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Moins de naissances, moins d'émissions de CO2 : l'ONU enfin éco-malthusienne ?

3278 lectures / 49 commentaires19/11/2009, 14:47 - mise à jour : 19/11/2009, 21:54
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Le Fonds des Nations unies pour la population (FUNAP) vient d'expliquer que la croissance démographique dans le monde est à l'origine de 40 à 60 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 1820. Une meilleure planification familiale devrait avoir une influence sur l'évolution du climat. Pays pauvres, pays émergents ou pays riches émetteurs de carbone : l'ONU exhorte à limiter les naissances comme remède climatique. Un sujet sensible jusque-là toujours escamoté par les écologistes frileux, dont seul Yves Cochet fait exception.

Faire moins d'enfants pour limiter le réchauffement climatique

« L'effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l'atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable. » Rapport 2009 de l'UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population).

Ce n'est pas un hasard si une telle déclaration, aussi surprenante qu'inattendue de la part d'une entité onusienne, tombe pile-poil en pleine actualité du dernier Sommet mondial de l'alimentation (en l'absence consternante des chefs d'Etat des pays riches...), et alors que le continent Africain franchit le seuil d'un milliard d'habitant, un symbole de taille. 3 ou 400 millions d'Africains dans les années 1960, ils seront 2 milliards en 2050. Quelle misère pour l'Afrique ?

La Terre n'est ni extensible, ni rechargeable !

La Terre ne peut pas continuer à accueillir 200 000 humains de plus par jour !!

Sera-t-on ni jamais assez nombreux, ni jamais assez malheureux ?

Le malheur du plus grand nombre fait-il jubiler l'élite ?

À qui profite le crime démographique ?

Une cure de désintoxication à grande échelle, progressive et durable, va s'imposer. Il faudra radicalement couper les ponts avec l'ancien mode de vie imposé par un capitalisme héritier d'un obscurantisme aux modes miniers et aux conséquences dégénératives pour la terre. Les causes majeures qui nous conduisirent aux crises écologique, énergétique et alimentaire, aux misères présentes et à l'effondrement annoncé sont la surpopulation de notre maison du Quaternaire, notre pétro-addiction insoutenable et la surconsommation de viande par les pays nantis.

De ces trois grandes menaces pour l'humanité, la première illustre le tabou des tabous, correspond à se prononcer sur l'indicible, à débattre du sacré, à remuer l'interdit. Comme tout sujet « innommable », la langue de bois a toujours été de mise. Exhorter à une dépopulation pacifique, ce n'est pas seulement affronter les groupes d'intérêts et d'influences qui s'engraissent sur la multitude, y compris dans sa version famélique, mais aussi se heurter au dogme largement consenti de la famille et à des tropismes religieux, y compris dans des pays dits laïques et aux familles éclatées. Et Nicolas Hulot ou Yann Arthus-Bertrand, nos tribuns sponsorisés, le savent bien.

Les errances majeures que sont la gestion abusive des ressources et une totale absence de régulation démographique portent en elle un naufrage et sont assimilables à un phénomène paradoxal que l'on peut désigner comme auto génocidaire. Ces deux comportements erronés sont si absurdes qu'on ne les appliquerait même pas à la maison !

Une nouvelle figure s'est instaurée depuis la moitié du siècle passé dans les pays du Sud, sous l'influence néfaste d'une incitation au lapinisme prôné par les colonisateurs chrétiens et musulmans, et leur dogme monothéiste de l'homme divin et de la fatalité, c'est l'inéquation entre la dotation géographique et l'effectif populationnel. Un peu comme un berger qui dépasse la charge pastorale, c'est-à-dire le nombre de têtes que peuvent potentiellement nourrir les ressources fourragères locales, hypothéquant ainsi toute régénération possible, abus contre-productif qui se nomme surpâturage et confine à une néantisation écosystémique.

Toutes les sociétés n'ont pas pour économie l'industrie, le commerce ou les hautes technologies qui permettent, comme au Japon, à Hong-Kong ou dans la Silicon Valley de s'étager pour surpeupler une niche géographique étroite, ou encore l'activité de paradis fiscal ou de trafics véreux internationaux comme Monaco (avec une termitière humaine de 15 850 habitants au km2 !), Macao (17 800 h/km2) ou Gibraltar (4 700 h/km2). Pour avoir un ordre de grandeur, l'Australie n'abrite que 2,6 habitants au km2 ! La terre fertile d'une famille de cultivateurs exige davantage d'espace que l'ordinateur d'un trader boursier ! Pour les peuples agricoles, ruraux et oubliés, ce sont les ressources paysannes qui doivent définir la taille d'une population, et non l'inverse. Cessons de nous étonner qu'il y ait grand malheur à féconder un enfant tous les neuf mois et à proliférer sur des terres sèches, ingrates et infertiles, qui plus est préalablement appauvries par des abus d'usages agraires contractées par l'agronomie d'une coopération pas toujours compétente ou bien intentionnée. Il n'est guère possible pour une société rurale de survivre en inéquation avec les lois de la nature et sans éducation d'aucune sorte, qui plus est soumise à la tyrannie de cruels gouvernants aptes au détournement des aides alimentaires. Aspirine sans frontières fait ce qu'elle peut.

Derrière la bonne parole nataliste, à masque paternaliste, sont tapies d'immondes arrière-pensées économiques, militaires, nationalistes, racistes, souffrant d'une myopie écologique hypothéquant tout futur universel. Avec ce que l'on sait maintenant, encourager la surpopulation, c'est cautionner un crime volontaire contre l'humanité. Les ressources n'étant pas élastiques, l'appropriation des plus forts ne peut qu'entraîner une famine des plus faibles. Les variantes du style « Travail-famille-patrie » sont les trilogiques recettes des peuples mis en batteries, voués à la fécondation spontanée, corvéables à merci et disponibles sur un geste pour le plus grand profit des marchands d'armes soutenus par les dogmatismes religieux.

Déjà, au XIXe siècle, les libertaires néo-malthusiens appelaient à une « grève des ventres » ajoutant leur point de vue à l'analyse du postulat de Malthus : la monstruosité de produire massivement la chair à canon utile aux bourgeoisies industrielles évidemment natalistes à usage de l'infanterie des guerres programmées, la chair à travail à l'usage de l'exploitation patronale, et la chair à plaisir pour alimenter la prostitution. Auquel inventaire justifiant une réponse populaire dénataliste à l'incitation étatique à procréer, on ajoutera dès le siècle suivant le besoin de clientèle au consumérisme.

Il y a plus d'un an, j'ai écris un pamphlet infrarouge en éloge à la dénatalité : Faire des enfants tue. Il fit scandale, mais depuis on ose remettre en cause la procréation égoïste et inconsciente, le vocable surpopulation n'est plus un gros mot et les familles nombreuses n'ont plus le vent en poupe. Le temps serait venu d'un Copenhague sur la responsabilité écologique de la démographie, que nous appelons l'empreinte anthropique.

Certes Malthus s'est trompé en 1798 en prévoyant que la production agricole serait insuffisante pour nourrir une croissance populationnelle exponentielle. Il ne pouvait présager que la mécanisation et la pétrochimie induits par l'avènement des énergies fossiles, allaient donner naissance à la révolution verte et au productivisme : de quoi donner TEMPORAIREMENT à manger à des milliards de gens..., tout en détruisant les sols, les eaux et donc toute durabilité. Maintenant que la déplétion est toute proche, que va-t-on faire de cette surpopulation sur une Terre exsangue ? Comment allons-nous sortir de ce plan hasardeux, ruineux, digne d'un capitalisme à courte-vue ? Appeler les pays nantis à partager avec les plus pauvres et les plus spoliés, quand nous serons 9 ou 10 milliards, une fois les ressources taries, ne relèvera ni de la morale, ni du vœu pieu, mais d'un cynisme à nul autre pareil.

« Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes (...) et que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime. » Déclaration de Claude Lévi-Strauss, en 2005, au crépuscule de son existence. Le grand homme ne nourrissait aucun espoir pour un monde trop plein. Le temps de vivre sa vie et Claude Lévi-Strauss vit effectivement presque 5 milliards d'habitants de plus faire irruption sur cette Terre.

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Auteur

Michel Tarrier

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


49 commentaires sur cette actualité

commentaire tahar, Oujda maroc - 19/11/2009, 20:47

L'éco-malthusianisme, encore une invention des pays riches qui sont les principaux responsables des problèmes que connait notre planète. C'est l'excès de consommation, les abus et le gaspillage qui sont responsables des émissions de gaz à effet de serre. Pour limiter les problèmes écologiques de la terre il faudrait que les occidentaux change leur façon de vivre. C'est l'americcan way of life qui est en cause et non pas le nombre d'habitants des pays pauvres.
commentaire DEHELVET - Vichy - 19/11/2009, 23:59

Bonjour à tous. Allah wa sallah amibi tahar. Navré de te contredire : ce ne sont pas les pays riches les coupables. De toute éternité les nomades du désert ont procréé en fonction de leurs ressources car, souvent, une bouche de plus annonçait le désastre…. et tu le sais bien. Mais voilà dans toutes les religions on trouve le fameux « Croissez, multipliez et peuplez la terre ». Si ce précepte fut vrai lorsque notre planète avait une population de quelques centaines de millions d'âmes, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et, dans vos pays si beaux mais déshérités, toutes les ONG ont mis en place des plans de réduction de la mortalité infantile ; c'est tout à leur honneur et il fallait le faire. Mais c'était sans compter avec le biotope : s'il ne nourrit que 1.000 personnes, il ne faut pas qu'il y en ait 2.000 car alors tout le monde crève de faim ! Et c'est ce qui est arrivé. Alors on apporte de l'aide alimentaire mais c'est une goutte d'eau dans cet océan effroyable de misère et de souffrance. Nous sommes tous profondément touchés de voir ces petits avec un gros ventre dû à la malnutrition et qui n'ont même pas la force de se nourrir (un peu comme ceux qui ont survécu aux Camps de la Mort nazis car rien que le fait de manger les faisait mourir !). Alors, en admettant que l'on partage ce que nous avons, que va-t-il se passer ? La pire chose qui puisse arriver : nous serons alors devenus pauvres comme les population de ces pays et nous ne pourrons même plus les aider ! Et, la misère étant là, nous ferons comme eux : des enfants car c'est un moyen de survie. Dire que les pays nantis sont responsables, c'est aller un peu vite. La plupart des aides que nous envoyons à ces pays sont détournée et n'arrivent même pas aux populations affamées car c'est dans ces pays que règne la plus grande corruption. Alors désigner des coupables, ce n'est ni le lieu ni le moment. Il faut agir ! Nous en vous apportant encore plus d'aides, vous en mettant en place des politiques dénatalistes. Il ne peut en être autrement. Lila saïda amibi. Bonne soirée à vous tous. DEHELVET.
commentaire BACHENDI ALGERIE - 20/11/2009, 06:35

EN ALGERIE ACTUELLEMENT ON SE MARIE TARD ET LE NOMBRE D'ENFANTS PAR COUPLE NE CESSE DE DECROITRE.MOYENNE DEUX A TROIS ENFANTS PAR COUPLE MAIS L'IDEALE C'EST UN A DEUX ENFANTS PAS PLUS.
commentaire Seb, Saint-Denis, France - 20/11/2009, 10:07

bravo tahar, tu as tout à fait raison, c'est bien là le problème !
Il est honteux cet article.
commentaire lea sur la lune - 20/11/2009, 15:13

Tout le monde doit se mettre alors au régime bio ou végétarien ! et bien je dis que c'est loin d'être gagné ! rien de change ou très peu ... c'est même de pire en pire à voir toutes ces publicités pour consommer toujours +
tout en détruisant et polluant les ressources de la Terre...

Dans un futur proche ou plus lointain l'espèce humaine s'éteindra de lui même à force de n'en faire qu'à sa tête ...

l'homme n'est pas intelligent pour faire des actes concrets !
commentaire Renault - 20/11/2009, 18:30

Les gens les plus pauvres n'ont d'autres satisfactions sur terre qu'un peu de plaisir d'amour: laissons le leur en les aidant à pratiquer la contraception aujourd'hui disponible.
Oui il faut gérer la population mondiale voire même la faire baisser puisque malgré tous les poisons agricoles utilisés 1 milliard d'être souffrent de la faim. Il faut la population qui puisse voir ses besoins vitaux essentiels satisfaits par la possibilité offerte par la planète: ça, ça peut se calculer non?
DEHELVET, les textes sacrés ont tellement étés traduits qu'ils perdu tout le sens profond originel (intentionnellement ou non) mais Annick de Souzenelle qui fait des recherche en Hébreu ancien, prétend que la phrase "Croissez et multipliez-vous" s'adresse non pas à la population mais à nos qualités intérieures; croître en somme humainement parlant, multiplier nos qualités: le reste, "remplissez la terre" fut rajouté par incompréhension des traducteurs ou par manipulation des dominants d'alors, pour avoir plus de monde à asservir.
commentaire extermination de la population - 20/11/2009, 18:35

verité choc !
http://www.comlive.net/Reduction-massive-de-la-population,102893.htm
commentaire Michel Tarrier - 20/11/2009, 18:38

Un type d'exaltation au développement coûte que coûte... On peut aimer Victor-Hugo mais là, à propos de l'Afrique, et même dans le contexte, c'est limite !
« Déjà les deux peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; la France la tient par l’ouest et par le nord ; l’Angleterre la tient par l’est et le midi. Voici que l’Italie accepte sa part de ce travail colossal. L’Amérique joint ses efforts aux nôtres ; car l’unité des peuples se révèle en tout. L’Afrique importe à l’univers. Une telle suppression de mouvement et de circulation entrave la vie universelle, et la marche humaine ne peut s’accommoder plus longtemps d’un cinquième du globe paralysé. De hardis pionniers se sont risqués, et, dès leurs premiers pas, ce sol étrange est apparu réel ; ces paysages lunaires deviennent des paysages terrestres. La France est prête à y apporter une mer. Cette Afrique farouche n’a que deux aspects : peuplée, c’est la barbarie ; déserte, c’est la sauvagerie (...).
Au dix-neuvième siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. (Applaudissements)
Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra.
Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez là. A qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. (Applaudissements prolongés). Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez. »
Victor Hugo (Discours sur l’Afrique, 18 mai 1879).
commentaire Michel Tarrier - 20/11/2009, 18:46

La "dépopullulation" en long, en large, en travers et dans tous les sens...
http://no.procreation.day.free.fr/jsp12.htm#nvtarrier
commentaire Allégraisse, Ouagadougou - 20/11/2009, 18:58

C'est quand même un comble Monsieur Tarrier d'utiliser votre fille pour faire un bouquin intitulé "Faire des enfants tue". Commencez par nettoyer votre propre auge !
commentaire Michel Tarrier - 20/11/2009, 19:10

J'ai deux filles dénatalistes, elles sont majeures (mais pas vaccinées !).
Elles refusent de donner des enfants en otage à cette société cruelle, spéciste, raciste, sexiste et sans avenir, mais elles sont fermement décidées à en adopter, notamment des petits orphelins de Ouagadougou.
commentaire Abdou, Essaouira - 20/11/2009, 19:17

Ce n'est pas la demographie des pauvres mais la consommation des super-riches qui menace la planete
Une etude publiee dans le journal environment and urbanization montre que les regions ou la population a augmente le plus rapidement sont celles ou les emissions de dioxyde de carbone se sont elevees le plus lentement, et inversement. De 1980 a 2005, l'Afrique sub-saharienne est a l'origine de 18,5 % de la croissance de la population mondiale et seulement de 2,4 % de l'augmentation des emissions de CO2. L'Amerique du Nord ne represente que 4 % des nouvelles naissances, mais 14 % des emissions supplementaires. 63 % de la croissance demographique mondiale a lieu dans des regions ou les emissions de CO2 sont tres basses.
commentaire DEHELVET - Vichy - 20/11/2009, 23:30

Bonjour à tous.

Pourquoi, dès que l'on parle de régulation des naissances ou de dénatalité ; les Africains se sentent-ils visés ?
S'il est vrai que l'Afrique comptera bientôt deux milliards d'habitants et qu'elle ne peut en nourrir actuellement à peine un milliard, il est bien d'autres nations où le fléau nataliste persiste. Et ce n'est pas une question de religion mais de civilisations arriérées. Tout simplement parce la vieillesse des parents est assurée par les enfants. Ils sont source d'exploitations en tous genres… tout le monde les connaît, à commencer par la prostitution, le prélèvement d'organes, de cornées et j'en passe et des meilleures. Alors pourquoi les Africains se sentent-t-ils visés ? Se sentent-t-ils fautifs ?
Si j'ai pris l'exemple des tribus nomades, pourquoi y voir celles du Magreb ? Il en est bien d'autres de par le monde. Mais il est évident que la Terre est un navire ; un navire spatial. Si ce navire ne peut recevoir que six, neuf, douze ou 15 milliards d'âmes… au-delà de ces chiffres, il y en a forcément qui seront rejetés à la mer ou plutôt en dehors de ce navire spatial qu'est notre planète.
Et l'on peut épiloguer tant qu'on veut, cette vieille maxime est incontournable : « Quand on ne peut nourrir que deux enfants, on n'en fait pas trois, ou quatre ou cinq… ! ».
Bonne soirée à vous tous. DEHELVET.
commentaire tahar, Oujda maroc - 21/11/2009, 00:07

Bonsoir à tous, Mr Dehelvet répète ce que Malthus a dit il y a plus d'un siècle pour résoudre un problème qui date de quelques années seulement.
Je voudrais dire à Mr Dehelvet de ne pas parler de choses dont il ignore la quintessence, en particulier des nomades. Ces populations vivaient en harmonie avec leur milieu naturel contrairement à que pensent beaucoup de gens.
Actuellement il n'y a aucun doute sur les causes des problèmes de notre planète. Nos amis les verts d'Europe et d'ailleurs et beaucoup de penseurs en sont convaincu. Les "créateurs de désordres à l'échelle mondiale", sont ceux qui consomment sans compter, les spéculateurs financiers, les va-t-en guerre et j'en passe. Le mode de vie occidental a montré ses limites, pourquoi s'entêter à le maintenir et le défendre par des moyens peu respectueux de la morale et de la raison en particulier par des invasions militaires inutiles.
commentaire Michel Tarrier - 21/11/2009, 06:55

Tahar, les Nomades en harmonie avec les fondamentaux de la Nature, aujourd'hui ? Laisse-moi rire ! Pas plus que les autres ! Si je me base sur l'exemple des Nomades du Grand Sud marocain, ce sont les rois du surpâturage le plus éhonté, remontant maintenant jusqu'au-delà du Haut Atlas et ravageant tout sur le passage de leurs troupeaux surnuméraires de camelins et de caprins, mettant à mal, entre-autres, l'arganeraie. Je connais de grandes familles Sahraouis propriétaires de troupeaux de dromadaires de plus de 2000 têtes ! Ils s'opposent à toute figure de protection de la biodiversité, comme celle de la réserve du Bas Draa ; dans le passé ils ont liquidé les derniers crocodiles des gueltas du SAhara marocain, etc. Non, les Nomades ne sont pas des peuples premiers et leur attitude est totalement spéciste, ils ne sont nullement en phase avec la Nature. Quant à limiter leurs naissances, jamais ! La loi machiste domine. C'est en Mauritanie que des mamans gavent encore de force des petites filles pour les rendre obèses puisque c'est ainsi qu'elles plaisent au mari convoité... Etc. Tout un monde très obscur et assez cruel. Pas question de rêver avec les "bergers", pas plus nomades que sédentaires. L'élevage des animaux est une activité contre-nature dès qu'elle est guidée par la rente.
commentaire Michel Tarrier - 21/11/2009, 10:33

LA BIBLIO DES DÉNATALISTES CONVAINCUS
(Liste francophone)

« Il faut d'urgence aider les femmes à faire moins d'enfants pour lutter contre le péril climatique. »
Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), 18 novembre 2009.

