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Un iceberg géant a heurté et rompu la langue de glace du glacier Mertz en Antarctique

7682 lectures / 9 commentaires08 mars 2010, 16 h 01

Mertz glacierImage du 13 février 2010 où l'on voit que la langue de glace et coupée sur toute sa largeur
© ESA - ASAR

Un iceberg géant de 2550 km2 s'est détaché de la langue de glace du glacier Mertz en Antarctique de l'Est. Ce vêlage a été détecté par une équipe franco-australienne à laquelle participent des chercheurs des laboratoires LEGOS(1) (CNRS/ Université Paul Sabatier/CNES/IRD), ACECRC (2) (UTAS/AAD) et LOCEAN(3) (CNRS/UPMC/IRD/MNHN) et de l'Université de Tasmanie (Australian Antarctic Division). Ce phénomène vient s'ajouter aux autres observations faites autour de l'Antarctique où de plus en plus de plateformes glaciaires se détachent du continent et s'entrechoquent, ce qui entraîne une production accrue d'icebergs et une augmentation de l'apport d'eau douce à l'Océan Austral.

Situé 240 km à l'est de la base scientifique française Dumont d'Urville, le glacier Mertz s'écoule dans l'océan avec un débit de 10 à 12 milliards de tonnes de glace par an. Sa langue de glace flottante s'étendait en mer sur 160 km depuis la ligne d'échouage, elle ne fait maintenant plus que 80km. Le nouvel iceberg qui vient de se détacher a une longueur de 78 km et une largeur allant de 33 à 39 km, son épaisseur moyenne est d'environ 400m. Ce vêlage est issu de la collision d'un iceberg encore plus grand, appelé B9B (de 95km de long par 20km de large), avec la langue de glace flottante fragilisée par des crevasses transverses majeures. B9B était échoué sur des hauts fonds depuis 18 ans. Les images satellite (ENVISAT) tendent à montrer que le vêlage s'est produit entre le 12 et le 13 février 2010.

L'évolution du glacier Mertz est suivie depuis 15 ans par les scientifiques de l'équipe CRACICE(4) qui étudient l'évolution des glaciers côtiers de l'Antarctique et les mécanismes de formation des icebergs. L'équipe suivait en particulier le développement des crevasses transverses qui s'étaient quasiment rejointes lorsque l'iceberg B9B est venu impacter le flanc Est de la langue de glace entraînant la séparation finale. Ces études font appel aux images satellite et à un réseau de balises GPS déployé sur le glacier à partir des moyens (navire Astrolabe et hélicoptères) mis en œuvre par l'institut polaire français (IPEV).
La zone océanique côtière située immédiatement à l'ouest du glacier Mertz est d'un intérêt majeur. C'est là que prennent naissance en partie, les eaux de fond denses et froides de l'Antarctique qui alimentent la circulation océanique mondiale. C'est également un lieu de forte biodiversité riche en production primaire qui fait l'objet de campagnes océanographiques régulières à partir du navire l'Astrolabe dans le cadre du programme de recherche ALBION(5).

Image du 7 février 2010 montrant l'iceberg B9B approchant de la langue de glace du glacier Mertz. La langue de glace est fracturée de chaque côté mais toujours attachée au glacier en son milieu. L'image représente une surface de 100 km de large par 200 de long.
© ESA - ASAR

La position future des deux icebergs géants pourrait affecter la circulation océanique et l'équilibre des écosystèmes dans cette région. Ce vêlage d'une intensité exceptionnelle représente une opportunité unique de comprendre et d'évaluer le rôle de cette région sur la circulation océanique générale et donc son impact sur le climat.

Le projet est financé et supporté par INSU/CNRS, IPEV, CNES, ANR, the ARC, University of Tasmania and the Australian Antarctic Division, ainsi que par les différentes agences spatiales fournissant des images.

