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La forte tempête Xynthia balaye la France et tue des dizaines de personnes

23738 lectures / 25 commentaires19 juin 2010, 14 h 44

dégâts XynthiaDR

Xynthia, une violente tempête a touché une grande partie du territoire français dans la nuit de samedi à dimanche 28 février. Il s'agit de la tempête la plus meurtrière depuis celles de 1999 : plus de 50 morts et des dégâts considérables notamment sur la façade atlantique.

Moins violente que la tempête Klaus de 2009 mais aussi étendue que Lothar et Martin qui ont balayé la France en 1999, la tempête Xynthia a traversé la France le 28 février entre 0h et 17h, selon un axe orienté sud-ouest / nord-est, après avoir frappé le Portugal et l'Espagne. Xynthia, qui vient de passer sur l'Allemagne avec des dégâts limités, s'évacue dans la mer Baltique.

Selon Météo-France, "les rafales de vent les plus fortes ont touché une large bande allant de la Charente-Maritime aux Ardennes. La Vendée (85), la Charente-Maritime (17), les Deux-Sèvres (79) et la Vienne (86) ont été placés en vigilance rouge vents violents. Plus de 60 départements ont été placés en vigilance orange."
Cette profonde dépression (970 hPa seulement) était d'une taille et d'une intensité peu communes en cette fin d'hiver. Sa formation s'explique par la présence beaucoup plus au sud que d'habitude du courant froid de haute altitude (courant-jet ou jet stream en anglais), avec des vents d'ouest rapides et très forts, et d'une masse d'air chaud en basse couche, dans les 1500 premiers mètres de l'atmosphère.
La tempête qui en résulte a produit des fortes vagues, mais également des élévations importantes du niveau de la mer, qui, se trouvant en phase avec la marée haute, a eu un impact important sur le littoral.

Météo-France a relevé des vents qui ont atteint 160 km/h sur le littoral et 120-130 km/h dans l'intérieur des terres avec des pointes à 237 km/h en altitude. C'est toutefois moins qu'en 1999 et 2009 où l'on relevait près de 200 km/h sur le littoral et 150 à 160 km/h dans l'intérieur des terres.

Plus de 50 morts, une grande partie de la France touchée

Le dernier bilan national fait état de 53 morts, 7 blessés graves et 72 blessés plus légèrement. Au total, plus de 500 000 personnes ont été sinistrées à des degrés divers.

Une grande partie de la France a été touchée : Bretagne, Basse-Normandie, Sud-Ouest, Est. Ainsi, dans les Pyrénées, des rafales de vent à 200 km/h ont détruit les équipements de plusieurs stations de sport d'hiver qui risquent de rester partiellement voire totalement fermées jusqu'à la fin de la saison.
Le trafic aérien a été fortement perturbé à l'aéroport parisien Roissy-Charles de Gaule où des rafales de vent jusqu'à 126 km/h ont été mesurées. Au niveau de la circulation ferroviaire, de nombreux retards ont été enregistrés.

Au plus fort de la tempête, un million de foyers ont été privés d'électricité en France. Grâce à la forte mobilisation de ses moyens humains et techniques, ERDF a ré-alimenté 78 % du million de foyers privés d'alimentation électrique hier : 220 000 foyers sont encore dans l'attente d'un raccordement. Depuis lundi 1er mars, 5 000 hommes d'ERDF et des entreprises partenaires sont à pied d'œuvre sur le terrain. Par ailleurs, 7 hélicoptères survolent actuellement les zones les plus fragilisées du réseau afin d'évaluer au plus près les dégâts et 200 groupes électrogènes sont en cours de raccordement dans les lieux de vie.
La région Centre est la plus touchée avec 93 000 clients non raccordés selon un communiqué d'ERDF qui rappelle également qu'il ne faut en aucun cas toucher et déplacer les fils électriques tombés à terre.
La situation devrait être rétablie d'ici à mercredi 3 mars.

En ce qui concerne le téléphone, France Télécom a déclaré dans un communiqué qu'environ 170 000 clients n'ont plus de service notamment dans les régions Centre, Poitou-Charentes et Pays de la Loire. " Plus de 2 000 techniciens et spécialistes réseaux sont au travail depuis hier afin de rétablir les communications " a indiqué lundi 1er mars France Télécom qui signale également que le réseau de téléphonie mobile d'Orange est affecté en raison de la coupure de l'alimentation électrique de plus de 1 000 antennes relais. Enfin, environ 100 000 lignes terminales ont été coupées, notamment suite à des chutes d'arbres. La réparation de l'ensemble de ces lignes individuelles nécessitera entre 2 à 3 semaines.

Des dégâts considérables

Selon le pré-rapport de la mission commune d'information du Sénat sur les conséquences de la tempête Xynthia, le montant total des dégâts directement provoqués par la tempête Xynthia peut, à été évalué à plus de 2,5 milliards d'euros. La Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) a évalué le montant couvert par les assurances à 1,5 milliard d'euros.