Au moment où un organisme de l’ONU s’engage ainsi à recommander la voie dénataliste, donc malthusienne, il serait bon de se documenter et de lire des ouvrages sur ce sujet aussi sensible que prééminent quant à notre destin et à celui de la planète vivante, laquelle n'est évidemment représentée par aucun porte-parole

Il faut d’emblée préciser que si Malthus passe pour un auteur maudit, déniant aux « pauvres » le droit de se reproduire, c’est qu’il fait partie des penseurs célèbres toujours citées, mais jamais lus. Voici comment commence son Essai sur le principe de la population :
« L'objet de cet Essai est principalement d'examiner les effets d'une grande cause, intimement liée à la nature humaine, qui a agi constamment et puissamment dès l'origine des sociétés, et qui cependant a peu fixé l'attention de ceux qui se sont occupés du sujet auquel elle appartient. La cause que j'ai en vue est la tendance constante qui se manifeste dans tous les êtres vivants à accroître leur espèce, plus que ne le comporte la quantité de nourriture qui est à leur portée ».
Plus loin, il convient de lire ceci pour ne plus le déjuger :
« Il faut désavouer publiquement le prétendu droit des pauvres à être entretenus aux frais de la société ". " Si tous pouvaient être soulagés, si la pauvreté pouvait être bannie, même au prix du sacrifice des trois quarts de la fortune des riches, je serais le dernier à dire un seul mot pour m'opposer à ce projet ».

Pour échapper à la mauvaise renommée eugéniste du malthusianisme (non innocemment) mal interprété, ses premiers successeurs se considèrent comme des néomalthusiens. Ce sont, pour l’essentiel, des libertaires de la fin du XIXe siècle, tels Paul Robin et Nelly Roussel. Plus tard et maintenant, l’étiquette d’écomalthusiens est appropriée. Il s’agit d’écologistes actuels prônant l’usage de l’empreinte écologique de Mathis Wackernagel et William Rees, amplement promu comme outil d’écocitoyenneté mondial par le WFF, ou d’auteurs comme Levi-Strauss, Werber, Cochet ou Tarrier, exhortant à la décroissance démographiques.

L’axe de réflexion est bien celui-ci : Si tous les humains de mon sexe se reproduisaient comme moi, quelles en serait les conséquences démographiques et écologiques ?

BIBLIOGRAPHIE

Essai sur le principe de population, 1798-1803 de Thomas Robert Malthus, 2 tomes (Poche). Flammarion, 1999

Malthus et les malthusiens, de Jacques Wolff. Economica, 1994

Le cimetière de la morale, de Roland Jaccard. Presses Universitaires de France, 1998

Bienheureux les stériles, d’Annaba. Presses du Midi, 2002

Pas d’enfant, dit-elle… Le refus de la maternité, d’Édith Vallée. Imago, 2005

L'art de guillotiner les procréateurs : Manifeste anti-nataliste, de Théophile de Giraud. La Mort-Qui-Trompe, 2006

Être femme sans être mère. Le choix de ne pas avoir d'enfant, d’Émilie Devienne. Robert Laffont, 2007.

Faire des enfants tue : Éloge de la dénatalité, de Michel Tarrier et Daisy Tarrier. Éditions du Temps. 2008

No Kid : Quarante raisons de ne pas avoir d'enfant, de Corinne Maïer. J’ai lu, 2008.

Nullipare, de Jane Sautières. Verticales, 2008

Épanouie avec ou sans enfant, d’Isabelle Tilmant. Anne Carrière, 2008
commentaire DEHELVET - Vichy - 21/11/2009, 11:42

Bonjour à tous. Allah wa sallah amibi Tahar.
« Ces populations vivaient en harmonie avec leur milieu naturel »… ça, je ne te le fais pas dire : « vivaient » ! Ce n'est plus le cas, hélas ! Et tu le sais bien. Mais je ne veux pas en faire un problème de pays, de races ou de religions : le phénomène est partout, même dans nos sociétés modernes. En effet¸même en France, il n'est pas rare de compter des familles très nombreuses de dix enfants ou plus. Et on encourage ça par tout un système d'aides publiques dont les Allocations familiales.
Mais il faut remarquer quand même que si tous ces gens des pays du Tiers monde étaient si bien chez eux, ils ne chercheraient pas à aller chez les autres. En effet, il y a 100 millions de personnes (sans papiers) qui piétinent aux frontières de l'Europe. Les gardes-frontières ferment les yeux de temps en temps ou regardent ailleurs pour en laisser passer quelques-uns. Eh oui ! Car comment expliquer que l'on ait sans arrêt des Sangate en France ? Comment arrivent-ils là ? C'est bien que certains ne font pas un travail remarquable de garde aux frontières. Les passeurs, ce n'est qu'une excuse même s'il en existe et qui font des fortunes sur la détresse des autres. Il y a des « Sangate » dans tous les pays del'UE.
« Le mode de vie occidental a montré ses limites… ». C'est vrai, nul ne peut le nier. Le capitalisme tel qu'il est pratiqué aujourd'hui est la pire chose antisociale, nul ne peut le nier. Et on le voit bien : les traders et leurs banques derrière eux ont plongé le monde entier dans la misère le plus éhontée… et on continue de plus belle ! Alors attendons-nous à vivre une nouvelle catastrophe financière qui plongera encore plus les pays démunis dans la misère.
Mais devons-nous pour cela « donner » ce que nous avons si chèrement acquis ? Devenir pauvres comme les pauvres ? Certainement pas. Les aider oui, et encore plus qu'avant, mais pas sans contrepartie : moins de naissances ! C'est tout ce qu'on leur demande. Déjà, avec la population actuelle de ces pays, il va falloir supporter la charge très lourde d'un grave déséquilibre démographique ; et il va durer cinquante ans. Alors une fois ça va, deux fois bonjour les dégâts.
Maintenant, je voudrais dire un mot sur Malthus et le « malthusianisme ». Malthus n'a jamais parlé d'un eugénisme quelconque. Il a simplement dit que si la population dépassait un certain niveau, ça ne pourrait pas aller. D'autres, par contre, se sont emparés de ses travaux, y voyant l'occasion d'éliminer les basses couches populaires. Pas Malthus ! Vous devriez lire ses ouvrages : c'était un visionnaire, un précurseur. Car ce qu'il avait prévu est en train d'arriver. Alors ne citez pas Malthus sans savoir.
Il reste que j'ai le cœur qui saigne quand je vois des mamans tenir leurs enfants morts dans leurs bras. C'est une vision insoutenable et qui ne devrait jamais arriver. Tout comme ces autres mamans qui n'ont parfois pas 17 ans et qui ont déjà huit enfants… qui crèvent de faim. Ou ces autres mamans dont on leur a ôté le clitoris pour qu'elles n'aient même pas le plaisir qui va avec l'acte d'amour ! Ce ne sont plus que des machines à procréer… Mais c'est vrai que dans ces pays, on ne fait pas un enfant pour qu'il soit heureux ! Non on le fait parce qu'il va « rapporter »… bien peu mais c'est toujours ça.
Et il n'est pas question de montre rdu doigt celui-ci ou celui-la. Nous sommes tous coupables. Même dans nos sociétés modernes. N'encourage-t-on pas les femmes à avoir plus de deux enfants par le biais des allocations familiales ? Alors que justement on devrait les arrêter à partir de deux enfants ?
Que l'on consomme trop, c'est vrai aussi. Et nous sommes en train de revoir notre copie… par force si ce n'est par raison. Nous sommes en train de prendre le virage difficile des énergies renouvelables pour produire propre. Ce n'est pas le cas des pays sous-développés (pardon, émergent) qui sont des terres d'accueil pour les entreprises salopes.
Pour conclure, je dirais que l'humanité tout entière doit changer ; elle doit évoluer avec encore plus de considération pour la vie humaine et le respect de l'autre. Elle doit être « responsable », adulte. C'est bien sur ces thèmes que nous travaillons, chacun à notre niveau, dans les sites que nous animons.
Bonne soirée à vous tous. Lila saïda. DEHELVET.
commentaire Bruno, Herblay - 21/11/2009, 12:27

Très bien Tahar, voila qui pose bien le problème.

1. Le Maghreb est importateur de produits alimentaires, cela veut dire qu'il ne nourrit pas sa population et qu'il dépend des autres pour la nourrir.

2. Les autres ne donnent pas leur nourriture au Maghreb, ils la vendent et cela leur rapporte.

OK; maintenant imagine que le Maghreb n'est plus d'argent (crise économique mondiale, effondrement écologique) comment mangerez vous?????

Et bien vous ne mangerez pas et la population baissera!!!! Donc ce n'est pas qu'un mythe de pays riche!!!

commentaire Olivier, Paris - 21/11/2009, 15:47

Oui, il faut réduire les naissances, pour permettre à tous d'éviter la misère. Et je crois que les taux de fécondité décroissent depuis plus de 50 ans, même si cette décroissance n'est pas assez rapide.
Non, la surpopulation n'est aucunement à l'origine des problèmes actuels, et la "dépopulation" ne règlerait rien, elle retarderait simplement l'échéance, tout en permettant aux riches de continuer à se goinfrer.
Il faut aussi savoir que les gens qui font des enfants ne les font pas par plaisir d'embéter les riches dans notre genre : ils les font aussi pour pouvoir assurer leurs vieux jours et parce qu'une partie de ces enfants n'atteindront jamais l'âge adulte. Mais les progrès face à la mortalité infantile vont plus vite que ceux des mentalités !
Ensuite, il faut aussi considérer que l'échelle de temps de la dénatalité n'est pas celle de la nécessaire réaction à avoir aujourd'hui. Ou alors, il leur faudrait une bonne guerre, ou une bonne famine : n'ayez crainte, certains s'y emploient !
Enfin, si on veut régler les problèmes de surconsommation (car c'est bien de cela qu'il s'agit) en réduisant la population de la planète, il vaut mieux éliminer un français que 50 burkinabés. Qui est volontaire ?
Je suis personnellement écoeuré par ces théories néomalthusiennes qui n'ont pour objectif que de pointer du doigt les populations du Sud.
commentaire terre - 21/11/2009, 17:02

Afin de préserver une planète vivable/vivante et notre vie (santé/avenir), nous devons réduire notre impact (ne pas nous reproduire pendant un moment pour faire baisser notre surpopulation, consommer moins/mieux, plus utile/intelligent, local, bio, etc...), c'est évident, vital, urgent car la situation est grave et s'aggrave jour après jour (surpopulation, déforestation, chasse/pêche/agriculture intensive, urbanisation galopante, pollutions...) !
commentaire fangui - 21/11/2009, 17:48

pour moi la question n'est pas de faire moins d'enfants (même si c'est bon pour la plantète) mais je trouve que plutôt que de rajouter des gens sur cette pauvre terre, on dévrait déjà s'occuper de ceux qui sont nés. Pleins d'enfants sont dans la rue et souffrent, les adultes qui ont les moyens de les éduquer doivent s'en occuper. je pense que l'adoption est une des solutions.
commentaire Michel Tarrier - 21/11/2009, 17:53

2010 : coïtus interruptus planetarius !
commentaire paoli - 21/11/2009, 20:15

Enfin !!enfin on ose !! .;dire simplement la vérité seul yves cocher avait parlé un peu de ce drame : la population ne peut plus augmenter sauf amener guerres famines et folies des hommes .;il n'est pas question d'interdire mias de réguler pour le bien étre de tous .;les chinois l'on compris ..et nos civilisations monothéistes ou athées devraient vite le comprendre .;avant de faire disparaitre notre si belle planéte
commentaire Bruno Herblay - 21/11/2009, 20:53

A priori et sans vouloir choquer personne, je crois qu'il ne faut pas mélanger les problèmes:

Le problème de la plupart des pays riches ce n'est pas la natalité, elle baisse et ils ont les ressources agricoles pour nourrir leur population mais le gaspillage, la pollution, l'augmentation des gaz à effet de serre, la surconsommation, etc. (la liste est longue!!!).

A l'inverse le problème des pays pauvres n'est pas la consommation, ils n'ont pas les moyens de le faire et leur émission de CO2 sont négligeables mais leur démographie qui mets en péril la biodiversité et leur alimentation. L'environnement ne se limite pas au CO2 mais il englobe les forêts, la nature, les paysages, l'urbanisation, etc.

Le problème n'est pas de savoir s'il vaut mieux éliminer 1 Français que 50 Burkinabés de toute façon personne n'éliminera personne. les choses se réguleront toute seule et en mal pour les Français et pour les Burkinabés. Ceci dit je ne vois pas de solution politique au milieu des égoïsmes donc il reste à se demander quand viendra la régulation (10, 20, 50 ans?). Le risque c'est qu'après la régulation le monde soit invivable pour tous.

En supposant qu'on ait la volonté de baisser le gaspillage des pays riches ou en passe de le devenir (on peut réver) on ne règle en aucun cas le problème des pays pauvres. L'inverse est tout aussi vrai.
commentaire Patrice BONJOUR - 21/11/2009, 21:20

C'est bien évident qu'il faut "dénataler" la planète ... mais pas n'importe comment bien sûr. Surtout apporter les solutions malthusiennes aux autres, aux pays du tiers monde que l'on a déjà pillé, et empêché de se développer par une colonisation cachée et tous nos systèmes mafieux de la Francafrique. Et aussi pas question de malthusianisme pour l'europe et l'occident repus, il faut continuer à engendrer pour avoir la relève pour nos systèmes économiques et pour payer les retraites de demain ...
Cela me fait gerber ...
commentaire Michel Tarrier - 22/11/2009, 07:33

TOUT LE MONDE A ÉTÉ, EST OU SERA MALTHUSIEN

L’APOCALYPSE N’EST PAS NOTRE DESTIN

Celui qui n’a pas lu LA FIN DE L'HUMANITÉ, de Christian Godin, ne sait pas !
Éditions Champ Vallon, 2003.

L’humanité n’est pas immortelle. Mais cette mort, assassinat ou suicide, nous continuons à tort de la penser sur le mode catastrophique. La Fin de l’humanité montre pourquoi l’apocalypse n’est pas notre destin le plus probable, pourquoi notre destin le plus probable qui pourrait survenir d’ici trois ou quatre siècles - c’est-à- dire demain, à l’échelle de l’Histoire - est l’extinction pure et simple par désintérêt de soi, par désinvestissement de soi. Les prophètes et crieurs d’apocalypse qui brandissaient il y a trente ans les foudres de la surpopulation se seront massivement et frontalement trompés. L’humanité vieillit et elle s’acheminera doucement vers la mort, parce qu’elle n’aura plus la volonté de continuer, tout simplement. Tel est le destin terminal de l’homme.

Cet essai philosophique montre pourquoi l'apocalypse n'est pas notre destin le plus probable, et que celui-ci serait plutôt l'extinction pure et simple de l'humanité, par désintérêt de soi, par désinvestissement de soi. L'humanité vieillit et elle s'acheminera doucement vers la mort, parce qu'elle n'aura plus la volonté de continuer, tout simplement.

LA TABLE DES MATIÈRES POURRAIT SUFFIRE !!

