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Les bio-nécro-agro-carburants : manger ou conduire, il faut choisir!

8130 lectures / 7 commentaires26 janvier 2010, 11 h 16

"Jamais la violence, l'inégalité, l'exclusion, la famine, et donc l'oppression économique, n'ont affecté autant d'êtres humains dans l'histoire de la terre et de l'humanité". Jacques Derrida (Philosophe né en Algérie)

Nous sommes en 2010, la production de pétrole est de l'ordre de 87 millions de barils /jour dont environ 35% pour les transports soit 31 millions de barils/jour ou encore 4 millions de tonnes /jour ou encore 1,7 milliard de tonnes/an ce qui occasionne l'équivalent de 5,5 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère et dans l'acidification des océans. On contribue à la fois à acidifier les océans en perturbant la flore et à renforcer l'effet de serre qui nous revient indirectement sous forme de "convulsions climatiques", inondations, ouragans, sécheresse, stress hydrique et réfugiés climatiques et famines. Ces 1,7 milliard de tonnes alimentent 800 millions de voitures dont 80% se trouvent dans les pays développés. A titre d'exemple, les Etats-Unis c'est 250 millions de voitures pour 300 millions d'habitants (4 voitures pour 5 habitants).

En France, 30 millions de voitures pour 60 millions d'habitants soit une voiture pour deux personnes. Et en Chine? Accusée d'asphyxier la planète, elle dispose d'autant de voitures que la France pour 1500 millions d'habitants soit une voiture pour 50 personnes (un bus!). En Algérie, nous avons une voiture pour 7 personnes, ce n'est pas un record dont il faut être fier!
Pour satisfaire cette boulimie en carburant, les pays développés ont mis au point des biocarburants qui auraient la vertu de ne pas polluer comme les essences et donc qui évitent l'effet de serre. C'était donc le «miracle» et les pays développés ont subventionné d'une façon scandaleuse, aux Etats-Unis mais aussi en Europe (partie de la Politique agricole commune PAC), les agro-carburants ou biocarburants, voire les nécro-carburants pour les écologistes.

Les trois vérités

En fait, l'apport des biocarburants est marginal comparé à la demande de carburant ; la production mondiale d'éthanol en 2005 était de 36 millions de tonnes (dont 37% de la production mondiale: Amérique du Sud - 36%: Amérique du Nord et Amérique centrale - Asie: 15% - Europe: 10%) pour 1,6 milliard de tonnes d'essence soit 2,5%. En Europe en 2008, les biocarburants (10 millions de tonnes équivalent pétrole) ont ainsi représenté 3,3% du contenu énergétique des carburants. En 2020 on atteindra peut-être 100 millions de tonnes pour 2,5 milliards de tonnes d'essence si d'ici là il y a encore assez de pétrole soit 4%.

Une deuxième vérité est que, contrairement à ce que disent les "laudateurs" des nécrocarburants, des pays industrialisés et même au Brésil, le bilan C02 n'est pas nul car il faut compter toute l'énergie nécessaire pour produire par exemple 1 litre d'éthanol. Une troisième vérité dont on ne parle pas est l'organisation de famines durables par le détournement de la nourriture (maïs, blé soja) très subventionné pour produire des biocarburants. Ceci a pour conséquences les émeutes dans le monde (Maroc, Egypte...) Il faut environ 225 kilos de maïs pour faire le plein de 50 litres de carburant agroalimentaire. 225 kilos de maïs, c'est suffisant pour nourrir une personne pendant un an!