Le pré-rapport note que le principal secteur victime de la tempête est l'agriculture : plus de 500 exploitations (dont 192 en Vendée, correspondant à 12 000 hectares, et 350 en Charente-Maritime, couvrant plus de 40 000 hectares) ont été inondées lors de la submersion marine ; brûlées par le sel, ces terres agricoles seront infertiles pendant plusieurs années.
Le secteur conchylicole a, lui aussi, été gravement impacté : ainsi, les ostréiculteurs de Vendée implantés dans les zones frappées par Xynthia ont subi un taux de préjudice de 50 à 100 %.

De plus, les ouvrages de défense contre la mer ont été fortement affectés : on estime que 200 kilomètres de digues ont été endommagés par la tempête dont 75 kilomètres de digues sont à reconstruire en Vendée (sur 103 kilomètres) et 120 kilomètres de digues (sur 224 kilomètres) en Charente-Maritime. En Gironde, sur les 433 kilomètres de digues que le département compte, 20 % sont considérées comme dégradées et 30 % dans un état moyen qui ne garantit pas leur stabilité.

Quelques valeurs de rafales de vent observées par Météo-France le 28 février 2010

Charente Maritime

  • 159 km/h à St Clément Les Baleines,
  • 140 km/h à La Pointe de Chassiron et à St Agnan
  • 137 km/h à Royan

Vendée

  • 137 km/h à Ste Gemme
  • 122 km/h à Fontenay

Deux-Sèvres

  • 161 km/h à Scille
  • 128 km/h à Niort

Vienne

  • 124 km/h à Poitiers
  • 130 km/h à Thénezay

Pyrénées et Sud-Ouest

  • 237 km/h au Pic du Midi (2877 m d'altitude, Hautes-Pyrénées)
  • 146 km/h à Luchon (Haute-Garonne)
  • 130 km/h au Cap Ferret et 120 km/h à Bordeaux (Gironde)

Lyonnais, Val de Saône, Massif central

  • 105 km/h à Lyon (Rhône)
  • 137 km/h à Brindas (Rhône)
  • 138 à Chastreix (Puy-de-Dôme)

Centre et Ile-de-France

  • 133 km/h à Blois (record)
  • 132 km/h à Châteauroux (record)
  • 126 km/h à Bourges
  • 128 km/h à Nangis (Seine-et-Marne)
  • 122 km/h à Paris-Montsouris
  • 126 km/h à Roissy
  • 155 km/h au sommet de la Tour Eiffel

Quart nord-est en fin de matinée et début d'après-midi

  • 144 km/h à la Celles-sur-Ource dans l'Aube,
  • 148 km/h à Chouilly dans la Marne
  • 135 km/h à Metz
  • 172 km/h sur les crêtes vosgiennes à Markstein (1200 m d'altitude)

Vents et fortes marées ont brisé les digues

La conjonction de forts coefficients de marées (102 sur la côte atlantique), une marée haute, un phénomène de surcote et de vents violents a brisé de nombreuses digues laissant la mer en furie se déverser dans les zones habitées. Par exemple, aux Sables-d'Olonne le remblai, semble avoir été complètement " soufflé ". A Port-Olona, plusieurs bateaux de plaisance ont été endommagés, un ponton a même été soulevé par les eaux. À la Baule, des commerces ont été inondés à hauteur de 80 centimètres. Sur l'île de Ré l'île voisine d'Oléron, l'eau est montée très vite à plus de 1,10 m...

Le département de la Vendée est le plus durement touché par cette tempête : 29 personnes sont mortes noyées, surprises dans leur sommeil par la brusque montée des eaux suite à la rupture des digues. Ce fut le cas à La-Faute-sur-Mer et à l'Aiguillon-sur-Mer, deux des communes les plus touchées par le passage de la tempête. En quelques dizaines de minutes, l'eau est montée à plus de deux mètres dans des habitations basses où enfants et personnes âgées n'ont pu sortir.

Il s'agit de la même situation que celle vécue par les habitants de la Nouvelle-Orléans en 2005 suite au passage de l'ouragan Katrina : les digues ont cédé et l'eau s'est engouffrée brusquement dans les habitations en pleine nuit.

Afin de colmater les brèches, le génie civil s'affaire pour apporter des tonnes de remblai sur les digues endommagées. Il faut se hâter car des coefficients de marée encore plus importants sont attendus ce jour et demain à l'Aiguillon-sur-Mer : 113 et 116 respectivement contre 102 dimanche 28 février. Les autorités ont mobilisé 500 pompiers et 200 gendarmes, appuyés par des renforts de la sécurité civile.

Digues insuffisantes ou constructions anarchiques ?

