il faut à peine 1 milliard d'hectares pour la production de l'agroénergie de tout genre sans porter aucunément atteinte à la production d'aliments, à l écosystême et à la biodiversité ( forêt, sol, eau, etc..) [3]

De ce fait l'agroénergie peut bel et bien contribuer à la déconcentration de l'approvisionnement avec des effets positifs sur le prix , la disponibilité et la promotion de l'accès universel à l'énergie sur le plan mondial.

Vision rationnelle

L'usage des matières premières renouvelables à des fins technologiques non alimentaires n'est pas certes récent car il remonte à l'antiquité  étant donné que les civilisations anciennes avaient mis en oeuvre des matières premières végétales et animales pour satisfaire à l'époque, leurs besoins de base.

Les premières ativités industrielles contemporaines avaient aussi fait appel aux ressources  agricoles jusqu'au 19e siècle quand elles ont connu un abandon avec l'essor de la carbochimie poursuivi par l'envol de la pétrochimie sous l'effet du facteur coût extremement bas de leurs produits et aux aléas climatiques.

Aussi importe-il de mettre en relief que l'agrocarburant représentait la source d'énergie préférentielle des moteurs à combustion interne durant les premières années de l'industrie automobilistique à partir de la 2eme moitié du XIXeme siecle avec l'adoption du bioéthanol par Henry Ford et de l'huile de l'arrachide par Rudolf Diesel.

Les agrocarburants sont divisés en deux categories qui sont le bioéthanol et le biodiesel conforme les caractéristiques techniques de combustion interne des types de véhicules automoteurs. Le biodiesel adapté pour les moteurs à cycle Diesel, est produit généralement à partir des plantes oléagineuses et corps gras tandis que le bioéthanol adapté pour les moteurs à cycle Otto est produit à partir des plantes riches en hidrates de carbone (surtout unité glucosidique à C6) tels que les amilacés et les saccharifères. L'agrocarburant bioéthanol produit à partir de la canne à sucre est de loin le plus compétitif industriellement du point de vue rendement (Canne à sucre 7000l/ha), (Betterave sucrière 5500l/ha), (Maïs 3500l/ha); (Manioc 3500l/ha). Pou chaque  unité d'énergie fossile employée pour la production du bioéthanol de la canne à sucre, 9,3 unités d'agroénergie sont fournies tandis que dans la même proportion seulement 2 unités d'agroénergie sont fournies pour le bioéthanol de betterave et blé et 1,4 unité pour celui du maïs.

Comme agrocarburant sur le marché international le bioéthanol est de loin le plus comercialisé et utilisé en mélange dans les véhicules avec une production mondiale estimée em 2009 à 87,3 milliards de litres dont les USA (48%) et le Brésil (32%) sont les plus grands producteurs [4].

Le Brésil est à l'avant garde comme pionnier de la production et utilisation du bioéthanol à partir de la canne à sucre depuis 1975 avec la promulgation des decrets-lois permettant l'utilisation de 20 à 25% de bioéthanol mélangé à l'essence pour la plupart des véhicules et 100% pour les moteurs adaptés tandis que les USA ont commencé plutard  à en produire aussi et l'utiliser à partir du maïs. Les 415 usines de bioéthanol installées sur le territoire brésilien réalisent une facture de recette de U$ 25 milliards/an générant plus de 3,5 millions d'emplois directs et indirects liés à la filière canne à sucre / bioéthanol.

Sur 851 millions d'hectares de superficie, le Brésil dispose de 345 millions de terres arables potentiellement disponibles pour l'agriculture en dehord des biomes de préservations environnementales (forêt de l'Amazonie, terres indigênes, végétations spécifiques....). De ces terres agricoles seulement 8 millions d'hectares (2,3%) sont occupées pour la filière canne à sucre [5].

