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Les sirènes de Copenhague !

6643 lectures / 20 commentaires08 février 2010, 14 h 54

© OMM

La Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) instance de politique internationale créée à Rio de Janeiro en 1992 a défini les moyens de lutte contre le changement climatique. Le choix s'est porté sur la réduction du réchauffement futur par la baisse des émissions de gaz à effet de serre, d'où le Protocole de Kyoto. Fin 2009, la réunion de Copenhague chargée de penser l'après Kyoto, l'après 2012 a donc polarisé à tort les plus grandes espérances quant à la refondation d'une gouvernance mondiale.

Copenhague est la quinzième réunion annuelle des représentants des pays qui ont ratifié la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). De Vienne, Bonn, Poznan, Montréal etc. aux plus médiatiques Kyoto, Bali, ces sommets sont presque devenus de la routine. De plus, tous les deux mois en moyenne ont lieu des réunions d'experts sur le climat représentant les gouvernements. Pas à pas, ils définissent les modalités d'un accord post Kyoto. Que faut-il donc attendre de ce sommet international ? P. Radanne(1), présent lors de l'élaboration du protocole de Kyoto en 1997, attend une refondation à Copenhague. « ..., c'est la première négociation Nord-Sud depuis la décolonisation ». Au contraire, en octobre 2009, Y. de Boer(2), secrétaire exécutif du CNUCC, a estimé que le sommet de Copenhague accouchera d'une souris. Alors, tout ou rien ? Comment fonctionne un tel sommet et peut-il aboutir à un accord réellement coercitif ?

Une grand' messe oecuménique

En 1992, la CCNUCC adoptée à Rio de Janeiro a reconnu l'importance de la protection du climat. Depuis, le paradigme socio-politique communément admis a été que le réchauffement climatique imposait une lutte pour « sauver la planète ». Le protocole de Kyoto engage ses signataires jusqu'en 2012. La proximité de l'échéance oblige donc à penser l'après.

Une peur planétaire des « dérèglements » de la température

En 2007, le quatrième rapport(3) du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), résumant les travaux de 2 500 scientifiques internationaux, a été synthétisé dans un « résumé pour décideurs ». Voici quelques constats(4) : « le réchauffement climatique est sans équivoque » (p.3), « 11 des 12 dernières années (1995-2006) figurent parmi les plus chaudes depuis 1850 » (p.3), « la plus grande part de l'accroissement observé des températures est très probablement dû à l'accroissement observé des quantités de gaz à effet de serre (GES) anthropiques » (p.8)« le niveau de montée de la mer est cohérent avec le réchauffement (1, 8 mm/an et depuis 1993, 3,1 mm/an) » (p.3), « tout comme la couverture de neige et de glace » (p.3), « Les températures moyennes de l'hémisphère nord ont été pendant la deuxième moitié du 20e siècle ... probablement les plus élevées des 1300 dernières années au moins » (p.3) « Les émissions de gaz à effet de serre (GES) vont continuer à croître dans toutes les décennies » (p.10), « On s'attend à ce que le changement de la fréquence et de l'intensité des extrêmes météorologiques aient des effets le plus souvent négatifs sur les systèmes naturels et humains » (p.18), « le changement climatique conduira probablement à certains impacts irréversibles. .. Risque accru d'extinctions d'espèces si le réchauffement moyen mondial dépasse +1,5 à 2,5 °C (1980-99) » (p.22). Cette présentation prend appui sur un certain nombre de mesures : un réchauffement d'un peu moins d'1°C depuis 1850, une hausse sur la même période du CO2 atmosphérique de 0,028 % à 0, 038 % des gaz de l'air. Cette augmentation du CO2 explique le réchauffement par effet de serre. Un basculement irréversible du climat planétaire vers l'inconnu aura lieu avec une hausse thermique au-delà de +2°C(5) (soit pour Lyon la température moyenne annuelle de Montélimar, pour Paris celle d'Angers).

Ces chiffres ont conduit à la politique internationale d'atténuation du réchauffement par la réduction des émissions de GES avec le protocole de Kyoto imposant aux pays riches (« de l'annexe 1 ») une réduction de 5 % en moyenne de leurs émissions par rapport à 1990 (année de référence) durant la période 2008 - 2012. Or, entre 1990 et 2007, d'après les évaluations(6), les émissions mondiales d'équivalent CO2 ont augmenté de 35 %. Depuis 2006, la Chine, est devenue le plus gros émetteur mondial de CO2 devant les États-unis. Les plus fortes augmentations (au-delà de 100 %) sont observées au Moyen-Orient, en Extrême-Orient (à cause principalement de la Chine et de l'Inde). L'Amérique latine, l'Océanie et même l'Afrique sont au-dessus de 50 %. Toutefois dans tous ces pays les émissions annuelles par habitant (Chine 4,5t et Inde 1,5t) sont encore très faibles par rapport aux pays nord-américains et aux pays producteurs de pétrole : 20t/hab/an aux USA, 22t/hab/an au Canada, 24t/hab/an au Luxembourg mais aussi 40t/hab/an dans les émirats. Au titre du protocole de Kyoto, les États de l'Union européenne(7) se sont engagés à réduire leurs émissions de GES de 8 %. Selon les dernières données de l'Agence européenne pour l'environnement, l'UE-15 aura réduit de 3,6 % ses émissions entre 1990 et début 2010. Une réduction supplémentaire de 3 % sera réalisée grâce à l'achat de crédits issus de projets de réduction des émissions menés dans les pays tiers. Les engagements seront donc éventuellement remplis in extremis ! Le bilan du Protocole de Kyoto n'est donc pas satisfaisant en tout point.

Pour préparer l'après 2012, un groupe de dialogue a été constitué. Il reconnaît l'importance de ne pas dépasser les 0,045 % d'équivalent CO2 dans l'air qui correspondent à un réchauffement de 2-2,4°C. Ce qui impose la réduction d'au moins 50 % des émissions mondiales d'ici 2050 et une fourchette de réduction de 25-40 % des émissions des pays développés d'ici 2020 (référence 1990). Tout comme le sommet du G8 de Heiligendamm de 2007, ce groupe a confirmé le rôle incontournable des Nations Unies et notamment de la convention climat. Pourtant, indépendamment du processus onusien, le Conseil européen de mars 2007 a validé une ambition de réduction d'ici 2020 de 30 % des émissions de GES par rapport à 1990. De leur côté, les ministres de l'environnement se sont réunis à Riksgränsen (Suède) pour se mettre d'accord sur une « feuille de route ». Les États-unis ont aussi organisé une réunion à Washington des plus gros émetteurs de GES. Quant à l'Indonésie, elle a pris l'habitude de réunir les ministres de l'environnement d'une trentaine de pays du sud pour préparer les sommets.