Ces évènements ponctuels et dramatiques nous rappellent combien les constructions, même en France, ne sont pas adaptées aux catastrophes.
Pour certains sinistrés, les digues étaient insuffisamment entretenues : puisque aucune catastrophe n'était survenue, c'est qu'elles devaient finalement remplir leur ouvrage... A titre d'exemple, le Conseil général de Charente-Maritime consacre chaque année 1,8 million d'euros à la protection de ses 420 km de côtes, soit 4,28 euros par m. En décembre, il annonçait pour 2011 "un vaste programme de réhabilitation" des 11 kilomètres de digues maçonnées de l'île de Ré, doté de moyens accrus. Sans doute les événements l'obligeront-ils à anticiper le calendrier. Sur l'île, par endroits, entre Le Bois-Plage et La Couarde, la dune a reculé de plusieurs mètres. Les falaises de la côte nord, entre Saint-Martin et La Flotte, ont également souffert. C'est tout le trait de côte de l'île de Ré qui a bougé.

Selon le maire de La Faute-sur-Mer, la digue qui a rompu faisait l'objet d'une surveillance étroite et était en bon état mais elle n'a pas résisté à l'effet conjugué des vents déchaînés, d'une mer en furie et d'un fort coefficient de marée.

Il y a 7 000 à 10 000 km de digues en France, dont certaines ont été construites au XVIIe siècle, a dit la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno. Selon elle, environ 1 000 km de digues peuvent être considérés comme à risque.

Mais que faut-il penser des constructions récentes situées derrière les digues, sur des terres gagnées sur la mer et situées en-dessous du niveau de la mer ? Les promoteurs immobiliers et les collectivités sinistrées peuvent mesurer les conséquences de leurs choix trop souvent dictés par les intérêts financiers... Le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a d'ailleurs estimé que le problème résidait plutôt dans des normes de construction pas assez sévères : " Partout où la terre est au niveau de la mer, il est prudent de construire plus loin ".

La solidarité nationale se met en place

Pas d'estimation financière encore, mais déjà le Premier ministre François Fillon évoque " une catastrophe nationale ". Les arrêtés de catastrophe naturelle, qui permettent le remboursement par les assurances des dommages liés au inondations (les dégâts dus aux vents étant pris en charge par la "garantie tempête" obligatoire des contrats d'assurance) seront publiés dans les 48 heures. Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu ce lundi 1er mars matin à l'Aiguillon-sur-Mer a annoncé à cette occasion une aide de trois millions d'euros, une double inspection sur les causes de la catastrophe, un plan de renforcement des digues et des aides d'urgence pour l'agriculture.

La France compte enfin demander à l'Union européenne de lui accorder des fonds sur son budget de solidarité pour l'aider à faire face aux ravages de la tempête.

L'alerte a bien fonctionné... en vain

Contrairement aux tempêtes de 1999, Xynthia avait été annoncée par Météo-France, tout comme le risque de crues depuis la mise en place d'une carte de vigilance "crues". De plus, fait rarissime, un bulletin d'alerte rouge avait été lancé dès vendredi par Météo-France : c'était la deuxième fois depuis 10 ans.

Cependant, si le système d'alerte a bien fonctionné, aucune mesure d'évacuation ou de consolidation des digues n'a été décidée dans les communes proches de la mer... Pourtant, selon Alain Ratier, directeur général adjoint de Météo France, " le risque de montée des eaux était clairement notifié, mais il n'était pas quantifié. Nous sommes en effet incapables de traduire les effets sur terre de la surcote, qui était estimée à 1 m en haute mer ".

En ce sens, la France ne se distingue guère des autres pays confrontés aux catastrophes naturelles. Alors que le changement climatique en cours devrait se manifester par des tempêtes de plus en plus violentes, Xynthia nous montre combien notre capacité d'adaptation est médiocre.

Enfin, si le lien avec les changements climatiques en cours est encore difficile à établir, nous pouvons toutefois nous interroger sur la puissance des dernières tempêtes en France : 1999 était la " tempête du siècle ", moins de 10 ans après, une tempête comparable en intensité mais plus localisée dévaste le sud-ouest de la France, tuant une dizaine de personnes et causant des dégâts considérables. Et un an plus tard Xynthia devenait la tempête la plus meurtrière après Lothar et Martin... Variabilité naturelle ou pas, il faudra s'habituer à ce type d'évènement...

Sources

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 01 mars 2010, 14 h 09 - Tous droits réservés

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25 commentaires

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avatar lavoisier - 01/03/2010, 15:16

une règle probabiliste

ou hasard de coincidence entre

-dépression à 970 hpa qui entraine une surcôte de 40cm

- une marée qui n'est pas exceptionelle à 102 (les coéfficients vont s'amplifiés jusqu'à 2015)

