La limite supérieure de température à laquelle la vie pouvait encore se développer était jusqu’à présent de 113°C. Ce record était détenu par un micro-organisme hyperthermophile dénommé Pyrolobus fumarii. Il vient d’être battu par un autre micro-organisme parvenant à se développer à 121°C, d’où le nom provisoire qui lui a été donné : « Souche 121 », en attendant que les chercheurs achèvent sa description.La limite supérieure de température à laquelle la vie est encore possible est un paramètre clé pour permettre de délimiter quand et où la vie pourrait avoir évolué sur une Terre primitive chaude, la profondeur à laquelle la vie existe en dessous de la surface terrestre et le potentiel existant pour la vie en termes d’environnements chauds, extraterrestres, ont indiqué Derek Lovley et Kazem Kashefi, dans la revue Science du 15 août 2003.
« Souche 121 » vit au fond de l’océan, dans un environnement de sources hydrothermales. L’eau émerge du plancher océanique, chauffée à l’extrême par le magma. La pression immense de ces profondeurs abyssales empêche l’eau chaude de se transformer en vapeur. Les échantillons cultivés par Lovley et Kashefi ont été prélevés à près de deux kilomètres et demi en dessous de la surface océanique, dans le Pacifique, par une équipe de l’Université de Washington conduite par John Baross. Les représentants de la « Souche 121 » sont des archaea, organismes unicellulaires similaires aux bactéries, qui apprécient en règle générale la salinité, l’alcalinité, l’acidité, la pression, le froid et la chaleur extrêmes. Les archaea figurent parmi les premières branches de l’arbre de la vie sur Terre.
Les unicellulaires de la « Souche 121 » utilisent le fer comme d’autres organismes l’oxygène. C’est une nouvelle forme de respiration, précise Lovley. Beaucoup d’archaea utilisent aussi le sulfure. A l’instar de l’action de l’oxygène chez les humains, le fer permet aux archaea de la « Souche 121 » de brûler leur nourriture afin de produire de l’énergie.
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