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Problèmes de cohabitation entre ours et humains : et si on s'occupait de nos déchets alimentaires ?

2195 lectures / 5 commentaires25/11/2009, 15:48
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Ours brun - Etats-UnisOurs brun - Canada
© Sylvain Magdelaine

En Slovénie, les problèmes de cohabitation entre le plantigrade et l'homme sont certes liés à l'augmentation de sa population, mais pas seulement. Pour cerner de manière précise les sources du conflit, des recherches à l'aide de la télémétrie (collier émetteur de signaux) ont été effectuées sur l'animal. Chacune des incursions en milieu habité est suivie d'un examen approfondi du terrain visité par l'animal afin de comprendre ce qui l'a poussé à s'aventurer aussi près des habitations (détritus alimentaires).

C'est dans ce but qu'a été initié le projet de recherche à l'aide de GPS télémétrie "Etudes des facteurs de familiarisation avec l'homme de l'ours brun". L'objectif principal du projet dirigé par le dr. Klemen Jerina et financé par l'Agence de l'Environnement, consiste à étudier les facteurs influant sur la naissance des conflits entre l'homme et l'ours, à trouver ce qui attire les ours dans le voisinage direct de l'homme et définir l'impact des sources de nourriture sur leurs déplacements. Le projet a débuté en octobre dernier et prendra fin en septembre 2010. Les équipes de chercheurs et leurs collaborateurs ont déjà capturé et équipé les ours d'un collier émetteur (octobre 2008-mai 2009), ils suivent actuellement leurs déplacements et activités par télémétrie (octobre 2008-mai 2010), et effectuent la description sur le terrain des lieux visités par les plantigrades (décembre 2008-juin 2010). Les premières analyses devront être effectuées très prochainement (juin-septembre 2010). Les recherches sont menées par le Département de foresterie et des ressources renouvelables de forêt à la Faculté de Biotechnologie de l'Université de Ljubljana, en collaboration avec l'ONF slovène, l'Union des chasseurs et des experts vétérinaires.

M. Jerina explique que le présupposé selon lequel l'augmentation de ces dernières années des conflits entre l'homme et l'ours serait due à l'accroissement du nombre d'ours est faux. Dans l'espace alpin où la densité de population de l'ours est faible, ont été déclarés 60% des dommages provoqués par l'animal. " Est-il envisageable que les ours durant leur éducation apprennent à fréquenter le voisinage de l'homme ? Ou bien l'occasion fait-il tout simplement le larron ?" se demande M. Jerina. Il ajoute l'on peut partiellement influer sur le comportement de l'ours en adoptant un comportement adéquat à son égard.

Consécutivement et en règle générale, l'unique et première solution envisagée jusqu'à présent en Slovénie pour régler ce problème a été l'abattage des ours. Or, il s'avère que la réduction de la population de l'ours en Slovénie ne résout en rien le problème, bien au contraire, le nombre de dommages dus au plantigrade est en augmentation ces dernières années. L'abattage de l'ours n'est donc pas la solution à long terme pour résoudre les conflits. Ces derniers sont en augmentation plus rapide que le nombre d'ours.

Dans la quête d'une réponse à la question de savoir ce qui pousse l'ours à venir à proximité de l'homme, l'une des considérations clés est le changement touchant l'utilisation de son espace et l'accessibilité des sources alimentaires afférente. C'est pourquoi, il est essentiel de supprimer de l'espace occupé et utilisé par l'homme, tout ce qui peut attirer l'ours. Il faudrait également commencer à envisager en Slovénie de prendre des mesures supplémentaires face à l'abattage des ours. La Slovénie est trop petite pour assurer l'existence d'une forme de "ghetto" pour ours, ces derniers couvrent un territoire extrêmement large (jusqu'à 80 km, à vol d'oiseau).

Jusqu'à présent, 20 ours ont été capturés et dotés d'un collier GPS-GSM dans le cadre du projet. Grâce à leur récepteur GPS, ces colliers indiquent toutes les heures, 24 heures sur 24, la localisation précise de l'animal, ses coordonnées sont ensuite transmises par le réseau de téléphone portable sous forme de message SMS à la base des chercheurs qui pourront ainsi suivre ses déplacements : Est-il dans la forêt ? Dans le voisinage d'une agglomération ? Ces colliers émettront une année durant, ce qui correspond à un cycle de vie chez l'animal (accouplement, hibernation, etc.), puis tomberont d'eux-mêmes au bout de ce laps de temps. Ils sont en outre munis de capteurs sensoriels qui permettront de suivre les activités de l'ours : quand et où l'animal se repose, se déplace et s'alimente.