Un quart de toutes les cultures de maïs et autres céréales cultivées dans les États-Unis termine maintenant comme biocarburant dans les voitures plutôt que d'être utilisé pour nourrir la population, selon une nouvelle analyse qui suggère que la révolution des biocarburants lancée par l'ancien président George W.Bush en 2007 a un impact sur l'approvisionnement alimentaire mondial. En 2009, les chiffres du ministère américain de l'Agriculture montrent que la production d'éthanol atteint des niveaux record tirée par les subventions agricoles et les lois qui ont besoin de véhicules à utiliser des quantités croissantes de biocarburants. «Les céréales cultivées pour produire du combustible aux États-Unis [en 2009] sont assez suffisantes pour nourrir 330 millions de personnes pendant un an à un niveau moyen mondial de la consommation», a déclaré Lester Brown, le directeur de l'Earth Policy Institute, un groupe de réflexion de Washington. L'an dernier, 107 millions de tonnes de céréales, principalement du maïs a été cultivé par les agriculteurs américains pour être mélangé à l'essence. Selon M.Brown, la demande croissante des États-Unis pour l'éthanol issu de céréales a contribué à pousser les prix des céréales à un niveau record, entre fin 2006 et 2008.(1)

Jean Ziegler, ancien rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation, avait qualifié de «crime contre l'humanité» la production des biocarburants, le 26 octobre 2007 à New York. En proposant à l'ONU un moratoire de cinq ans sur la production des biocarburants, ce dernier avait affirmé que «consacrer des terres agricoles fertiles à la production de denrées alimentaires qui seront ensuite brûlées pour fabriquer du biocarburant constitue un crime contre l'humanité». Plus d'un milliard de personnes, à peu près 1/6e de l'humanité, est sous-alimenté. C'est le constat de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations unies (FAO). La crise économique mondiale et le prix élevé des denrées alimentaires dans nombre de pays en développement expliquent ce record honteux. Cette année, 100 millions de personnes supplémentaires, devenues plus pauvres en raison du chômage et d'une baisse de leurs revenus, n'auront pas les moyens de se nourrir décemment. Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), qui signe ce constat avec la FAO, c'est un retour en arrière après quatre décennies d'avancées sur le front de la faim dans le monde.

Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, écrit: «L'ouragan financier menace la lutte contre la faim dans le monde.»(1) Jacques Diouf rapporte la surprise de nombreux chefs d'Etat, récemment réunis à New-York pour l'Assemblée générale des Nations unies sur les Objectifs du Millénaire et du Développement. Il s'étonne aussi. Comment peut-on trouver aussi facilement 1000 milliards de dollars, trois fois rien, 730 milliards d'euros, pour renflouer des établissements financiers américains et européens quand on peine à rassembler 30 milliards de dollars annuels pour doubler la production alimentaire, et rassasier une planète qui comptera plus de 9 milliards d'individus en 2050? 30 milliards de dollars, c'est «2,5% des dépenses militaires dans le monde», précise Jacques Diouf. Pendant ce temps, la crise financière galope toujours, on ne connaît ni la fin du parcours, ni les pertes réelles. La faim dans le monde continue, elle aussi, sa course. Depuis la hausse des prix alimentaires, le nombre d'affamés s'est enrichi de 75 millions de personnes. Pour un actif global, sans doute sous-estimé, de 927 millions de personnes sous-alimentées, chiffre de 2007.(2)

On se souvient que le sommet de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation), réuni à Rome l'année dernière pour tenter de définir une stratégie alimentaire mondiale, fut un fiasco. Selon Jean Ziegler, la Conférence n'a pas répondu à trois questions majeures: les biocarburants, la spéculation, et le soutien à une petite agriculture de subsistance dans les pays pauvres. Le développement des agrocarburants pourrait menacer l'accès à la nourriture des populations les plus démunies d'Amérique latine. La FAO, en discussion à Brasilia avec les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, évoque une possible crise alimentaire régionale. Dans un contexte de flambée des prix alimentaires et d'émeutes de la faim, le Brésil, gros producteur mondial d'éthanol, est mis à l'index... Dans un contexte de crise alimentaire mondiale, la FAO s'inquiète d'une accélération de la filière de ces carburants issus de l'agriculture, qui réclament terres cultivables, eau, et engrais. «... A court terme, il est fort probable que l'expansion rapide de la production des biocarburants au niveau mondial ait des répercussions importantes sur le secteur agricole en Amérique latine», précise le rapport de la FAO, rendu public à Brasilia. Dans ce rapport, la FAO évoque, notamment la question de l'eau, qui fait pousser les cultures, et participe à la transformation de l'éthanol. La canne à sucre et le palmier à huile, principales sources pour les agrocarburants, sont aussi les plus assoiffés. Cette eau, détournée des robinets dans les habitations, pourrait encore faire défaut à l'agriculture. La FAO craint encore que les cultures destinées aux biocarburants confisquent des terres à vocation agricole, et absorbent des capitaux. Ce qui pourrait perturber les productions agricoles et jouer sur les prix alimentaires, privant les ménages les plus démunis.(3)

