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3561 lectures / 8 commentaires12 mars 2010, 11 h 47
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La mangue, un produit dont les agriculteurs du Ghana savent tirer profit à présentPrès de 5 000 paysans d'Afrique de l'Ouest sont en mesure de tirer profit de la popularité croissante des aliments biologiques dans les pays industrialisés grâce à un programme FAO financé par l'Allemagne d'une valeur de 2,4 millions de dollars qui aide ces agriculteurs à répondre à la certification nécessaire de leurs produits et aux autres exigences en matière d'exportation.
Le marché des produits biologiques et du commerce équitable dans les pays développés devrait augmenter d'environ 5 à 10 pour cent par an au cours des trois prochaines années, offrant de nouvelles opportunités pour les petits agriculteurs des pays pauvres. Toutefois, pour ces agriculteurs il n'est pas aisé de se conformer aux normes alimentaires exigées dans les pays développés, notamment les exigences de la certification.
Pour pénétrer les marchés bio, les agriculteurs doivent d'abord traverser une période de conversion lors du passage des cultures conventionnelles à l'agriculture biologique. Cela leur coûte cher car ils doivent souvent supporter des coûts de production plus élevés du fait de l'application des nouvelles techniques d'agriculture biologique, sans obtenir encore les bénéfices généralement associés aux prix plus élevés des produits à label biologique.
Dans le cadre du programme sus-mentionné, les projets de la FAO au Burkina Faso, au Cameroun, au Ghana, au Sénégal et en Sierra Leone ont aidé des groupes d'agriculteurs et des petits exportateurs à surmonter ces défis et tirer parti des marchés rémunérateurs. La FAO leur a permis d'améliorer leurs compétences techniques et la qualité de leur production. Résultat: ces agriculteurs ont réussi à obtenir les certifications bio et commerce équitable.
"Certains groupes d'agriculteurs n'avaient jamais exporté auparavant et, dans la meilleure hypothèse, ils offraient leurs produits sur les marchés locaux à faible prix. La plupart d'entre eux avaient un niveau de formation rudimentaire et peu de ressources financières", indique l'expert de la FAO Pascal Liu.
"A présent, la plupart des groupes ont un statut légal, se réunissent régulièrement, tiennent des registres et sont désormais composés de membres effectifs qui paient des cotisations", ajoute M. Liu.
En raison de l'amélioration de leur organisation et de leurs structures, les groupes d'agriculteurs sont désormais en mesure d'élaborer et de négocier des contrats avec des exportateurs.
Certains exportateurs d'ananas du Ghana et du Cameroun voient leurs exportations augmenter malgré la crise économique, selon Cora Dankers, qui supervise les projets de la FAO dans ces deux pays. "A titre d'exemple, un groupe d'agriculteurs au Cameroun a non seulement trouvé un acheteur pour les ananas bio, mais grâce à l'analyse des coûts que nous avons effectuée avec eux, ils ont également été en mesure de négocier de meilleures conditions avec leur acheteurs."
Le projet FAO a porté sur tous les stades de la chaîne d'approvisionnement: production, récolte, conditionnement, certification et commercialisation. La partie essentielle du projet était de couvrir les coûts encourus lors du processus de conversion et de certification tout en mettant l'accent sur le respect des conditions d'hygiène exigées par les normes élevées de qualité internationales.
"Le projet a aidé les agriculteurs locaux qui attendent normalement une aide financière directe des institutions à adopter une attitude plus proactive. Leur situation économique et l'estime de soi se sont nettement améliorées, car ils peuvent maintenant vendre leurs produits sur les marchés internationaux à de bons prix alors qu'il ne pouvaient même pas en rêver il y a environ trois ans seulement", affirme M. Liu.
Au Ghana, quelque 30 petits producteurs d'ananas ont réussi à porter leurs ventes de 26 à 116 tonnes, après avoir obtenu la certification bio.
Les revenus supplémentaires générés par la vente de produits certifiés servent principalement à l'achat de nourriture ou de vêtements, à payer les frais scolaires et les dépenses médicales. La qualité de vie et la sécurité alimentaire s'en trouvent ainsi améliorées.
L'impact du projet au niveau communautaire s'est traduit par la création d'emplois pour les travailleurs impliqués dans la production de produits certifiés et dans les services annexes. En outre, les nouvelles méthodes de production biologique ont également été adoptées par des agriculteurs qui ne sont pas membres des groupes de producteurs et certains d'entre eux ont déjà exprimé le désir de rejoindre ces derniers.
A signaler enfin que le projet a également soutenu des réseaux nationaux d'agriculteurs biologiques, des exportateurs et des organisations de commerce équitable, notamment la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FENAB) au Sénégal.
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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Annick ROGER LA FLECHE - 13/03/2010, 09:28
Par quels moyens sont acheminés tous ces produits "bio" ?
jérémie aquitaine - 13/03/2010, 11:57
exactement : comment sont acheminés ces produits bio ? alors que, de surcroît, l'ONU déclare par un communiqué parallèle que l'Afrique continue à mourir de faim ! Se développer pour exporter des produits bio correspond à une obsession de marché plutôt qu'à l'objectif de nourrir la planète. Enfin, n'est-ce pas l'ONU (FAO) qui déclarait encore récemment qu'il convenait de revenir à l'agriculture vivrière pour les pays du SUD afin d'éviter les crises alimentaires ? On marche sur la tête !!!
Bruno Herblay - 13/03/2010, 22:06
L'exemple type d'une fausse bonne idée!
De qui se moque t'on?
Christophe Magdelaine - 14/03/2010, 09:44
Je pense qu'il faut aussi avoir une autre lecture de cet article. Si l'Afrique nous inonde de produits bio que l'on peut produire localement, c'est effectivement une hérésie. Cependant, l'article parle ici de produits exotiques : mangues, ananas, bananes... Dans ce cas, je ne vois pas le problème : je préfère acheter des fruits exotiques bio que non bio.
Jacques - 15/03/2010, 11:43
""""Cependant, l'article parle ici de produits exotiques : mangues, ananas, bananes... Dans ce cas, je ne vois pas le problème : je préfère acheter des fruits exotiques bio que non bio.""""
La grande distribution a compris tout le bénéfice qu'elle peut tirer du bio, les pressions sur les producteurs se font déja sentir, ce qui fait que non seulement nous encourageons une certaine forme de pollution (par le transport) mais de surcroît nous contribuerons à terme à l'apauvrissement des ces producteurs (il n'y a qu'à regarder l'état de l'agriculture française)
Bille - 16/03/2010, 10:55
- certaines productions produites en Europe émettent plus de GES que les mêmes produites en Afrique, transport inclus
- On ne va pas être extreme au point d'interdire la consommation de mangues ou d'ananas en Europe
- Alors l'Afrique devrait ne produire que de la production locale ? Voilà un bon moyen de l'isoler encore plus !
Bille - 16/03/2010, 10:56
Correction :
- Alors l'Afrique devrait ne produire que pour sa consommation locale ? Voilà un bon moyen de l'isoler encore plus
Tybo hervé Kuaté defo - 16/03/2010, 12:04
Je réalise maintenant la raison pour laquelle les ananas se retrouvent sur les marchés locaux à toutes les périodes de l'année. Moi, en tant que Africain ne peut que faire part de ma gratitude au Gouvernement Allemand ici à travers la FAO (organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture). Je souhaite à cet effet que les initiatives de ce genre se multiplient. Je pense ainsi à la production du maïs et du soja, ainsi la sécurité alimentaire sera assurée en Afrique en général et au Cameroun en particulier.
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