En admettant qu'il y ait consensus sur la nécessité de lutter contre le changement climatique par l'atténuation, cette réunionite en ordre dispersé souligne les enjeux géopolitiques du changement climatique.

De la Saint Nicolas à Noël : la surchauffe médiatique

A côté des acteurs attendus en matière environnementale, en particulier les grandes ONG, avant et pendant ce sommet, le battage sur le sujet a envahi tous les supports de communication. Il est devenu bien difficile d'échapper aux débats, pétitions etc.

Au premier rang, les grandes ONG Environnementales. WWF a lancé sur la toile(8) un Appel intitulé ULTIMATUM CLIMATIQUE « ... pour faire pression sur les négociateurs français à la conférence de Copenhague et faire entendre la voix des citoyens. Il faut atteindre le seuil des 500 000 signatures avant le début de la conférence le 7 décembre ».

La presse écrite n'est pas en reste. « Cinquante six journaux de quarante cinq pays ont pris l'initiative sans précédent de parler d'une seule voix en publiant un éditorial commun. Nous le faisons car l'humanité est confrontée à une urgence aiguë. Si le monde ne s'unit pas pour prendre des mesures décisives, le changement climatique ravagera notre planète, et avec elle, notre prospérité et notre sécurité... » (première page du Monde daté du 8 décembre).

La Télévision a consacré sa soirée du 8 sur plusieurs chaînes à l'événement. M. Drucker et Y. Arthus-Bertrand ont animé une grande soirée en direct sur France 2 intitulée Un soir pour la terre, « soirée...historique pour l'environnement ». L'occasion a permis de rediffuser le film de Y. Arthus-Bertrand qui « emmènera le téléspectateur à la découverte des premiers réfugiés climatiques du Bangladesh... » et le documentaire de N. Hulot. Des invités (J-L. Borloo, D. Cohn-Bendit, S. Royal,...) ont répondu aux questions des spectateurs.

Des radios comme France Culture ont fait de la semaine un temps fort... Toutes les émissions habituelles ont modifié leurs programmes pour faire de Copenhague « un sommet » (Les enjeux internationaux, Planète terre, Post Frontière, Place de la Toile, La marche des sciences, Le salon noir, Avec ou sans rendez-vous)...

Comme il ne s'agit pas d'être sous informé, plusieurs sites Internet proposent des films « en live » ; par exemple, sur http://www.dailymotion.com/video/xbd5u1_mdd-tv-le-mag-vert-n2-cap-sur-copen_news, « Touteleurope.fr et le ministère du Développement durable se mobilisent pour vous faire vivre, en vidéo, ce rendez-vous international exceptionnel. Avec "Le Mag vert, cap sur Copenhague", découvrez et comprenez les enjeux de ces négociations ».

Un festival « in » agité par les bruits de couloir

Beaucoup de médias sont devenus des réalisateurs de l'événement et ne sont plus seulement réactifs à l'événement. L'effervescence autour du sommet utilise et génère des effets d'annonce. La comptabilité des chefs d'état a commencé ; 65 chefs d'état ont annoncé leur venue le 22 novembre, 85 le 27 ! Tout comme celle des pays représentés : 192 fait inévitablement penser à un livre des records ! A Rio ils n'étaient, que 160, à Bali 187, à Kyoto 188, etc. Comme si plus, c'était nécessairement mieux ! Les chefs de gouvernement manient les revirements de situation. La Maison Blanche avait annoncé la venue du président américain pour le 9 décembre, puis après quelques semaines, pour le 18 décembre ; les décisions étant prises les deux derniers jours. Pour Obama Copenhague n'était qu'une halte obligée avant la remise du prix Nobel de la paix le 10 décembre à Stockholm. Sous la pression de la communauté internationale, qui craignait qu'en son absence aucun accord politique sur l'avenir du protocole de Kyoto après 2012 ne voit le jour, il devra refaire un voyage transatlantique une semaine après Stockholm. Il ne faut pas louper la photo de famille, et arriver le plus tard possible surtout si la situation est bloquée pour se faire passer pour le sauveur ! Comme, il s'agit d'afficher sa bonne volonté, de faire bonne figure, peu importe ce qui est annoncé : une référence à 2005 au lieu de 1990, un engagement de faire mieux...Comment résister au réchauffement médiatique ?

Côté officiel, une longue série de rencontres a permis de préparer Copenhague et éventuellement de faire évoluer les positions des gouvernements. Un « pré-traité » les précise. Avant même le sommet trois journalistes australiens(9) ont pris à partie leur gouvernement sur son contenu « intentionnellement » caché. Le parlement australien a par ailleurs rejeté en décembre le plan gouvernemental, en faveur d'une réduction des émissions de GES(10). Les pays en développement, regroupés au sein du G77, ont dénoncé dès octobre à Bangkok le « sabotage » des négociations par les pays développés aux propositions a minima. De même, à Barcelone, lors de la dernière rencontre intermédiaire en novembre, les pays africains ont quitté les négociations. Le ministre indien de l'Environnement J. Ramesh considère la proposition d'accord comme inacceptable par ses « éléments... inquiétants »pour l'Inde.

Les représentants des pays, puis les ministres de l'environnement et enfin les chefs de gouvernement ont deux petites semaines pour faire bouger les lignes...

Et un « off » influencé par le spectaculaire

15 000 participants au moins... dit-on. Le Parlement danois a d'ailleurs débloqué une enveloppe spéciale de 80 millions d'euros pour protéger les délégations et surtout canaliser les manifestations qui accompagnent le sommet.

Vers Copenhague ont convergé toutes sortes de militants alternatifs pour qui l'accord final « ne changera pas grand chose à l'évolution du climat car les négociations telles qu'elles ont lieu s'inscrivent dans un cadre où la responsabilité historique des pays du Nord n'est pas assumée, et où les prétendues mesures de lutte sont le plus souvent des moyens pour les entreprises (et souvent, les pires, genre, Monsanto) de verdir leur image tout en spéculant sur le dos du climat » (Alter société). La grande manifestation rassemblera 50 000 personnes dans les rues le12 décembre, « plus qu'à la manif de Seattle, en 1998, qui a fait capoter les négociations de l'OMC ». On y retrouvera des mouvements comme les grandes ONG Environnementales, quelques syndicats, mais aussi Urgence climatique, justice sociale, le mouvement végétarien, Never Trust a Cop, etc. Toutes sortes d'associations contre la mondialisation, qui appellent à créer un bloc autour du slogan "Change the System, not the climate". La nouveauté réside sans doute dans la volonté de privilégier les luttes sociales et de rejeter les fausses solutions au changement climatique recyclant le modèle de développement capitaliste.