Présentation
L’extinction de l’humanité
Les meilleurs prophètes démentis. - C’est de la mort physique de l’humanité qu’il sera question dans cet essai. - La population mondiale existe. - Le paradoxe populationnel : la tendance à la diminution puis à l’extinction est aux antipodes de l’évidence présente. - L’extinction n’est pas seulement celle des populations de la France et de l’Occident. - Une fois encore, les philosophes auront manqué de jugement. - Les rares lucides. - La démographie oubliée. - Le déni de réalité : la psychose populationniste et la névrose antipopulationniste. - Comment il convient de comprendre la mort de l’homme.
Les apocalypses
Le sens propre et le sens figuré de l’apocalypse. - Un universel de l’imaginaire humain. - Le déclin provisoire de la pensée d’apocalypse et sa résurgence au xxe siècle. - La science-fiction comme témoignage et avertissement. - Les quatre sortes d’apocalypse.
Les apocalypses religieuses
Pourquoi croit-on à une fin du monde ? - La raison morale. - Les eschatologies. - Mythe et origine. - La destruction régénératrice chez les Guaranis, les Aztèques, les Mayas, les Quechuas, les Chaldéens, les Hindous, les Scandinaves. - Le mythe du survivant. - La fin du monde dans les monothéismes juif, chrétien et musulman.
Les apocalypses techniques
Le principe responsabilité de Jonas. L’être humain a désormais une capacité d’apocalypse. - Le danger nucléaire (guerre, accident, terrorisme). - La destruction de l’environnement. - Le réchauffement global de la planète. - La pollution chimique. - Le collapsus psychologique. - Les robots ennemis. - Le désastre nanotechnologique. - Les menaces biotechnologiques.
Les apocalypses politiques
La nécessaire dimension politique du malheur humain. - Il existe néanmoins deux horreurs absolues en matière politique : la guerre mondiale et le totalitarisme. - Les risques de guerre atomique : le Proche-Orient, le Cachemire, la possible confrontation de la Chine et des États-Unis. - Le totalitarisme comme la guerre totale tend à l’extermination totale. - Le totalitarisme islamique comme terrorisme mondial total.
Les apocalypses naturelles
La destruction de l’écosystème terrestre. - Les épidémies. - Les cataclysmes pouvant venir de la Terre. - Les cataclysmes pouvant venir du ciel. - Les rayons gamma. - La rencontre d’un astéroïde. - Le trou noir. - L’alien méchant. - Le Soleil donne la mort après avoir apporté la vie.
Critique de la raison apocalyptique
Le retour du survivant : le complexe de Noé. - L’arche métamorphosée en vaisseau spatial. - Pourquoi l’extinction prévisible de l’humanité représente une fin beaucoup plus radicale que n’importe quelle possibilité d’apocalypse. - Les faiblesses de l’apocalypse. - Contre l’apocalypse religieuse. - Contre les apocalypses techniques : guerre nucléaire, pollution. - Contre les apocalypses politiques : guerre mondiale, totalitarisme. - Contre les apocalypses naturelles : épidémies, astéroïde, Soleil. - Ces deux derniers dangers sont les plus probables mais l’humanité sera éteinte bien avant.
L’extinction démographique
Les réalités de l’extinction démographique
Schopenhauer pris en défaut. - La conception stationnaire de Platon. - L’augmentation tendancielle de la population humaine depuis les origines n’a pas été régulière. - Le caractère d’exception du dernier siècle. - La transition démographique. - Les taux (de croissance, de natalité, de fécondité) baissent partout. - Les premières régions atteintes par la disparition démographique : l’Europe, la Russie, le Japon, la Chine. - La mondialisation du comportement démographique. - Les dangers du vieillissement qui précède la mort. - Les projections faites pour un siècle, et au-delà.
Les signes accompagnateurs de l’extinction démographique
La disparition de la figure humaine
Dans les arts plastiques contemporains, la déformation puis la disparition pure et simple de la figure humaine. - L’antihumanisme de l’art contemporain. - Le cas de la photographie. - Dans les techniques, le remplacement de l’être humain par la machine. - La technique tend à rendre l’homme superflu.
Les signes de la destruction de l’humain
Pourquoi nous ne croyons plus que l’humanité soit digne d’avenir. - L’antihumanisme naturaliste de sade. - Le surhomme de Nietzsche. - La génétique. - L’antihumanisme techniciste : la robotisation de l’humain. - L’indifférence en matière démographique. - L’insouciance en matière démographique. - La fin des cimetières : le triomphe de l’incinération sur l’inhumation.
Le narcissisme
Le narcissisme comme destin de l’individualisme. - L’enfermement dans le moi : le racisme et la xénophobie. - L’intolérance réelle dans le cadre de l’idéologie de la tolérance. - Pourquoi la drogue est exemplaire. - La métamorphose du désir d’immortalité : il n’y a plus d’au-delà de soi. - Le désir de descendance inséparable du sens de la dette. - Le sens du clonage : la fin simultanée de la natalité et de la mortalité. - Les avatars de la sexualité. - Deux pratiques sexuelles exaltées : la masturbation et la fellation. - La stérilité involontaire comme aboutissement du narcissisme.
La haine de soi
La dépréciation de soi. - La vie comme dommage. - Le corps martyrisé (l’anorexie comme symptôme). - La sexualité humaine n’a pas toute l’éternité devant elle. - La grande croisade de l’euthanasie : le vocabulaire et les pratiques. - Les militants de l’extinction humaine : les écoterroristes. - Le totalitarisme est écocentrique : le cas du VHEMT.
La pédophobie
L’innommable détestation des enfants. - Quelques précurseurs : Sade, les surréalistes, Sartre, Beauvoir. - Toutes les raisons pour ne pas aimer les enfants. - La haine de la maternité. - La responsabilité sans réciprocité est devenue insupportable. - Le ressentiment contre l’enfant. - La sexualité contre l’enfant. - La jeunesse : une arme contre l’enfant. - L’enfant sans utilité est remplacé par l’animal domestique. - La mort de la mère. - L’enfant-artefact. - L’avortement : du crime au droit, et du droit à l’obligation. - La stérilité volontaire : la contraception, la stérilisation définitive. - Le refus de la descendance, la fin de l’héritier. - Le double refus de la dette et du don. - C’est le lien à l’histoire et à la culture qui se trouve rompu. - Ce que Pierre-André Taguieff nomme le présentisme. - L’exemple du système de retraite.
Les causes de l’extinction démographique
Les causes et les précédents historiques de l’extinction de l’humanité
Tout le monde a été, est, ou sera malthusien. - Contre la fable d’un christianisme populationniste. - Le contresens sur Onan. - La Grèce malthusienne. - Le christianisme : le salut contre la fécondité. - L’apologie malthusienne de Chateaubriand. - Le cas gnostique. - L’abstinence orientale. - La réforme fut antipopulationniste. - Montesquieu et Rousseau font figure d’exception. - La réaction de Malthus. - Le néomalthusianisme. - La parenthèse nataliste du fascisme.
Les causes sociales et économiques de l’extinction de l’humanité
Montesquieu précurseur. - Le malthusianisme du système capitaliste. - La démocratie elle aussi a des tendances malthusiennes. - Le néomalthusianisme de la fin du xixe siècle eut un sens émancipateur. - Le rôle de la libération des femmes. - Le capitalisme tend à détruire la famille. - Le poids économique de l’enfant. - La rationalisation de la vie privée conduit à l’élimination de l’enfant. - Les deux formes d’utilitarisme en rapport avec la question de la population. - Dans le cadre du système de production actuelle, c’est l’homme lui-même qui tend à devenir une contrainte.
Les causes techniques et scientifiques de l’extinction de l’humanité
L’avertissement de Hans Jonas. - La technique tend à rendre l’homme superflu. - Les techniques de procréation sont donc doublement exclusives. - Vers la fin de la maternité. - La génétique pour la mort de l’homme. - L’antihumanisme de l’écologie profonde.
Les causes psychologiques et culturelles de l’extinction de l’humanité
Ce qu’est le nihilisme. - Le propre de l’homme. - Les causes morales. - La maternité et la virilité également suspectes. - Le culte de soi en guise de culture. - La détestation du monde. - La dépréciation universelle de l’humain. - Nous ne voulons plus rien pour l’homme lui-même. - Une culture de la mort qui ne présuppose pas nécessairement une pulsion de mort.
Épilogue
La prévisible irréversibilité de l’extinction démographique
Les dangers de l’extrapolation. - Le passé nous donne-t-il des leçons ? - Le retour impossible. - Le phénomène échappe à la volonté humaine. - L’introuvable équilibre.


commentaire DELPECH coueron - 22/11/2009, 09:51

par désintérêt de soi, par désinvestissement de soi, non, mais simplement par consanguinité et guerres, famines, perte de fertilité à cause de nos manipulations outrancière du vivant. Vivement que ce temps arrive, parce que les autres espèces en ont raz la s'ringue de nos tronches de cakes.
commentaire Michel Tarrier - 22/11/2009, 09:58

Des organisations écologistes comme le WWF alertent l’humanité sur une emprise démesurée de notre anthropie. Le WWF s’applique légitimement à une incitation de notre empreinte écologique et prévient qu’au rythme de sa consommation actuelle et pour répondre à ses besoins, l'humanité aura besoin de deux planètes au début de la décennie 2030. C’est le 19 décembre 1987 que, pour la première fois de son histoire, l’humanité vivait au-dessus de ce que la terre pouvait lui offrir en un an. 21 ans plus tard, le « jour du dépassement » s’est avancé au 24 septembre… Il est plaisant de faire le pronostic pour l’an 2050 où toutes les ressources seront DERRIÈRE NOUS ! Le WWF est une ONG éco-malthusienne parce que lucide et bienveillante.
commentaire Michel Tarrier - 22/11/2009, 10:00

Lorsqu’un courant de pensée prônant l’antinatalisme pointe le nez, on lui réplique que la population humaine sera bientôt en décroissance démographique. C’est un argument d’autant plus fallacieux que nous sommes déjà écologiquement trop nombreux. Notre monde est passé de 250 millions à quasiment 7 milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne. Songez que nous n’étions que 3 milliards dans les années 1960 !! Nonobstant des délires comme celui des agrocarburants, les visions les plus hardies nous assurent qu’on pourrait tenir jusqu’à 12 milliards. Et après ? Il n’y a plus d’après ? Après nous le déluge ? Il y a pourtant déjà presque 1 milliard de personnes qui crèvent de faim et se pose-t-on la question de savoir si la vie de leurs enfants est vivable ?

Les bons apôtres montent au créneau en argumentant aussi que nous pourrions vivre plus nombreux si nous vivions tous comme Gandhi ou Théodore Monod. Pour l’instant, ceux que nous choisissons pour nous gouverner ne vivent pas comme Gandhi, mais ont des Madoff comme amis, et s’engraissent copieusement. Homo sapiens ne changera jamais, il souffre d’une très nette tendance au « parachute doré ». Cela fait 2000 ans que des morales religieuses, des étiques philosophiques et autres livres des recettes pharisiennes tentent d’enseigner altruisme, fraternité, partage… Vœux pieux, tout n’est qu’iniquité et disparité, nous passons notre temps à faire la guerre à l’homme, à faire la guerre à la nature. « Notre mode de vie n’est pas négociable ! » clamait Georges Bush père. « Nous n’allons pas nous excuser pour notre mode de vie », vient de reprendre Obama dans son discours d’investiture.

L’émancipation des femmes pourrait être source de dénatalité, c’est certain. Mais combien de temps faudra-il pour que certaines sociétés y parviennent : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ comme vous le voulez », pensent nos amis musulmans, soit 1,3 milliard de terriens.
commentaire Michel Tarrier - 22/11/2009, 10:03

Dieu aurait dit à Adam et à Ève : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là ; ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout ce qui est vivant et qui remue sur la terre ». Une catastrophe ! Nous en sommes là, avec la phobie qu’une dénatalité intérieure puisse hypothéquer nos caisses de retraites, étant entendu que mieux vaut l’effondrement des ressources planétaires et l’extinction du vivant que de porter atteinte au spectre des retraites et au pouvoir d’achat.

Quand Yves Paccalet écrit « L’humanité disparaitra, bon débarras », il pense en éco-malthusien. Quand je publie un pamphlet – certes un peu décoiffant – sous le titre de « Faire des enfants tue », mon éloge de la dénatalité se veut éco-malthusien, et nullement éco-fasciste. En appeler à l’avènement d’une génération dénataliste afin de vivre moins nombreux pour vivre mieux n’est-il pas un dessein plus altruiste, plutôt que de vivre plus nombreux dans un monde invivable ?

C’est en éco-malthusien et en ami de la terre que Jean-Yves Cousteau déclarait : « Notre société devient une société de consommation effrénée. C’est un cercle vicieux que je compare au cancer... Devrions-nous éliminer la souffrance, les maladies ? L’idée est belle, mais peut-être pas profitable à long terme. Notre peur des maladies ne doit pas mettre en danger le futur de notre espèce. C’est une chose terrible à dire. Mais pour stabiliser la population mondiale, nous devons éliminer 350 000 personnes par jour. C’est une chose horrible à dire, mais ne rien dire l’est encore plus. » (Interview publiée par le Courrier de l’Unesco, novembre 1991).

L’irréprochable Claude Lévi-Strauss n’est pas un ennemi de l’humanité lorsqu’il énonce en 1968 qu’« Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre. »

Réfléchissons enfin à la finitude de notre planète et de ses ressources :
« Les plus grandes épreuves auxquelles le monde aura à faire face dans les années à venir seront la surpopulation, le manque de ressources (eau, matières premières, pétrole...), des pandémies de toutes sortes de maladies connues et nouvelles, des pollutions de toutes sortes (chimiques, air, eau, alimentation...) » Albert Einstein.
« Nous n’habitons plus la même planète que nos aïeux : la leur était immense, la nôtre est petite. » Bertrand de Jouvenel.
« Vous êtes prisonniers d'un système de civilisation qui vous pousse plus ou moins à détruire le monde pour survivre. » Daniel Quinn.

Et pour sourire jaune :
« Il y a, paraît-il, une femme sur terre qui donne naissance à un enfant toutes les deux secondes. Il faut absolument la retrouver pour l'empêcher de continuer. » Sam Levenson.
commentaire DEHELVET - Vichy - 22/11/2009, 11:05

La décroissance
démographique



C'EST, pour une zone ou un pays, quand le nombre d'habitant diminue. Cela peut être parce qu'il meurt plus de gens qu'il en naît ou parce que l'émigration est plus importante que l'accroissement naturel. C'est aussi une conception politique et sociale qui prône la diminution de la population humaine, notamment pour faire face aux problèmes posés par le réchauffement climatique et par le manque de ressources non renouvelables.


Les raisons d'une décroissance démographique sont nombreuses, notamment :

- Préservation des frontières en évitant les émigrations dues au manque de ressources vitales.
- Préservation des ressources naturelles : matières premières, denrées alimentaires, économies d'énergie, eau, pollution, etc…
- Préservation des espaces de vie en évitant les densités excessives.
- Préserver le maintien de l'ordre, éviter les conflits hors et dans les Etats, etc…

Quelques Etats sont déjà engagés dans une décroissance démographique :

La Chine qui, au début des années 1970, connaissait une très forte croissance démographique. Depuis, elle a adopté une réglementation limitant le nombre d'enfants par famille à un dans les villes, deux dans le monde rural ayant eu une fille comme premier enfant. Le taux de natalité est ainsi tombé de 21 pour 1.000 en 1990 à 12,4 pour 1.000 en 2003. Quand à l'accroissement démographique, il est passé de 1,44 % en 1990 à 0,6 % en 2003.

En mars 2006, le responsable de la Commission d'Etat pour la population et le planning familial a indiqué que la politique du planning familial avait aidé la Chine à éviter la naissance de 400 millions de bébés au cours des trois dernières décennies. "L'objectif d'assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n'aurait pas pu être réalisé si nous avions 400 millions de personne supplémentaires", a-t-il souligné. Cette politique faisant actuellement face à un nouveau pic des naissances, la politique de l'enfant unique ne sera pas changée dans un futur proche.

Aujourd'hui, la Chine compte 320 millions d'enfants de moins de 14 ans.

Et nous pourrions citer des tas d'autres études, elles ne manquent pas. Mais voilà, chaque fois qu'on aborde ce sujet par le côté de " dépopulation ", on nous jette Malthus et le malthusianisme à la figure... comme si c'était honteux ! Eh bien non ! Le malthusianismes n'est pas honteux, c'est ce que les gens en ont fait qui est honteux.

D'abord, qu'est-ce que c'est ?

Qui est Malthus ?

Robert Malthus est un économiste anglais qui a vécu de 1766 à 1834. Nommé pasteur anglican en 1788, il fut très préoccupé par le nombre important de pauvres dans la société anglaise vers la fin du 18e siècle et estime alors que la cause essentielle de cette pauvreté réside dans le fait que la population croît plus vite que la production. Cette année-là (1788), il publie un "Essai sur le principe de population" qui a un grand retentissement. En 1805, il est nommé professeur d'histoire et d'économie politique. En 1815, il publie "De la nature et du progrès du revenu" ; en 1820, "Principes d'économie politique" et en 1827 "Définitions en économie politique".

Le malthusianisme

Malthus avait développé l'idée qu'il existait un écart croissant entre une population qui augmente en progression géométrique (1, 2, 4, 8, 16…) et des ressources notamment alimentaires augmentant moins vite en progression arithmétique (1, 2, 3, 4, 5…). Cette "loi" de la population de Malthus résulte d'une observation partielle : à une époque où la chute de la mortalité avait précédé celle de la nativité, la croissance démographique avait été pour un temps très rapide. Malthus propose diverses recettes pour empêcher cet écart entre subsistance et population, notamment des vertus morales et le mariage tardif pour freiner la croissance démographique.

De nos jours, quand on parle de malthusianisme, on convient de deux propositions :

- Toute politique visant à restreindre la natalité et par extension toutes les mesures anti-natalistes, c'est une vision étroite. Mais les couples qui limitent sciemment leur procréation ne font-ils pas du malthusianisme ?

- Toutes les mesures artificielles de limitation de la production donc tout ce qui freine le dynamisme de l'économie, ce qui, aux dires des économistes, a pour effet de limiter la croissance et pénalise le consommateur. Mais, en économisant, celui-ci ne fait-il pas du malthusianisme ?

Le malthusianisme justifia l'égoïsme des groupes et personnes favorisés professant l'idée que les pauvres étaient responsables de leur état, qu'on ne pouvait rien faire et qu'au cas où on le pourrait cela irait contre leurs intérêts.

A la fin du 19e siècle on voit alors naître l'idée de néo-malthusianisme. Les néo-malthusiens, soucieux avant tout du bien-être des masses populaires, ajoutent leur refus horrifié de produire massivement de la chair à canon pour les guerres à venir et proclament le droit à l'avortement afin de permettre aux enfants désirés de vivre dans les meilleurs conditions possibles, qu'elles soient matérielles, affectives ou intellectuelles. Plus tard, les méthodes anticonceptionnelles seront désignées comme néo-malthusiennes.

Aujourd'hui, les préoccupations écologiques abondent dans le sens de la problématique malthusienne. Le commandant Cousteau voyait l'excessive population humaine comme étant un obstacle à la sauvegarde des espèces végétales et animales. Et il est loin d'être le seul ; on peut citer Calhoun avec ses études sur les maladies infectieuses chez les animaux ; Leyhausen avec ce qu'il avait constaté dans un camp de prisonniers après y avoir passé cinq ans, etc… A noter aussi que la "Théorie des espèces" développée par Darwin découle de sa réflexion sur le malthusianisme.

Mais tous ne vont pas dans ce sens. Ainsi Boserup contredit vigoureusement Malthus en mettant en évidence les effets positifs de la croissance sur la population agricole. Selon lui, l'augmentation de la population conduit les pays en voie de développement à adapter leurs techniques agraires. Cette croissance obligerait les populations à s'orienter vers une culture en continu faisant appel aux engrais et à l'irrigation. On en voit tout de suite les limites : empoisonnement des nappes phréatiques et manque d'eau potable.

Et le constat est sans appel : plus l'agriculture est intensive, plus le temps de travail nécessaire est grand ceci étant autant valable pour une surface donnée mais aussi pour un gain donné. Donc on constate qu'avec l'emploi d'une main-d'œuvre supplémentaire, une limite est atteinte quand celle-ci ne peut plus être nourrie…

Il reste quand même que, pour adoucir l'une et l'autre de ces deux thèses, on peut appliquer un peu des deux. Comme d'habitude, la vérité se trouve certainement entre les deux… et ce n'est que sagesse.

