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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
6677 lectures / 15 commentaires04 février 2010, 10 h 16
© Greenpeace / Gavin NewmanJean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer a annoncé hier que la France soutenait, à certaines conditions, l'inscription du thon rouge à l'Annexe I de la Convention Internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore menacées d'extinction (CITES).
Cette annonce constitue une première concrétisation de l'engagement présidentiel du 16 juillet dernier. La France apporte pour la première fois son soutien à la proposition de Monaco d'une inscription de l'espèce en annexe I de la CITES, ce qu'elle s'était refusée à faire en septembre dernier lors d'un vote à Bruxelles. La France est le premier pays méditerranéen de l'Union européenne à se prononcer dans ce sens et à ainsi afficher sa préoccupation pour la sauvegarde de l'espèce. C'est un pas décisif qui devrait débloquer la situation au sein de la Commission européenne et qui entraînera le reste de l'Europe. C'est essentiel pour l'emporter lors de la prochaine réunion de la CITES à Doha, en mars prochain.
Maintenant que la France a ouvert la voie, notre inquiétude réside principalement dans la façon dont l'Espagne, qui assure la présidence tournante du Conseil, mais qui est farouchement opposée à une inscription à l'annexe I, va agir. Nous appelons la France à mettre dès maintenant sa machine diplomatique en marche pour qu'une inscription en annexe I soit adoptée à Doha.
Nous espérons que cette décision annonce un tournant dans la gestion de la pêche en France. La France, qui dispose du deuxième domaine public maritime mondial, a en effet une lourde responsabilité dans la protection de la biodiversité marine que seules une approche écosystémique et une gestion durable des ressources halieutique pourront protéger.
Néanmoins cette annonce est assortie d'un délai d'application de 18 mois et d'une condition suspensive que nous regrettons vivement. Cette condition ne s'explique pas scientifiquement car il n'y a strictement rien à attendre, selon les propres dires des scientifiques, de la prochaine étude de l'ICCAT(1). Elle ne s'explique pas non plus économiquement car les senneurs français devront rester à quai en 2011 car ils n'auront pas de quotas de pêche en raison des pénalités liées au dépassement des quotas de 2007. Elle est purement politique et vise à laisser un dernier faux-espoir à la vingtaine de thoniers senneurs concernés ainsi qu'à calmer les esprits avant les élections. Or la pêche industrielle, celle qui a conduit au quasi effondrement de l'espèce doit définitivement cesser afin de permettre à une vraie pêche artisanale durable de se redévelopper.
Cette condition est incohérente car elle est dangereuse pour l'espèce, au bord de l'effondrement. Elle induit aussi un risque accrû de pêche illégale. Si cette condition était maintenue, nous demandons que des moyens supplémentaires soient mis en œuvre pour renforcer le contrôle du respect des quotas de pêche. Enfin, nous sommes sceptiques sur la faisabilité technique de cette condition et demandons à la France de la retirer.
Nous regrettons que les efforts du ministère de l'Ecologie aient été mis à mal par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche qui a défendu dans cette affaire les intérêts catégoriels d'une poignée de thoniers senneurs largement financés sur fonds publics et dont les pratiques sont dévastatrices pour l'espèce. Le Président de la République n'a pas arbitré en faveur de la décision la plus claire et courageuse.
Nous saluons aussi l'annonce de la création d'une Zone Economique Exclusive, que nous avions appelée de nos voeux. Cette zone va permettre à ceux qui y pêchent, essentiellement la pêche artisanale, de pouvoir continuer à vendre leurs thons rouges sur le marché communautaire. Cette pêche à l'hameçon n'est pas celle qui nuit à l'espèce. En 2009, il lui avait été attribué moins de 300 tonnes de quotas de pêche quand les thoniers senneurs en recevaient 3000 tonnes. C'est la pêche industrielle, tournée vers le marché japonais et pour ses fameux sushis, qui a détruit la ressource. L'interdiction de son commerce international y mettrait un coup d'arrêt définitif.
Il est grand temps que les pouvoirs publics, français et européens, fassent la différence entre la pêche industrielle destructrice et la pêche artisanale qui représente 80% des embarcations en France et en Europe. Les responsables politiques portent une lourde responsabilité dans l'effondrement de l'espèce car ils ont favorisé par les subventions publiques la surcapacité de pêche et le développement de la pêche industrielle. Nous demandons à ce que tout financement public qui aurait pour conséquence le soutien de la pêche industrielle cesse.
Nous appelons en revanche au soutien de la pêche artisanale. Cette pêche ancestrale, pratiquée de façon durable et correctement gérée, peut permettre de créer des emplois nouveaux, de recréer une filière française pour alimenter un marché intérieur, au lieu d'enrichir quelques armateurs millionnaires par l'exportation de poissons qui ne touchent même pas notre sol.
Le WWF est prêt à accompagner les petits métiers, à tester avec eux des techniques de pêche durable, comme il l'a fait en Guyane avec la pêche crevettière au chalut, ainsi qu'à expérimenter une nouvelle gouvernance de la pêche, comme il le fait avec les pêcheurs du Var. C'est cette pêche là qui doit être enfin reconnue, encouragée et soutenue.