Les participants au « off » vont faire le spectacle, ou plutôt les images hautes en couleur : slogans, cris, performances extraordinaires, casses peut être que les médias reprendront à loisir avant la photo attendue de mise en scène de la fin du « in ».

Le CO2, c'est le diable

La focalisation sur le CO2 atmosphérique s'explique sans doute par la simplicité apparente du calcul des émissions. Puisque le CO2 atmosphérique serait le résidu de la combustion du carbone des énergies fossiles, il suffit de comptabiliser leur consommation en appliquant des barèmes généraux. Alors qu'il est impossible aujourd'hui de quantifier la transformation de l'azote contenu dans l'air, sans parler de la vapeur d'eau pourtant 100 fois plus abondante dans l'air que le CO2. Se focaliser sur le CO2 est pourtant problématique à bien des égards.

Les limites des modèles CO2

Les quinze principaux modèles globaux du changement climatique tournent en utilisant des projections (en 2050 et 2100) des variables démographiques (serons nous 8,5 milliards ou 15 milliards en 2050 ?) et économiques (croissance du PIB + consommation d'énergies fossiles + modes de transport + emplois + déforestation + part agriculture irriguée + élevage, etc.). Il n'y a pas de variable innovation alors que depuis deux siècles c'est la dimension déterminante des systèmes industriels. Les scénarios démo-économiques les « plus réalistes » sont retenus car ils sont indispensables pour chiffrer la teneur en CO2 de l'atmosphère. Une fois les teneurs définies, les modèles « climatiques » peuvent travailler. Les derniers en date prennent en compte de plus en plus de paramètres (physique de l'atmosphère, glace de mer, aérosols, forêts, etc. °.). Mais les sorties des modèles ne sont que des possibles car le système atmosphérique n'est pas entièrement prévisible (cf. la météo se trompe), les données de chaque élément géométrique issu du découpage de la planète, quand on en dispose, sont inévitablement simplifiées et le temps de calcul est contraint par des limites financières. On obtient ainsi des « cartes de températures » et de « pluviométries » faussement régionalisées. Impossible de retrouver les Andes, les Alpes etc. sur ces cartes. Ces images virtuelles ne représentent pas le « où » si elles prétendent représenter le « quand ». Le changement climatique est posé sur un géoïde parfait inhabité. Mais comme le principe 1 de la convention de Rio stipule que : « Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable »... les conséquences directes et surtout indirectes des modèles (montée du niveau de la mer, inondations ou assèchement des fleuves etc.) permettent d'abattre en permanence des « preuves », qui n'en sont pas stricto sensu.

Le surdéterminisme climatique fait feu de tout bois. Le monde serait en 2049 et 2099 dicté par la température ? Ce fatalisme naturel a pour postulat que tout le réel est, à terme, algorithmisable. Si c'est le cas en physique ce n'est pas le cas en sciences sociales. L'histoire, processus culturel, délivre les sociétés du déterminisme naturel, car la volonté humaine est libre (indépendante). Le libre arbitre permet de faire des choix, l'avenir n'est donc pas prédéterminé. Rappelons que c'est dès l'âge du fer (3e millénaire avant J.C. au Moyen Orient et 1500 ans plus tard en Occident) que les sociétés ont tenté de s'adapter aux crises climatiques en évitant la fuite (migrations) par des innovations techniques et par des modifications des systèmes sociaux. En Égypte, en 3100 av. J.C. « la tête de massue du scorpion » montre un roi ouvrant un canal artificiel d'irrigation, preuve d'un savoir et d'un savoir faire s'affranchissant en partie du climat (pas d'eau avant la crue, trop d'eau pendant la crue). Enfin, avec la Révolution des transports nous nous sommes libérés des effets calamiteux des mauvaises récoltes. Une mauvaise année agricole ne crée plus famine ou disette générale, ce qui ne signifie pas qu'il n'y a plus de gens qui ont faim. Comment alors comprendre qu'une montée du niveau marin d'1 mètre répartie sur 50 ans, impose la migration de 100 millions de personnes ?

Quant aux emblématiques « pays » victimes du changement climatique : Tuvalu, Bangladesh, ... parfois Darfour, etc., ils font l'objet d'analyses simplificatrices qui surfent sur la méconnaissance de l'histoire et de la géographie. Annoncer qu'une hausse de +1°C et qu'une baisse des précipitations est la cause des problèmes du Darfour[11], c'est nier que le conflit a débuté en 1983, qu'il est largement politique, que les affrontements se sont répandus depuis les pays voisins (guerres du Tchad 1960-1990), que le pouvoir central est corrompu et non reconnu par tous les peuples du Soudan, que les sécheresses dans ces régions sont récurrentes, que l'explosion démographique est une réalité (la population a doublé en 20 ans), que les terres sont aussi convoitées pour leurs ressources pétrolières (les Chinois)... Le cas du Bangladesh renvoie à la maîtrise de l'eau avec l'exemple de la Hollande, mais aussi de Venise, du front de mer de Monaco, de l'aéroport de Nice, de la centrale nucléaire de Gravelines, tous aménagements construits sous le niveau de la mer... et certains d'entre eux depuis longtemps avec des techniques accessibles aux pays pauvres. Ces sites peuvent même attirer en nombre des touristes chaque année (Amsterdam 11 millions, Venise 25 millions, etc.). Les erreurs d'aménagement de la décennie 1980 au Bangladesh s'expliquent par la médiocre analyse des conditions d'un delta aux îlots mobiles à chaque crue, par la transposition d'une idée stérilisante, celle d'inondations néfastes que l'exemple du Nil avaient cependant peu de temps auparavant souligné, par le mépris des savoirs d'adaptation des populations locales et des institutions qui pourtant ont permis de fortes densités dans tous les deltas de l'Asie des moussons...

Une comptabilité ardue des émissions

La clarté en matière de comptabilité des émissions de CO2 est un passage obligé de toute politique d'atténuation du réchauffement. Mais, un très grand nombre de pays ne produisent pas de données statistiques fiables, soit parce qu'ils ne sont pas conscients de leur intérêt soit parce que conscients de leurs implications ils les manipulent. L'organisme international chargé de centraliser les données d'émissions doit donc obtenir la confiance de tous, en mettant en oeuvre une boîte à outils (normes, méthodes) indiscutables.