DEHELVET.
commentaire DEHELVET - Vichy - 22/11/2009, 11:07


La démographie

T
ous ceux qui étudient un peu les pyramides d'âges, les taux de nativité, les moyennes d'âge, etc..., savent très bien qu'une bombe humaine est en train d'arriver : 170 millions de personnes n'ont pas 17 ans en Afrique avec un taux de reproduction de 4,3. Idem en Indonésie, en Inde, au Pakistan, Bornéo, Java, Sumatra, Bengladesch, presque toutes les îles, etc... etc...


Partout, les hommes politiques et leurs gouvernements, tant la gauche que de droite tendent à occulter le problème de la croissance démographique continuelle. Pourtant baucoup de pays ont déjà dépassé leur capacité d'accueil, leur capacité de " protection " de leurs peuples. La production agricole grimpante, basée sur des ressources énergétiques abordables, a rendu possible l'alimentation d'une population passant de 1,7 milliard à plus de 6 milliards en l'espace d'un siècle. Pour cela, il a fallu beaucoup d'énergie et cette énergie bon marché ne sera bientôt plus que de l'histoire ancienne. Combien d'êtres humains l'agriculture post-industrielle sera-t-elle capable de nourrir ? Une estimation précautionneuse serait : autant qu'elle pouvait en faire vivre avant que l'agriculture s'intensifie, c'est à dire la population du début du XXe siècle, soit un peu moins de deux milliards d'êtres humains.

Une politique démographique de régulation des naissances, ou plutôt de contrôle des naissances, faisant en sorte que chaque couple n'engendre en moyenne que 1,5 enfants serait alors incontournable, c'est-à-dire amener une " décroissance " ; cet objectif global devrait se traduire par des mesures et quotas nationaux. En effet, le niveau le plus efficace pour la régulation de la population se situe actuellement sur le plan national car seuls les Etats ont la possibilité d'influencer efficacement les comportements et d'imposer des restrictions ou des mesures de régulation des naissances. L'opposition à l'immigration incontrôlée est souvent assimilée à tort à la xénophobie anti-immigrés. Mais dans une perspective écologique, l'immigration n'est pratiquement jamais souhaitable. Lorsqu'elle se fait massivement, elle ne fait que mondialiser le problème de surpopulation. De plus, ce n'est que lorsque les groupes humains se sont enracinés dans une zone particulière au fil de plusieurs générations qu'ils développent un sens des limites en termes de ressources. Dans une optique de limitation de l'immigration, il serait judicieux d'inclure d'une part la fin du drainage, par les pays du Nord, de la richesse et des ressources des nations du Sud, et d'autre part la démocratisation ainsi que les réformes agraires dans les pays à moindre consommation.

Quand on ne peut nourrir que deux enfants,
on n'en fait pas dix ou douze…

Beaucoup considèrent qu'une limitation des naissances dans leur propre population porterait atteinte à leur liberté de procréer. Cependant une augmentation incessante du nombre d'humains amènera inéluctablement une atteinte aux libertés par le biais de la malnutrition, de la pauvreté et de la délinquance qui va avec, de la pollution et condamnera le monde à se priver de la liberté de profiter de la nature ainsi que d'un cadre de vie acceptable.

D'autre part, beaucoup de pays n'ont pas de système de retraite ; celle-ci est assurée aux parents, l'âge venu, par les enfants. Et bien sûr, plus ils en ont plus ils ont d'assurance d'avoir " une bonne retraite ". De plus, dans beaucoup de ces pays, ceci a été dévoyé : les enfants sont devenus des esclaves des adultes : dès leur plus jeune âge, non seulement ils sont astreints à assurer leur subsistance quotidienne mais en plus ils doivent " servir " des adultes qui les exploitent. Et les mères n'ont le droit de garder les enfants que quand ils sont petits : dès l'âge de 12 ans ils leurs sont retirés et passent bien souvent par les écoles coraniques où ils sont conditionnés.

Ill faut reconnaître que ce système a marché pendant des siècles. Pourquoi ? Parce que les populations, par le biais de la mortalité infantile, étaient équilibrées par rapport à leur biotope. Si un territoire ne pouvait nourrir que le population d'un village de 200 personnes, il n'y avait alors que 200 personnes ! Mais avec la pénétration occidentale et sa science, notamment médicale, la mortalité infantile a très nettement diminuée. C'est louable certes mais cela a amené de grands déséquilibres alimentaires, aggravés par les changements climatiques et l'avancée des déserts qui en découlent. Bref, la population croît follemebt sur des territoires devenus arides.

La surpopulation :
un crime contre l'humanité ?

Sœur Emmanuelle, dans son admirable courage intellectuel, avait déclaré :

« Dans les bidonvilles, j'avais chargé un docteur de prescrire la pilule, afin que les femmes n'aient pas un bébé tous les dix mois. J'avais vu une femme enceinte allaiter deux bébés ; je ne pouvais laisser perdurer cette situation. J'ai envoyé une lettre directe au Pape pour lui expliquer. Je n'ai jamais eu de réponse… ». (interview parue dans « Le Point » du 7 novembre 2003).

En effet, dans beaucoup de ces nations, la contraception a beaucoup de mal a être appliquée. Parce qu'elle est mal vue par les religieux, par les hommes qui tiennent à leur pouvoir phallocratique et surtout par les dirigeants de ces pays qui voient en une décroissance des dangers pour les équilibres sociaux de leurs peuples. Pourtant, dans les dispensaires, partout dans le monde on fait de l'information. Des groupes de femmes " initiées " parcourent les villages pour expliquer les méthodes de contraception. Elles montrent aux femmes qui ricanent car elles sont gênées des condoms et comment on doit les utiliser. A l'écart, les hommes surveillent car ils sentent bien que quelque chose va changer. Mais il y a aussi un problème de coûts car ces populations n'ont que très peu de ressources : donc on doit arriver à la gratuité des moyens de contraception.

Parfois, ces groupes d'initiatrices sont purement chassées des villages.

Mais c'est aussi un bon moyen d'apporter des notions de prophylaxie et de lutte contre le sida et autres maladies sexuellement transmissibles (MST). Médecins sans Frontières en est un des fers de lance. Mais là où le bât blesse, c'est que les dispensaires sont souvent tenus par des religieux et on sait qu'elle est la réaction de ce monde vis-à-vis de la sexualité.

Dans beaucoup de pays, cette population à folle croissance commence à poser des problèmes. Déjà plus de 80 nations n'ont plus leur indépendance alimentaire et dépendent directement de l'aide humanitaire fournie par les Etats "riches ", mais aussi par des ONG. Parmi ces 80 pays, 30 sont en état de famine et même les populations sont obligées de manger des galettes de terre !

Et la situation ne va aller qu'en s'aggravant : avancée des déserts, eau potable de plus en plus rare, denrées en voie de disparition… et population toujours grandissante. Le cocktail explosif est là ! Pas dans trente ans, pas dans dix ans : il a déjà commencé.

En plus de la désertification qui s'étend comme une lèpre à la surface de la terre, cause directe du réchauffement, le niveau des océans monte. Beaucoup d'îles avec des populations nombreuses vont être submergées.

Les Maldives

Déjà, les Maldives, vont avoir à faire face très bientôt à la montée des océans, à tel point que l'archipel des Maldives (Océan Indien) pourrait disparaître. Le ministère de l'Environnement des Maldives à lancé un cri d'alerte : " Le changement climatique et l'élévation du niveau des mers qu'il provoque est une catastrophe en puissance pour les Maldives ". Le point le plus élevé de ces îles se trouve seulement à 2,30 m au-dessus du niveau de la mer et presque 80 % des terres de l'archipel sont situées à moins d'un mètre.

Une élévation du niveau de l'océan d'un mètre engloutirait presque en totalité les Maldives alors que les experts prévoient déjà une élévation des eaux de 18 cm d'ici à la fin du siècle. La menace est donc bien présente.

L'archipel des Maldives compte 26 atolls. Au total, cet archipel ne couvre que 300 km et il est situé à 720 km au sud-ouest du Sri-Lanka, dans l'océan Indien. C'est un lieu de vacances pour des privilégiés.

Les Maldives comptent 359.008 habitants soit une densité de 1.196,70 habitants par km2 et le taux de croissance de la population est de 2,78 % (rapport naissances sur décès) ; l'âge médian pour les hommes est de 17,8 ans et pour les femmes de 18 ans, c'est-à-dire une population jeune. En effet les 65 ans et plus ne représentent que 3,1 % de la population ; les 15-64 ans : 53,5 % ; les 0-14 ans : 43,4 %.

C'est dire qu'il faut s'attendre à une explosion démographique dans quelques années. Donc, très prochainement, la population des Maldives sera obligée d'émigrer massivement, les îlots ne leur permettant pas déjà d'avoir simplement leur indépendance alimentaire. Et il n'est pas besoin de la montée des océans pour servir de prétexte.

Alors voilà bien le fond du problème. Les Indes (un peu plus d'un milliard d'habitants), envisagées comme refuge possible, doivent s'attendre une émigration de plusieurs dizaines de millions de Bengladis. En effet, le Bangladesh va être englouti en grande partie sous les eaux ; ils en vivent déjà les prémices.

Quand au Sri Lanka, il connaît une démographie folle : 24 millions d'habitants pour seulement 65.610 km2, soit 24.000 habitants par km2, avec là aussi une population jeune.

Reste l'Australie. En effet, ce pays possède de très vastes zones inoccupées mais ce sont des déserts ! Un apport massif de nouveaux migrants ne pourrait se faire qu'au détriment des aborigènes qui sont, rappelons-le, les premiers habitants de l'Australie, donc les vrais propriétaires de ce continent. De plus, les différences culturelles, sociales et économiques sont très différentes.

Les accueillir ! Le cœur voudrait qu'il en soit ainsi.

Seulement aujourd'hui, quel est le pays, aussi grand soit-il, qui accepterait qu'un autre Etat, une autre nation, viennent s'installer sur son territoire avec son gouvernement, avec ses lois, avec sa police, son armée, ses compromissions et parfois des magouilles et sa corruption. On voit bien ce qu'une telle chose pose comme problèmes en Palestine : des guerres, des attentats et des clivages tant politiques que militaires qui atteignent des paroxysmes.

Quelle est la nation qui peut envisager une partition ou une division de son territoire pour accueillir, fusse au nom de l'accueil " d'émigrés climatiques ", un autre peuple qui, peut-être un jour, lui disputera sa suprématie… comme nous l'avons vu et Kosovo.

La chose ne sera pas si simple que nous voulons bien le croire même si elle se fait sous l'égide de l'ONU, même si cela devait passer devant le Tribunal des Nations. Aujourd'hui, chaque Etat a des frontières bien marquées et parfois elles ont coûté beaucoup de sang et de larmes. Sommes-nous assez grabnds pour passer outre ?

Mais c'est aussi oublier deux autres aspects du problème :

D'abord, avec la maîtrise de la démographie, on obtient en même temps la maîtrise des émissions de GES " humains ". En diminuant la population, on diminue ces GES. CQFD ! Pas besoin de s'étendre là-dessus.

Ensuite, il y a un deuxième aspect au problème : quand on parle de vie, il faut aussi parler de mort et prendre en compte les phénomènes de thanatologie (de Thanatos, dieu des morts), eh oui ! En vingt ans il va mourir six milliards d'êtres humains (ne vous inquiétez pas, il va en naître encore plus). Que va-t-on en faire ? Va-t-on étendre les cimetières à l'infini ? Faire des immeubles-cimetières ? Les nappes phréatiques vont en prendre un grand coup. Les incinérer ? Bonjour la pollution et le réchauffement. Il va bien falloir, d'une façon ou d'une autre, gérer ce problème.

Mais c'est vrai, la planète, bien gérée, peut accueillir et nourrir encore beaucoup de monde. Mais il semblerait qu'elle n'en prend pas du tout le chemin. On aurait pu faire de l'aquaculture à très grande échelle dans les océans mais à voir les compagnies pétrolières et minières qui aiguisent leurs couteaux pour les futures exploitations des fonds marins, ce n'est sûrement pas la meilleure solution pour faire une agriculture sous-marine. Et plus la population sera nombreuse, plus elle va polluer... et on sait que toutes les pollutions arrivent fatalement dans les océans. Donc, de ce côté, c'est déjà cuit ou presque.

Reste qu'avec le changement climatique qui amène inexorablement un réchauffement climatique, on va pouvoir mettre de nombreuses terres en culture, terres trop froides jusque-là. Mais des déserts vont aussi se créer ou s'agrandir. Moins grave car il n'y a déjà pas ou peu d'eau, il y a longtemps qu'elle est partie. Par contre, en direction du pôle nord et du pôle sud, mais surtout dans l'hémisphère nord, il y a beaucoup de cours d'eau et de lacs. Donc on pourrait s'attendre à une assez bonne irrigation.

Qu'on croit ! Car avec le réchauffement, les glaciers fondent et l'on verra beaucoup de rivières tarir. Restent les pluies qui sont un bon apport hydrique. Sauf qu'avec les dérèglements climatiques que l'on vit il y aura de grande sécheresses à certains endroits et des déluges ailleurs (peut-être aussi aux mêmes endroits). Et la terre sèche durcit, l'eau ne s'infiltre plus et les nappes phréatiques diminuent. Etc... etc...

Resterait la forêt pour retenir l'humidité et créer des microclimats et rééquilibrer la climatique mondiale. Mais dans quelques années il n'y aura plus de forêt primaire !

Alors ceux qui professent le " Croissez et multipliez " feraient bien de tourner trois fois leur langue dans la bouche avant de dire de telles choses. Déjà 80 pays n'ont plus l'indépendance alimentaire et parmi eux 30 sont en état de famine. Et ce sont des populations jeunes avec un taux de reproduction élevé !

Mais peut-être bien que notre Paradis va se venger : bientôt les mâles n'auront plus de spermatozoïdes capables d'assurer une procréation telle que nous la connaissons. Alors il se pourrait bien que le problème de la démographie se règle tout seul, " naturellement ".

Déjà, partout dans le monde, on collecte du sperme et des ovules. Partout on ouvre des centres où l'on pourra conserver dans de l'azote liquide cette précieuse semence. On a fait de même en construisant une gigantesque réserves de graines au pôle nord, à l'abri du froid ; les espèces animales tant terrestres que marines sont mises à l'abri dans des zoos. N'en fait pas de même pour des humains sélectionnés ? Et tout ce ceci, n'est-ce pas des Arches de Noé ?

Cela suffira-t-il ? Seul l'avenir nous le dira.

Dans le prochain article nous parlerons de Malthus et du malthusianisme ; de la décroissance et du droit des filles à naître ; de l'Asie, de l'Inde, de la Chine.

Rédacteur Evolutionnaire DEHELVET.


commentaire DEHELVET - Vichy - 22/11/2009, 11:10

De DEHELVET, rédacteur evolutionnaire :

La démographie (suite)

Robert Malthus et le malthusianisme - La décroissance démographique - Le droit des filles à naître - Il manque 163 millions de femmes en Asie - L'inde : sa démographie et son manque de femmes - La démographie chinoise - Il va manquer 40 millions de femmes en Chine - Faut-il craindre l'Inde et la Chine ?

Les dernières études démographiques menées par l'ONU montrent que nous serons 9 milliards en 2050. Déjà aujourd'hui, alors que nous sommes seulement un peu plus de 6 milliards, tous les avertisseurs passent au rouge. Pollution de l'air, de la terre, des océans, mais aussi des glaciers, des calottes polaires, des nappes phréatiques… Manque croissant d'eau douce qui met plusieurs millions d'hommes, de femmes et d'enfants en danger de mort car ils sont obligés de boire de l'eau croupie, empoisonnée… Manque de ressources minières d'où leur cherté : on s'apprête à exploiter les gisements des fonds des océans devenus rentables… Manque de pétrole et après avoir vécu un terrible choc pétrolier, crise économique oblige il ne coûte plus que 40 $ le baril, préparant un autre choc pétrolier qui va être encore plus terrible qui jettera à bas toutes nos économies. Augmentation des émissions de GES provoquant un effet de serre qui amène le réchauffement climatique d'où de nombreux bouleversements climatiques et une désertification accélérée de grandes surfaces jusqu'alors cultivées, accroissant la faim du monde…
Alors, sur les bases du rapport du GIEC (Groupement international d'études sur le climat), les nations ont décidé de lutter contre les émissions de GES, d'où le Protocole de Kyoto, la conférence de Bali et d'autres réunions internationales. Et on se prépare à mettre en œuvre un Kyoto 2. Mais le constat est là : malgré toutes les mesures prises, le CO2 a augmenté de 2,5 %.
Il faut bien alors envisager d'autres solutions. L'éventail est large mais il en existe une qui interpelle de plus en plus et nombreux sont les Etats et les hommes ou femmes qui s'y rallient : la décroissance. Et bien sûr, il fallait s'y attendre, on parle de malthusianisme.

QUI EST MALTHUS ?
Robert Malthus est un économiste anglais qui a vécu de 1766 à 1834. Nommé pasteur anglican en 1788, il fut très préoccupé par le nombre important de pauvres dans la société anglaise vers la fin du 18e siècle et estime alors que la cause essentielle de cette pauvreté réside dans le fait que la population croît plus vite que la production. Cette année-là (1788), il publie un "Essai sur le principe de population" qui a un grand retentissement. En 1805, il est nommé professeur d'histoire et d'économie politique. En 1815, il publie "De la nature et du progrès du revenu" ; en 1820, "Principes d'économie politique" et en 1827 "Définitions en économie politique".