Le Brésil peut alors bel et bien capitaliser son expérience de succès bien réussie de plus de 3 décennies avec le projet Pro alcool Carburant de canne à sucre pour démontrer qu 'il est bien possible de produire et d'utiliser le bioéthanol en respectant les trois pilliers de la durabilité : économique, social et environnmental justifiant l'option la plus adéquate pour promouvoir le développement durable, le combat à la faim et les changements climatiques. La canne à sucre est la plante qui mieux répond aux aspirations de la bioraffinerie à partir de la chimie verte du point de vue technologie et coût économique.

D'autres parts, l'utilisation des agrocarburants englobe plusieurs segments importants de l'agriculture, de l'industrie et des services. Par conséquent une politique favorisant le développement de ce secteur peut apporter le bénéfice d'une valeur ajoutée en faisant effet de catalyseur sur les fonds publics et privés surtout dans les pays en développement. Selon Lee Lynd président du Comité directeur du Projet GSB (Global Sustainable Bioenergy), pionnier dans l'étude de l'utilisation de la biomasse pour la production de l'énergie, les études menées jusque-là ont prouvé clairement que la canne à sucre est la meilleure matière première de 1ère Génération disponible en terme agricole, technologique, économique et social pour la production d'agrocarburants. Les débats selon Lynd convergent à indiquer qu'il y a réellement une viabilité physique pour la production durable d'agroénergie à l'échelle globale avec même la possibilité d'atteindre un cycle neutre pour le carbone.[6].

Critiques irrationnelles: mythes et réalités

L'Europe a connu para momento des excédents alimentaires où il fut nécessaire accorder des subsides aux fermiers pour qu'ils laissent des parcelles en friches ou en jachères pendant un bon moment.

Avant l'avênement récent des agrocarburants le monde a eu déjá à passer par des périodes de famine et les causes n'étaient pas dues à ces  biocarburants et  quand on parle de période de famine dans le monde ce sont les pays pauvres qui sont toujours les plus atteints car la politique impérialiste de l'Occident fait opposition à l'épanouissement de l'agriculture extensive dans ces pays pauvres balkanisés, démunis et anéantis sur tous les plans afin que cet Occident continue d'y vendre ses manufacturés. Les pays pauvres par exemple sont obligés d'importer des denrées alimentaires industrialisées pour leur consommation. Les emplois sont alors maintenus dans ces secteurs industriels à l'Occident tandis que le chômage sévit dans ces pays pauvres par manque de structures industrielles surtout à cause de la petitesse de leur marché due à la balkanisation.

Les allégations selon lesquelles la production des agrocarburants vont accroître la tragédie de la sous-nutrition, de la mort de faim en les prefixant de « necro », de  la misère sociale, de l'exode rurale, de la déforestation, de l'erosion des sols, de la desertification, de la penurie de l'eau, etc..., sont démunies de tout fondement.

Le scénario de la hausse des prix agricoles de fin 2007 et début 2008  était un cas pareil car les principales causes étaient liées a une dépréciation des prix des commodities agricoles entre 1999 et 2005 en maintenant ainsi stagnée la production mondiale de grains autour de 1,86 milliards de tonnes dans la même période bien au dessous des 1,95 milliards tonnes de grains exigés par une augmentation de 4% de la consommation mondiale conforme les analyses des données statistiques du Rapport de l'USDA l'Agence du Département de l'Agriculture des USA. La demande des commodities agricoles en hausse contre une offre stagnante  provoca alors un « overshooting » au niveau des prix eu égard à une forte migration des fonds d'investissement spéculatif due aux risques de la perfomance des actifs financiers tardictionnels du moment. Au fait il n'y a pas eu des études empiriques sur l'influence de la production des biocarburants sur la hausse des prix des denrées alimentaires.

La production intensive de la canne  à sucre au Brésil date de plus 4 siècles et jamais les causes d'une famine dans le pays ont été atribuées à cette culture de rente. Rappelons que le Brésil est parmi les premiers pays producteurs de grains dans le monde malgré son avangarde en bioéthanol dans le monde.