Plusieurs exemples peuvent éclairer la complexité de ces évaluations. Le bilan CO2 de l'électricité est difficile à établir car il combine les différents moyens de production (nucléaire, hydraulique, éolienne, thermique) qui engendrent des émissions de CO2 très variables mais aussi son usage (chauffage, éclairage,...). De plus, les évolutions techniques dans une même filière tendent largement à diminuer les émissions. Ensuite, comment comptabiliser une activité qui est à la fois source et puits de carbone ? C'est le cas des activités agricoles puisque les plantes dans leur croissance captent le CO2 atmosphérique pour le transformer par le biais de la photosynthèse en carbone organique. Produire du maïs comme reboiser c'est participer à la captation du carbone atmosphérique. Taxer l'agriculture dans son ensemble comme d'autres activités est donc problématique. Les éleveurs qui se sont achetés des pages de journaux ces derniers jours pour répondre à Paul Mac Cartney exhortant les humains à devenir végétariens, considèrent que les prairies fixent en grande partie le carbone émis par leurs bovins. Autre problème récurrent : est-ce qu'une tonne de CO2 émise au Mali par l'élevage équivaut réellement à 1 t produite par un 4X4 à Paris ? Enfin, à quel pays attribuer des émissions de CO2 produites par une firme multinationale(12) (ou ses filiales) qui a un pied en Amérique, un autre en Europe, le troisième en Asie et le quatrième en Australie pour optimiser production, marchés et gestion entreprenariale ?

A l'équité des évaluations d'émissions doit correspondre la transparence sur les investissements compensatoires. Sont-ils vraiment effectués ? Dans les pays les plus pauvres ? Et sont-ils vraiment propres ? La Chine est de loin le pays qui a profité le plus largement des mécanismes de compensation des émissions de carbone. 2200 projets « propres » (éolien, solaire) au moins ont été financés par des entreprises des pays riches qui ont payé pour chaque tonne de CO2 « évitée ». A Copenhague, les représentants français poussés par de puissants groupes industriels (Areva, EDF) tentent de convaincre les gouvernements d'intégrer le nucléaire dans les techniques propres, ce qui permettrait à chaque vente d'une centrale nucléaire à un pays en développement d'obtenir des crédits carbone. La focalisation environnementale sur les GES a un effet pervers puisqu'il redonne une virginité à une technique qui du point de vue du développement durable est problématique du fait de la production de déchets à vie longue, sans parler du risque d'accident et donc de contamination et d'irradiation qu'elle fait courir aux populations. Le réseau Sortir du nucléaire a d'ailleurs distribué un dépliant sous le titre « Don't nuke the climate ».

Une instance supranationale de type OM CO2 ?

En Europe, et en France en particulier, le pouvoir politique a décidé de tout faire pour réduire la production du C02 et donc de réduire la consommation de carbone, d'où la taxe carbone. C'est un choix qui n'a pas fait l'objet d'un large débat public organisé démocratiquement et pourtant...

La politique d'atténuation coûte cher. L'OCDE donne quelques fourchettes en pourcentage de PIB ; en Europe et en Amérique du nord, de -1 à -3 %, au Moyen Orient de -2 à -4, en Afrique de -2 à -8, en Asie du sud est de -2 à -8, en Chine de 0 à -5, en Amérique latine de 0 à -4... A ces chiffres, il faut ajouter l'adaptation au réchauffement lui-même soit 40 à 300 milliards de dollars américains selon l'institut Grantham (y compris coûts des inondations etc.) ou l'IEDD (Institut du développement durable). Ce prix total à payer pour atténuer et s'adapter au réchauffement serait de 240 milliards de dollars par an (chiffre des Nations Unies) d'ici 2030 en attendant une autre farandole de chiffres !

Qui va payer cette facture ? Le protocole de Kyoto a répondu : seulement les pays riches. Mais ces derniers tentent d'élargir les contributaires aux pays émergents (la Chine, l'Inde, le Brésil) et aux pays producteurs de pétrole. Les pays pétroliers se faisaient très discrets jusqu'à Copenhague et pourtant ce sont par habitant les plus gros émetteurs de GES (deux à trois fois plus que les nord-américains). Avec pour porte parole l'Arabie saoudite, ils ont compris que leur rente pétrolière de plusieurs milliards de dollars risquait de fondre avec le réchauffement. Ils viennent de s'emparer du « climategate »(13) pour ralentir le cours des négociations. L'annonce de la pseudo faillite de Dubaï vient à point nommé. Pour se défendre, ils avancent que les plus gros pollueurs sont les utilisateurs de charbon alors qu'eux ne font que vendre leur pétrole ou leur gaz... L'Inde fait de sa participation une monnaie d'échange à des transferts de technologie comme la captation du carbone dans les centrales thermiques à charbon, etc. C'est aussi le cas pour la Chine qui en matière d'éolien ou de solaire sera vite un leader sur le marché mondial. Les limites de Kyoto imposent désormais de se concentrer sur une aide aux vrais pays pauvres et sur des transferts de technologie ne créant pas une nouvelle dépendance économique. C'est pourquoi l'UE a annoncé en novembre un versement de 5 à 15 milliards d'euros par an après 2012 puis un versement annuel immédiat (dès 2010) de 6 milliards d'euros jusqu'en 2020...

Mais pour rendre opérationnels les engagements, une instance internationale de contrôle devra être mise en place. Les questions de leur respect(14) et des sanctions à appliquer en cas de non conformité sont centrales après l'échec de Kyoto sur ce point. Se mettra-t-on d'accord sur la création d'un « comité d'observance », une chambre aux pouvoirs plus étendus que celle proposée à Montréal qui irait jusqu'à sanctionner ? En 2005, l'accord n'avait été obtenu que sur la création d'une cambre de facilitation (qui conseille techniquement) et d'une chambre d'exécution (qui accompagne les États en manquement). Cette création d'un « gendarme » constituerait une innovation juridique et politique dans le domaine des accords internationaux de l'environnement puisqu'elle porterait sur des sujets aussi sensibles que la définition de la souveraineté nationale ou le mode de développement économique. Déjà en octobre, C. Monckton, au nom des parlementaires conservateurs anglais, s'insurgeait contre le « pré-traité » instaurant un gouvernement mondial, sous les auspices des Nations Unies, qui aurait le pouvoir d'intervenir directement dans les affaires financières, économiques, environnementales, des pays signataires du traité de Copenhague. Interventionnisme qui lui semble impossible à admettre. Simultanément le BASIC (Brésil, Afrique du sud, Soudan, Inde, Chine) soulignait que « le développement économique et l'éradication de la pauvreté est la priorité des PVD »... et qu'un « cadre institutionnel sur l'adaptationavec engagements financiers » est nécessaire pour aider les plus vulnérables (petits états insulaires, peuples premiers etc.).