LE MALTHUSIANISME
Malthus avait développé l'idée qu'il existait un écart croissant entre une population qui augmente en progression géométrique (1, 2, 4, 8, 16…) et des ressources notamment alimentaires augmentant moins vite en progression arithmétique (1, 2, 3, 4, 5…). Cette "loi" de la population de Malthus résulte d'une observation partielle : à une époque où la chute de la mortalité avait précédé celle de la nativité, la croissance démographique avait été pour un temps très rapide. Malthus propose diverses recettes pour empêcher cet écart entre subsistance et population, notamment des vertus morales et le mariage tardif pour freiner la croissance démographique.
De nos jours, quand on parle de malthusianisme, on convient de deux propositions :
- toute politique visant à restreindre la natalité et par extension toutes les mesures anti-natalistes, c'est une vision étroite. Mais les couples qui limitent sciemment leur procréation ne font-ils pas du malthusianisme ?
- Toutes les mesures artificielles de limitation de la production donc tout ce qui freine le dynamisme de l'économie, ce qui, aux dire des économistes, a pour effet de limiter la croissance et pénalise le consommateur. Mais, en économisant, celui-ci ne fait-il pas du malthusianisme ?
Le malthusianisme justifia l'égoïsme des groupes et personnes favorisés professant l'idée que les pauvres étaient responsables de leur état, qu'on ne pouvait rien faire et qu'au cas où on le pourrait cela irait contre leurs intérêts.
A la fin du 19e siècle on voit alors naître l'idée de néo-malthusianisme. Les néo-malthusiens, soucieux avant tout du bien-être des masses populaires, ajoutent leur refus horrifié de produire massivement de la chair à canon pour les guerres à venir et proclament le droit à l'avortement afin de permettre aux enfants désirés de vivre dans les meilleurs conditions possibles, qu'elles soient matérielles, affectives ou intellectuelles. Plus tard, les méthodes anticonceptionnelles seront désignées comme néo-malthusiennes.
Aujourd'hui, les préoccupations écologiques abondent dans le sens de la problématique malthusienne. Le commandant Cousteau voyait l'excessive population humaine comme étant un obstacle à la sauvegarde des espèces végétales et animales. Et il est loin d'être le seul ; on peut citer Calhoun avec ses études sur les maladies infectieuses chez les animaux ; Leyhausen avec ce qu'il avait constaté dans un camp de prisonniers après y avoir passé cinq ans, etc… A noter aussi que la "Théorie des espèces" développée par Darwin découle de sa réflexion sur le malthusianisme.
Mais tous ne vont pas dans ce sens. Ainsi Boserup contredit vigoureusement Malthus en mettant en évidence les effets positifs de la croissance sur la population agricole. Selon lui, l'augmentation de la population conduit les pays en voie de développement à adapter leurs techniques agraires. Cette croissance obligerait les populations à s'orienter vers une culture en continu faisant appel aux engrais et à l'irrigation. On en voit tout de suite les limites : empoisonnement des nappes phréatiques et manque d'eau potable.
Et le constat est sans appel : plus l'agriculture est intensive, plus le temps de travail nécessaire est grand ceci étant autant valable pour une surface donnée mais aussi pour un gain donné. Donc on constate qu'avec l'emploi d'une main-d'œuvre supplémentaire, une limite est atteinte quand celle-ci ne peut plus être nourrie…

LA DÉCROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE
C'est, pour une zone ou un pays, quand le nombre d'habitant diminue. Cela peut être parce qu'il meurt plus de gens qu'il en naît ou parce que l'émigration est plus importante que l'accroissement naturel. C'est aussi une conception politique et sociale qui prône la diminution de la population humaine, notamment pour faire face aux problèmes posés par le réchauffement climatique et par le manque de ressources non renouvelables.
Les raisons d'une décroissance démographique sont nombreuses, notamment :
- Préservation des frontières en évitant les émigrations dues au manque de ressources vitales.
- Préservation des ressources naturelles : matières premières, denrées alimentaires, économies d'énergie, eau, pollution, etc…
- Préservation des espaces de vie en évitant les densités excessives.
- Préserver le maintien de l'ordre, éviter les conflits hors et dans les Etats, etc…
Quelques Etats sont déjà engagés dans une décroissance démographique :
La Chine qui, au début des années 1970, connaissait une très forte croissance démographique. Depuis, elle a adopté une réglementation limitant le nombre d'enfants par famille à un dans les villes, deux dans le monde rural ayant eu une fille comme premier enfant. Le taux de natalité est ainsi tombé de 21 pour 1.000 en 1990 à 12,4 pour 1.000 en 2003. Quand à l'accroissement démographique, il est passé de 1,44 % en 1990 à 0,6 % en 2003.
En mars 2006, le responsable de la Commission d'Etat pour la population et le planning familial a indiqué que la politique du planning familial avait aidé la Chine à éviter la naissance de 400 millions de bébés au cours des trois dernières décennies. "L'objectif d'assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n'aurait pas pu être réalisée si nous avions 400 millions de personne supplémentaires", a-t-il souligné. Cette politique faisant actuellement face à un nouveau pic des naissances, la politique de l'enfant unique ne sera pas changée dans un futur proche.
Aujourd'hui, la Chine compte 320 millions d'enfants de moins de 14 ans.

LE DROIT DES FILLES A NAITRE
Dans certains pays, la naissance d'une fille est considérée comme un poids car elle n'apporte rien à sa famille puisqu'elle quitte le foyer parental pour vivre dans celui d'un garçon qui l'a épousée. Pour éviter ce fait, nombre de couples choisissent, s'ils le peuvent, d'avoir plutôt des garçons que des filles, soit par avortement, soit par infanticide à la naissance, ou de négligence des filles au profit des garçons.
Ce phénomène existe sur tous les continents. L'Asie le connaît et en Chine il prend des caractères particuliers qui ont trait à son histoire depuis la Révolution culturelle. L'importance démographique de ce pays dans le poids de la population mondiale induit une disparité car cette situation porte atteinte au droit des filles à naître. Cette structure sociétale amène certains pays à une disparité des naissances, le droit à naître des filles pesant moins lourd qu'une stratégie familiale visant à fournir un héritier mâle pour la perpétuation du patrimoine.
Non seulement on trouve cette situation dans les pays d'Asie du Sud-Est mais aussi en Afghanistan et au Pakistan.
Selon les démographes, le déficit féminin pourrait atteindre 200 millions en 2025 dans le monde. Les estimations de 2008 concernant le déséquilibre filles/garçons portent sur 100 millions de personnes.
En Chine, la naissance d'une fille est considérée comme un désastre car, ainsi que le prônent les traditions, c'est par le garçon que se transmettront le nom et le patrimoine et c'est lui qui s'occupera de ses parents lorsqu'ils seront vieux. La fille, elle, est appelée à se marier et à quitter les siens ; elle représente donc un fardeau lourd à porter. C'est ainsi que disparaissent "mystérieusement" chaque année en Inde et en chine des millions de filles.
Dès lors on comprend l'ampleur des infanticides visant surtout les filles. Et la politique de l'enfant unique, si elle a eu le mérite de freiner la démographie galopante, a aggravé la situation des filles : "Puisqu'il faut avoir qu'un seul enfant, ce sera forcément un garçon". Et grâce au progrès de la médecine, cela prend des allures "plus douces". L'échographie prénatale est la principale cause des avortements féminins.
En Chine, les conséquences sont alarmantes : on compte 117 naissances masculines pour 100 naissances féminines alors qu'au niveau mondial on note 105 garçons pour 100 filles. Cela veut dire que beaucoup d'hommes ne trouveront pas de femme pour créer une famille.
En Inde, une mère est honorée si elle donne le jour à un garçon mais mal jugée si c'est une fille car cette naissance est jugée honteuse et signifie pour ses parents une catastrophe financière annoncée. En effet, pour la marier, ils devront payer une dot importante. Donc, chaque fois qu'elles le peuvent, elles avortent, même plusieurs fois s'il le faut, jusqu'à ce qu'elles soient sûres d'avoir un garçon. Chaque année, des millions de fœtus sont éliminés en Inde. Et lors des mariages, on souhaite à la jeune mariée de nombreux fils mais pas de filles.
Le Japon, bien que pas concerné par la politique de l'enfant unique, montre des traits de similitude dus à ses traditions sociales qui célèbrent les garçons au détriment des filles. Et nombre de familles sont fières de hisser des fagnons-carpes sur un mat pour indiquer la présence d'un garçon.

IL MANQUE 163 MILLIONS DE FEMMES EN ASIE
Et le constat est là : aujourd'hui, il manque 163 millions de femmes en Asie. Il s'agit d'un déséquilibre jamais vu. Toutes ces filles n'ont pas pu naître car elles ont été soit éliminées par avortement, soit tuées à la naissance, soit parce qu'on les a laissées mourir en bas âge. Entre 1950 et 2005, le fossé a plus que triplé entre hommes et femmes. Demain, l'Inde et la Chine abriteront des millions d'hommes célibataires.
Et ce phénomène a aussi atteint la diaspora asiatique d'Europe et d'Amérique du Nord, pourtant avec des revenus plus élevés mais restant fidèles à leurs valeurs d'origine.
Deux autres pays ont commencé à développer les mêmes pratiques de naissances sélectives : le Népal et le Vietnam.

L'INDE : SA DÉMOGRAPHIE ET SON MANQUE DE FEMMES
Un milliard 148 millions ! C'est la population indienne, ce qui en fait le deuxième pays le plus peuplé après la Chine. Mais, à l'inverse de cette dernière qui a réussi à maîtriser sa démographie, l'Inde vit toujours une croissance rapide de sa population : 19 millions en plus par an. Donc, aux alentours de 2035, ce sera le pays le plus peuplé du monde.
Population : 1.147.995.898 (données 2005).
Taux de croissance : 1,38 %
Taux brut de natalité : 22,01 %
Taux brut de mortalité : 8,18 %
Indice de fécondité : 2,73 enfants/femme
Mais c'est moins par les chiffres de la fécondité qui s'est effondrée en 50 ans que par la tendance irrégulière relativement lente que les démographes sont alarmés. Cela est dû à une politique démographique brutale et incohérente. Alors que la Chine a misé sur la politique parfois appliquée brutalement de l'enfant unique, l'Inde a plutôt axé sa politique sur une responsabilisation individuelle, notamment par le biais de la contraception. Les évolutions qui semblent avoir eu le plus d'impact sont l'amélioration générale du niveau de vie et l'alphabétisation des femmes dans certains Etats.
Mais, ainsi que nous l'avons vu plus haut, l'Inde manque de femmes. En août 2005, on comptait 933 femmes pour 1.000 hommes, ce qui veut dire que 40 millions d'Indiens ne trouveront jamais de partenaire. Cette moyenne tombe même dans certains Etats à 861 femmes pour 1.000 hommes. Cela est dû surtout à l'arrivée de l'échographie qui a fait que dans les Etats riches où les personnes peuvent se la payer, les avortements des filles sont très importants.
Ce problème est si important qu'il est interdit de pratiquer des examens prénataux pour déterminer le sexe du fœtus ainsi que les avortements. Mais ces lois n'ont que peu d'efficacité.
Il a été estimé, qu'en 1997, il s'est produit un manque de filles de 590.000 et de 740.000, ce laisse à penser qu'il y a eu avortement d'au moins 500.000 fœtus filles. Sur 20 ans cela ferait 10 millions de filles qui ne seraient pas nées en Inde en raison de la préférence masculine.
En 2005, les moins de 20 ans représentent 45,3 % de la population. Même si la part des jeunes diminue lentement, le pays doit faire face au défi de nourrir, loger et scolariser un nombre très important d'enfants.

LA DÉMOGRAPHIE CHINOISE
En 2005, la Chine comptait un milliard 445 millions d'habitants. Dans les années 1960, la Chine ne comptait "que" 600 millions d'habitants. La priorité du gouvernement est de limiter la population à un milliard 400 millions d'habitants.
Pourquoi les Chinois sont-ils nombreux ? Toujours vers les années 1960, le président Mao Zedong avait une politique nataliste : il préparait le pays pour une 3e Guerre mondiale ! La Chine rouge n'avait, à cette époque, pas d'armes redoutables, il appliquait donc la stratégie du nombre : un homme, un fusil, une balle…
Dans les années 1980, quand Deng Xiaoping prit le pouvoir, il s'aperçut que la guerre ne serait pas immédiate mais la population avait déjà doublée.
Quelques données de 2006 :
Population : 1.360.445.010
Taux de croissance : 0,59 %
Taux brut de natalité : 13,25 %
Taux brut de mortalité : 6,97 %
Indice de fécondité : ,73 enfants/femme

IL VA MANQUER 40 MILLIONS DE FEMMES EN CHINE
Le totalitarisme du régime chinois se retrouve dans le domaine de la "politique familiale". Dans les Etats de droits, ce sont les parents qui choisissent le nombre d'enfants qu'ils veulent avoir mais en Chine l'Etat et le Parti imposent aux parents : c'est la "politique de l'enfant unique". C'est le règne de l'avortement sous contrainte car aujourd'hui la technique médicale permet d'anticiper l'événement. Il est alors facile aux parents de provoquer un avortement s'il s'agit d'une fille et d'essayer d'avoir un garçon plus tard. Ce sont aussi des stérilisations forcées car, une fois le quota enfant atteint, il ne doit plus y avoir de procréation.
Naturellement dans le monde, il naît un peu plus de garçons que de fille : en moyenne 106 garçons pour 100 filles. Or en Chine il naît 119 garçons pour 100 filles, ce qui, naturellement, est impossible. Il y donc bien eu avortement sélectif. Résultat : il manquera en 2020 environ 40 millions de femmes pour qu'il y ait équilibre entre les sexes ; donc autant de célibataires hommes.
Dans un Etat totalitaire, la réponse ne peut être que répressive et Zhang Weiqing a déclaré que "le gouvernement va réviser la loi criminelle pour que soient interdits dans les faits les avortements sélectifs pratiqués pour des raisons autres que médicales". La Chine pourrait accompagner cette nouvelle politique de mesures étatiques comme l'école gratuite pour les filles ou des avantage sociaux pour les familles sans garçon. Et cela créera d'autres déséquilibres…

FAUT-IL CRAINDRE L'INDE ET LA CHINE ?
Rien ne le laisse supposer car ces deux pays sont bien intégrés dans le concert des nations. Tant qu'ils pourront assumer leurs habitants et qu'ils n'en pousseront pas trop à l'émigration, les équilibres mondiaux seront maintenus, mais l'augmentation du niveau de vie de leurs populations fait déjà poindre un manque de ressources et toutes les matières premières vont devenir rares donc chères. Et il se pourrait bien que beaucoup d'Indiens et de Chinois s'installent ailleurs tout simplement pour prendre femme et fonder un foyer. Wait and see ! (attendre et voir).
DEHELVET.
commentaire DEHELVET - Vichy - 22/11/2009, 11:16

Vous avez dit maîtrise des naissances ?

De plus en plus souvent, dans les forums, viennent des discussions sur la démographie et ses conséquences sur l'environnement.

Nombreux sont ceux - et les cris d'alerte ne manquent pas - qui constatent qu'on va manquer d'eau, de ressources minières, de pétrole, de terres arables donc de nourriture, etc… Et force est de constater que malgré le Protocole de Kyoto engageant une grande partie de l'humanité dans une lutte contre les gaz à effet de serre (GES), dont le CO2, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,5 %. De protocole en conférence de Bali, rien n'y fait, les émissions de CO2 ont augmentée.

Mais il est à remarquer que ces augmentations de GES sont parallèles à l'augmentation de la population mondiale et à l'élévation de son train de vie.

L'augmentation, jusque vers les années 2000, n'était pas due à une augmentation de la natalité mais à une baisse du taux de mortalité. La durée de vie s'est allongée et au lieu d'avoir quatre accouchements pour deux enfants viables, il n'y en a plus que deux, donc une très nette diminution de la mortalité infantile ; cela s'appelle la " transition démographique ". Puis, dans un deuxième temps, du fait de deux accouchements égal deux naissances, le taux de natalité baisse, c'est qui explique la baisse de la natalité à la suite de la baisse de la mortalité.

Donc de 1950 à 1998, on note une décélération mondiale du taux annuel d'accroissement de la population. En 1950, il est de 1,5 %, puis il monte à 2,2 % en 1920 et redescend assez régulièrement jusqu'en 1974 (1,7 %) ou l'on observe un palier jusqu'à 1987 (1,7 %) pour redescendre ensuite très régulièrement jusqu'en 1998 où il se situe à 1 %.

Le maximum de l'excédent mondial annuel des naissances moins les décès se situe en 1989. Et il redescend par la suite.

Compte tenu de différents facteurs tels que l'effet d'inertie, le sida et la baisse de la natalité européenne, on peut tirer trois grands schémas de croissance mondiale. La fourchette basse donne en 1900 : 1,5 milliards d'habitants ; en 2050 : 7,866 milliards. La fourchette moyenne donne en 1900 : 1,5 milliards ; en 2050 : 9,322 milliards. Et la fourchette haute donne en 1900 : 1,5 milliards et en 2050 : 10,943 milliards.

Donc entre la fourchette basse : 7,866 milliards et la fourchette haute : 10,934 milliards, on note une différence de 3.068 milliards. Etant donné que l'on nous annonce un vaccin pour le sida d'ici trois au quatre ans, on doit plutôt s'orienter sur la fourchette moyenne (9,322 mds) ou l'hypothèse haute (10,934 mds). Les données de l'ONU pour 2050 de compter une population mondiale de 9 mds n'est donc pas fausse.

Mais il faut compter que l'Inde a une espérance de vie triplée (23 ans en 1911 ; 64 ans en 2002).

Le cas de la Chine est un cas à part du fait de la politique de dénatalité énergique engagée par son gouvernement appelée "Le grand bon en avant ". Rien que l'an dernier, la Chine a "évité" 140 millions de naissances. Quand on regarde la courbe de l'indice de fécondité (enfant/femme) des Chinoises, on constate une très nette diminution :

1953 : 6,3.
1957 : 5,5.
1969 : 6,0.
1973 : 2,8.
1985 : 2,4.
1989 : 2,2.
Et depuis 1992 : 1,6 enfant par femme.

On peut faire la constatation suivante : si le taux de natalité est inférieur au taux de mortalité, l'accroissement naturel est négatif. C'est le cas aujourd'hui de l'Italie, de l'Allemagne et d'une quinzaine d'autres pays en Europe.

On peut aussi poser la constatation suivante : moins il y a de monde moins on pollue. Dans un premier temps, ceci doit être modulé par l'accroissement du niveau de vie, donc par l'augmentation de l'exploitation des ressources d'où émissions de GES plus importantes. Mais une fois les conditions de vie améliorées, moins la population est nombreuse moins il y a de pollution. Donc moins de population égal moins de GES.

L'AFRIQUE

Mais ce n'est pas tout. Au sujet de l'Afrique, selon l'ONU, on peut noter : " Les pays africains où la natalité a chuté ont connu une nette amélioration de leur niveau de vie ". Cela veut dire que moins il y a de monde, plus les parts de gâteau sont grosses.

Les démographes sont unanimes : rien ne semble devoir arrêter la folle croissance de la population africaine. D'après le rapport du Fonds des Nation Unies pour la population (FNUAP) de 2002, en un an, la population est passée 812 millions d'habitants à 832 millions, soit une augmentation de 20 millions d'habitants sur 12 mois, c'est-à-dire le taux de croissance le plus élevé de la planète : 2,3 %, contre 1,3 % pour l'Asie et 1,4 % pour l'Amérique latine.