Même la Banque mondiale, contre toute attente, avait reconnu le 4 juillet 2008 que les biocarburants ont provoqué une hausse des prix du marché mondial de l'alimentation de 75% - bien plus élevée que ce qui était estimé jusqu'alors. Ce chiffre contredit les affirmations du gouvernement américain qui prétend que les combustibles d'origine végétale contribuent pour moins de 3% à la hausse des prix de l'alimentation. (...) La hausse des prix des produits alimentaires a rejeté 100 millions de personnes dans le monde en dessous du seuil de pauvreté, estime la Banque mondiale, et elle a provoqué des émeutes du Bangladesh à l'Égypte.

Le rapport indique que la production de biocarburants a déstabilisé les marchés de produits alimentaires de trois façons. Tout d'abord, il a détourné des céréales de l'usage alimentaire, avec plus d'un tiers du maïs poussant aux États-Unis, qui est maintenant utilisé pour produire de l'éthanol et près de la moitié des huiles végétales dans l'UE, destinées à la production de biodiesel. Deuxièmement, les agriculteurs ont été encouragés à réserver des terres pour la production de biocarburants. En troisième lieu, cela a suscité une spéculation financière sur les céréales, augmentant encore les cours.(4)

UN Energy, une agence des Nations unies, publie un rapport évaluant les impacts de l'extension des cultures destinées à la production de biocarburants. Le rapport met en garde contre les risques de déforestation, d'augmentation du prix des produits agricoles et d'expropriation des communautés villageoises. (...) L'Union européenne et les USA se sont récemment fixés pour objectif d'accroître la part des biocarburants dans le transport routier, considérant que l'éthanol et le biodiesel sont à l'heure actuelle les seules aternatives viables à l'usage des hydrocarbures. En ce qui concerne l'environnement, le rapport constate que la demande pour les biocarburants a accéléré la destruction de la forêt primaire pour la création de plantations de palmiers, tout spécialement en Asie du Sud-Est. La destruction des écosystèmes, qui sont des puits de carbone, peut conduire à une augmentation des émissions de gaz à effets de serre. La monoculture pourrait aussi entraîner une diminution significative de la biodiversité et l'érosion des sols.(5)

On nous promet des biocarburants de la deuxième génération qui, semble-t-il, ne seraient pas en concurrence avec l'alimentation humaine. Soit! Mais il faut bien les produire avec de l'eau. Il faut savoir qu'un kilo de maïs nécessite 450 litres d'eau... Il en est de même pour les biocarburants de deuxième génération. Leur production nécessite aussi de l'eau. On parle de plus en plus de biocarburants de troisième génération en faisant appel aux algues. À 10 euros le litre (soit 2060 dollars le baril), taxes non comprises, l'huile de micro algue est très loin d'être compétitive sur le marché. Il n'empêche, les pays occidentaux sont prêts à subventionner ces huiles pour produire, polluer encore plus.