Le changement climatique est un débat citoyen. Faut-il privilégier les dépenses pour lutter contre le réchauffement climatique ou lui préférer la scolarisation et la vaccination de tous les enfants des PVD évaluées par l'Unicef à 100 millions d'euros - d'autant, que le potentiel d'adaptation croît avec le niveau d'éducation. Faut-il payer aujourd'hui le prix de catastrophes futures et encore virtuelles plutôt que de financer la réduction des écarts indécents de niveau de vie entre contemporains... Pourquoi les réfugiés économiques actuels sont-ils indésirables alors que l'on s'alarme de futurs réfugiés climatiques ? Ce report temporel vers un futur prophétisé comme catastrophique fait problème. Le débat sur les actions à entreprendre face aux risques devrait être partagé avec l'ensemble de la société d'un territoire en considérant que tous les citoyens sont concernés à la fois comme victimes potentielles et comme acteurs de leur avenir.

La recherche scientifique sur le réchauffement actuel et futur est en cours. Les projections issues de modèles à 2049 ou 2099 sont bien évidemment virtuelles. Ce sont des possibles et pourtant il semble bien qu'ils soient présentés et perçus comme réels puisqu'ils dictent les décisions sur l'avenir.Le changement climatique n'est donc pas seulement un sujet de recherche, un débat entre scientifiques, experts de la physique, de la modélisation ou de l'économie. Ses enjeux sont politiques –au sens traditionnel de gestion de la cité- et concernent tous les citoyens. En conséquence, la réflexion ne peut être décontextualisée, a-territorialisée. Au « saucissonnage » de l'environnement qui a consisté à extraire le climat du reste des éléments naturels, économiques, sociaux, culturels en créant le GIEC, ne répond pas la démultiplication des GIEC des sols, de l'eau, de la santé... mais bel et bien un retour au territoire approprié par les sociétés humaines, et donc à la géographie et à l'histoire. Alors à la différence du slogan de l'ADEME « Faisons vite, cela chauffe » ne devrions nous pas proposer « prenons le temps de réfléchir, y'a pas le feu au lac », comme on dit à Genève.

Bibliographie

Sur le sujet du changement climatique, l'auteur a déjà publié de nombreux articles dont :

  • Tabeaud M., 2007. O Aquecimento contemparoneo entre certeza, controversia e duviol. Ciênca et ambiante, Filosofias de Natureza, n° 34, Brésil, spécial changement climatique, p. 99-111.
  • Tabeaud M., 2007, Le réchauffement du climat par le petit bout de la lorgnette. Planète humanitaire, n° 16, p. 16-17
  • Tabeaud M., 2007. Protocole de Kyoto : les résultats se font attendre. Images économiques du monde 2008, Environnement et développement durable, p. 165-167.
  • Tabeaud M., 2008. Concordance des temps, de Le Verrier à Al Gore. Espaces temps, revue suisse en ligne sur http://espacestemps.net/document4343.html, rubrique : Dans l'air.
  • Tabeaud M., 2008. Le réchauffement planétaire : un changement radical et catastrophique ? p. 35-46 in M. Tabeaud éditeur, Le changement en environnement, Publications de la Sorbonne, 129 p.
  • Tabeaud M., 2008. Kyoto et réchauffement, conventions à échelle globale" in P. Arnould et Y. Veyret , Atlas des développements durables, Autrement (collection Atlas/Mondes), p. 52-55.
  • Tabeaud M., Browaeyes X., 2008. Montrer le froid pour souffler le chaud...Les images de paysages dans « Une vérité qui dérange ». Espaces temps, revue suisse en ligne sur http://espacestemps.net/document5583.html, rubrique Dans l'air
  • Tabeaud M., Browaeyes X., 2009. En vérité, je vous le dis.... Le cinéma d'Al Gore. Ethnologie française, n° 4, p. 697-708.
  • Tabeaud M., 2009. Entre atténuation et adaptation : vers un micro-management territorial. Questions internationales, n° 38, LaDocumentation française, p. 8.
  • Tabeaud M., 2009. Les territoires face auchangement climatique. Responsabilité et Environnement. Annales des Mines, revue trimestrielle, p. 34-40.

Notes

Cet article a été rédigé le 10 décembre 2009, c'est-à-dire avant la fin de la Conférence de Copenhague.

  1. Pierre Radanne est un expert reconnu en matière de ressources énergétiques. Il a présidé l'ADEME de 1998 à 2003. Il a conduit au sein de la Mission Interministérielle de l'Effet de Serre une étude de prospective qui a abouti à la définition des scénarios français connus sous le nom de « Facteur 4 ». En 2004, il a fondé une entreprise « Futur Facteur 4 » qui se consacre aux questions de politiques énergétiques.
  2. Il est donc le responsable pour le réchauffement climatique de l'ONU.
  3. Après ceux de 1990, 1995 et 2001.
  4. http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/SYR-_FINALfr.pdf
  5. Ce qu'aucun principe physique ne justifie clairement.
  6. 1t eq CO2 correspond à 14 000 km parcourus en voiture, 250 kg de viande de bœuf, 1 an de chauffage au gaz d'une maison, etc.
  7. UE à 15 au moment de son adoption.
  8. www.copenhague-2009.com
  9. J. Albrechtsen, A. Bolt et A. Jones
  10. C'est un retour en arrière puisque Kevin Rudd chef du gouvernement travailliste avait ratifié le protocole de Kyoto en décembre 2007 le jour de sa prise de pouvoir qui mettait fin à 11 ans de gouvernement conservateur ! L'opposition conservatrice qui n'est pas majoritaire a donc trouvé du soutien à gauche.
  11. Achim Steiner directeur exécutif du Programme pour l'Environnement de l'ONU (UNEP) affirme que le monde est confronté à la première guerre causée par le changement climatique (http://www.unep.org/sudan/) et établit un lien direct entre le changement climatique et le conflit au Darfour
  12. Rappelons d'une part, que certaines d'entre elles ont des chiffres d'affaires plus élevés que le PIB de nombreux pays (chiffre d'affaires d'Exxon = PIB de la Belgique = un peu moins de 300 milliards de dollars) et d'autre part que les grandes industries représentent près de la moitié des émissions de GES au sein de l'UE.
  13. Le climategate : affaire de piratage d'ordinateurs de climatologues du GIEC dont les courriels mentionneraient des manipulations de données.
  14. Compenser les émissions d'une émission de télévision par des reboisements à l'autre bout du monde par exemple.