Selon le FNUAP, en 2050, le continent africain comptera 2 milliards d'habitants soit 2,5 fois plus qu'en 2000. Avec des taux d'accroissement naturel atteignant parfois 4 %, des pays comme l'Ouganda, la Somalie ou la République Démocratique du Congo devraient voir leur population quadrupler pendant cette période.

Tout passe par les femmes…

Si les Mauriciennes et les Tunisiennes font moins d'enfants aujourd'hui, c'est parce qu'elles sont mieux éduquées et mieux soignées. Ces pays suivent l'exemple de la Corée du Sud, de Taiwan et de Singapour. Dans ces pays, le taux de fécondité a été divisé par trois, ce qui a contribué à diminuer les charges sociales liées aux retraites et a ainsi permis d'augmenter la consommation, donc la croissance économique.

A l'opposé, les pays africains à démographie "folle" ne parviennent pas à accrocher une dynamique de développement et la consommation se limite tout juste aux besoins de base. Et cela durera tant que l'analphabétisme durera et, conséquence de cette ignorance, l'utilisation des moyens de contraception restera marginale.

QUELQUES DONNEES DEMOGRAPHIQUES

Algérie :
Population : 32,8 ; en 2025 : 40,6
Taux de natalité : 2.
Taux de mortalité : 4
Accroissement naturel : 1,5

Tunisie :
Population : 10,0 ; en 2025 : 11,6
Taux de natalité : 17.
Taux de mortalité : -
Accroissement naturel : 1,1

Maroc :
Population : 30,7 ; en 2025 : 38,8
Taux de natalité : 21.
Taux de mortalité : 6
Accroissement naturel : 1,6

Lybie :
Population : 5,8 ; en 2025 : 8,3
Taux de natalité : 27.
Taux de mortalité : 4
Accroissement naturel : 2,4

Egypte :
Population : 74,0 ; en 2025 : 101,1
Taux de natalité : 26.
Taux de mortalité : 6
Accroissement naturel : 12,0

Mauritanie :
Population : 3,1 ; en 2025 : 5,0
Taux de natalité : 42
Taux de mortalité : 415
Accroissement naturel : 2,7
Mali :
Population : 13,5 ; en 2025 : 24,0
Taux de natalité : 50.
Taux de mortalité : 18
Accroissement naturel : 3,2

Soudan :
Population : 40,2 ; en 2025 : 61,3
Taux de natalité : 37
Taux de mortalité : 10
Accroissement naturel : 2,7

Tchad :
Population : 9,7 ; en 2025 : 17,0
Taux de natalité : 45
Taux de mortalité : 17
Accroissement naturel : 2,7

Sénégal :
Population : 11,78 ; en 2025 : 17,3
Taux de natalité : 37
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,6

Erythrée :
Population : 4,7 ; en 2025 : 7,2
Taux de natalité : 39
Taux de mortalité : 13
Accroissement naturel : 2,6

Mauritanie :
Population : 3,1 ; en 2025 : 5,0
Taux de natalité : 42
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,7

Burkina Faso :
Population : 13,9 ; en 2025 : 22,5
Taux de natalité : 44
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 2,5

Guinée :
Population : 9,5 ; en 2025 : 15,8
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 16
Accroissement naturel : 2,7

Sierra Léone :
Population : 5,5 ; en 2025 : 8,7
Taux de natalité : 47
Taux de mortalité : 24
Accroissement naturel : 2,3

Libéria :
Population : 3,3 ; en 2025 : 5,8
Taux de natalité : 50
Taux de mortalité : 22
Accroissement naturel : 2,9

Côte d'Ivoire :
Population : 18,2 ; en 2025 : 25,1
Taux de natalité : 39
Taux de mortalité : 17
Accroissement naturel : 2,2

Ghana :
Population : 22,0; en 2025 : 32,8
Taux de natalité : 33
Taux de mortalité : 10
Accroissement naturel : 2,3

Togo :
Population : 6,1; en 2025 : 9,6
Taux de natalité : 40
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,7

Nigéria :
Population : 131,5 ; en 2025 : 190,3
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 2,4

Cameroun :
Population : 16,4 ; en 2025 : 22,4
Taux de natalité : 38
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,3

Centrafrique :
Population : 4,2 ; en 2025 : 5,5
Taux de natalité : 37
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 1,7

Guinée Equatoriale :
Population : 0,5 ; en 2025 : 0,8
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 20
Accroissement naturel : 2,3

Gabon :
Population : 1,4 ; en 2025 : 1,8
Taux de natalité : 33
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,1

Congo :
Population : 4,0 ; en 2025 : 7,4
Taux de natalité : 44
Taux de mortalité : 13
Accroissement naturel : 3,1

République Démocratique du Congo :
Population : 60,8 ; en 2025 : 108,0
Taux de natalité : 45
Taux de mortalité : 14
Accroissement naturel : 3,1

Ouganda :
Population : 26,9 ; en 2025 : 55,8
Taux de natalité : 47
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 3,2

Kenya :
Population : 33,8 ; en 2025 : 49,4
Taux de natalité : 38
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,2

Somalie :
Population : 8,6 ; en 2025 : 14,9
Taux de natalité : 46
Taux de mortalité : 18
Accroissement naturel : 2,9

Angola :
Population : 15,4 ; en 2025 : 23,8
Taux de natalité : 49
Taux de mortalité : 24
Accroissement naturel : 2,6

Zambie :
Population : 11,2 ; en 2025 : 15,8
Taux de natalité : 41
Taux de mortalité : 23
Accroissement naturel : 1,9

Mozambique :
Population : 19,4; en 2025 : 27,6
Taux de natalité : 42
Taux de mortalité : 20
Accroissement naturel : 2,2

Namibie :
Population : 2,0 ; en 2025 : 2,1
Taux de natalité : 27
Taux de mortalité : 17
Accroissement naturel : 1,1

Botswana :
Population : 1,6 ; en 2025 : 1,6
Taux de natalité : 25
Taux de mortalité : 28
Accroissement naturel : - 0,3

Zimbabwe :
Population : 13,0 ; en 2025 : 14,4
Taux de natalité : 31
Taux de mortalité : 20
Accroissement naturel : 1,1

Malawi :
Population : 12,3 ; en 2025 : 23,8
Taux de natalité : 50
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 3,2

Afrique du Sud :
Population : 46,9 ; en 2025 : 47,8
Taux de natalité : 23
Taux de mortalité : 16
Accroissement naturel : 0,7

Madagascar :
Population : 17,3 ; en 2025 : 28,2
Taux de natalité : 40
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,7

Burundi :
Population : 7,8 ; en 2025 : 13,9
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,8

Swaziland :
Population : 1,1 ; en 2025 : 1,0
Taux de natalité : 29
Taux de mortalité : 26
Accroissement naturel : 0,3

PAKISTAN :
Population : 167,8 ; en 2025 : 229
Taux de natalité : 24
Taux de mortalité : 8,23
Accroissement naturel : 4,0

AFGHANISTAN :
Population : 31,0 ; en 2025 : 50,3
Taux de natalité : 16,15
Taux de mortalité : 5,97
Accroissement naturel : 2,65

TURQUIE :
Population : 70,4 ; en 2025 : 40,6
Taux de natalité : 2.
Taux de mortalité : 4
Accroissement naturel : 1,87

INDONESIE :
Population : 245,46 ; en 2025 : 40,6
Taux de natalité : 20,34
Taux de mortalité : 6,25
Accroissement naturel : 2,4

(source FNUAP et WIKIPEDIA)

De cette courte étude sur la démographie de quelques pays et surtout de l'Afrique, on peut mesurer l'explosion démographique que va vivre la planète. Pas dans 50 ans ; tout de suite car cela a commencé.

Déjà, par le biais de vos journaux et medias, vous êtes informés des catastrophes tant climatiques qu'alimentaires que vivent certains de ces pays. Certains en sont réduits à confectionner des galette de terre mélangée à un peu d'huile et de farine. Partout sur la planète, les ONG sont sur le front de la misère aidées en cela par l'aide alimentaire fournie par les grandes nations.

Sur le plan de la santé, pour ce qui concerne la France, Médecin sans Frontière agit pour soulager mais aussi pour inculquer des principes simples de prophylaxie ; on fonde des dispensaires, parfois religieux.

Et l'on ne cesse de nous répéter que l'on va manquer d'eau, de pétrole, de matières premières, de nourriture. Pourquoi ? Parce que nous exagérons tous. Nous consommons sans retenue... Il serait temps de faire des économies.

Mais, limiter les naissances, n'est-ce pas faire aussi des économies ?

DEHELVET.





















Vous avez dit maîtrise des naissances ?

De plus en plus souvent, dans les forums, viennent des discussions sur la démographie et ses conséquences sur l'environnement.

Nombreux sont ceux - et les cris d'alerte ne manquent pas - qui constatent qu'on va manquer d'eau, de ressources minières, de pétrole, de terres arables donc de nourriture, etc… Et force est de constater que malgré le Protocole de Kyoto engageant une grande partie de l'humanité dans une lutte contre les gaz à effet de serre (GES), dont le CO2, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,5 %. De protocole en conférence de Bali, rien n'y fait, les émissions de CO2 ont augmentée.

Mais il est à remarquer que ces augmentations de GES sont parallèles à l'augmentation de la population mondiale et à l'élévation de son train de vie.

L'augmentation, jusque vers les années 2000, n'était pas due à une augmentation de la natalité mais à une baisse du taux de mortalité. La durée de vie s'est allongée et au lieu d'avoir quatre accouchements pour deux enfants viables, il n'y en a plus que deux, donc une très nette diminution de la mortalité infantile ; cela s'appelle la " transition démographique ". Puis, dans un deuxième temps, du fait de deux accouchements égal deux naissances, le taux de natalité baisse, c'est qui explique la baisse de la natalité à la suite de la baisse de la mortalité.

Donc de 1950 à 1998, on note une décélération mondiale du taux annuel d'accroissement de la population. En 1950, il est de 1,5 %, puis il monte à 2,2 % en 1920 et redescend assez régulièrement jusqu'en 1974 (1,7 %) ou l'on observe un palier jusqu'à 1987 (1,7 %) pour redescendre ensuite très régulièrement jusqu'en 1998 où il se situe à 1 %.

Le maximum de l'excédent mondial annuel des naissances moins les décès se situe en 1989. Et il redescend par la suite.

Compte tenu de différents facteurs tels que l'effet d'inertie, le sida et la baisse de la natalité européenne, on peut tirer trois grands schémas de croissance mondiale. La fourchette basse donne en 1900 : 1,5 milliards d'habitants ; en 2050 : 7,866 milliards. La fourchette moyenne donne en 1900 : 1,5 milliards ; en 2050 : 9,322 milliards. Et la fourchette haute donne en 1900 : 1,5 milliards et en 2050 : 10,943 milliards.

Donc entre la fourchette basse : 7,866 milliards et la fourchette haute : 10,934 milliards, on note une différence de 3.068 milliards. Etant donné que l'on nous annonce un vaccin pour le sida d'ici trois au quatre ans, on doit plutôt s'orienter sur la fourchette moyenne (9,322 mds) ou l'hypothèse haute (10,934 mds). Les données de l'ONU pour 2050 de compter une population mondiale de 9 mds n'est donc pas fausse.

Mais il faut compter que l'Inde a une espérance de vie triplée (23 ans en 1911 ; 64 ans en 2002).

Le cas de la Chine est un cas à part du fait de la politique de dénatalité énergique engagée par son gouvernement appelée "Le grand bon en avant ". Rien que l'an dernier, la Chine a "évité" 140 millions de naissances. Quand on regarde la courbe de l'indice de fécondité (enfant/femme) des Chinoises, on constate une très nette diminution :

1953 : 6,3.
1957 : 5,5.
1969 : 6,0.
1973 : 2,8.
1985 : 2,4.
1989 : 2,2.
Et depuis 1992 : 1,6 enfant par femme.

On peut faire la constatation suivante : si le taux de natalité est inférieur au taux de mortalité, l'accroissement naturel est négatif. C'est le cas aujourd'hui de l'Italie, de l'Allemagne et d'une quinzaine d'autres pays en Europe.

On peut aussi poser la constatation suivante : moins il y a de monde moins on pollue. Dans un premier temps, ceci doit être modulé par l'accroissement du niveau de vie, donc par l'augmentation de l'exploitation des ressources d'où émissions de GES plus importantes. Mais une fois les conditions de vie améliorées, moins la population est nombreuse moins il y a de pollution. Donc moins de population égal moins de GES.

L'AFRIQUE

Mais ce n'est pas tout. Au sujet de l'Afrique, selon l'ONU, on peut noter : " Les pays africains où la natalité a chuté ont connu une nette amélioration de leur niveau de vie ". Cela veut dire que moins il y a de monde, plus les parts de gâteau sont grosses.

Les démographes sont unanimes : rien ne semble devoir arrêter la folle croissance de la population africaine. D'après le rapport du Fonds des Nation Unies pour la population (FNUAP) de 2002, en un an, la population est passée 812 millions d'habitants à 832 millions, soit une augmentation de 20 millions d'habitants sur 12 mois, c'est-à-dire le taux de croissance le plus élevé de la planète : 2,3 %, contre 1,3 % pour l'Asie et 1,4 % pour l'Amérique latine.

Selon le FNUAP, en 2050, le continent africain comptera 2 milliards d'habitants soit 2,5 fois plus qu'en 2000. Avec des taux d'accroissement naturel atteignant parfois 4 %, des pays comme l'Ouganda, la Somalie ou la République Démocratique du Congo devraient voir leur population quadrupler pendant cette période.

Tout passe par les femmes…

Si les Mauriciennes et les Tunisiennes font moins d'enfants aujourd'hui, c'est parce qu'elles sont mieux éduquées et mieux soignées. Ces pays suivent l'exemple de la Corée du Sud, de Taiwan et de Singapour. Dans ces pays, le taux de fécondité a été divisé par trois, ce qui a contribué à diminuer les charges sociales liées aux retraites et a ainsi permis d'augmenter la consommation, donc la croissance économique.

A l'opposé, les pays africains à démographie "folle" ne parviennent pas à accrocher une dynamique de développement et la consommation se limite tout juste aux besoins de base. Et cela durera tant que l'analphabétisme durera et, conséquence de cette ignorance, l'utilisation des moyens de contraception restera marginale.

QUELQUES DONNEES DEMOGRAPHIQUES

Algérie :
Population : 32,8 ; en 2025 : 40,6
Taux de natalité : 2.
Taux de mortalité : 4
Accroissement naturel : 1,5

Tunisie :
Population : 10,0 ; en 2025 : 11,6
Taux de natalité : 17.
Taux de mortalité : -
Accroissement naturel : 1,1

Maroc :
Population : 30,7 ; en 2025 : 38,8
Taux de natalité : 21.
Taux de mortalité : 6
Accroissement naturel : 1,6

Lybie :
Population : 5,8 ; en 2025 : 8,3
Taux de natalité : 27.
Taux de mortalité : 4
Accroissement naturel : 2,4

Egypte :
Population : 74,0 ; en 2025 : 101,1
Taux de natalité : 26.
Taux de mortalité : 6
Accroissement naturel : 12,0

Mauritanie :
Population : 3,1 ; en 2025 : 5,0
Taux de natalité : 42
Taux de mortalité : 415
Accroissement naturel : 2,7
Mali :
Population : 13,5 ; en 2025 : 24,0
Taux de natalité : 50.
Taux de mortalité : 18
Accroissement naturel : 3,2

Soudan :
Population : 40,2 ; en 2025 : 61,3
Taux de natalité : 37
Taux de mortalité : 10
Accroissement naturel : 2,7

Tchad :
Population : 9,7 ; en 2025 : 17,0
Taux de natalité : 45
Taux de mortalité : 17
Accroissement naturel : 2,7

Sénégal :
Population : 11,78 ; en 2025 : 17,3
Taux de natalité : 37
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,6

Erythrée :
Population : 4,7 ; en 2025 : 7,2
Taux de natalité : 39
Taux de mortalité : 13
Accroissement naturel : 2,6

Mauritanie :
Population : 3,1 ; en 2025 : 5,0
Taux de natalité : 42
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,7

Burkina Faso :
Population : 13,9 ; en 2025 : 22,5
Taux de natalité : 44
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 2,5

Guinée :
Population : 9,5 ; en 2025 : 15,8
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 16
Accroissement naturel : 2,7

Sierra Léone :
Population : 5,5 ; en 2025 : 8,7
Taux de natalité : 47
Taux de mortalité : 24
Accroissement naturel : 2,3

Libéria :
Population : 3,3 ; en 2025 : 5,8
Taux de natalité : 50
Taux de mortalité : 22
Accroissement naturel : 2,9

Côte d'Ivoire :
Population : 18,2 ; en 2025 : 25,1
Taux de natalité : 39
Taux de mortalité : 17
Accroissement naturel : 2,2

Ghana :
Population : 22,0; en 2025 : 32,8
Taux de natalité : 33
Taux de mortalité : 10
Accroissement naturel : 2,3

Togo :
Population : 6,1; en 2025 : 9,6
Taux de natalité : 40
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,7

Nigéria :
Population : 131,5 ; en 2025 : 190,3
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 2,4

Cameroun :
Population : 16,4 ; en 2025 : 22,4
Taux de natalité : 38
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,3

Centrafrique :
Population : 4,2 ; en 2025 : 5,5
Taux de natalité : 37
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 1,7

Guinée Equatoriale :
Population : 0,5 ; en 2025 : 0,8
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 20
Accroissement naturel : 2,3

Gabon :
Population : 1,4 ; en 2025 : 1,8
Taux de natalité : 33
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,1

Congo :
Population : 4,0 ; en 2025 : 7,4
Taux de natalité : 44
Taux de mortalité : 13
Accroissement naturel : 3,1

République Démocratique du Congo :
Population : 60,8 ; en 2025 : 108,0
Taux de natalité : 45
Taux de mortalité : 14
Accroissement naturel : 3,1

Ouganda :
Population : 26,9 ; en 2025 : 55,8
Taux de natalité : 47
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 3,2

Kenya :
Population : 33,8 ; en 2025 : 49,4
Taux de natalité : 38
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,2

Somalie :
Population : 8,6 ; en 2025 : 14,9
Taux de natalité : 46
Taux de mortalité : 18
Accroissement naturel : 2,9

Angola :
Population : 15,4 ; en 2025 : 23,8
Taux de natalité : 49
Taux de mortalité : 24
Accroissement naturel : 2,6

Zambie :
Population : 11,2 ; en 2025 : 15,8
Taux de natalité : 41
Taux de mortalité : 23
Accroissement naturel : 1,9

Mozambique :
Population : 19,4; en 2025 : 27,6
Taux de natalité : 42
Taux de mortalité : 20
Accroissement naturel : 2,2

Namibie :
Population : 2,0 ; en 2025 : 2,1
Taux de natalité : 27
Taux de mortalité : 17
Accroissement naturel : 1,1

Botswana :
Population : 1,6 ; en 2025 : 1,6
Taux de natalité : 25
Taux de mortalité : 28
Accroissement naturel : - 0,3

Zimbabwe :
Population : 13,0 ; en 2025 : 14,4
Taux de natalité : 31
Taux de mortalité : 20
Accroissement naturel : 1,1

Malawi :
Population : 12,3 ; en 2025 : 23,8
Taux de natalité : 50
Taux de mortalité : 19
Accroissement naturel : 3,2

Afrique du Sud :
Population : 46,9 ; en 2025 : 47,8
Taux de natalité : 23
Taux de mortalité : 16
Accroissement naturel : 0,7

Madagascar :
Population : 17,3 ; en 2025 : 28,2
Taux de natalité : 40
Taux de mortalité : 12
Accroissement naturel : 2,7

Burundi :
Population : 7,8 ; en 2025 : 13,9
Taux de natalité : 43
Taux de mortalité : 15
Accroissement naturel : 2,8

Swaziland :
Population : 1,1 ; en 2025 : 1,0
Taux de natalité : 29
Taux de mortalité : 26
Accroissement naturel : 0,3

PAKISTAN :
Population : 167,8 ; en 2025 : 229
Taux de natalité : 24
Taux de mortalité : 8,23
Accroissement naturel : 4,0

AFGHANISTAN :
Population : 31,0 ; en 2025 : 50,3
Taux de natalité : 16,15
Taux de mortalité : 5,97
Accroissement naturel : 2,65

TURQUIE :
Population : 70,4 ; en 2025 : 40,6
Taux de natalité : 2.
Taux de mortalité : 4
Accroissement naturel : 1,87

INDONESIE :
Population : 245,46 ; en 2025 : 40,6
Taux de natalité : 20,34
Taux de mortalité : 6,25
Accroissement naturel : 2,4

(source FNUAP et WIKIPEDIA)

De cette courte étude sur la démographie de quelques pays et surtout de l'Afrique, on peut mesurer l'explosion démographique que va vivre la planète. Pas dans 50 ans ; tout de suite car cela a commencé.