- l'heure de la marée haute

- et forte houle



faut réouvrir les livres d'histoire

les polders n'ont pas été conçu pour faire des lotissements et malheuresement des cimetières

avatar Toulon Angélique - 01/03/2010, 15:24

C'est bien évidemment par après qu'on se rend toujours compte des dégats , il ne faudra surtout plus construire de façon anarchique et irréflléchie aux mêmes endroits, et delocaliser les gens qui vivent là en les y aidant le plus vite possible car vu les changements climatiques, ce n'est qu'un début et ceci en tte logique, nous le savons bien, se reproduira encore et encore sur l'ensemble du littoral français. Nos très sincères condoléances à ceux qui ont perdus leurs proches, c'est avec une immense tristesse que nous avons vu les images choc de ce désastre national. Espérons que les secours font au mieux et que ces pauvres gens vont se sortir de là et tenir bon,s'armer de courage et de patience, mais avec quels traumatismes bon sang, vivront ils après et quelle peur si cela venait à se reproduire? Il faudrait leur accorder une aide spéciale finacière et sérieuse ,leur permettant de partir s'installer plus en arrière dans les terres, mais le faire réellement car cela pourrait être encore plus grave dans le futur, la nature a une force colossale que nous n'"endigueront pas". C'est évident

avatar pb2010 - Paris - 01/03/2010, 18:20

Halte à la désinformation écologiste ! Les tempêtes violentes que l'on connait actuellement n'ont rien à voir avec le changement climatique mais simplement de l'oscillation cyclique sur 40 à 60 années de la température de l'océan Atlantique.

avatar Christophe Magdelaine - 01/03/2010, 18:35

@ pb2010 - Paris : où voyez-vous de la "désinformation écologiste" ?...

avatar DEHELVET, région vichyssoise - 02/03/2010, 10:22

Bonjour à tous.



Comme tout le monde, je suis attristé par tous ces morts et toutes ces victimes de la tempête Xynthia ; je leur adresse toutes mes pensées attristées.



Bien évidemment, nous sommes obligés de constater que si cette catastrophe a été si importante cela tient d'abord aux digues (datant de Napoléon III pour la plupart), souvent en terre et mal entretenues, mais aussi par le fait que l'on a construit dans des polders alors que la loi l'interdit.



En aucun cas, les habitants de ces lieux doivent être culpabilisés, il faut le dire.



Mais, si des maires, sujets à des pressions financières ou pour des motifs électoralistes, se sont mis hors la loi et ont donné des permis de construire là où c'était interdit ; au cas où ils seraient encore dans leur rôle d'élus, ils devraient démissionner immédiatement. Nous n'avons que faire d'élus qui sont des hors la loi, et en qui nous plaçons notre confiance. Préfets permissifs y compris.



Deuxième point et il est d'importance : les autorités, surtout les maires, ont été averties par les services de Météo France, et savaient ce qui allait se passer, ceci 15 heures avant la catastrophe... et ils n'ont rien fait. Pourquoi ?



Pour les autres autorités qui disposaient d'un délai insuffisant pour procéder à une évacuation, elles auraient aussi dû actionner les sirènes et quand cela aurait été possible, sillonner les rues avec des véhicules munis de hauts-parleurs afin d'avertir les populations.... et de les réveiller.



Or, là aussi rien n'a été fait et on a laissé des pauvres gens être pris au piège dans leur maison et en plein sommeil.



De l'aveu même d'un maire, hier à la télévision (BFM TV), il a reconnu que '' les sirènes n'ont pas été actionnées pour éviter la panique '' !!!



Où sommes-nous, dans quel monde vivons-nous ? Il faudra bien que tout ce monde rende des comptes.



Mais au-delà de ce débat, cela pose une autre question :



Au vu de la désinformation des populations et de l'impéritie des pouvoirs publics au sujet de l'entretien des éléments de protection, faut-il s'attendre, ici ou là, que l'on n'avertisse personne.... pour éviter des paniques ?



Je pense qu'il faut revoir complètement les mécanismes de protection des populations et surtout ne pas prendre les gens pour des arriérés mentaux. J'affirme que chacun a droit ''au devoir de protection '' (voir mes communications) que les élus en place doivent aux populations. Notre pays dispose de moyens très largement suffisants (on le voit à Haïti et partout dans le monde) pour intervenir très rapidement là où des populations sont en danger. Peu importe le coût de telles opérations, c'est un devoir d'intervenir.



J'ai personnellement vécu la tempête de 1999 et j'ai subi des dégâts très importants..; et personne ne m'a aidé ! je ne souhaite pas que cela se reproduise ailleurs.



Salutations terriennes à tous.

DEHELVET, correspondant co-rédacteur en chef evolutionnaire.fr

avatar André Molsheim - 02/03/2010, 19:09

L'entretien des digues en France ressemble plus à du "rafistolage" qu'à un travail sérieux de prévention. Pourtant, les Pays Bas nous montrent l'exemple! Depuis 1953, date d'un énorme raz de marée qui a fait 1800 victimes, ce pays consacre depuis cette date chaque année 1 milliard d'euros pour la construction/l'entretien de digues et barrages divers, démontrant ainsi cette vision à long terme qui nous fait cruellement défaut. Mais les digues sont un "emplâtre sur une jambe de bois", lorsqu'on bétonne les côtes pour un profit maximum. Tout cela finira mal, si nous ne changeons pas totalement de comportement.

avatar lavoisier - 03/03/2010, 21:19

Pour ceux qui veulent construire en zone litorale

il y a une information qui exciste dans tous les grands ports de référence en Françe :

sans polémiques de ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ou font semblant de ne pas savoir :