On fait dans la diversion en croyant régler le problème en séquestrant le CO2 : c'est comme souffler sur une fuite d'eau pour que ça sèche au lieu de couper le robinet ! Ce n'est pas évident, c'est cher et cela ne peut être fait qu'à proximité des centrales thermiques. Quid des voitures qui polluent pour près de 40%? Le problème est ailleurs, le Sommet de Copenhague qui, quoi qu'on dise, est un échec cuisant et a libéré tous les pays des contraintes de Kyoto.
Nous pensons que les biocarburants sont un pis aller, ils ne règlent pas les problèmes de la boulimie énergétique sans fin du monde industrialisé, mais ces biocarburants affament le monde. Des pays entiers sont à vendre, pour une bouchée de pain, aux multinationales qui cultivent des cultures énergétiques pour produire encore plus. Nous avons même vu Bill Gates, que l'on présente avec sa femme Melinda comme des philanthropes, investir 80 millions de dollars dans une usine de biocarburants. La spéculation se développera de plus en plus et la tentation de produire des biocarburants ne s'arrêtera pas au fur et à mesure que nous approchons de la fin du pétrole qui sera de plus en plus cher.

L'Américain et les autres

Que pouvons- nous dire ? Sinon que la civilisation actuelle court à sa perte. Entre des pays industrialisés qui ne veulent rien céder ; souvenons-nous de la phrase de G.W.Bush: «Le niveau de vie des Américains n'est pas négociable», et les pays émergents qui, à juste titre, veulent se développer, il n'y a pas de solution si ce n'est l'avènement de l'enfer sur terre. On l'aura compris : personne ne parle de changement de paradigme d'une vision nouvelle et globale de la capacité de la Terre à nous supporter. Les pays industrialisés qui ont pollué pendant un siècle pour 800 milliards de tonnes de CO2, ne veulent pas découpler leur croissance de la consommation d'énergie. L'empreinte écologique recule chaque année, elle a eu lieu en septembre pour l'année 2009 ; cela veut dire qu'à partir de cette date, nous vivons à crédit, nous avons gaspillé en huit mois ce que la Terre a produit en une année. Quand on pense que le maïs qui est parti en fumée aux Etats- Unis en 2009 était suffisant pour nourrir 330 millions de personnes, alors qu'ils ne représentent que 3% de la consommation de carburants, ne peut-on pas «supplier» les Américains d'économiser 3,5% de leur énergie pour sauver 330 millions de personnes? Où allons-nous s'il n'y a plus la plus élémentaire des charités? A titre d'exemple, "Les m'as tu vu médiatique" pour se donner bonne cosncience des pays industrialisés concernant les secours filmés en boucle à Haïti ne peuvent pas cacher la misère endémique et la famine récurrente de ce pays à quelques encablures des Etats unis.

En savoir plus

Notes

(1) USA : Un quart des grains et céréales sont transformés en carburants (The Guardian) ; vendredi 22 janvier 2010

(2) Jacques Diouf: «L'ouragan financier menace la lutte contre la faim dans le monde» - Libération, 8 octobre 2008

(3) Trentième conférence régionale de la FAO pour l'Amérique latine et les Caraïbes- Brasilia, 14-18 avril 2008

(4) Aditya Chakrabortty: «Les biocarburants sont responsables de la crise alimentaire» - The Guardian, 4 juillet 2008

(5) Les Nations unies mettent en garde sur les impacts des biocarburants ; 12 mai 2007

Auteur

Chems eddine Chitour / Professeur Ecole Polytechnique Alger , Conférencier ; date originale : 26 janvier 2010, 11 h 16

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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7 commentaires

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avatar LEROY / LORIOL - 26/01/2010, 15:28

Cet article veut nous renvoyer à l'âge de pierre, si tout est vrai. Il existe aussi un moyen de limiter la pollution : diminuer la production d'enfants !

Ah ! Maltus quand tu nous inspires !

Par delà, on doit réflechir au fait qu'une génération devra trouver du travail arrivée à l'âge adulte : ce qui signifie que les femmes devraient se limiter à 2 ou 3 enfants chacune.

Mais c'est aussi difficile à faire admettre que de limiter l'énergie.

Bonne journée.

avatar André Molsheim - 26/01/2010, 15:52

Cet article m'a fortement impressionné. Certes, je connaissais les griefs adressés aux "biocarburants" et j'apprécie les prises de position courageuses de Jean Ziegler. Mais j'espérais que le bioéthanol serait une alternative valable aux carburants fossiles. Ne dit-on pas que ce carburant pourrait être produit à partir de déchets (végétaux et ligneux)? De cette façon, il n'entrerait pas en concurrence avec les cultures vivrières? Quelles sont les perspectives dans ce domaine?