Notes

  1. LEGOS : Laboratoire d'études en Géophysique et océanographie spatiales (CNRS/Université Paul Sabatier/CNES/IRD)
  2. ACECRC : Antarctic Climate and Ecosystem Cooperative Research Center (laboratoire de recherche coopérative dépendant de l'Australian Antarctique Division et de l'Université de Tasmanie)
  3. LOCEAN : Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (CNRS/UPMC/IRD/MNHN)
  4. Acronyme anglais de Recherche coopérative sur le vêlage en Antarctique et l'évolution des glaciers, l'équipe CRACICE inclus des chercheurs du LEGOS (CNRS/ Université Paul Sabatier/CNES/IRD)
    et de l'ACECRC (UTAS/AAD) (Australie).
  5. Adélie Land Bottom water formation and Ice Ocean interactioNs, programme de recherche du laboratoire LOCEAn financé et supporté par INSU/CNRS, IPEV, CNES

Auteur

Centre National de la Recherche Scientifique

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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9 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar albert france -

beaucoup de glace pour l'apéritif .mauvais signe pour la planète

avatar alice france -

j'aimerais savoir si la glace se refait en hiver ,il fait froid dans cette partie du globe comment peut-elle fondre au point de se fracturer ainsi

avatar Stéphane LAGASSE BRUXELLES -

Moi aussi j'aimerais savoir si cet hivers particulièrement long "répare" un peu la tendance lourde. Est-ce que le gulfstream (?) ralentit ou se déplace comme annoncé.
Merci aux scientifiques délobbieslisés de s'exprimer plus!

avatar Hdrass Bourges -

Je suis convaincu que c'est surtout par l'observation de ces phénomènes de vêlage d'icebergs géants en Antarctique (tout comme en Arctique), par l'évolution de ces phénomènes dans le temps, et par la mesure du bilan de la masse glaciaire globale, que l'on pourra confirmer ou infirmer le changement climatique et que les sceptique du RC pourront réviser ou confirmer leur positions.

Toujours le même paramètre temps, il faut attendre de voir ce qui va se passer pour se faire une idée plus précise de notre avenir climatique et vérifier les différentes hypothèses scientifiques.

Des sites intérressants sur les glaciers (mais parfois un peu anciens, donc peu à jour) :
http://www.jeanlouisetienne.fr/encyclo_glaces_02.cfm ou http://www.jeanlouisetienne.fr/poleairship/images/encyclo/imprimer/15.htm
http://www-lgge.ujf-grenoble.fr/~annel/Documentaire/home.html
http://www3.ac-clermont.fr/pedago/svt/pagex.php?rubrique=7&num=458

avatar Pourcel C, sénas -

Si les deux se détachent , le courrant El nino, va prendre trop ampleur , et jusque dans l'atlantique cette fois, les océans vont devenir fou, tsunami, tempete, glissement de terrain, seismes au rendez vous, et y'auras pas de jaloux cette fois, surtout si ils se détachent pour décembre, la ou le courrant el nino est a son plein (decembre 2012 ça vous parle?).

avatar Jacques -

La rutptre d'iceshields est toujours préoccupante, ces langues de glace avançant dans la mer freinent un peu la progression des glaciers de l'inlandsis. Leur rutpure contribuera à l'augmentation du niveau des océans non pas par leur fonte puisqu'ils sont dans l'eau (ils ont fait monter l'océan au fur et à mesure de leur descente dans l'eau) mais par leur remplacement par une nouvelle langue de glace .

Pour ce coup, le réchauffement n'y est pour rien, c'est un accident mécanique.

avatar Bruno Herblay -

Hé, pas de panique Pourcel C.

Le monde ne disparaitra pas en 2012. Les changements que nous faisons subir à la planete ne sont quand même pas aussi rapide!!!

Par contre on peut craindre pour nombre de villes cotières dans quelques décennies.

avatar Gilbert, Uppsala -

Bonjour,
Pourcel: explique pourquoi El Nino (sorry pas de N espagnol sur mon clavier) vas prendre plus d'ampleur.
Alice: 2 sortes de glace sur les poles nord et sud: 1)la banquise, résultat de refroidissement d'eaux de mer avec éventuellement accumulation de neige qui devient glace avec facteur temps. 2) les glaciers: résultat de l'accumulation à un points hauts (montagne) de précipitations (plus de neige) qui par pressions des couches supérieures des nouvelles précipitations d, et deviennent de la glace, qui descent en un seul bloc vers la mer (là le pole sud)

J'espère avoir pû répondre à vos questions.
/Gilbert

avatar Gamas genève -

Hélas il n'y a pas que la planète qui ce rechauffe et qui
souffre nos pauvre petit poumons d'être humain qui
ce remplissent petit à petit de ces subtances polluantes
qui finisse par nous rendre malade. Si chacun pouvait
comprendre cela peut-être ferait-il plus attention à
respecter notre planète

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