C'est l'écart entre le zéro des cartes marinnes et le zéro des cartes terrestes

exemple si cet écart est de 3,5 m et que le marnage est de 6 m

toutes les zones à 2,5 m NGF sont potentiellement submersibles à marée haute



le probléme se complique ensuite, quand il faut ajouter la surcôte barométrique et l'amplitude de la houle



Aprés avec cette informatioon chacun fait ce qui veux en toute conscience

avatar lavoisier - 04/03/2010, 21:57

en dessous de 5 m NGF

faut construire sur pillotis

dixit le chef



http://www.lesindiscrets.com/article-9288-video-sarkozy-approuve-la-construction-en-terrain-inondable.html

avatar Nicolas, Paris (Noirmoutier) - 06/03/2010, 07:14

Bonjour,

je suis originaire de vendée, de l'ile de Noirmoutier

Je vie depuis presque 10 ans a paris mais je suis un passionné de météo depuis plus de 15 ans car venant d'une ile qui est au 3/4 sous le niveau de la mer d'un déficit allant de 0 à - 90 cm et culminant à, à peine 3 m au point le plus haut avec comme seule protection sur les 50% de sont littoral une dune fragile, attaqué depuis plus de 15 ans par les tempêtes mais aussi par le tourisme (les gens qui se promènent sur les dunes 4 mois dans l'année et qui ne rendent pas compte que cela l'affaiblit et la fait reculer inéluctablement - plus d'un mètre perdue par an par l'action du tourisme et plus d'un mètre perdu par la mer) J'ai toujours eu conscience de la fragilité de cet endroit et des risques associés surtout depuis que le climat semble déréglé

J'ai un site toujours ouvert sur mon ordi, INFOCLIMAT autant vous dire que lorsque j'ai vu le département ou vie encore ma famille (parent, frère, grands-parents) en vigilance rouge, je me suis mis de suite a flipper pour eux car je savais qu'une tempête aligné sous le jet courant (comme en 1999) avec un risque d'alignement entre marée haute à fort coefficient et heure de passage de l'ouragan (n'ayons pas peur des mots), ne pouvait se finir uniquement par une érosion des dunes, cette fois j'ai bien eu peur que l'ile ne s'ouvre en deux par la façade extrême atlantique (entre les communes de l'Epine et de l'Herbaudière sur la plage dit de Luzéronde) la dune qui protège se site est tellement fatiguée (elle a perdu à l'échelle de ma petite vie plus de 50 mètres en 20 ans) qu'elle n'aurais pas résisté à la surcote et au coup de butoir de Xynthia l'eau aurait inondé la partie marais intérieur sans conséquence que de coupé l'ile en deux ou trois parties, puis par monté des eaux de l'intérieur aurait inondé les communes de l'ile avec un bilan qui aurait été très lourd, trop de lotissement ont été construit sur d'anciens marais ou d'anciennes vasières depuis la fin des années 80



cette fois-ci ils ont eu de la chance mais les dégâts que les dunes ont du subir doivent être irréversible, je verrais ça à pâques car j'y descend

Par contre je n'arrive toujours pas a m'expliquer comment ils ont pu en réchaper alors que Noirmoutier est a 100 km de l'Aiguillon S/Mer à vol d'oiseau et à 80 km des Sables d'olone Ma mère a même su me dire le lendemain au téléphone que cette tempête avait été moins forte qu'une autre qu'il avais eu quelques jours avant Xynthia.



Une chose est sur malheureusement c'est que ce genre de phénomène meurtrier recommencera car ces tempêtes types 1999 qui devait être des tempêtes du siècle, sont devenues décénales et qu'entre l'ouragan qui a frapper les forets des Landes et Xynthia y'a pas 10 ans..; j'espère que ces phénomènes ne sont pas en train de devenir annuel.

avatar lavoisier - 06/03/2010, 09:55

bonjour Nicolas

je suis sur Noirmoutier avec mon épouse qui en est originaire de sa famille depuis trés longtemps

C'est vrai que nous avons bien réssisté

mais ce n'est pas la peine d'attendre que le cordon dunaire de la luzeronde coupe, cela a coupé de l'autre coté coté baie et toute la zone d'aquaculture Françe Turbot est sous l'eau avec la production et les installations perdues

Cela a coupé aussi du coté des Sableaux

le port de Noirmoutier a aussi débordé, mais sasn trop de conséquence suite à la côte NGF de la ville

Nous sommes dans la méme situation que l'ile de Ré, la mer veut recouper l'île en deux

l'explication est peut être dans les gros travaux sur les digues, mais c'est inexrobable, on va construire un troisiéme digue pour protéger les lotissements de Barbatre construit dans la plaine qui a déja subit des inondations dans la mémoire des anciens

On se fait aucune illusions, on est condannés à moyen terme et pas moyen de reculer comme sur le continent