Nul doute que le développement des agrocarburants suscite des discussions sur la dégradation des sols, l'efficacité dans l'utilisation de l'eau, la biodiversité et la sécurité alimentaire entre autres. Toute fois ces préoccupations ne touchent pas exclusivement les agrocarburants mais s'appliquent également à tout le secteur agricole.

Aspects environnementaux

La canne à sucre est une graminée qui ne peut être exploiter qu'entre les tropiques de Cancer et Capricorne où le niveau de l'insolation est assez suffisant pour le développement harmonieux de la plante en vue d'un bon rendement. Cette région de la planète concerne les pays les moins développés allant de l'Amérique latine jusqu en Asie du sud en passant par l'Afrique subsaharienne. Cela signifie que l'agroénergie qui pourra être produite en particulier à partir de la canne à sucre en échelle industrielle dans les pays en développement jouit potentiellement des conditions pour changer non seulement la matrice énergetique mais aussi le paradigme du développement durable et la géopolitique mondiale en diminuant la distance entre les riches et les pauvres.

Ressources hydriques et d'intrants

Dans les régions tropicales humides la canne se développe pratiquement sans irrigation. Durant le processus indudtriel la captation de l'eau se reduit à environ 2m3 /tonne de canne eu égard au recyclage et la reutilisation. Entre les effluents, l'eau utilisée pour laver la canne et dans les systèmes de refroidissement est traitée sans difficulté. La vignasse, résidu riche en potassium produit en grand volume, est appliquée dans les plantations de canne à sucre comme fertilizant efficace sans dommage environnemental aux aquifères.

Grace au recyclage d'élements nutritifs, l'application des intrants dans la production de la canne à sucre est considérée bien bas par rapport à d'autre cultures agricoles à cause de technologies innovatrices telles comme l'élection de variétés résistantes, l'utilisation des méthodes biologiques de contrôle, la fertirrigation de la vignasse qui reduit en 77% la demande en phosphate et 75 % en potassium et à presque 50% le calcaire. La canne à sucre étant une culture semipérenne autrement dit le nombre d'opérations agricoles et l'exposition du sol aux intempéries sont bien réduits et le problème de l'érosion du sol est épargné permettant d'augmenter la capacité de rétention de l'eau de pluie et la protection du sol agricole. La brûlure pré-récolte des plantations que provoquait jadis d'énormes problèmes de pollution atmosphérique est en train d'être substituer rigoureusement par la mécanisation de la récolte.

Durabilité de la filière

Les nouvelles  législations brésiliennes par exemple sont assez rigoureuses pour la production durable de la filière canne à sucre avec la définition d'un zonage agricole passible de sanctions sévères.

La canne à sucre a une characteristique importante qui exige que les surfaces plantées se renouvellent après une periode de 5 à 7 ans conforme la région, le climat et les varietés utilisées par le principe de l'assolement ou rotation de cultures. Cela signifie qu'entre 14 e 20% des surfaces plantées en canne à sucre doivent être occupées chaque années par d'autres cultures agricoles alimentaires évitant au même moment la dissémination des ravageurs, la phytopathologie et le qualificatif de monoculture. La filière est cogénérée à 96% avec la production de l'énergie électrique à partir de la bagasse.

Considérations finales

Les agrocarburants ne sont pas une option énergetique unidimensionnelle. Ils peuvent être accompagnés d'avantages sociaux de géneration de revenus de développement durable, de créations d'emplois, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l'augmentation de l'accès à l'énergie étant donné qu'ils se trouvent à la croisée des chemins de plusieurs politiques publiques : énergétique, sociale, environnementale, agricole, économique et technologique. Ces politiques doivent permettre que des approches différentes soient proposées pour évaluer leurs externalités par rapport au pétrole.

L'expansion des agrocarburants n'induira pas au déboisement ni à la dégradation des sols si des politiques de protection environnementale sont législativement établies. Le zonage agricole agroécologique est un moyen d'éviter le déboisement et le déplacement des activités agricoles vers des zones de végétation naturelle spécifique en approfondissant  la compréhension des mécanismes de l'utilisation des sols.