Déjà, par le biais de vos journaux et medias, vous êtes informés des catastrophes tant climatiques qu'alimentaires que vivent certains de ces pays. Certains en sont réduits à confectionner des galette de terre mélangée à un peu d'huile et de farine. Partout sur la planète, les ONG sont sur le front de la misère aidées en cela par l'aide alimentaire fournie par les grandes nations.

Sur le plan de la santé, pour ce qui concerne la France, Médecin sans Frontière agit pour soulager mais aussi pour inculquer des principes simples de prophylaxie ; on fonde des dispensaires, parfois religieux.

Et l'on ne cesse de nous répéter que l'on va manquer d'eau, de pétrole, de matières premières, de nourriture. Pourquoi ? Parce que nous exagérons tous. Nous consommons sans retenue... Il serait temps de faire des économies.

Mais, limiter les naissances, n'est-ce pas faire aussi des économies ?

DEHELVET.
commentaire Michel Tarrier - 22/11/2009, 11:35

Vous avez dit « Malthus » ?

(Extrait du livre : Faire des enfants tue. Éloge de la dénatalité. Tarrier & Tarrier)

Au début était Malthus le maudit. Nous n’étions pas dans l’ère du politiquement correct et il n’y allait pas avec le dos de la cuillère ! Il s’opposait alors aux lois anglaises de Speenhamland, garantissant aux pauvres de chaque paroisse un revenu minimal, et en prônant la suppression de toute aide aux nécessiteux afin de les dissuader de se reproduire.

En ayant raison deux siècles trop tôt, Thomas Robert Malthus, pasteur anglican et économiste britannique, donna l’apparence d’avoir tord. C’est lors de la révolution industrielle, en 1798, qu’il prend le risque de proclamer que la population de son pays, l’Angleterre, croît plus vite que les ressources et que cette disparité allait induire une misère grandissante. Mais dès lors, l’Angleterre connut une croissance tant économique et démographique remarquables et la misère prit la tangente.

Quand Malthus publia sa théorie, son pays comptait 8 millions d'habitants et 60 millions d’Anglais le peuplent aujourd’hui. Mais les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud et pas mal d’autres contrées ont vu s’enraciner plus de 50 millions de ressortissants anglais. Sans cette échappatoire, l’Angleterre étoufferait avec 120 ou 130 millions de citoyens, densité assurément disproportionnée avec le potentiel alimentaire et énergétique de cette nation. Il n’en demeure pas moins que la réalité avait démenti la théorie et Malthus perdit d’emblée sa crédibilité. Totalement opposée à l’idée d’Adam Smith, économiste écossais des Lumières et fondateur de la science économique moderne, la doctrine malthusienne annonçait une perspective pessimiste. Le postulat malthusien provoqua tout autant l'indignation des composantes du courant socialiste, de Robert Owen, de Pierre-Joseph Proudhon et surtout de Karl Marx. Pour Marx, il n'existe pas de loi démographique qui soit naturelle, c'est-à-dire atemporelle et universelle, la cadence de croissance de la population et de la production étant le fruit de rapports sociaux évolutifs puisque historiquement déterminés. La solution ne consiste donc pas à susciter davantage d’austérité aux plus démunis en leur imposant l’abstinence sexuelle et à les dissuader de fonder une famille, alors qu’ils sont déjà privés des joies de l'existence. Seule la révolution doit résoudre les difficultés nées de la croissance démographique. Tous les pays socialistes optèrent en leurs débuts pour une position populationniste, modérée plus tardivement par une libéralisation de l’interruption volontaire de grossesse. Le cours des choses les incita à revoir leurs fiches, comme ce fut le cas de la Chine. Le malthusianisme entra ainsi en enfer et resta synonyme d’un paradigme obscène stigmatisant à tout jamais toute prérogative de dénatalité.

David Ricardo, économiste anglais du XIXe siècle, soutenait une théorie similaire. Celui-ci entrevoyait parfaitement que l’évolution de la population menait inévitablement à la hausse du prix des subsistances du fait des rendements décroissants de la terre et à celle de la rente foncière suite au besoin accru de terres fertiles. C’était certes avant la révolution de la pétrochimie de la moitié du XXe siècle, mais aussi avant l’actuelle crise écologique ! Plus dérangeant, bien sûr, il critiquait aussi les aides sociales accordées aux indigents qui créent la pauvreté sur le long terme en favorisant des naissances non souhaitables.

Malthusiens, ricardiens et autres pionniers de l’anti-natalité n’auront raison que deux siècles plus tard quand les évènements viendront à prouver que les ressources ne grandissent pas, ne sont pas rechargeables, que le stock naturel n’est constitué que de produits finis, que la seule chose qu’on ne fabrique pas est la terre et que notre population mondiale a outrepassé les limites définies par ces valeurs fixes.

Pour un juste rappel des choses, les théorisations malthusiennes de réduction de la population étaient strictement économiques et ne portaient que sur les ressources alimentaires. À une époque où rien ne pouvait laisser craindre le pire pour l’avenir de la Planète (nous n’étions qu’un milliard…), où rien ne pouvait présager d’un déclin pour les écosystèmes (abattage abusif des arbres, épuisement des sols fertiles, surpompage, surpâturage, surpêche, modification du climat, etc.), où l’on ne s’appuyait pas encore sur les énergies fossiles à peine découvertes et déjà consumées, l'objection de croissance ne portait aucun message susceptible de pérenniser une Planète dont la perte ne pouvait qu’être attribuable à une irrationnelle apocalypse. La théorie de Malthus n’avait donc pour but que de veiller à conserver le confort matériel de certains en stoppant la croissance démographique des autres. Ne sauvegarder que le développement économique envers et contre tout apparaît aujourd’hui comme détestable aux écologistes et à tous les amis de la Terre. Quoi qu’on puisse en penser, Malthus avait tout de même et le premier mis en évidence la fatidique relation entre la croissance démographique et la disponibilité des ressources (alimentaires) en énonçant un simple postulat : la population tend à croître en progression géométrique (1, 2, 4, 8, 16…), tandis que les ressources alimentaires tendent selon une progression arithmétique (1, 2, 3, 4, 5, 6…). La production n’est donc pas à la hauteur des besoins vitaux, qui plus est lorsque tant de gens s’acharnent à vivre au-dessus des moyens de la Planète. L’avènement de l’agriculture productiviste boostée par les intrants mis un temps cette inquiétude en répit, mais ses limites furent rapidement atteintes, notamment par l’épuisement biologique des sols et le caractère pathologique des plantes ainsi cultivées.

Des économistes de l’époque, affirmant que « La nécessité est la mère de l’invention » et que les méthodes agraires définissent la taille de la population (fonction de la nourriture disponible), réfutaient la proposition de Malthus en démontrant qu’au contraire, c’est la pression démographique qui impose l’évolution des techniques, notamment agraires.

Il faudrait donc ajouter aujourd’hui la notion de fin de stock aux ressources naturelles, fixes, irremplaçables, tarissables, et même périssables pourrait-on dire, laquelle est pour le moins dramatique puisqu’elle ne correspond qu’à une permanente soustraction, à un recul effarant (10, 8, 2, 0…). Ces ressources correspondent à la biomasse utile (ressources bioproductives) et aux matières premières (minérales, chimiques, biologiques), aux matières fossiles, ainsi qu’aux formes d’énergies utiles aux hommes et en particulier à l’agriculture, à la sylviculture et à la pêche, tout comme à l’industrie. La diminution de ces ressources naturelles disponibles par rapport aux besoins des êtres humains est un enjeu majeur de ce XXIe siècle : les ressources en eau sont déjà insuffisantes en certaines contrées ; le pic forestier est derrière nous ; les déplétions pétrolière, gazière et charbonnière annoncées restent sans réponses palpables ; l’extinction du Vivant, dont celui du poisson marin, peuple au quotidien nos faits divers. La désertification, la pollution, l’élévation du niveau maritime, les dégâts de la périurbanisation, la culture des agrocarburants, étaient des notions étrangères à la période de Malthus. Qu’on ne lui reproche donc pas de n’avoir tirer sa sonnette d’alarme que dans l’option égoconsciente de la sécurité alimentaire, et non dans de celles de l’écoconscience ou de l’humanitaire.

Un Malthus contemporain, dit néo-malthusien ou éco-malthusien, est bien conscient de cette fatale notion de finitude des ressources naturelles peu ou pas renouvelables et sur laquelle pèse expressément notre développement. Mais au regard de cette vérité première, qui donc accepte de vivre en autarcie et de se contenter de cultiver ses choux ? Existe-t-il des annonces pour inciter les Terriens à ne pas acheter des voitures, à ne plus aller en avion d’un antipode à l’autre, à ne plus consommer futile, frivole, inutile, hors-saison et hors raison ? La vérité de Malthus, réorientée dans un objectif de développement supportable, apparaît peut être comme une lapalissade mais l’homme du XXIe siècle n’en fait pas davantage cas que celui du XIXe.
commentaire Michel Tarrier - 22/11/2009, 11:37

Un mot sur le darwinisme social

Le darwinisme social est l'idée selon laquelle un aspect de la théorie de l’évolution serait applicable aux populations humaines. Ça se discute ou non ?

Savant contemporain de Charles Darwin, Herbert Spencer interprète le darwinisme à la société humaine dans un livre intitulé Survival of the fittest. C’est le concept de la sélection des plus aptes. Son darwinisme social suggère donc que les caractères innés ont un rôle prépondérant par rapport à ceux acquis. Nos inégalités sociales, notre esprit de conquête et tout notre cortège d’irrespect serait d’ordre biologique et afférant à la sélection naturelle. En quelque sorte, un inévitable déterminisme ouvrant toutes les portes des circonstances plus qu’atténuantes, puisque naturelles, à toutes les exactions. Quoi de plus bio qu’un viol collectif !? Il ne faut donc pas se gêner, quand c’est le gène qui commande ! Cette idéologie de l’évolutionnisme anthropologique s’avère redoutable. Ainsi, les peuples restés figés dans leur éthologie primitive sont les moins adaptés, et même raisonnement raccourci pour les individus nés cancres sociétaux. Dans l’idéologie du darwinisme social, la vitalité d’une nation se mesure notamment à l’aune de sa démographie. La fécondité est synonyme de force et de réussite. De quoi combler les velléités de tout nationalisme racial. Au-delà du nazisme, le darwinisme social servit encore de toile de fond pour justifier une supériorité de la race nipponne visant à envahir la Chine et à dominer l’Extrême-Orient.

Parler de ce qu’on définit, à tort ou à raison, comme darwinisme social est incontournable quand le concept de la dénatalité nous envoie sur la pente savonneuse d’un malthusianisme que les bien pensants tiennent dans le collimateur, et pourquoi pas de l’eugénisme, qu’il est de bon ton de couvrir d’opprobre. On dit que l’eugénisme a enfin les moyens de sa politique et que « le meilleur des mondes ». Un fâcheux progrès nous permet de l’expérimenter sur le dos de nos animaux d’élevage et il sera demain applicable à l’homme. Cet eugénisme tant décrié s’inscrira alors subrepticement dans notre grille de lecture vitale : si nous avons l’option de nous perpétrer au travers de jeunes athlètes intelligents, nous n’irons certainement pas choisir des laiderons illettrés.

Notre plaidoyer pour une Planète heureuse et ne souffrant pas de la surcharge humaine est bien loin de ces engeances, mais certains lecteurs malveillants ne manqueront pas de faire l’amalgame. Le biologiste et humaniste Jean Rostand fut lui-même taxé d’eugénisme parce qu’il avait avoué ceci : « Le premier pays qui se préoccuperait sérieusement de la question prendrait sur les autres une avance décisive ». Mais il écrivait aussi cela : « J’ai la faiblesse de penser que c’est l’honneur d’une société que d’assumer, que de vouloir ce luxe pesant que représente pour elle la charge des incurables, des inutiles et des incapables ; et je mesurerais presque son degré de civilisation à la quantité de peine et de vigilance qu’elle s’impose par pur respect de la vie... Quand l’habitude sera prise d’éliminer les monstres, de moindres tares feront figure de monstruosités. De la suppression de l’horrible à celle de l’indésirable, il n’y a qu’un pas... Cette société nettoyée, assainie, cette société sans déchets, sans bavures, où les normaux et les forts bénéficieraient de toutes les ressources qu’absorbent jusqu’ici les anormaux et les faibles, cette société renouerait avec Sparte et ravirait les disciples de Nietzsche, je ne suis pas sûr qu’elle mériterait encore d’être appelée une société humaine ».

Toute idéologie dite biologique est d’avance condamnée par le sinistre éclairage de la rétrospective nazi. Il en va du darwinisme dit social, lequel pris à la lettre n’avait aucune raison d’être incriminé de raciste ou d’impérialiste, même revu et corrigé par un dit socialisme. Le droit de l’espace vital et l’apologie du plus fort ne sont pas ainsi perçus par la sélection naturelle, ou l’invention de la cruauté gratuite est rarement présente. Il convient de préciser « rarement » car une certain sadisme du chat est lisible dans son rapport avec la nourriture souris. Il est regrettable de vouloir enrouler du drapeau d’un quelconque darwinisme des crimes contre l’humanité, mais c’est une désinformation non innocente. Tout ce qui peut résonner comme darwinien se situe aux antipodes du totalitarisme, et inversement ainsi qu’on le voit actuellement dans certaines universités américaines créationnistes et réactionnaires. D’autant plus que le terme est impropre car s’il s’agit d’un prolongement à L’origine des espèces, œuvre qui s’accommode bien mal du sociétal. Seul un sous-titre de L’origine des espèces, interprété avec de mauvaises intentions, laisse la porte ouverte aux idéologies les plus mal venues : La préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie. Ce qu’il y aurait de plus darwinien dans la société du progrès, est sa tendance générale évolutive depuis le simple (homogène) au complexe (hétérogène). Dans sa théorie, Darwin traite des animaux, des plantes, des récifs de corail, voire de la domestication des espèces utiles à l’homme, de l’héritage animal dans la part de l’homme, tous domaines dont l’interprétation sociopolitique s’avère oiseuse.

Graham Sumner, professeur de sciences politiques à l'Université de Yale, fut le porte-parole du darwinisme social en Amérique à la fin du XIXe siècle. Dans un de ses écrits, il résume ainsi sa conception des sociétés humaines : « Si nous soulevons un homme, nous devons avoir un point d'appui, un point de réaction. Traduit dans une société, cela signifie que pour soulever un homme nous devons pousser un autre vers le bas. » Sa lecture croisée des théories de Darwin, de Malthus et de Ricardo provient d’interprétations économiques des ouvrages de Hariet Martineau : Elle l’incite à penser que « La charité publique ou privée ne peut réduire le nombre des indigents, mais ne peut qu'encourager l'imprévoyance ». Amalgamant les idées évolutionnistes que lui inspirent Ernst Haeckel, Aldous Huxley et surtout Herbert Spencer, il publie une œuvre polémique (très anarchiste de droite) contre le réformisme et le socialisme, dont le principe repose sur le rapport population humaine-terre labourable. L’auteur énonce que si l’effectif de citoyens dépasse en nombre la quantité disponible de ressources alimentaires et donc de sol, il y a « faim de terre », entraînant à travers les processus d’émigration et d’impérialisme l’inéluctable victoire politique d'une aristocratie. Il privilégie la mentalité capitaliste qu'il estime représenter une prévoyance eu égard aux difficultés de la vie : c'est la détention d'un capital qui favorise les économes par rapport aux imprévoyants, dans une leçon de lutte pour la vie.