Sur une marée de 119 prévue le 26 mars 2015, il ne reste qu'une vingtaine de cm de marge au port de l'herbaudiére, c'est évident il ne faut pas avoir de surcôte dans ces conditions

ce que paradoxalement ils ne veulent pas comprendre sans catatrophe

une digue c'est un trapéze, la rehaussée pour en faire un triangle ne sert à rien

Le plan digue va être confonté à ce probléme, sans recul il est impossible de faire une digue qui ne resemble plus à un talus

salut et peut être à Pâques

avatar Nicolas, Paris (Noirmoutier) - 06/03/2010, 10:25

merci Lavoisier pour ces informations que je n'avais pas eu. C'est étonnant que ce soit la face continentale de l'ile qui a le plus "pris" y'a du avoir un phénomène ondulatoire d'échos entre les côtes continentales et les cotes de Noirmoutier. comme quand on brasse l'eau du bain y'a des retours de lame qui a un moment ou un autre déborde.

Je me souviens l'été dernier quand je suis descendu là bas mon père m'avais effectivement sorti un article du ouest france qui faisait mention des craintes quant à la marée de 2015 (de mémoire je croyais avoir lu, 2012 mais tu dois avoir raison je m'en souviens plus) Comme tu le souligne très bien Noirmoutier n'a pas la possibilité illimité de luter contre la mer, à part le bois de la chaise et quelques "plaines dunaires" à mi hauteur, le reste de l'ile est composé à 70% voir plus de réseau de canaux (étier), de marais (salant et autres) et en dessous du niveau de la mer. il est assez frappant d'ailleur de voir des plans de l"ile (mappy) ou des images satellites pour comprendre la fragilité de cette ile. Depuis même quelques années moi qui pensait finir mes beaux jours sur Noirmoutier j'en doute de plus en plus.



une autre chose j'ai connu dans les année 80 quand j'etais gamin la marée du siècle qui avait eu un coeff de 121 ou de 124 je ne sais plus, donc normalement le coeff de 119 devrais en principe pas poser de problème sauf évènement exceptionnel et cela sans prendre en compte les changements qui ont eu lieux entre ces deux marrées exceptionnelles

avatar GSCF - 06/03/2010, 11:09



Communiqué de Presse du GSCF Villeneuve d’Ascq Le 5 mars 2010



Tempête Xinthia

Questions concernant l’aide apportée aux sinistrés



Nous vous invitons à lire le dossier, transmis à Monsieur le Président de la République.

Ce dossier a pour objet de disposer des réponses suivantes :



- Les raisons de la non prise en considération de l’offre de soutien proposée par le GSCF lors de la tempête Xinthia



- Le souhait de vouloir soutenir ou non le projet Bénensol



Lien du dossier : http://www.gscf.fr/tempete/dossier_tempete.pdf

avatar lavoisier - 06/03/2010, 11:26

rebonjour Nicolas

la fragilté de l'île a toujours été coté baie de Bourgneuf et paradoxalement n'est pas sous l'effet des houles d'ouest

2012 c'est le calendrier Maya et pas l'annaire des marées

sans te vexé tu n'est pas trop marin

les coéfficients de marée évolus entre 20 et 120 maxi et il y a des fausses informations sur des coéff hypothétiques de 140 en 2012

Chose intérrèssante concernant le cordon dunaire de la Luzeronde, il reste en grande partie les vestiges du mur de l'atlantique et pour l'instant cela ne bouge pas d'un poil.

l'information la plus imporatante sur Noirmoutier :

l'écart ente les zéros marins et terreste est de 3,56 m

avec un annuaire des marées tu fait la différence avec les marnages

enfin tu doit connaître un proverbe Noirmoutrin

quand la roche du Cob sera submergée, cela sera finie pour l'île

A chaque grande marée on va voir

je te fait voir a Pâques ce repere géologique et c'est avec plaisir de te renconter

avatar Bruno Herblay - 06/03/2010, 12:07

En fait cet ouragan n'a rien d'extraordinaire en intensité (ceux de 1999 et suivants étaient plus forts). 0n est déjà dans une configuration quasi annuelle, seule la localisation de "l'épicentre" change (un coup la bretagne, un coup le pas de calais, un coup le sud ouest et un coup les charentes vendée)



La catastrophe est venue de la conjonction avec une forte marée haute, mais là encore un coefficient de 104 n'a rien d'extraordinaire (c'est une ou plusieurs fois par mois), des constructions anarchiques et des digues en très mauvais états.



En conclusion, on a eu une catastrophe plus par un mélange de situations dans la moyenne supérieure que par la seule force de la météo.



Ce qui veut dire que ce qui est arrivé aurait déjà du se produire depuis longtemps sauf qu'on avait eu de la chance jusqu'à cette année (et pas l'inverse). Je connais bien les côtes de l'île de ré et en 1999 on était passé tout à coté de la catastrophe (tout le monde a eu peur mais personne n'a rien fait). Les dûnes et le sable ont beaucoup diminué/reculé depuis mon enfance c'est indéniable.