Source

Martine Tabeaud, « Les sirènes de Copenhague ! », EchoGéo, Sur le vif 2010, 2010, [En ligne], mis en ligne le 12 janvier 2010. URL : http://echogeo.revues.org/index11606.html. Consulté le 08 février 2010. Cet article a été reproduit ici avec l'aimable autorisation d'EchoGéo

Auteur

Martine Tabeaud
Martine Tabeaud est climatologue, professeur de géographie à l'Université Paris Panthéon Sorbonne et membre de l'UMR CNRS ENEC.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


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20 commentaires

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avatar Hdrass Bourges - 08/02/2010, 17:10

Encore une fois, un article très orienté et très subjectif, autrement dit un point de vue bien singulier au sein d'une réalité complexe...

...Le "baratin" d'une pseudo-scientifique qui dérape sur le terrain glissant de l'idéologie et de la politique qui font pourtant aussi partie des paradigmes, pour faire son auto promotion et vendre ses articles et bouquins dont je rappelle la liste proposée à la fin de l'article :

-Tabeaud M., 2007. O Aquecimento contemparoneo entre certeza, controversia e duviol. Ciênca et ambiante, Filosofias de Natureza, n° 34, Brésil, spécial changement climatique, p. 99-111.

-Tabeaud M., 2007, Le réchauffement du climat par le petit bout de la lorgnette. Planète humanitaire, n° 16, p. 16-17

-Tabeaud M., 2007. Protocole de Kyoto : les résultats se font attendre. Images économiques du monde 2008, Environnement et développement durable, p. 165-167.

-Tabeaud M., 2008. Concordance des temps, de Le Verrier à Al Gore. Espaces temps, revue suisse en ligne sur http://espacestemps.net/document4343.html, rubrique : Dans l'air.

-Tabeaud M., 2008. Le réchauffement planétaire : un changement radical et catastrophique ? p. 35-46 in M. Tabeaud éditeur, Le changement en environnement, Publications de la Sorbonne, 129 p.

-Tabeaud M., 2008. Kyoto et réchauffement, conventions à échelle globale" in P. Arnould et Y. Veyret , Atlas des développements durables, Autrement (collection Atlas/Mondes), p. 52-55.

-Tabeaud M., Browaeyes X., 2008. Montrer le froid pour souffler le chaud...Les images de paysages dans « Une vérité qui dérange ». Espaces temps, revue suisse en ligne sur http://espacestemps.net/document5583.html, rubrique Dans l'air

-Tabeaud M., Browaeyes X., 2009. En vérité, je vous le dis.... Le cinéma d'Al Gore. Ethnologie française, n° 4, p. 697-708.

-Tabeaud M., 2009. Entre atténuation et adaptation : vers un micro-management territorial. Questions internationales, n° 38, LaDocumentation française, p. 8.

-Tabeaud M., 2009. Les territoires face auchangement climatique. Responsabilité et Environnement. Annales des Mines, revue trimestrielle, p. 34-40.



Et si cette liste n'est pas de l'autopromotion, qu'est-ce que c''est ?

Oui, encore une illustre spécialiste multi disciplinaire inconnue, très prolixe, en quête de notoriété et à vendre, comme tant d'autres qui surfent sur la vague.



Je résume en gros le message peu clair délivré par cet article (et peut-être par ses autres bouquins et articles, que je ne lirai pas) :

les problèmes et enjeux liés au problème du changement climatique sont si complexes qu'il est vain de s'engager vers des solutions de réductions globales des émissions de GES qui seront intenables, alors organisons des débats démocratiques et "« prenons le temps de réfléchir, y'a pas le feu au lac », comme on dit à Genève".

Totalement polémique et inintéressant.



De mon autre point de vue personnel, l'affaire de la gouvernance mondiale, vers laquelle nous semblerionons tendre, c'est pour après les grandes tragédies à venir...

...et ce serait plutôt des guerres entre groupe humains en compétition pour leur survie.

Car l'homme est et a toujours été son propre prédateur et son propre fossoyeur.



L'histoire humaine est une éternelle répétition, certes dans un contexte à chaque fois différent, qui est liée à la nature des hommes.



Mais, il n'y a rien à tirer de cet article que ce que je ne sais déjà.

avatar Michelle Bergeron - 08/02/2010, 20:49

Excellent texte qui me confirme que je ne suis pas la seule à observer des incohérences ou à questionner l'accord de Kyoto.

Sachant que le phénomène de combustion (bois oou biomasse) sont excessivement polluant (bien entendu pas nécessairement en GES). Cette combustion émet de très grande quantité de CO2 mise à part les autres polluant comme les PM2.5. Seulement au Québec de 7 millions de population cela représente près de 2 millions d'installations polluantes sans compter les feux extérieurs. Dans le calcul de Kyoto,on a ignorer les rejets de CO2 de l'arbre entre la coupe et la combustion parce qu'il émet du CO2 immédiatement lorsqu'il est coupé. Le phénomène de combustion des solides est excessivement polluation et menace la santé et la vie des êtres vivants et s'infiltre et rejette partout les suies toxiques dans l'environnement même dans les résidences des voisins. Pire que la cigarette car il est impossible de se protégé.

Quand je penses que sur 2500 chercheurs de EPA 1800 ont admit avoir reçu des pressions politique et changer des données à des résultats de recherche on peut se questioner. Surtout lorsqu'il est question d'un dossier où jamais les critiques et questionnement n'ont jamais été trop accepter.

On ne peut gérer le présent et voilà qu'on gère le futur??? On suggère le contraire aux pays en développement ex: De délaisser le bois et les feux pour opter pour l'huile le pétrole ou électricité???et j'en passe....Kyoto c'est le réchauffement et les solutions pas toujours brillantes. J'ai connue L'ADEME bien avant sa popularité et comme la majorité des sites internet des ministères des ressources naturelles d'un grand nombre de pays ces sites étaient représentés par l'industrie forestière et papetière et déjà ils militaient pour un retour à l'énergie du bois et biomasse refusant d'admettre les problèmes comme la pollution et la santé qui elle n'a aucun lobbys.

avatar Louis hervé Nancy - 08/02/2010, 22:06

Voilà un article qui fait honneur au site de Planète info et qui prouve un certain degré d'impartialité.

