Bien que les transports en commun sont indiscutablement moins polluants que les voitures particulières, l'air des gares et stations souterraines bat tous les records de pollution dans le domaine des particules fines.Le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France, via un groupe de travail réuni à l'initiative du Ministère de la Santé, a constaté des concentrations trés importantes de particules fines au diamètre inférieur à 10 microns, les PM10, selon le Nouvel Observateur.
Les relevés de 2003, après ceux de 2001, révèlent notamment les teneurs suivantes :
- 1200 µg/m3 entre 17h et 19h dans les gares du RER A de Chatelet les Halles et Nation
- plus de 1600 µg/m3 à la Gare de Lyon toujours sur le RER A
- jusqu'à 850 µg/m3 aux heures de pointe à la station Bréguet-Sabin sur la ligne 5
- en moyenne 200 µg/m3 dans le métro et 400 µg/m3 dans le RER
Rappelons que les concentrations moyennes en PM10 sont de 22 µg/m3 à l'air libre en moyenne dans l'agglomération parisienne et atteignent au maximum 200 µg/m3 à la Porte d'Auteuil sur le boulevard périphérique parisien. De plus, les critères nationaux de qualité de l'air sont de 30 µg/m3 en moyenne annuelle.
Cette pollution est notamment générée par les freinages, l'usure des rails et des roues. Plus, un train roule vite et transporte de voyageurs, plus plus il doit freiner et émet de particules métalliques. Ainsi, la ligne 14, équipée de freins électriques reste la moins polluante contrairement à la ligne A et son million de voyageurs quotidien.
Les effets sur la santé ne sont pas encore clairement identifiés et pourraient varier de ceux connus en surface vu la nature différente des particules. Cependant, il est admis que les particules fines, notamment émises par la pollution diesel, affectent le système respiratoire et cardio-vasculaire.A ce titre, rappelons que 6 millions de voyageurs empruntent le métro et le RER, pendant 35 minutes en moyenne, chaque jour en Ile-de-France ! Sans oublier les dizaines de milliers de personnes qui y travaillent tous les jours.
Depuis 2001 que le CSHPF exige de la RATP des solutions et des plans de réduction des teneurs en PM10, cette dernière s'aide de l'ADEME pour y parvenir. Seulement, comme souvent, les coûts nécessaires pour limiter cette grave pollution, pourraient atteindre des montants que les clients ne sauraient supporter selon l'ADEME. Dans ce dilemne classique, nous avons d'une part la RATP et la SNCF soutenus parce qu'ils représentent l'avenir des transports face à une pollution automobile insoutenable et d'autre part un problème de santé publique certain qui contredit leur image.
Une nouvelle fois, le choix devrait être catégorique : la sauvegarde de la santé par la mise au point de matériels non polluants devrait primer sur les questions financières.
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)