Les pays qui souhaitent produire des agrocarburants doivent apprendre à le faire en se servant des aspects positifs et négatifs des expériences en cours. Des modèles de succès ne peuvent pas être reproduits de façon identique sans prendre en considération les réalités locales. Dans ce cas la coopération internationale est importante pour promouvoir la production durable des biocarburants dans les pays en voie de développement à partir d'expériences déjà connues.

Les biocarburants produits à partir de diverses matières premières disponibles possèdent de diffèrents bilans énergetiques et plusieurs potentiels de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le bioéthanol par exemple évite environ 80% das émissions de gas à effet de serre.

Une partie importante du potentiel à l'essor de la production des agrocarburants  dans le monde se trouve dans les pays en voie de developement dans les régions tropicales qui disposent de ressources naturelles abondantes (terres, eau et climat..). Il est alors nécessaire de déployer et de disséminer les technologies adaptées aux réalités locales pour profiter de cette occasion unique d'entreprendre de façon durable leur production.

Les obstacles aux agrocarburants en tant qu'alternative au pétrole ne se trouvent pas dans la disponibilité des ressources (humaines, technologiques, naturelles et de capitaux) mais dans leur allocation. L existence de politiques publiques appropriées est fondamentale pour assurer la mise en place efficace durable et économiquement viable desdites ressources déjá que le manque de soutien politique aux agrocarburants sur le plan international est l'une des principales entraves à surmonter.

Les lois excessivement permissives peuvent s'avérer inefficaces et faire douter des avantages apportés par les biocarburants en tant qu'alternative durables aux énergies fossiles. Par ailleurs des restrictions excessives peuvent également apporter des grandes difficultés à la production des agrocarburants.

L 'agriculture familiale doit être « discriminée positivement » pour promouvoir une plus grande inclusion des petits agriculteurs dans le marché à partir du renforcement des compétences, l'assistence technique, l'accès à la terre et au crédit qui sont des point très importants.

Les biocarburants ne seront pas une panacée. Cependant importe-il de reconnaitre que la lourde dette énergétique est l'une des principales causes de l'image de sous développement attribuée aux pays pauvres surtout en Afrique malgré leur potentialité en matières premières. De ce fait le débat qui se nourrit sur les agroénergies en particulier les agrocarburants doit redonner à ces pays, une nouvelle chance à saisir pour introduire de nouveaux termes dans les relations  pays pauvres-pays riches où les échanges Sud –Nord seront de plus en plus équilibrés et à plus forte valeur ajoutée.

La meilleure manière d'atteindre un équilibre entre les bénéfices et les risques potentiels des agrocarburants est d'établir des critères de durabilité de manière scientifique et transparente permettant la certification car le moment actual représente l'occasion pour ces agrocarburants d'être le vecteur d'un nouveau cycle de développement rural permettant ainsi une véritable révolution agricole.

Au demeurant toute technologie dans son acception critique, a toujours des avantages et des inconvénients. L'essentiel c'est de maximiser les côtés positifs et mitiger les côtés négatifs. C'est de cette manière que pauvres mortels que sommes-nous nous pourrons jouir d'un développement effectivement durable pour affronter le boom démographique.

Références

  1. Statistical Review of World Energy Full Repport - June 2009
  2. Okkerse, C.; van Bekkum, H; Green Chem. 1999, abril, 107.
  3. IEA – Bioenergy Potential Contribution of bioenergy to the world's future energy demand. Paris: International Energy Agency, 2007
  4. F.O.Licht's World Ethanol and Biofuels Report, 2009
  5. UNICA. Estatisticas. União da Indústria de cana-de-açúcar, 2008 Disponible en : http:// WWW. Portalunica.com.br. Accès en Mars de 2010
  6. Especialistas expõem suas visões sobre o futuro da bioenergia. 24/03/2010. Online.