Personnellement, il me faudrait remplacer mon vieux véhicule essence par un modèle le moins polluant possible, mais c'est là mission presqu'impossible. On trouve peu d'informations fiables en la matière, les nouveaux carburants ont leurs adeptes et leurs détracteurs, on trouve une information et son contraire, nos politiques sont dépassés, semble-t-il. Que faire? Garder encore ma "vieille bagnole" et l'utiliser le moins possible (je circule essentiellement en vélo et en train),

renoncer à un véhicule individuel?

avatar Le Gloahec 73330Le Pont de Beauvoisin - 26/01/2010, 17:12

la seule considération à retenir est l' aggravation de la faim, dans les pays pauvres,

du fait de la destination au carburant pour les pays riches ............. mais on sait que la majorité des citoyens de ces pays dits riches est ignorante par la faute des grands médias aux mains, justement, des gros actionnaires,

et que comme Ponce Pilate beaucoup de citoyens de ces pays c' est : ............ et moi et moi et ma BAGNOLE,

le " malthusien" de Loriol tape à côté,

et André fait bien de citer Jean Ziegler, mais tous les égoïstes et gros actionnaires l' ignorent scandaleusement et intentionnellement.

avatar hervé Nancy - 26/01/2010, 18:38

On oublie toutes les terres en jachères qui existent rien qu'en Europe qui pourraient être utilisées pour le biocarburant et toutes les terres qui ne sont plus cultivées du fait de la dédertifications de nos campagnes par l'exode rurale et qui se produit dans tous les pays un peu développés sans compter l'arrachement des vignes dans le midi; Cela en fait du terrain à utiliser pour le biocarburant. Quant à l'eau pour faire pousser et bien en France elle tombe du ciel.

Et tous les terrains inutilisés en Asie dans les immenses steppes où il pousse des graminé.Et sous l'Equateur.. où tout pousse à profusion du fait des pluies diluviennes quotidiennes.

Cet article est très mathusien et quoique l'on propose du moment que c'est neuf on rejete par peur.

Et puis il exite un grand espoir c'est la construction du reacteur ITER près de Marseille qui va utiliser la fusion de l'hydrogène qui sera alors l'énergie gratuite puisque l'hydrogène est inépuisable!

Non ce qui est important c'est rendre l'homme responsable, le punir, l'obliger à s'appauvrir provoquer la décroissance. Comme dans toutes les religions l'homme est fautif il doit expier ses pèchés!

avatar thymine - 26/01/2010, 21:52

Je pense que si l'on utilise de l'éthanol de canne à sucre ou de betterave, le problème de faim dans le monde se pose déjà moins. De plus ces deux plantes ont le meilleur rendement pour produire de l'éthanol => du biocarburant. J'avais essayé de calculer les possibilités de remplacement de la filière hydrocarbures par de l'éthanol de canne à sucre, en me basant toutefois sur des données très diverses et plus ou moins anciennes. J'en avais conclu que pour un tel objectif, il faudrait mettre en culture une surface supérieure à celle de la forêt amazonienne.

Un des problèmes de l'hydrogène c'est que c'est inépuisable mais il faut "l'isoler"... et ça coûte cher, en monnaie et en énergie.

Je crois que l'une des solutions pour les moteurs provient de ce que l'on connaît mal: les biocarburants de secondes génération. Par exemple la production d'hydrogène par les algues, très efficace et non-polluante, pour en faire de l'électricité ou du combustible. Ce qui est sûr c'est que dans tous les cas on va devoir apprendre à faire des économies...

avatar leomensa@yahoo.com.br Bresil - 01/02/2010, 19:17

je regrette beaucoup que des gens qui n´ont pas de connaissance technique sur la production des biocarburanrts avancent des arguments sans fondement car ils se disent ecologiques ou mieux econaïfs.