Je vois que l'on commence à éditer des avis qui ébranlent les certitudes de la grande messe officiée par le GIEC, il n'est pas trop tôt.



HERVEt

avatar mennane mustapha souk sebt maroc - 08/02/2010, 22:15

je crois ce sont des anges qui ont guidè l accord de

copenhague.

avatar R2D2 - 09/02/2010, 10:53

Bonjour à tous

Je vous invite à consulter la liste des scientifiques sceptiques sur le réchauffement climatique. Cette liste se trouve facilement sur internet. Par ailleurs je trouve qu'il y a des aberrations en matière d'écologie, par exemple pour se chauffer ne plus utiliser le gaz et encore moins l'électricité à cause du nucléaire mais se chauffer au bois. Mais le chauffage au bois ne dégage-t-il pas du CO2? Alors si tout le monde doit se chauffer au bois avec nos hivers de plus en plus longs et rigoureux bonjour les dégâts.

avatar lavoisier - 09/02/2010, 11:08

que l'on croit ou non au réchauffement climatique

il y a un autre signal, qui est la surconsomation

de l'énergie primaire



Entre brûer du gaz dans une chaudiière classique et un cycle combiné , le rendement est presque du double

et c'est idem dans tous les systèmes de cogénération d'énergie quelque soit la sourçe d'énergie primaire y compris le bois



la réduction des émissions de Co2 a au moins ce mérite de mieux utiliser l'énergie de base en devellopant les systèmes appropriés

avatar Jacques - 09/02/2010, 11:30

""""Mais le chauffage au bois ne dégage-t-il pas du CO2?""""



En principe, le chauffage au bois est une des meilleures solutions pour autant qu'on ne brûle pas plus de bois qu'il n'en pousse, par contre se pose le problème des suies qui n'est pas négligeable, en effet ces suies lorsqu'elles se retrouvent sur une surface blanche (neige glace) en diminue l'albédo et donc participent au réchauffement. Tout ceci évidemment est très raccourci et le chauffage n'est pas loin s'en faut le problème majeur..

avatar Qohel6, Lille - 09/02/2010, 11:37

Entièrement d'accord avec Hdrass, cet article dit tout et son contraire. Elle est donc sure d'avoir raison un jour ! Elle ne dit d'ailleurs pas que le GIEC a tord ... que dit-elle au juste ?

Avec quelques erreurs physiques au passage. A part pour le bois, le reste est très facilement quantifiable ( pétrôle acheté donc brulé avec les émissions qui vont avec ...).

On peut se demander aussi si cette personne connaît les modèles climatologiques. Elle les confond avec ceux de météolorologie. Confusion météo/climat quand tu nous tiens. Les modèles n'ont jamais prétendu faire du régional. Il donne une indication de la hausse prévue des températures (équations physiques) Ils sont testés sur le 20e siècle où ils donnent satisfaction. Par contre, ils ne sont pas prévus pour étudier les conséquences pour l'homme et son milieu à un moment donné, pour lesquels personne n'en sait rien !



Cerises sur le gâteau, il faudrait penser à réviser les pourcentages. Ceux-ci ne s'additionnent pas. (cf Kioto et Europe). 3% de quoi ??? par rapport à quoi ???

avatar lavoisier - 09/02/2010, 11:57

pour ce qui concerne que le bois

si on exploite pas la forêt de manière raisonnée



elle sature en capture de Co2, mais pire le bois mort ve fabriquer du méthane 25 fois plus fort en effet de serre



pour de ce qui concerne son utilisation

vous regardez les rendements énergétiques



- d'un foyer en feu ouvert

-d'un insert

- et d'une cogénération en pellets bois



effectivement tous ces systèmes vont dégager du co2 et des suies



lequel est le meilleur en terme de rejet

avatar Louis hervé Nancy - 10/02/2010, 16:25

En ce qui concerne le bois c'est très simple un végétale pour croitre doit absorber du carbone qu'il prélève dans le co2 de l'atmosphère car vous n'êtes pas sans savoir que nos structures vivantes sont constituées essentiellement de carbone, le reste les métaux indispensables sont à l'état de traces. Lorsque qu'un organise vivant brule il relâche le carbone qu'il a utilisé pour se fabriquer c'est du donnant donnant. Il n'y a pas plus de carbone après qu'avant la combustion. Il suffit de bruler une buche dans sa cheminée pour se rendre compte qu'une fois tous les gaz échappés il ne reste pas grand chose comme cendre un petit tas très léger tout le poids de la buche est constitué par le gaz prélevé dans l'atmosphère.

Maintenant si on se met tous à bruler du bois ça ne va pas durer longtemps et adieu les belles forêts. Non je crois que la bonne solution c'est le biocarburant. On a mis au point une herbe à longue tige très fortement énergétique qui pousse même sur des terres très peu fertiles comme les immenses steppes d'Asie et qui s'adapterait très bien sur les terres en friches abondonnées par l'exode rurale.

HERVE

avatar lavoisier - 10/02/2010, 18:14

et bien hervé

si on brûle du bois dans un foyer ouvert le rendement de la conbustion c'est de l'ordre de 10 %

dans une cogénération c''est de lordre de 90 %

c'est vrai que pour l'instant il faut décompter l'énergie de fabrication des pellets

mais les systémes évoluent vers le bois déchiqueté , le bieogaz et sans se casser la tête avec du gaz naturlel iou du fioul



dans ton histoire savante , tout dépend de comment on utilise l'énergie primaire avec le plus d'efficacité

je te donne une référence

si tu fait mieux ,bravo



http://www.ddmagazine.com/891-sunmachine-pellets-cogeneration-comment-ca-marche.html

avatar Hdrass Bourges - 10/02/2010, 20:20

@ Louis hervé Nancy

"On a mis au point une herbe à longue tige très fortement énergétique qui pousse même sur des terres très peu fertiles comme les immenses steppes d'Asie et qui s'adapterait très bien sur les terres en friches abondonnées par l'exode rurale."



Ce serait pas le miscanthus des fois ?



Testé au Royaume-Uni depuis un dizaine années et en France depuis peu,

mais je crois qu'il ne faut pas trop s'exciter, cette plante n'est pas sur le point de supplanter le pétrole ou le charbon.