Auteur

Leonard Sebio

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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22 commentaires

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avatar douds -

dégommer la forêt amazonienne de prés ou de loin, pour produire des carburants d'origine biologique est absurde. D'autant plus que ces cultures privent les humains de terres fertiles. A mon humble avis, vu le peu d'agriculteurs en Europe, les bio carburants devraient être réservés aux machines agricoles et rien d'autre

avatar Jean-marie Rith -

Bonjour,
Tout à fait d'accord, mais là où le "bas" blesse, c'est qu'il est actuellement interdit ppar la législation de faire fonctionner une "deutz" ( moissoneuse-batteuse) à partir d'huile de colza alimentaire commerciale ou fabriquée clandestinement à partir des graines récoltées sur le champ même) sous peine de lourdes ammendes et même d'une peine de prison - L'usage d'huile alimentaire comme carburant ou simplement pour débloquer le filtre à gazoil est strictement interdit, car ces produits ne sont pas affectés par l

avatar Jean-marie Rith -

Désolé : bug de windows - J

avatar Jean-marie Rith -

je continue ici !
Ne sont pas sujette à la taxe sur les carburants (autrefois on la définissait uniquement sur les produits pétroliers) d'ou un manque à gagner pour l'état - D'ou cette interdiction d'utilisation sous peine de sanction pénale , qui est toujours appliquée !

avatar craps languidic -

Bien sûr les biocarburants sont à développer, sous réserve d'une gestion contrôlée des terres ( vu les étendues en jachère en Europe, il ne devrait pas y avoir de souci, enfin sauf pour la canne à sucre qui ne pousse pas ici ). Le bioéthanol n'alimente que les moteurs à essence, qui ne sont pas la majorité ! Reste à voir pour le diesel les huiles diverses et variées, de colza, arachide, tournesol, etc...
Sans oublier le gazogène et l'essence synthétique qui ont fait leur preuve il y a déjà 70 ans.
Nos moteurs à explosion ont un bel avenir ! Et il reste à l'Etat à trouver un système de taxation qui lui rapporte autant que le pétrole, c'est sans doute ce qui freine le plus !

avatar khaled -

Je suis tout à fait d'accord mais quand tout cela devient une vérité?! On parle souvent de la préservation de la nature et là où la possibilité existe pour réduire au maximum le rejet des polluants dans l'atmosphère, tout le monde demeure indécis face à des soucis multiples, juste parce que les taxes imposées sur les carburants sont remarquables. A partir de ces contraintes, les Etats ne vont pas sacrifier des milliards de dollars au bien-être de leurs citoyens. Reste à dire, si ces biocarburants sont fiables, efficaces et économiques, pourquoi les gens n'accepteraient-ils pas des taxes réduites, mais pas trop à celles du pétrole, pour une utilisation saine et sanitaire de biocarburants? Quelqu'un aura-t-il une réponse?

avatar Jean-marie Rith -

Bonjour
" L’essence synthétique qui ont fait leur preuve il y a déjà 70 ans !"

A noter que ce carburant synthétique datant de la seconde guerre mondiale était produit à partir du charbon, faute d'acheminement de produits pétroliers : C'était un sous produit du "gaz de ville" obtenu par chauffage de la houille (formation essentiellement de méthane CH3 et d'oxyde de carbone CO), en présence d'une quantité contrôlée d'air dans des fours dit fours à coke)- Ce carburant était un mélange principalement de benzène, de xylène toluène ...et d'autres dérivés. Ensemble technique très polluant par la formation de goudrons et d'autres dérivés potentiellement cancérigènes. Les principaux produits de cette technique étaient le 'coke" utilisé dans la réduction du fer (aciéries) et le "gaz de ville" très toxique, car composé en partie de monoxyde de carbonne (à l'origine de nombreux suicides "dits au gaz")

