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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
9783 lectures / 24 commentaires24 février 2010, 13 h 51
Le Salon International de l'Agriculture va bientôt ouvrir ses portes à Paris. Ce rendez-vous toujours surprenant et captivant entre les consommateurs et le monde agricole ne doit toutefois pas nous faire oublier la logique commerciale de la puissante industrie agro-alimentaire française. Loin des propos rassurants d'une agriculture qui se veut plus respectueuse de l'environnement et des Hommes, la réalité est toute autre, même dans les produits issus de l'agriculture biologique, une filière qui se laisse dépasser par les intérêts marketings et commerciaux de la grande distribution.
Ca y est, le bio est partout : même dans les grandes enseignes de la distribution qui s'en vantent. Si le choix ne cesse de s'étoffer et les prix baissent régulièrement, la filière française de l'agriculture biologique n'en profite que trop peu. A ce titre, différents producteurs de fruits et légumes[1] engagés dans l'agriculture biologique ont adressé une lettre à un certain nombre de décideurs(2) pour leur faire part de leurs inquiétudes. La logique perfide du sacro-saint "pouvoir d'achat" du consommateur a raison de tout, même de l'éthique d'une filière qui se veut exemplaire.
Nous vous proposons de découvrir cette lettre, reproduite ici dans sont intégralité :
« En tant que producteurs de fruits et légumes biologiques, signataires de cette lettre, nous avons la volonté, aujourd'hui comme hier, de favoriser le développement de la production et de la consommation biologiques.
Cependant, nous estimons que la communication massive sur la croissance du marché et le déficit de production sont en décalage avec la réalité. Ces derniers mois, le marché bio connaît des situations de surproduction durables en fruits et légumes. Il semble que le marché biologique marque une pause alors que la montée en puissance de la restauration hors domicile se fait attendre, démontrant sa complexité.
L'importation ne vient pas combler le manque chronique de volumes qui devraient, dans ce cas, progressivement être remplacés par des productions françaises. Elle répond à une demande en produits exotiques, hors saison ou à bas prix que nous ne pouvons et ne voulons pas proposer aux consommateurs pour des raisons éthiques, techniques ou économiques.
C'est ainsi que l'été dernier, en pleine saison de production française, la majorité des fruits et légumes biologiques présents dans certaines enseignes de grande distribution étaient importés. Cet état de fait répond aux engagements pris par ces enseignes de fournir à leurs consommateurs des produits bio à bas prix. Le soin que nous apportons à nos cultures et notre volonté de pratiquer une agriculture durablement biologique ne nous permettent pas d'être compétitifs pour répondre à ces demandes.
Par ailleurs, en matière de politique de conversion, nous constatons l'insuffisance de l'accompagnement technique et de la formation, qui met les nouveaux producteurs dans une situation intenable. La transposition pure et simple du système agronomique conventionnel en bio n'est pas viable, encore moins durable ; la diversification des cultures fait partie intégrante du mode de culture biologique. Ignorer ces principes conduira l'agriculture biologique à l'échec.
Ces constats ne se retrouvent ni dans la communication institutionnelle, ni médiatique.
De son côté, le consommateur n'est pas en mesure de faire de vrais choix, son intérêt ne résidant pas dans un développement purement quantitatif, mais dans la participation active à une filière saine et cohérente ».
Les produits issus de l'agriculture biologique, outre leur qualité gustative, ont de nombreux atouts pour l'environnement et notre santé. Toutefois, ils perdent en partie leur intérêt environnemental lorsqu'ils sont importés et ne respectent pas le cycle naturel des saisons : transport supplémentaire et culture forcée ne sont pas compatibles avec l'éthique de cette filière originale. De surcroît, trop de pays exportateurs ne sont pas en mesure d'assurer un cadre social aux travailleurs saisonniers de l'agriculture biologique : le consommateur croit faire un geste mais il ne fait que perpétrer un système qui n'a qu'un seul mot d'ordre : la rentabilité coûte que coûte.
Achetez bio oui mais pas à n'importe quel prix : il faut acheter des produits français qui respectent le cycle des saisons : la grande distribution veut surfer sur la vague verte mais n'a visiblement toujours rien compris et ne souhaite pas assumer l'engagement que cela implique...
Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 24 février 2010, 13 h 51 - Tous droits réservés
Loic Pierret - 24/02/2010, 20:08
oui tout à fait, on y est confronté tous les jours ! et c pas évident ! même en toute connaissance de cause , c dur de ne pas acheter des tomates, des courgettes, des poivrons ou des aubergines! même emballées dans du plastique et venant d'Espagne !! les bons petits plats prennent le dessus! ils le savent et l'utilisent très bien!
sans parler des fruits exotiques, ce qui est encore pire!
Ap2E Agir pour une économie équitable - 24/02/2010, 21:18
Hors d'une économie équitable que nous devons construire ensemble les producteurs de fruits et légumes bio rencontrerons les mêmes difficultés avec les distributeurs.
Une alternative pour éviter cela appliquer certains principes du commerce équitable Nord Sud au commerce équitable Nord Nord et tout particulièrement celui de la transparence des prix ( Ap2E Agir pour une économie équitable propose de revenir au double étiquetage qui a eté mis en place quelques semaines il y a plusieurs années.)
Stéphane LAGASSE BRUXELLES - 25/02/2010, 00:11
Etre écolo est un tout, cohérent. On devrait toujours tout sa..................................... voir de l'origine de nos achats.
(encore cet espace partiellement masqué par un publicité!)
lavoisier - 25/02/2010, 11:24
vu le lien ci-dessous
faut faire les courses avec une calculatrice et une formation énartique :
c'est du bio ou pas du bio ?
bio 95%, 70% , 50 % , et moins de 70% et en plus bio en conversion
http://biogassendi.ifrance.com/reglesbio.htm
Christophe Magdelaine - 25/02/2010, 17:07
Non un enfant de 3 ans est capable de vérifier la présence du logo "Agriculture Biologique" sur un produit alimentaire... Si un produit n'a pas le logo AB, il n'est pas bio, ce n'est pas plus compliqué.
Page sur les labels écologiques : http://www.notre-planete.info/ecologie/devdurable/labels_ecologiques.php
Claude Québec - 25/02/2010, 17:32
On le sait sur le marche les prix des fruits et legumes de l'agriculture de masse comporte plus de profit aux intermediares qu'aux producteurs.
Cette marge qui est eleminee dans le BIO devrais permettre au producteurs de competitionner avec les grands
Il n'y as pas de raisons pour que les prix soit le double et parfois le triple.
D'ailleur pour avoir beaucoup voyager en france j'ai remarquer que dans certain marche quelque producteur reussisent a le faire et avec d'exelent produits.
lavoisier - 25/02/2010, 21:20
reste le problème du bio d'importation
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2008_marche_produits_bio_hausse.php
c'est du miel AB made in françe ou AB made in china ?
sans cruiser
lavoisier - 25/02/2010, 21:33
le logo chinois
http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-comment-trouver-des-legumes-sans-pesticides--391.asp?1=1
une garantie pour notre déficit commercial
Jacques - 25/02/2010, 22:18
Seul le consommateur a la solution, mais celà demande une révison complète de nos habitudes,
Vive mon jardin et tant pis pour le mal de dos.
lavoisier - 25/02/2010, 22:39
jacques
tu fait comment pour le ver du poireau
Jacques - 26/02/2010, 10:57
Lavoisier,
Je n'en ai pas, mais je pense que les tremper pendant une/deux heure dans du purin d'ortie dilué à 20% avant repiquage pourrait faire le taf.
lavoisier - 26/02/2010, 12:00
j'ai essayé
c'est valable au repiquage pour dissuader le papillon un moment
Jacques - 26/02/2010, 18:24
Alors il faut arroser avec le purin de temps en temps
lavoisier - 26/02/2010, 19:32
tu pense que les poireaux des hypers sont dans ce cas
des bijoux de collection
sur place si un poireau est atteint
tu le vois tout de suite, tu le récolte et tu fait un peu de tri , qui retourne dans le compost aprés avoir zigouiller le ver
lavoisier - 27/02/2010, 12:19
je vois que christophe nous fait des farçes
superbes poireaux à mettre en collection
Pour lutter contre le ver du poireau, on peut, dans un premier temps, pulvériser du purin d'ortie si l'on a l'âme quelque peu écologique. Sinon, il convient d'utiliser un insecticide à base de roténone ou d'une pyréthrine de synthèse.