En revanche, les agro(terme plus adéquat que bio)carburants en général, tout comme les autres sources d'énergie renouvelables, sont en train de nous faire prendre conscience du faible prix actuel des sources d'énergie d'origine fossile ainsi que de la surconsommation de celles-ci.

affaire à suivre...



avatar Louis hervé Nancy - 11/02/2010, 14:49

A Hdrass@ Oui je ne me rappellais plus du nom de l'herbe merci de me l'avoir rappelé.

Non ce que je voulais dire, c'est qu'à plus ou moins brève échéance avec la popula tion mondiale qui croît, l'émergence économique des grandes masses humaines tel les chinois et les indiens, fait que forcément il y aura épuisement des ressources énergétiques fossiles y compris l'uranium et alors que fera l'humanité pour s'en sortir et bien je ne voit guère que le biocarburant et il y a d'immenses espaces sur ce globe terrestre pour faire pousser le miscanthus. Vous voyez une autre solution si la fusion nucléaire ne fonctionne pas ?

A Lavoisier@



Mon message est tout simple . Lorsque qu'un arbre se dévelloppe il absorbe x kilos de carbone prélevé dans le co2 de l'atmosphère quand il est consumé il rejette exactement ce x kilos de carbone dans l'atmosphère sous forme de co2 vu la réaction d'oxydation et il ne peut pas rejeter plus de carbone qu'il en a absorbé , où irait-il le chercher. Beaucoup de gens croient que la combustion des végétaux augmentent le co2 del'atmosphère c'est vrai mais cette augmentation est compensée par l'absorption au moment de la croissance du végétal.

J'ai été voir votre site sur le moteur thermique c'est évidemment très valable mais ça n'a rien à voir avec ma mise au point. Ce moteur thermique ne crée pas plus de co2 qu'il en a fallu pour créer les copeaux de bois



HERVE

avatar lavoisier - 11/02/2010, 17:30

je pense qu'i n'a pas été dit que la combustion des pellets ne produisait pas de carbonne et ce n'est pas un moteur thermique à combustion interne



on a simplement, avec les temps qui courent 7/8 fois plus d'utilisateurs pour le mème volume

pour le cycle carbonne oxygène je pense que ce sîte donne une bonne explication



http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-oxygene-forets.xml

avatar lavoisier - 11/02/2010, 18:07

on peut donc raisonablement penser que l'utilisation de tels systémes, reduisent notre consommation d'energie primaire

et donc de nos rejets polluants

aprés chacun est libre de crore que cela n'a aucun impact

Pour la fusion nucléaire je ne suis pas contre non plus, mais on risque d''être empoisoné avant que l'on trouve le moyen de mettre le soleil en bouteille

avatar Bruno Herblay - 13/02/2010, 18:18

Je reviens sur les biocarburants dont le bois, au sens large, fait partie.



Le miscanthus je ne connais pas mais je serais fort surpris si les potentialités à l'hectare après exploitation industrielle étaient supérieures à celles de la canne à sucre.



Par contre, canne et betterave je connais bien et il faudra qu'un jour je prenne le temps de vous donner un exemple des ordres de grandeur avec les meilleures technologies actuelles.



Désolé je n'ai pas ma calculette, mais en attendant la preuve par 9, je peux assurer que les biocarburants ne remplaceront jamais la consommation de pétrole mondiale actuelle (et encore moins à venir). Les terres et l'eau n'y suffiront pas. Qu'ils soient une partie de la solution surement mais l'essentiel de l'effort reste à faire (à savoir consommer moins).



N'oublions pas que quand on parle bio carburants on doit parler industrialisation et pas résultats de laboratoire (comme pour la fusion d'ailleurs). En labo on peut avoir des rendements excellents mais en conditions réelles il faut prendre en compte le climat, les infrastructures, les maladies, les traitements, la récolte, le transport, la transformation, et tout ça c'est lourd, cher et cela fait baisser l'efficience.



En fait ce qui compte c'est ce qui est récupérable par hectare et par an de façon industrielle et à un coût abordable.

avatar lavoisier - 13/02/2010, 18:42

bruno

ce qui veux dire que quelque soit l'origine de la ressourçe primaire



il y a ensuite le rendement de son utilistion

et là il y a des sérieuses modifications à faire et possibles (masi on fait en sorte de les ignorer)



ensuite il y a le raisonnement du gaspillege énergétique en fonction du gain financier et donc dans des intèrêts divergents

avatar sepane - 14/02/2010, 12:26

excellent article...je vois d'après les commentaires qu'il y a plein de gens

de bonne volonté avec plein de solutions. Sur ce, je suis désolé de vous

dire que l'on a tous vu la dimension politique du sommet de Copenhagen.



La raison et la rigueur scientifique ne pèsent rien en regard des intérêts

financiers et politiques d'une législation climatique mondiale. Les fuites liés au climategate ont permis de crever le ballon....croire que le but est de sauver la planète c'est ignorer les forces qui drainent les législations, le savoir et les connaissances....ce rassemblement d'hypocrites est pitoyable

les mêmes qui nous ont amené la crise (fraude) financière...ouvrez-bien les yeux et admirez le spectacle....

Toute une machine est mise en placepour nous amener à une destination déterminée par avance....regardez les films qui font la une au cinéma...Avatar, 2012, day after tomorrow...



OUVREZ LES YEUX, VOYEZ LA VALSE DES MEDIAS, CHERCHEZ LES

RELATIONS ENTRE LE CLIMAT ET LA FINANCE. L'industrie pétrolière

est depuis longtemps positionnée dans la manne des énergies vertes via

le rachat d'entreprises et des patentes.....MANIPULATION A GRANDE

ECHELLE .....dans quel but je vous prie? signé: un ex-écolo dégoûté

avatar R2D2 - 17/02/2010, 14:19

@ Sepane



Excusez-moi mais je n'en reviens pas!

Comment pouvez-vous être dégouté en tant qu'ex-écolo ?

Est-ce à cause du fait entre autre que les écolos nient des évidence liées au climat ou à la pollution pour engranger du fric sur le dos des pauvres citoyens ( taxe carbone ...) en les culpabilisant comme le font Al Gore et N. Hulot qui sont des hommes politiques qui roulent pour eux et non pour le bien être de l'humanité ?

Quand même vous m'étonnez.

avatar bry - 04/04/2011, 12:07

Bravo pour cet article fouillé.

Eb ce qui concerne le Bengladesh, le problème n'est-il pas avant tout l'explosion démographique de ce pays, qui avec 160 millions d'habitants sur 144 000 km2 seulement (le quart de la France) a plus de 1000 habitants au km2?

même si le Bengladesh n'était pas inondable, il y aurait toujours ce problème.

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