avatar Amin Bennouna -

La surface arable de la Terre ne suffit pas à couvrir simultanément les besoins alimentaires et énergétiques de l'humanité.
Notre monde étant encore organisée en Etats souverains :
- que ceux qui ont les capacités de développer les biocarburants sans affamer leur propre population le fassent,
- que ceux qui veulent se risquer à affamer leur propre population le fassent aussi (ils le payeront un jour),
- mais que les multinationales stimulent les agriculteurs à faire des plantes destinées à l'export de biocarburants au détriment de l'agriculture alimentaire... ça non !
Donc, les biocarburants y a bon... à condition que leur commerce international soit complètement interdit.
J'aurais aimé avoir l'opinion des lecteurs sur un éventuel groupe de pression visant à essayer d'interdire le commerce international des biocarburants.

avatar Jean-marie Rith -

Bonjour à tous,
L'origine des biocarburant reste : le bio ester, premier Biocarburant diesel, seul l'alcool était alors utilisé au Brésil, et en Indochine - La découverte du bio ester est strictement liée à une offre de recherche du CNRS destinée à valoriser un important stock d'huile de colza, (appelée aussi en Angleterre huile américaine ou huile Tatcher) à l’origine de nombreux infartus toxique car trop riche en acide erucique (et/ou chaufée, car le flacon utilisé ne comportait aucune mise en garde) pour être utilisée en huile alimentaire – une réaction exothermique avec le méthanol en présence d’eau à conduit à l’éruciate de méthyle ou bio ester , d’un indice de cetafine à peu près égal à un bon gasoil et directement utilisable sans modification ni réglage moteur !
L’utilisation/valorisation de déchets/rebus alimentaires me semble tout à fait favorable – Une mainmise sur les ressources alimentaires mondiales dans le but lucratif d’une NeoBioColonisation des pays pauvres ou en voie de développements apparait simplement un nouvel ‘esclavagisme des populations les plus déshéritées d’abord, avant extension vers l’Europe et l’ensemble du monde.

avatar Jacques -

Le biocarburant se fait souvent avec du maïs-grain, ce qui demande l'utilisation de beaucoup de produits chimiques. Les lobbys des États-Unis et du Canada ne cèderont pas. Pour eux, il s'agit d'augmenter leurs revenus.


Les mexicains meurent de faim quand le prix du maïs grimpe. Les manifestations monstre en la matière en témoigne. La mains magique du marché n'a jamais existé. Il y a toujours des causes, des actionnaires et des gestionnaires n'ayant qu'une seule finalité, et dans le cas du biocarburant nord-américain il s'agit de lobbys puissants.

Produire plus de végétaux, de monocultures, sur le peu de terre arabe qui reste n'est pas la solution. Avec l'augmentation de la population mondiale et du mode de vie, l'agriculture ne doit pas devenir un moyen de sélection naturelle.

avatar Jean-marie Rith -

Hello Jacques
Il est évident que l’on se dirige de plus en plus vers un « NeoColonialisme AgroFinancier » qui sous l’étiquette du « Bio » procède à la « confiscation des terres agricoles cultivables » dans les pays les plus pauvres, et qui sous le prétexte de favoriser le développement économique ( pour profit exclusif de quelques « Nantis ») Va exclure totalement les populations locales des zones « cultivables » les rendant ainsi ces même population dépendantes des groupes exploitant leurs propres terres et qui fourniront alors une main d’œuvre « obligée » à très faible cout – Donc ici un bénéfice « maximum » pour les groupes agrofinancier, qui n’hésiteront pas à changer ultérieure de culture si la rentabilité immédiate s’en fait sentir – ou à remplacer celles-ci par des élevages intensifs, peu importe alors la dégradation des sols et la contamination des eaux potables par les pesticides ou les nitrates – Où se trouve donc alors la notion de respect de l’écologie dans ces manœuvres politicofinancières, les BioCarburants ont bon dos !
Ce n’est pas un retour vers le futur mais un probablement un Retour vers l’Esclavage, déguisé peut-être, …. ?

avatar Max, liège -

Tout à fait....
il est donc temps de réagir...
et suis d'accord avec Amin Bennouna
"Donc, les biocarburants y a bon..."
1) ok , y a bon mais j'aimerais quand même que l'AUTEUR de L'ARTICLE nous fasse une petite CARTE-LISTE de ces fameux hectares en surnombre où on pourrait faire de l'agro-carbu SANS empiéter sur les cultures ! ...
Soyons COMPLET et PRECIS !!
Pas de paroles en l'air !!!