Mais la vraie malchance ce serait une marée d'équinoxe de 115, un ouragan de la force de celui de 1999 (200 km/h) coincidant pile avec la marée haute et des digues qui resteraient comme elles sont. Là on aurait une situation, toujours probable, qui ferait beaucoup plus mal. En conclusion tout cela se reproduira et si on ne fait rien ce sera pire.



Maintenant rentrons dans le non prouvé (pour certains) mais fortement probable. L'élévation du niveau des océans, on parle de 1m à 2m d'ici la fin du siècle. Les gens pensent je serai mort, oui peut être à la fin du siècle, mais cela fait 0,5 à 1 m d'ici 50 ans et déjà beaucoup dans 30 ans et là beaucoup le verront (je ne pense pas être mort dans 30 ans!!). Et c'est beaucoup 0,5 m !!!! surtout ajouté aux fluctuations naturelles (tempètes, marée haute, marnage).



Alors que faire?

- empècher la montée des eaux: impossible avec les mentalités actuelles et à venir dans 20 ans, je n'y crois pas (on a vu Copenhague)

- endiguer: oui 1m c'est encore dans le faisable mais ce n'est pas possible partout.

- arreter de construire n'importe où et démolir ce qui peut l'être: c'est évident et le problème d'ailleurs n'est pas propre aux zones littorales: il faut controler les plans d'occupation des sols partout, une zone de marais naturels est une meilleure barrière qu'une digue.

- reculer: quand c'est possible (on ne va pas reculer La Rochelle ni Noimoutier !!) mais ce n'est pas vraiment une solution juste un gain de temps.



En tout cas il faut rapidement réfléchir, analyser et modéliser pour tout le litoral français pris dans son ensemble. C'est nécessaire, chaque zone à ses propres contraintes mais le problème est global. Esperons que cette catastrophe, prévisible et qui se reproduira, permettra cette reflexion.





avatar lavoisier - 06/03/2010, 14:00

bruno

c'est bien pour cela que l'on ne se fait aucune illusions

les seuls sont sont les touristes et les promoteurs immobiliers

certainement dans 2 sens différents

avatar lavoisier - 06/03/2010, 14:48

nicolas

une vidéo sur le débordement du port de Noirmoutier sur une marée de 102



http://search.izlesene.com/?vse=noirmoutier



avatar Nicolas, Paris (Noirmoutier) - 06/03/2010, 15:12

oui avec grand plaisir car le seul cob que moi je connais c'est celui qu'on mange mais je le connais de noms je crois qu'a certaine marée mon père y va en pêche.



Le vrai problème de la cote de la baie de Bourgneuf pour l'ile c'est son envasement et le fait que l'ile donne l'impression de s'enfonce petit a petit de ce coté

avatar Claude La Rochelle - 06/03/2010, 15:19

Qu'il est bon de pouvoir se "faire" les promoteurs, ou les élus ou quoi encore?

Arrêtons de chercher chaque fois un responsable et sachons aussi partager une responsabilité.

Cette tempête était parfaitement annoncée avec une surcote de marée, sauf que la surcote de tient pas compte de l'amplitude des vagues et que celle-ci peut être très variable en fonction du relief côtier qu'elle rencontrent.

Oui les zones inondables existent et la protection d'une digue n'est pas une protection absolue.

La plupart des villes côtières peuvent être inondables, la plupart des villes ou villages en bordure de rivière ou de fleuves peuvent être inondables, et que dire de Paris qui attend l'inondation du siècle.

Le problème est dans la formulation de l'alerte toujours la moins alarmiste possible, on parle de tempête alors que Xynthia est un cyclone, on parle de surcote alors que c'est un mini tsunami qui aurait du pousser les autorités à faire évacuer les zones potentiellement inondables. Météo France a la fâcheuse habitude de travailler sur des moyennes de vitesse de vent ou de chute de pluie alors que ce qui est dangereux c'est généralement la pointe un vent de force 10 aura des pointes de force 12 mais c'est le force 10 qui sera annoncé bien que maintenant avec les bulletins d'alerte les annonces comprennent le terme "pouvant atteindre". Je pense que c'est cette référence du "pouvant atteindre" que les autorités devraient systématiquement prendre en compte de manière à prévenir les populations et éventuellement à les déplacer.

avatar Nicolas, Paris (Noirmoutier) - 06/03/2010, 15:35

merci pour le lien de la video du port je comprends mieux et renforce mon idée que Noirmoutier a echaper à la cata de peu, j'avais jamais vu de l'eau demonté comme ca sur la route de la jeté du port et inondé les commerces et salle de spectacle au abord

avatar Nicolas, Paris (Noirmoutier) - 06/03/2010, 16:01

Il ne s'agit pas ici du pathétique « devoir de mémoire »,de ces coups de mentonnière opportunistes, mais de la mémoire vraie. Celle des hommes et de leurs paysages, celle des anciens, des sages : bref celle de la mémoire collective... Il s'agit surtout d'échapper à cette tyrannie de l'instant qui nous pousse dans une fuite permanente vers des avenirs, improbables, amnésiques.