je pense qu'il vaut mieux déja accepter que une pomme c'est pas le miroir de la SdB
Christophe Magdelaine - 27/02/2010, 12:24
Sympa les poireaux hein ? ;-) Allez je remets les légumes bio emballés, le ver à eu raison du poireau... ;-)
lavoisier - 27/02/2010, 12:33
je pari que bon grés ou mal grés
tu en fait de la soupe
tu est coinçé dans à Paris tout va bien
Pierre Darmangeat-44 La Rouxière - 27/02/2010, 12:59
Bonjour,
Je cite votre dernière phrase : « Achetez bio oui mais pas à n'importe quel prix : il faut acheter des produits français qui respectent le cycle des saisons : la grande distribution veut surfer sur la vague verte mais n'a visiblement toujours rien compris et ne souhaite pas assumer l'engagement que cela implique... »
On ne peut qu'être d'accord avec l'ensemble de l'article et la lettre des producteurs.
Toutefois, je crains fort que la grande distribution ait au contraire parfaitement compris : le consommateur se donne bonne conscience en achetant "bio", mais le veut le moins cher possible.
En outre, je ne vois pas ce que viennent faire les emballages en plastique sur des produits bios…
Ceci dit, tant que l'agriculture biologique ne recevra pas les aides nécessaires à son développement et sa pérennité, au moins égales (en proportion) à celles de l'agriculture chimico-intensive, le produit bio français sera trop cher pour la majorité des acheteurs. De la sorte, seuls les plus riches peuvent se targuer de consommer à la fois bio et français. Manger bio à Saint-Germain des Prés, ou chez les grands Chefs, c'est possible et ça fait bien. Manger bio dans mon village relève de l'utopie tristement réelle, d'autant que le "pays" fut naguère anéanti par les remembrements successifs, et produit des pommes chimiques immangeables sur des centaines d'hectares, traitées trois fois par semaine en saison, et environ neuf mois sur douze. Les terres non cultivées comme "vergers" sont réservées au maïs…
Et malheureusement, je fais partie de ceux qui regardent les prix et passent leur chemin, qui sont légions.
La balle est dans le camp de l'État qui s'en contrefiche.
Jacques - 27/02/2010, 13:49
Il est clair que les grandes surfaces se sucrent au maximum et pas seulement sur le bio. Maintenant quand je vois des *cons*, comme je l'ai vu ce matin, acheter des cerises venant du chili à 9.90€ le kilo, je me dis que les grandes surfaces ont raison. Le consommateur a le pouvoir de dire non, mais ne le fait pas.
Muriel - Ciboure - 27/02/2010, 14:54
Bonjour,
Côté marâichers, il est une vérité vraie, que ce soit pour l'agriculture conventionnelle ou Bio, c'est que vendre sa production à la grande distribution, n'a rien d'économiquement viable. L'une des solutions économiques est de vendre la majorité de sa production directement au consommateur. Cela demande un certaine organisation : marchés, Amap, livraisons à domicile, ... on voit également se monter des magasins coopératifs (magasins tenus par un groupement de produteurs).
Etant "Amapienne", et ayant galéré pour trouver un maraîcher pour nous approvisionner, je sais que rien n'est fait au niveau gouvernement pour favoriser l'agriculture biologique par rapport aux conventionnels, et que si l'on veut que cela change, il faut que le mouvement vienne des consommateurs... Cela prend du temps, demande de l'organisation, mais les premières structures sont là, donc si vous voulez vraiment privilégier une nourriture saine et goûteuse, renseignez-vous sur les Amap (il y en a un bon nombre en région parisienne !). Vous aurez des produits Bio, frais, de saison, au même prix que les produits non Bio du marché, et vous favoriserez le développement de producteurs locaux...
Pour la région Pays-Basque, nous sommes passés à l'étape supérieure : essayer de favoriser l'implantation de maraîchers Bio, car il y a un gros déficit de production (foncier devenu trop cher, ou bien non distribué au maraîchage, car c'est un secteur considéré par défaut non rentable !... alors que la demande est là !).
Bref, le sujet est assez complexe, mais la France a de bonnes longueurs de retard sur le Bio... il y en a encore qui n'y croient pas !...
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