2)
"....à condition que leur commerce international soit complètement interdit.
J'aurais aimé avoir l'opinion des lecteurs sur un éventuel groupe de pression visant à essayer d'interdire le commerce international des biocarburants."

moi c'est quand tu veux, je signe, je trouve des gens, et c'est parti ;-)

avatar Bruno herblay -

Juste des précisions sur l'article avec quelques petites erreurs et lieux communs à rectifier:

1 - Le rendement en litres par hectare par an est meilleur avec la betterave qu'avec la canne de même que le rendement en tonne de sucre par hectare par an d'ailleurs.
2 - La canne à sucre consomme beaucoup d'eau et c'est un de ses problèmes majeurs. Il faut au moins 1700 mm par an répartis régulièrement (3 fois environ ce qui tombe à Paris) pour la cultiver avec un rendement acceptable sans irrigation. (La betterave en consomme beaucoup moins)

Au niveau de ce qu'on peut produire sur un hectare en un an, la betterave est devant suivi de la canne puis des amylacés (blé maïs) puis des oléagineux. Le biodiesel est une abération car le rendement est tres faible et les huiles sont beaucoup plus rentables comme produits alimentaires.

L'avantage de la canne sur la betterave vient du fait qu'en plus de l'éthanol on peut produire de l'électricité (le bilan énergétique globale est donc plus favorable).

Quoiqu'il en soit, les biocarburants ne pourront jamais remplacé le pétrole en quantité sur la base de la consommation actuelle.

avatar SAME CESAR -

Mr Bruno herblay
Je regrette que vous n avez pas compris cet article car toutes vos precisons apportées sont sans fondement dans la mesure où les rendements ne peuvent pas être comparés en relation au temps (an) eu égard aux recoltes differentes et l auteur explique que la canne à sucre ne peut être produit que sur les tropiques au contraire de la betterave produite dans la zone tempérée. Jamais l auteur a avancé que les biocarburants remplacerait le petrole mais plutôt une alternative bien viable pour le developpement durable.
ALors Mr Bruno prenez le soin de bien lire et comprendre un article posté avant de dire des énormités.

avatar SAME CESAR -

Mr Max
L´auteur a posté des references où vous pouvez cultiver les agrocarburants sur les fameux hectares en surnombres dans le monde.
Moi j´ai commencé par supporter les agrocarburants à partir des explications d´experts comme cet article qui me font éclairer la mémoire et me laissent de moins en moins bornés sur les critiques aux agrocarburants comme beaucoup d´opportunistes ecolos le font.

avatar Bruno herblay -

Cher Monsieur Same Cesar, je vais vous apporter quelques précisions que vous semblez ignorer.

La betterave peut très bien être produite sous les tropiques. Cela s'appelle la betterave tropicale et des essais agronomiques ont lieu un peu partout.

La canne peut, elle aussi, être produite en pays tempérés pour autant qu'il ne gèle pas. Il y en a eu longtemps et il y en a surement encore dans le sud de l'Espagne. En petite quantité, certes, mais c'est une production historique. Il y en a aussi au Maroc et en Egypte en parallèle avec la betterave d'ailleurs.

Qu'est ce que cela veut dire une alternative bien viable pour le développement durable?

Le maïs ou le blé comme biocarburants sont une abération et c'est une alternative à rien du tout mais uniquement une subvention aux producteurs. Les oléagineux et autres biodiesels, c'est tout aussi idiot.

Seule la canne et la betterave, effectivement , présentent un intérêt mais cela ne peut pas se mettre partout et cela demande des investissements lourds.