Les biocarburants peuvent etre produits de plusieurs manieres dont la filiere sucriere la plus indiquée est comme au Bresil dont les plantations de canne à sucre en dehors de produire du sucre servent aussi en technique de rotation de cultures pour produire les plantes alimentaires comme les cereais ou les legumineux.

Alors dites moi dans quelle condition les agrocarburants produits dans ces conditions pourront promouvoir la faim?. Le Bresil est le pays qui le plus produit mondialement des denrées alimentaires et en vend pour le monde entier bien qu ´il soit le pays ou le bioethanol est le plus utilisé dans les vehicules il y a déjà des decenies.

Il n y a aucune plantation de canne à sucre dans l amazonie car le climat amazonique n´est pas du tout adequat à cette plantation. Le deboisement de l Amazonie est dû à l exploitation sans controle du madrier vendu à l Europe. Les techniciens de la FAO et de l´ONU devraient en principe evaluer ces données avec clairvoyance avant de faire des declarations à l encontre des agrocarburants. Il y a dejá de nouvelles techniques agricoles dans les plantations de canne à sucre qui permettent d ameliorer la production durable du bioéthanol de canne à sucre.

Il ne suffit pas de voir seulement et absolument le coté negatif des technologies. Toute technologie dans cette vie aura toujours un coté positif et un coté negatif. L´ essentiel c est d´ameliorer le coté possitif et chercher à mitiger le coté negatif. L´etre humain est assez intelligent pour ça. C est de cette maniere que les etres humains pourront jouir d´un developpement effectivement durable. Le reste est critique irrationnelle.

avatar Bruno Herblay - 03/02/2010, 22:56

On dit beaucoup de choses fausses sur les biocarburants (cet article en est un bon exemple).



- oui les biocarburants ne régleront pas le problème de la pénurie de pétrole. On consomme trop de pétrole et il faut rouler moins c'est une évidence (on va dans le mur c'est sur).

- non ils n'affament pas le monde. Tout le monde sait que les prix des produits agricoles sont trop bas. Les états unis produisent du maîs et ils n'ont pas vocation à le donner mais à le vendre à un prix assez élevé pour faire vivre les agriculteurs du midwest. Si ils font des biocarburants c'est parce que le prix des céréales est trop bas (subvention déguisée) pas l'inverse.



La hausse des produits agricoles est nécessaire dans tous les pays du monde pour que les agriculteurs vivent correctement. Il faut la souhaiter avec ou sans biocarburant. Malheureusement ce n'est pas le cas et cela pousse aux dérives intensives que l'on sait (qui n'empèchent pas les agriculteurs de mal vivre d'ailleurs).



Le problème des pays pauvres c'est de développer une agro-industrie vivrière et locale et pas d'acheter du maïs aux états unis ou ailleurs. Tant qu'ils dépendront des importations de produits agricoles ils seront dépendants des soubressauts conjoncturels du marché mondial.



La Banque Mondiale et consorts feraient bien de s'en souvenir au lieu de financer en priorité la santé, l'éducation et les infrastructures.



Rappelons nous aussi que l'Union Européenne a limité la production de sucre en Europe et dans les pays ACP (liés par les accords de Lomé) en baissant les prix garantis.



Les importations en Europe de sucre africains (pays pauvres ACP) et les exportations de sucre européen sur le marché mondial ont donc chuté. Ce faisant on a baissé les revenus de beaucoup de pays d'Afrique et la surface betteravière en France. On aurait pu en profiter pour convertir plus de betteraves en éthanol mais non, ceci n'a pas eu d'influence que cela aurait du avoir sur la production d'éthanol. On constate maintenant que les cours du sucre monte du fait d'une mauvaise récolte au Brésil et en Inde!!!



Résultat de cette politique

1. pertes de revenu pour les pays pauvres (ACP)

2. pertes de revenu pour les agriculteurs européens

3. moins de betteraves produites



Production d'éthanol que par ailleurs les écologistes et les pétroliers font tout pour discrediter politiquement et auprès de la population avec des articles comme celui ci.

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