L'extrême intelligence et la débrouillardise dont fait preuve l'ours lorsqu'il est quête de nourriture ont garanti sa survie à travers le temps. Il semblerait que ces qualités jadis le mène aujourd'hui à sa perte : au banc des accusés, il faut mentionner les sources de nourriture anthropogène. Les chercheurs ont ainsi, au cours des recherches, localisé à l'aide du collier une oursonne et sa progéniture à proximité du village de Smihel pod Nanosom. Elle effectuait, suivie de ses petits, des allers et retours réguliers entre les abords du village et la forêt. Lorsque les chercheurs vinrent sur place voir ce qui provoquait les visites des plantigrades, ils découvrirent l'existence d'un petit dépôt de déchet illégal sur lequel gisait le cadavre d'un cheval. Selon les propos de Miha Krofel, chercheur biologiste, ce sont les hommes qui finiront par apprendre aux ours comment trouver leur nourriture. Inutile de préciser en effet que les oursons ayant accompagné leur mère dans ces expéditions, auront également acquis ces réflexes de recherche en nourriture, qu'ils emploieront à leur tour à l'âge adulte. La solution est évidente : il faut empêcher l'ours d'avoir accès aux sources de nourriture anthropogène.

En savoir plus

Rédacteur

Bruno Rousselet

Source

Delo, 21.05.2009

Origine

BE Slovénie numéro 63 (4/11/2009) - Ambassade de France en Slovénie / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61105.htm

Liens

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Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


5 commentaires sur cette actualité

commentaire Alexandre Oberlin, Nice - 28/11/2009, 23:24

Bruno Rousselet écrivait:
"C'est pourquoi, il est essentiel de supprimer de l'espace occupé et utilisé par l'homme, tout ce qui peut attirer l'ours."
C'est ça, on va se barricader pour casser la croûte, et on va mettre des clôtures électrifiées de 3m de haut autour de nos petits jardins et de nos ruches.
C'est bien sympa les ours, et autres grands animaux sauvages mais c'est très envahissant. Je n'ai pas d'expérience directe avec les ours, mais pour les cerfs et les sangliers, je connais, merci. Ces réintroductions sont pour la plupart le fait de jeunes fonctionnaires fringants, qui n'ont guère d'expérience de la vie rurale, mais ont l'approbation des politiciens et de leurs amis et collègues chasseurs (ce sont souvent les mêmes) qui se font ainsi plaisir tout en s'achetant une conduite aux yeux de l'électorat écolo.
Par ailleurs réintroduire les herbivores ou omnivores tout en refusant les grands prédateurs n'est pas reconstituer un équilibre écologique. Les prédateurs naturels sont des tueurs infiniment plus judicieux que nos piètres chasseurs ou fonctionnaires.
commentaire Christophe Magdelaine - 28/11/2009, 23:32

Il est ici question de la Slovénie où l'ours n'a pas été introduit : c'est l'Homme qui envahit l'habitat de l'ours et non l'inverse... En France, nous nous sommes appropriés son territoire et le considérons donc comme un intrus : facile...
commentaire Alexandre Oberlin, Nice - 28/11/2009, 23:39

« une oursonne et sa progéniture »
Quand je vous disais qu'ils n'ont guère d'expérience de la vie rurale ;-)
commentaire Alexandre Oberlin, Nice - 29/11/2009, 00:12

Christophe Magdelaine écrivait:
« ll est ici question de la Slovénie où l'ours n'a pas été introduit : c'est l'Homme qui envahit l'habitat de l'ours et non l'inverse...
En France, nous nous sommes appropriés son territoire et le considérons donc comme un intrus : facile... »
C'est forcément toujours comme ça ! Je doute que dans le passé les hommes se soient souvent et volontiers installés dans des régions dépourvues de ressources en chasse. Ça rejoint le problème de la dispersion de l'habitat. Autrefois j'imagine qu'on n'était pas mécontent de pouvoir aller chasser les ours ou d'autres grands animaux, mais je ne pense pas pour autant qu'on les laissait festoyer dans les jardins publics. Aujourd'hui tout doit être règlementé à l'avance, les gens doivent obtempérer à des dispositions administratives absurdes et il n'y a plus de place pour le simple bon sens.
commentaire fred - 29/11/2009, 17:01

il est évident, vital, urgent de réduire notre impact pour que les autres espèces ne disparaissent pas et puissent vivre tranquillement ! nous devons cesser de nous reproduire pendant un moment pour faire baisser notre surpopulation, consommer moins/mieux, utile/intelligent, local, bio (...) pour une planète vivable/vivante !
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