Le meilleur développement durable c'est de rouler moins. Sinon il vaut mieux de la canne que du soja ou du palmier à huile c'est sur.

avatar Cesar same -

Mr Bruno
Je regrette que vous n´ êtes pas arrivé à comprendre scientifiquement un article posté comme celui-ci. La canne est une plante des regions tropicales et a besoin d´un minimum d´insulation en echelle industrielle. Quand on parle de regions appropriées pour des cultures agricoles c est basé sur des données statistiques scientifiques. Ce ne sont pas des données aleatoires comme Mr le dit " ça peut être planté" Le Maroc et l Egypte sont en Afrique un continent tropical je ne sais pas si vous le savez! Dites-moi dans region sous les tropiques la betterave est plantée en échelle industrielle pour la production du sucre? Des experiences ça existe ça et là mais pas la tradition! J espere que je me suis fait comprendre scientifiquement!. L auteur aussi n a parlé que de la viabilité du bioethanol de la canne et non du biodiesel en montrant sur l´image postée comment peut - on concilier agrocarburant et aliment. C est pourquoi moi j appuie cette filière comme altternative viable. Merci bien à vous Mr Bruno pour le debat.

avatar Bruno Herblay -

Mr. same César
Alternative viable vous dites, certes la filière est viable, mais alternative à quoi? Expliquez vous clairement il y a 2 termes dans une alternative?

Le cas du Brésil est très particulier, d'abord c'est un pays immense ensuite la propriété agraire y est concentrée enfin la consommation d'essence y reste limitée.

Pour votre culture personnelle vous noterez aussi que la canne c'est très bien pour autant que vous ayez beaucoup de pluie ou alors beaucoup d'eau (irrigation). C'est le premier facteur limitant plus que l'insolation.

Par ailleurs, le fait que la betterave ne soit pas plantée de façon industrielle sous les tropiques ne justifie en aucun cas qu'elle ne peut pas y pousser. Cela devient une question de temps et d'argent mais en aucun cas un argument scientifique.

Quant à la tradition je reviens sur la canne d'Andalousie, il y a un tres long historique derrière et l'Andalousie n'est pas tropicale que je sache. Pour la petite histoire vous noterez que ce sont les premiers à avoir testé un diffuseur en canne, à l'époque (19ème) c'était une diffusion vase et des sucriers Réunionnais on fait le voyage en bateau à voile pour le voir fonctionner.

Enfin il y a une 3ème plante sucrière qui refait de temps à autre parler d'elle c'est le "sweet sorghum" traduit par sorgho doux probablement. Mais là se pose le problème de sa domestication industrielle.

Sinon si la question est peut on concilier bio-carburants (à base canne/betterave/sorgho) et aliments? la réponse est oui et c'est déjà le cas.
Mais si la question est les bio-carburants sont ils la solution énergétique à la pénurie de pétrole à venir? la réponse est non ou alors dans des quantités limitées et dans certains pays.

avatar Touré -

Mr Bruno
je ne sais pas si vous êtes europeen mais les europeens pensent toujours que ce qui ne serait bon pour eux ne serait pas bon pour les autres du monde. Les agrocarburants seront très importants pour les pays en developpement non producteur du petrole comme l auteur de cet excellent article le dit et cela n´a rien avoir avec l Europe. Si les européens veulent acheter les agrocarburants des pays en developpement ils peuvent le faire au contraire laissez ces pays choisir leurs energies renouvelables à partir de leur potenciel car la colonization en terme est finie il y a de cela un bon moment!

avatar Bruno herblay -

Je ne vois pas le rapport entre l'article et la colonisation????

Je ne sais pas de quel pays vous êtes et du reste je m'en fiche mais soyez sur que je n'ai nulle envie de vous coloniser. La plupart des pays en developpement se débrouillant tres bien pour s'exploiter eux même ils n'ont plus besoin des européens pour le faire.












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