La tragique tempête de ces derniers jours rappelle l'impératif de raviver la mémoire du risque dans la mémoire collective. « L'exceptionnel », mantra des médias, semble évoquer une absence de précédent ainsi que son impossible répétition, or il n'en est rien.



Faisons œuvre de mémoire. Le long des 276 km de côtes du département de la Vendée, de vastes espaces regagnés sur la mer sont protégés par 103 km de digues à la mer. Plusieurs inondations sont intervenues dans tous les secteurs du littoral. Les plus récentes et tristement célèbres restent la rupture du polder Sébastopol sur l'île de Noirmoutier avec plus de 3000 ha submergés et l'ouragan de 1940 avec la destruction des digues de Bouin. On évoquait déjà « l'exception ». Pourtant, là aussi, combinaisons d'un coefficient moyen, d'un vent violent et d'une forte dépression engendrant une sur cote importante. Depuis l'an mil l'île de Noirmoutier a été périodiquement assaillie par des tempêtes ou des ouragans dont la mémoire a été entretenue par les populations locales et notamment par l'association « 12/12 ».



Quelques évènements extraits du répertoire des catastrophes survenues dans l'Ile de Noirmoutier :



1075 Un fort « vimer » envahit les champs au Both et au Fier.



1351 Reprise par la mer de très grands territoires dans toute la plaine de Barbâtre.



1509 Ouragan : la mer rompt la digue de Pulant et envahit la plaine de la Guérinière.



1638 Raz-de-marée : une partie de l'île est inondée.



1762 Nouveau désastre : l'île est menacée d'une inondation générale.



1763 Le 3 février, brèche aux dunes du Devin. Les digues de la Frandière sont rompues en trois endroits ; la mer noie toutes les terres de la Fosse, de laFrandière et des Onchères ; le moulin des Onchères et un certain nombre de maisons, dont une dizaine du bourg, sont engloutis et dévastés. (Pagesd'Histoire noirmoutrine – Fernand Guillet, 1948).



1838 Destruction des digues privées sur la côte de Pulant, inondations catastrophiques à la Guérinière. Il faut des barques pour passer d'une maison à l'autre.



1882 Les travaux d'endiguement au niveau du village de la Guérinière sont insuffisants contre les tempêtes du Sud-Ouest. Déjà la mer y est arrivée avec un courant de foudre et presque toujours en pleine nuit, envahissant l'église, la cure et les maisons voisines.



1926 Le 20 novembre, « lors d'une effroyable tempête, la mer coupe les dunes de Bressuire (l'Epine) et rentre à flots jusqu'aux abords du village ».



1937 Rupture de la digue à la Tresson : la mer atteint la route (N 148), 130 ha inondés. Dans la nuit du 13 au 14 mars, les habitants de l'île de Noirmoutier et des communes du marais de Monts et de Bouin furent alertés par le tocsin.



1996 Vents violents et mer très forte. Durant les mois de janvier et de février, (en particulier le 7 février), toutes les côtes de l'île subissent des dégâts



1999 Le 24 octobre, la conjonction d'une forte dépression, d'un coefficient de marée élevé (coefficient de 102, hauteur d'eau de 6,15 m à Saint-Nazaire soit environ 5,75 dans le port de Noirmoutier) et de vents violents de secteur Ouest-Sud-Ouest provoque une surcote exceptionnelle d'environ 0,9 m. Les digues sont touchées et des débordements ont lieu au niveau desberges d'étiers et sur les quais du port de Noirmoutier.



1999 Les 26 et 27 décembre, même scénario : le coefficient supérieur à 100 qui accompagne la tempête amplifie l'action érosive de la mer.



On le voit : l'histoire fait de l'exceptionnel la règle. Depuis, on a oublié, on a renforcé les ouvrages et on a construit plus d'un millier de maisons dans les prés salés inondables du sud de l'île. Les anciens n'auraient jamais construit là, sous le niveau de la mer. Les plus vieux villages sont tous sur le cordon dunaire, Jamais plus bas que le niveau zéro des cartes marines.



Les communes les plus touchées par la tempête Xynthia, dans la région de l'aiguillon sur mer illustrent cet oubli de la mémoire du risque : Dès 2005,la DDE de Vendée a répertorié les digues pouvant être objet de la protection civile et établit les définitions de la dangerosité du site. La digue Est de la Faute sur mer a été la première du département à être classée comme ayant un intérêt de sécurité publique et faisant l'objet de prescription de diagnostic, de surveillance et d'entretien par arrêté préfectoral du 7 juillet 2005.( http://www.paralia.fr/jngcgc/10_27_raison.pdf).



À Noirmoutier, les anciens n'ont pas oublié et pensent déjà à la future « marée du siècle » de 2013 : « pourvu que cela marche et qu'il n'y ait pas conjugaison de marée d'équinoxe et de tempête… ». « J'y pense et puis j'oublie... » Chantait Jacques Dutronc.



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