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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
6375 lectures14 décembre 2009, 11 h 12
D'après une nouvelle recherche financée par l'UE et publiée en ligne par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), les extinctions et les invasions étrangères sont responsables de la perte du caractère unique des communautés végétales d'Europe.
L'une des façons les plus courantes d'évaluer la biodiversité dans une région ou une zone données est de simplement compter le nombre d'espèces qui y vivent. Cependant, comme le révèle cette étude, il est également important de comprendre la relation étroite entre les espèces dans une communauté spécifique, car une communauté végétale composée d'espèces n'ayant aucun lien est plus susceptible de supporter des pressions telles que les changements de température ou la sécheresse. En revanche, dans une communauté d'espèces apparentées, si l'une ne parvient pas à supporter des températures élevées par exemple, il est fort probable que les autres espèces aient également du mal à survivre.
Dans cette étude, les chercheurs ont analysé des données sur des espèces végétales trouvées dans différentes régions d'Europe depuis 1500. Il existe 11 000 espèces végétales indigènes en Europe. Depuis 1500, environ 1600 espèces végétales exogènes sont arrivées en Europe, et 1700 espèces européennes ont envahi d'autres régions européennes d'où elles ne proviennent pas originellement. Cela signifie qu'environ 53% des invasions de plantes en Europe peuvent être attribué aux espèces se déplaçant d'une région européenne à une autre.
Au cours des derniers siècles, seulement deux espèces végétales européennes ont complètement disparu. Cependant, environ 500 espèces se sont éteintes au niveau régional. Par exemple, l'aspérule des champs (Asperula arvensis) a disparu en Allemagne et en Autriche, principalement en raison de l'intensification de l'agriculture, mais on la trouve encore en Italie et en Espagne.
Le fait que les invasions dépassent largement le nombre d'extinctions signifie que le nombre d'espèces végétales dans les régions européennes a augmenté. Cependant, les espèces qui ont disparu ont tendance à être relativement rares et viennent de familles de plantes qui possèdent comparativement peu de membres.
En revanche, les espèces invasives ont tendance à venir de familles riches en espèces et sont souvent apparentées à des espèces vivant déjà dans la région. En pratique, le nombre total d'espèces dans les régions étudiées augmente; cependant, les plantes au sein des régions sont de plus en plus semblables et les différences entre régions disparaissent, alors que les mêmes plantes poussent de plus en plus partout ailleurs.
«Nos études ont montré que, bien que le nombre d'espèces dans les régions européennes augmente car les nouvelles espèces sont plus nombreuses que les espèces disparues, les régions perdent de plus en plus leur caractère phylogénétique et taxonomique unique», déclare le Dr Marten Winter du Centre Helmholtz pour la recherche sur l'environnement (UFZ) en Allemagne.
«Lorsque l'on parle de la diversité biologique ainsi que du nombre absolu d'espèces, les gens devraient également considérer les autres mesures de la diversité biologique, telles que les relations entre espèces par exemple. Ces mesures offrent d'importantes informations supplémentaires sur la condition et les risques possibles pour les écosystèmes.»
Le soutien de l'UE provient des projets DAISIE («Delivering alien invasive species inventories for Europe») et ALARM («Assessing large scale risks for biodiversity with tested methods»), tous deux financés au titre du domaine thématique «Développement durable, changement planétaire et écosystèmes» du sixième programme-cadre (6e PC).
Les chercheurs participant à l'étude du PNAS viennent de République tchèque, d'Allemagne, de Grèce, d'Espagne, de Lituanie, de Nouvelle-Zélande, de Suisse et du Royaume-Uni.
Winter, M. et al. (2009) Losing uniqueness : Plant extinctions and introductions lead to phylogenetic and taxonomic homogenization of the European flora. PNAS (sous presse), publié en ligne la semaine du 7 décembre. DOI: 10.1073/pnas.0907088
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