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Légère baisse des émissions de gaz à effet de serre en France

3908 lectures / 8 commentaires03 février 2010, 12 h 05

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La diminution du trafic routier et l'incorporation de biocarburants ont contribué à la légère baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2008La diminution du trafic routier et l'incorporation de biocarburants ont contribué à la légère baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2008
© C. Magdelaine / notre-planete.info

Selon le dernier inventaire du CITEPA, les émissions de gaz à effet de serre de la France pour l'année 2008 ont baissé de 0,6 % par rapport à 2007. Crise financière, économique, délocalisation de la production manufacturière et baisse des kilomètres parcourus expliquent en grande partie ces bons résultats.

Dans le cadre de la Convention Cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), la France s'est engagée à communiquer chaque année son inventaire d'émissions de Gaz à effet de serre (GES) au secrétariat de la CCNUCC au plus tard le 15 avril 2010.

De plus, le protocole de kyoto engage la France à maintenir ses émissions de gaz à effet de serre aux niveaux de 1990 (objectif de 0%). Ce défi, bien qu'encore insuffisant n'est pas anodin puisque la croissance économique (même si elle demeure relativement faible) et la croissance démographique de la France augmentent inévitablement les émissions de GES. Cet inventaire annuel sert donc d'indicateur de suivi, la référence étant les émissions de 1990 évaluées à 563,9 Mt équivalent CO2.

Le total des émissions de GES calculé sur le périmètre du protocole de Kyoto s'établit en 2008 à 527 Mt éq. CO2, soit une diminution de 0,6 % entre 2007 et 2008 (soit – 3,2 Mt éq. CO2) et une baisse de 6,5 % depuis 1990 (- 36,9 Mt éq. CO2). La diminution observée des émissions entre 2006 et 2007 était de 2 %.

La principale baisse des émissions (-6,3 Mt éq CO2) est observée dans le secteur des transports, alors que depuis 1990 ce secteur augmentait continuellement ses émissions.

Les émissions du transport routier ont légèrement diminué

La hausse du prix des carburants explique en partie cette baisse relativement importante. On observe une diminution des kilométrages totaux parcourus entre 2007 et 2008 pour revenir au niveau de 2006. A kilométrages parcourus égaux, les émissions du secteur transport sont égales en 2008 à 122,2 Mt éq. CO2 alors qu'elles étaient égales à 129 Mt éq. CO2 en 2006. A l'aide de l'outil SceGES(1), l'impact de l'augmentation de l'incorporation des biocarburants ou agrocarburants entre 2007 et 2008 (+ 2,15 % pour l'éthanol et + 2,06 % pour EMVH(2)) est estimé à une baisse de 3,2 Mt CO2. Ainsi la moitié des gains en émissions dans le secteur transport provient de l'incorporation des agrocarburants. Le reste de la baisse s'explique par une diminution des consommations unitaires et une diminution des kilométrages parcourus.

emissions transportEvolution des kilométrages parcourus par catégorie de véhicules- inventaire PNLCC/CITEPA/MEEDDM, édition décembre 2009.
VP : véhicule particulier, VUL : Véhicule utilitaire léger, PL : Poids lourds, 2 roues : motos

Les émissions liées aux autres transports restent stables entre 2007 et 2008. Enfin, n'oublions pas de préciser que la catégorie « transports » ne prend pas en compte les émissions liées à l'aviation internationale ni celles liées au maritime international puisqu'ils ne sont pas considérés dans le protocole de Kyoto... Un manquement qui s'explique notamment par les difficultés à comptabiliser des mouvements internationaux mais qui montre les limites graves de nos systèmes d'indicateurs.

Les émissions du secteur résidentiel/tertiaire augmentent légèrement

La hausse des émissions du secteur résidentiel/tertiaire s'explique en partie par les conditions météorologiques plus froides en 2008 qu'en 2007 (coefficient de rigueur climatique de 2007 de 0,94 contre 0,87 en 2007). L'indice de rigueur climatique est ainsi en 2008 équivalent à celui de 2006. Les émissions de 2008 sont légèrement supérieures au niveau de 2006. Cette hausse des émissions à rigueur climatique constante s'explique par la hausse du nombre de logements entre 2006 et 2008 (+ 2,6 %(3)).

Les autres secteurs

Deux autres secteurs contribuent à la baisse globale des émissions de GES entre 2007 et 2008 et ce, en dehors du contexte climatique : l'industrie manufacturière (- 4,1 Mt éq CO2) et les industries de l'énergie (- 2,2 Mt éq. CO2). La baisse pour l'industrie manufacturière est deux fois plus importante que celle observée entre 2006 et 2007 pour ce même secteur et touche principalement la chimie et la métallurgie.

Cette baisse d'émission est associée d'une part à une baisse importante des consommations de gaz naturel et de produits pétroliers mais surtout par une baisse de la production suite à la crise financière à partir de la seconde moitié de l'année 2008, les biens manufacturés étant principalement produits hors de nos frontières, et les émissions induites également...