(1) Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction
(2) Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
lavoisier - 04/02/2010, 15:05
je voudrai bien savoir, comment on fait avec la flotille de thoniers turcs.
qui se s'embarrasent pas des quotas et mème des taille de capture de juvéniles
Chris Nice - 04/02/2010, 21:24
Pourquoi donc titrez-vous "la France s'engage enfin vers une interdiction de la pêche industrielle" ?
C'est fondamentalement inexact.
La France vient seulement d'annoncer qu'elle allait soutenir, à certaines conditions, l'inscription du thon rouge à l'Annexe I de la Convention Internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore menacées d'extinction (CITES), ce qui signifie tout simplement l'interdiction de son commerce international (extra-communautaire).
C'est bien différent !
Votre titre contribue à fausser la réalité. Je m'en étonne de la part de votre site réputé rigoureux.
Jacques - 04/02/2010, 21:36
""""La France vient seulement d'annoncer qu'elle allait soutenir, à certaines conditions, l'inscription du thon rouge à l'Annexe I de la Convention Internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore menacées d'extinction (CITES), ce qui signifie tout simplement l'interdiction de son commerce international (extra-communautaire).""""
Si je ne me trompe pas l'interdiction du commerce international rend la pêche industrielle non rentable
le Japon important 80% des prises.
lavoisier - 04/02/2010, 21:51
pour l'instant
le commerçe de l'ivoire et des cornes de rhinocèros
cela n'empêche pas le braconnage
le japon va simplement ces méthodes d'approvissionement
un thon rouge à 120 000 euros cela ne ne les impréssionnent pas
Christophe Magdelaine - 04/02/2010, 22:03
@ Chris Nice : je reprends les propos de Jacques en les appuyant par ceux de Jean-Paul Besset, Député européen, Europe ecologie qui a déclaré le 03/02/210 :
"Après l'Italie, le gouvernement français vient de proposer de soutenir l'inscription du thon rouge à l'annexe 1 de la Convention de la Cites sur les espèces menacées, interdisant sa commercialisation et, de facto, sa pêche industrielle."
C'est ce raisonnement qui explique le choix du titre.
Jacques - 05/02/2010, 10:47
Lavoisier,
Le commerce de l'ivoire n'a jamais été interdit, de plus certaines variétés d' éléphants ne sont plus incluses dans l'annexe 1 de la cites pour cause de repeuplement .
Pour le rhino, les dernières nouvelles sont semble t'il bonnes, malgré le braconnage les stocks sont en augmentation:
http://www.cites.org/fra/cop/15/doc/F15-45-01A.pdf
En ce qui concerne le thon, le suivi de l'interdiction est beaucoup plus facile, un thonier industriel se repère de loin et les sushi ne se vendent pas sous le manteau.
lavoisier - 05/02/2010, 11:13
oui
je veux bien te croire
si c'est un thonier turc ou lybien
ou mème un japonais qui pêche dans les eaux internationales
on fait quoi
Jacques - 05/02/2010, 20:57
Comme avec les pétroliers qui dégazent et qu'on prend la main dans le sac
lavoisier - 05/02/2010, 22:07
pigé jacques
c'est pour cela que 63 % de la flotte mondiale navigue sous pavillon de complésance
Jacques - 06/02/2010, 00:07
Lavoisier,
"""c'est pour cela que 63 % de la flotte mondiale navigue sous pavillon de complésance""""
Le pavillon de complaisance offre de nombreux avantages, notamment financiers (impôts) et permet un certain laxisme dans les révisions obligatoires; en revanche en ce qui concerne les infractions tels les dégazages sauvages, c'est un peu différent, le navire est arraisonné conduit au port le plus proche sous escorte militaire et mis sous séquestre jusqu'au paiement d'une caution extrèmememnt élevée (aux alentours de 300000€).
Si on applique le même principe aux thoniers ils n'insisteront pas longtemps.
lavoisier - 06/02/2010, 08:55
Faut espérer que cela va fonctionner avec les 450 seneurs turcs
la plus grosse flotte de médittéranée
c'est sur s'is s'aventurent dans les 200 miles, cela va faire du bruit
didier 831 la seyne var - 09/02/2010, 15:12
la seule bonne nouvelle dans cette histoire c'est qu'en empêchant de transporter le thon de l'autre coté de la planete nous allons lutter contre le réchauffement climatique et il devrait en être de même pour toutes les autres espéces marines.
Jacques - 15/02/2010, 10:12
Aux dernières nouvelles, ça bataille ferme, les japonais, espagnols et autres exercent un lobbying effréné, j'espère que les décideurs auront en tête ce qui s'est passé pour la morue dans le secteur de Terre-Neuve
lavoisier - 18/02/2010, 16:29
Pour la morue
qui gére effectivement les socks ?
la Norvège et la Russie
la Norgège pour en faire de la farine à nouurir les saumons d'élévage
Nous on les remet à l'eau mortes pour alimenter les mouettes
Jacques - 19/03/2010, 11:34
Bon c'est foutu pour le thon rouge, grâce au lobbying japonais la résolution proposée par Monaco a été refusée,
La surpèche va continuer jusqu'à l'effondrement des stocks. Encore une belle preuve de l'intelligence humaine surtout en cette (soit-disant) année de la biodiversité.
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