Les émissions du secteur agricole après une forte baisse les années précédentes due à une diminution des ventes d'engrais sont en augmentation de 2,5 Mt éq. CO2 entre 2007 et 2008. L'augmentation des émissions est liée à une hausse de 9% de l'azote apporté aux cultures sous forme d'engrais. La suppression de la jachère obligatoire explique en grande partie cette hausse (décision issue du bilan de santé de la Politique Agricole Commune de 2008).

emissions secteur Evolution des émissions de GES par secteur d’activité entre 1990 et 2008 (source inventaire PNLCC CITEPA,MEEDDM, édition décembre 2009)

Jean-Louis BORLOO, ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le Climat a déclaré à l'annonce de cet inventaire : "avec cette nouvelle diminution des émissions de gaz à effet de serre de la France, nous atteignons un plus bas niveau historique depuis 1990 et nous respectons toujours nos engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto. Mais nous voulons aller beaucoup plus loin : avec le Grenelle Environnement, la France devrait réduire de 22,8 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990". La crise économique qui s'est installée pourrait bien lui donner raison, à l'instar de la Russie dont les émissions se sont effondrées avec l'éclatement de l'URSS et ses conséquences sur la production industrielle.

En savoir plus

Notes

(1) outil d'évaluation des politiques et mesures développé par la DGEC/MEEDDM

(2) ester méthylique d'huile végétale

(3) source : INSEE

Source

Bilan des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2008 (format PDF) - Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer

Auteur

Christophe Magdelaine / notre-planete.info (tous droits réservés)

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8 commentaires sur cette actualité

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commentaire hervé Nancy - 03/02/2010, 13:29

Ce qui prouve que le biocarburant est une solution pour l'avenir puisqu'il est dit dans le tete que le melange biocarburant fuel contribue à une baisse du co2.
Attention on oublie de dre que cette année la France importe de l'éléctriciré d'Allemagne qui elle pour roduire le courant fait tourner ses centrales au charbon à plein tube (peu de centrales atomiques à cause des écolos.!!!) et donc on contribue par ces importations à augmenter le co2. Alors il ne doit plus rester grand chose du gain de 0,6% de co2 économosé

commentaire Christophe Magdelaine - 03/02/2010, 13:34

Effectivement, c'est difficile de parler de bons résultats lorsque l'on sait combien le marché est mondialisé.

commentaire Eric, Toulouse - 04/02/2010, 08:21

Ouf! Nous voilà sauvé ;)))

commentaire lavoisier - 04/02/2010, 18:51

527 millions de tonnes de Co2 sur l'héxagone
moins 20 % = 105 millions de tonnes

le seul parc thermique de EDF c'est que 18 millions de tonnes
et on ne compte pas les TGV qui roulent au charbon

j'ai mal, avec 300 mw crête de fours solaire

commentaire Jacques - 04/02/2010, 21:48

""""A kilométrages parcourus égaux, les émissions du secteur transport sont égales en 2008 à 122,2 Mt éq. CO2 alors qu'elles étaient égales à 129 Mt éq. CO2 en 2006. A l'aide de l'outil SceGES(1), l'impact de l'augmentation de l'incorporation des biocarburants ou agrocarburants entre 2007 et 2008 (+ 2,15 % pour l'éthanol et + 2,06 % pour EMVH(2)) est estimé à une baisse de 3,2 Mt CO2. Ainsi la moitié des gains en émissions dans le secteur transport provient de l'incorporation des agrocarburants. Le reste de la baisse s'explique par une diminution des consommations unitaires et une diminution des kilométrages parcourus.""""

Je pense surtout que la baiise d'émission de CO2 est corrélée à la diminution de la vitesse moyenne due à la cherté du carburant. Pour les agro carburants je ne suis pas certain que le gain soit si évident si on tient compte de la production dudit bio-carburant.

commentaire lavoisier - 04/02/2010, 22:28

peut être aussi un effet des radars et du permis à points, des zones 30, 50 et ect

comme quoi cela n'est pas la peine de faire des votures électriques à 130

commentaire zantas 51 reims - 05/02/2010, 10:35

bonne nouvelle mais je me demande comment on arrive à calculer à
vraiment les émissions de GES. Dans les faits il ne me semble pas que les gens utilisent moins leurs voitures, j' ai même plutôt noter une tendance à rouler plus vite.

commentaire jw79 Niort - 09/02/2010, 16:39

Je ne suis pas persuadé qu'une différence de 0,6 % soit significative compte tenu de la précision des estimations des émissions par secteur d'activité.

Une fois de plus, on se contente de pas grand chose pour se faire croire qu'on est vraiment bons nous, les Français !

La réalité n'est pas aussi reluisante et l'augmentation des émissions dans le secteur du résidentiel et du tertiaire le montre bien. Les efforts, notamment financiers, pour rendre énergétiquement plus efficace le bâti existant sont bien loin du compte !

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