Ernst Haeckel, qui posa les fondements de la biogénétique, proposa à la même époque et dans la même veine (malheureuse) une classification des races humaines. Celles noires étaient vues comme les plus proches du singe, tandis que les Allemands, les Anglo-Saxons et les Scandinaves (qu’il regroupait en Indo-Germains) constituaient la forme la plus évoluée de l’humanité. L’inverse nous aurait surpris ! Sa ligue moniste, chargée de propager ses idées, est aujourd’hui considérée comme inspiratrice de la doctrine nazie.
commentaire Michel Tarrier - 22/11/2009, 11:39

Le Club des sages

1968 n’est pas seulement assimilable au joli mois de mai français qui se voulait la pierre angulaire de la contestation à l’encontre de l’ordre établi et du système social de consommation. Qu’en est-il aujourd’hui ?!! Cette année-là vit la création du Club de Rome. Cet organisme novateur dans ses intentions regroupait alors une poignée atypique de personnalités apolitiques (scientifiques, penseurs, économistes, hommes d'affaires et hauts fonctionnaires) et s’attelait à l’analyse des risques d’un Monde en évolution et qui semblait bien peu discerner les limites globales de sa croissance. Toujours consacré aux questions de survie de l’humanité, le Club siège présentement à Zurich et rassemble des membres venus de cinquante trois pays et des cinq continents. La première étude qui rendit célèbre cet organisme non gouvernemental soulignait la dangerosité écologique de notre croissance, tant économique que démographique. Elle fut commanditée au Massachussetts Institute of Technology et publiée en 1972 sous le nom devenu fameux de rapport Meadows, du nom du directeur de recherche Dennis Meadows, et intitulée « Halte à la croissance ? ». Le point d’interrogation – souvent omis – ne traduit pas le pessimisme systématique prêté à cette époque à l’organisation, mais une sérieuse inquiétude.

Ces conclusions recommandaient implicitement la dénatalité, vu qu’on ne peut restreindre la croissance économique sans museler son corollaire démographique. Cela pouvait sembler radicale, au moins inédit, et suscita des controverses en chaîne. Il se trouve que le ZPG (Zero Population Growth, devenu aujourd’hui Population Connexion), programme des Nations Unies visant à préserver un équilibre entre les ressources disponibles et l’accroissement de la population mondiale, parvenait à une conclusion similaire du point de vue démographique et qui se résume par une formule : « S'arrêter à deux ». Mais à cause d’un phénomène d’inertie, ce niveau de fertilité substitutif de la croissance zéro ne constituerait en fait un remède que d’ici le milieu du XXIe siècle. En outre, il ne peut y avoir de croissance zéro que si le couple s’éteint rapidement après avoir donné naissance, comme chez certains animaux. Au contraire, chez Homo sapiens, les géniteurs survivent encore lorsque leur progéniture engendre et l’empreinte écologique double. « Faites-en un ou n'en faites pas, mais ne dépassez pas deux » serait le bon message.

À l’époque de la fondation du Club de Rome, la population mondiale doublait tous les 32 ans et atteignait 3,6 milliards d’individus au début des années 1970. On pouvait ainsi s’attendre à plus de 12 milliards pour le milieu du XXIe siècle. Nous ne seront que 9 milliards et l’erreur prospective permit aux détracteurs du Club de Rome de se gausser, sans comprendre que les 9 milliards finalement attendus illustrent déjà une dramatique surpopulation. Au XVIIe siècle, les Terriens n’étaient que 500 millions et ne croissaient que de 0,3 %. On comprend ainsi parfaitement l’alarme qui animait les partisans tant du halte à la croissance que de la croissance zéro. Quant à la croissance économique, elle s’est avérée encore plus dynamique et menaçante, et surtout chaque fois plus inéquitablement répartie. « Les riches s’enrichissent et les pauvres font des enfants ».

Selon la loi des rendements décroissants, la mise en culture de nouvelles terres est chaque fois plus coûteuse et moins profitable au fur et à mesure que la demande alimentaire se fait plus forte. La disette ne peut qu’être à l’horizon. Mais attention ! L’horizon est une ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure que l’on avance ! Il suffirait donc d’avancer pour reporter la date du déclin !! Qui plus est, les ressources énergétiques, chaque fois davantage amenuisée, courent le risque du tarissement. Les progrès scientifiques qui surviendront ne pourront que retarder l’échéance fatale, rien de plus puisqu’on ne reconstruit pas les écosystèmes et que l’on ne recharge pas les ressources épuisées. Enfin, l’acceptation par tous du réchauffement climatique auquel une majorité aveugle ne souhaitait pas croire annonce que bien d’autres pollutions aux méfaits encore méconnus nous pendent au nez. Par le jeu des interactions, le système mondial est indéniablement menacé. Seule la date est discutable et sera repoussée au prorata des astuces et découvertes que l’on saura mettre au profit des prolongations. Un exemple par le dérisoire : « Dans le cas des réserves fossiles, par exemple, le fait de passer de 3 à 1,8 % de taux de croissance de la consommation ne diffère l’issue finale que de 20 ans environ. » selon Jean-Marc Jancovici. Nous allons nous écraser dans le mur, mais nous ne savons pas quand. Les surplus de gaz à effet de serre, la cohorte des effets menaçants du changement climatique, l’amenuisement des réserves de combustibles fossiles et tant d’autres manifestations déjà connues ou que nous allons apprendre à identifier dans l’ordre d’arrivée des calamités, cautionnent les craintes énoncées par les sages du Club de Rome. 2000, 2030, 2050, 2080, on se plante dans les dates ? C’est tout ! Une chose est certaine : moins nombreux nous seront et plus longtemps nous durerons.

Jean-Marc Jancovici (2003) parle ainsi de l’apport du Club de Rome : « Sa seule conclusion forte est que la croissance matérielle perpétuelle conduira tôt ou tard à un « effondrement » du monde qui nous entoure, et que, même en étant très optimiste sur les capacités technologiques à venir, l'aptitude à recycler ou à économiser les matières premières que nous consommons, le contrôle de la pollution, ou encore le niveau des ressources naturelles (le haut de la fourchette pris par les chercheurs est une multiplication par 5 des réserves connues en 1970, ce qui, pour le pétrole, amène à des réserves en 2000 supérieures à celles aujourd'hui connues malgré la consommation effectuée entre-temps ; j'ai fait le calcul), l'effondrement se produit avant 2100. »

Comment substituer l’équilibre à la croissance est interprété dans le rapport Meadows et consiste donc à adopter la décroissance. Il est absolument certain que la société se rendra à cette évidence, mais trop tard. Nos exigences égocentriques sont relayées par nos habitudes anthropocentristes et, dans la sphère occidentale la plus gourmande, confortées par les dérives électoralistes du jeu démocratique. Limiter les naissances, surtaxer les activités puisant dans les ressources comme celles aux effets polluants, favoriser la culture et le progrès social plus qu’économique sont des pistes.

Nous citons encore l’excellent Jean-Marc Jancovici (2003) : « De toute façon, les mathématiques nous disent que, dans un monde fini, toute consommation de ressources non renouvelables tendra (en moyenne) vers zéro avec le temps, que cela nous plaise ou non ! Il n'y a pas non plus d'idéologie dans cette conclusion, simplement l'application d'un théorème simple, qui indique que si une fonction est positive et continue (donc intégrable), et que son intégrale est bornée, alors la moyenne sur un intervalle non nul ne peut que tendre vers zéro à l'infini (ce théorème se démontre facilement par l'absurde). »

L’apport considérable du Club de Rome n’est pas estimé à sa juste valeur. Accueilli avec enthousiasme par les écologistes pionniers, réfuté par le capitalisme dur, on l’oubliera au motif qu’on se dit n’avoir vécu aucun cataclysme global depuis la date de cette prophétie qui n’est qu’hypothèse crédible. J’estime bien au contraire que nous allons d’une catastrophe à une autre, et que le fait même de les enfiler les unes après les autres sur un collier de déroute écologique constitue une chronique d’une mort planétaire annoncée. Que l’on se rassure, ce n’est pas l’apocalypse, ce sera juste une vie invivable. Nous nous complaisons à le répéter autant qu’ « ils » se plaisent à le dénier. L’ambition du rapport Meadows ne se bornait pas à tenter de circonscrire des évènements dramatiques plus ou moins méconnus à l’époque, mais d’assurer qu’ils se produiraient si aucune prévention mondiale n’intervenait pour les contrer. Aucun de ces évènements ne fait aujourd’hui l’objet de méconnaissance, ils font même, et seulement depuis peu, les grands titres de nos journaux. Ils donnent trop souvent lieu à une mascarade mercantile de mauvais goût. Mais en dépit des faux-semblants, une seule et minimale mesure a t’elle été prise formellement, définitivement et globalement ? Non. Les tribulations de l’humanité s’aggraveront si les citoyens de la Terre sont inaptes à choisir des dirigeants capables d’affronter le vide sous-jacent de symptômes désormais bien identifiés.
commentaire Prof C.E.Chitour Ecole Polytechnique Alger - 22/11/2009, 21:02

Quand l table est vide; le lit est fécond
Un nouveau concept : l'eco-malthusianisme: Ce Jugement nous parait partiel et partial
En lisant la contribution on a l'impression que tout est de la faute des damnés de la Terre que sont les Africains. Quelques chiffres pour fixer les idées. En moyenne un Africain vit 50 ans soit 25 ans de moins qu'une personne des pays développés Sa contribution anthropiue est donc moindre
De plus un Africai myen consomme en moyenne 100 kg de céréales par an soit sur une vie en moyenne 5 tonnes . En énergie à 0,3 tonne/hab et par an l'Africain consomme en 50 ans : 15 tonnes de tep. Voyons ce que consomme un Américain, non obèse les calculs montrent qu'ne nourriture c'est l'équivalent de 20 tonnes/an soit en 75 ans l'équivalent de 1500 tonnes de nourriture! soit fois la consommation d'un Africain Du point de vue avec 8 tep/hab/an en 75 ans c'est l'équivalent de 600 tep soit 45 fois la consommation énergétique d'un africain. Calculons pour terminer l'empreinte écologique/ Il est admis que l'énergie intervient pour 75 % du total de l'empreinte écologique
Si l'empreinte écologique est de 1 l'Empreinte écologique de l'Américain sera 1x [45 x 75/100 + 30x25/100] = 38 fois En clair si l'empreinte écologique est de 2500 m2 pour un Africain elle sera de 38x 250 = 9 hectares. L'écological foot print de la terre est de 1,6 hectare. Il faut donc six planètes si on veut vivre à l'américaine ! et moins d'un sixième si on veut vivre à l'Africaine ! cherchez l'erreur qui contribueà la pollution si un Américain coute à la Terre l'équivalent de 40 africains. Enfaisqant peur par les chiffres de 2 milliards d'africains en 2050, ce n'est pas scientifiquement hônnete ! Car les 1, 8 milliard des paysdév loppés c'est l'équivalent en pollution de 9 milliards d'Africains . Ceci dit les pays du G8 l'ont compris en boycottant le sommet de la FAO du 16 novembre ont envyé un signal fort qui ne fait pas dans la dentelle. Ils ferment les yeux sur les 17 000 enfants qui meurent chaque jourour ce faire, Ils "acceptent" de donner une aumone de 20 millairds sur cinq ans Jacques Diouf demande 50 milliards pour éradiquer la faim. Que epresnente 50 milliards de dollars. C'est au choix le budget de la publicité allmande , 20 % de la publicité américaine , 5% du marché mondial des marchands de canon que sont les Etats et enfin le budget de la nourriture pour chats et chiens aux Etats Unis.
Il faudrait mettre dans la balance la participation àla pollution de la gente des animaux de compagnie . Les hypothèses de Malhus seraient plus crédibles surtout si on demande aux américains et européens de se séparer de leurs bêtes chéries pour sauver la planète. On l'aura compris dans le monde actuel la vie d'un enfant africain qui passe de vie à trépas n'émeut personne et surout pas les donneurs de leçons et leurs théories fumeuses. Ainsi va le monde...
commentaire DEHELVET - Vichy - 23/11/2009, 00:13

Bonjour à tous.

Cher M.T., je ne suis pas entièrement d'accord sur ton analyse qui s'appuie sur des auteurs connus. Je pourrais t'en citer d'autres et ils ne disent pas tout à fait la même chose même si sur le fond ils se rejoignent souvent.

Par contre une de tes dernières réflexions donne à penser : « Les tribulations de l'humanité s'aggraveront si les citoyens de la Terre sont inaptes à choisir des dirigeants capables… ».

Mais… Pourquoi donc choisir des dirigeants ? En a-t-on besoin ? D'autant que nous ne les « choisissons » pas ; ils s'imposent. Ils s'imposent par leurs mensonges, par leurs promesses non tenues, par leur verve et leur belle gueule. Et à chaque élection, l'électeur lambda est refait ; il est chaque fois trahi un peu plus. Pourtant il y croyait aux promesses ! Ca allait enfin changer !

Idem pour tes prises de positions mais je ne les discute pas car elles sont tout droit issues du bagage intellectuel que tu as pu acquérir… Et personne n'a acquis le même !

Mais sur le fond nous sommes d'accord : deux enfants par couple dans un premier temps… puis une réduction de plus en plus draconienne. Et tant pis pour les retraites ! Et tant pis si ca casse la société de consommation !

La décroissance matérielle et humaine est une question de vie ou de mort pour l'humanité. Mais c'est vrai, ainsi que tu le soulèves, l'échéance reculera au fur et à mesure des succédanées que l'on trouvera jusqu'au jour où…

Cher professeur C.E.Chitour, salam aléïkoum ! « En lisant la contribution, on a l'impression que tout est de la faute des damnés de la Terre que sont les Africains ». Ah ! Quelle affirmation. D'abord je ne savais pas que les Africains sont des « damnés de la Terre ». On pourrait épiloguer longtemps sur une telle affirmation.

Alors je pose la question : « Pourquoi, lorsque l'on parle de décroissance démographique, les Africains se sentent-ils systématiquement visés ? ». Il est d'autres continents qui ont le même problème, non ? Mais c'est vrai, l'Afrique est un continent-frontière à l'Europe, si j'ose employer un tel terme. Mais pas que l'Afrique ! Il y a l'Asie, tout le Moyen-Orient et l'Extrême Orient…. A peu près les deux tiers de la population mondiale.

Je n'aime pas la démarche qu'ont les Africains (vous-même !) de se poser en victime. Nous traiter de racistes n'est pas loin derrière une telle victimisation, et nous traiter d'esclavagistes non plus….

Idem pour le calcul de « l'empreinte écologique de tout un chacun. Aujourd'hui, on montre du doigt les USA comme étant les plus gros consommateurs en tout. Mais qu'ils doublent leur population en vingt ans et ils seront alors au dernier rang ! Idem pour le raisonnement inverse : que la population africaine (puisque vous tenez que l'on parle d'elle) diminue de moitié et elle passera au rang de gros consommateur et de grand pollueur !

Je l'ai déjà dit par ailleurs : ramener l'empreinte écologique au nombre de clampins, c'est calculer l'âge du capitaine en divisant la longueur de sa jambe de bois par le poids du tabac qu'il a dans sa pipe. Non ! Faire de tels calculs sur de telles bases ne peut qu'amener des résultats trompeurs. Et cela vient d'un professeur ? Bizarre…

« Il faudrait mettre dans la balance la participation à la pollution de la gente des animaux de compagnie ». Ah ! on la connaît celle-là ; elle n'est pas nouvelle et elle est à ranger avec les pets de vaches ! Nous aussi, nous ne devrions pas manger de féculents ! Restons sérieux.

Mais on pourrait parler des tas d'ordures dans le désert, comme j'en ai vu aux environs de Tunis et de beaucoup d'autres villes du Magreb ; on pourrait parler des tas d'ordures sous-marins comme j'en ai vu au large de la Corse… On pourrait parler de tas de chose…

Mais ça ne change rien au problème : manque de nourriture, manque d'eau douce, manque de matières premières, manque de pétrole, manque de travail…. Et nous sommes de plus en plus nombreux !

Faut arrêter ça.

Bonne soirée à vous tous. DEHELVET.
commentaire Michel Tarrier - 23/11/2009, 11:38

Reçu ce matin :

Cher Michel Tarrier,
Merci de l'article "ONU Eco-Malthusienne" que vous avez fait circuler. Le jour
où le rapport fut publié, je parlais a un seminaire à Copenhagen sur la
"Population et le Changement Climatique", organisé par la ministère des
affaires étrangères danoise avec, à côté de ministres du Danemark et du Ghana,
une haute représentante de l'UNFPA, ainsi que l'économiste Jeffrey Sachs.
Mon briefing a reçu beaucoup d'appui.
Amicalement,
Roger Martin
Président, Optimum Population Trust (UK)

L’Optimum Population Trust, qui fait ouvertement campagne pour réduire des deux tiers la population mondiale afin de la ramener à deux ou trois milliards d’individus.
http://www.optimumpopulation.org/
commentaire Michel Tarrier - 23/11/2009, 11:39

Reçu à l'instant :

bonsoir monsieur Tarrier,

je me permets de vous écrire sur le thème de la surpopulation,car étant étudiant en histoire je souhaite vous poser la question suivante:
comment se fait-il que dans les cours de géographie l excès de population ne soit jamais pris en compte et que le seul leitmotiv soit: "la population de l europe vieillit comme,l italie,l allemagne etc...il faut donc la repeupler,avec une politique nataliste;notamment pour pouvoir payer les retraites."
j ai l intention de soulever ce problème en questionnant mes profs seulement voilà, votre avis et votre analyse sur le sujet m intéressent fortement.
en vous remerciant d avance
très cordialement
s.kurschat

NB: j ai acheté "faire des enfants tue"et je dois dire qu il m a littéralement" emballé."
il faudrait plus de personnes comme vous !!
commentaire Michel Tarrier - 23/11/2009, 21:06

Faut-il faire moins d'enfants pour sauver la planète?
Chat de ce jour sur Le Monde, avec Yves Cochet :
http://www.lemonde.fr/planete/chat/2009/11/20/faut-il-faire-moins-d-enfants-pour-sauver-la-planete_1270074_3244.html#ens_id=1234881&xtor=AL-32280151
commentaire tahar, Oujda maroc - 23/11/2009, 22:32

Je voudrais revenir aux nomades pour dire à Mr Tarrier que les populations dont il parle ne sont plus des nomades au vrais sens du terme depuis la mise en contact de ces populations avec le mode de vie sédentaire occidental introduit en partie par la colonisation. La désertification des zones arides maghrébines s'est accélérée à la suite de la confiscations des bonnes terres telliennes par les colons français. Depuis, les populations ont abandonné le mode de vie nomade qui s'adaptait en fonction des saisons et des possibilités naturelles pour adopter un mode de vie où l'appât du gain est devenu prioritaire. L'intérêt du groupe a disparu au profit des individus. Dans les Hauts plateaux orano-marocains, par exemple, c'est l'usage du camion et du tracteur qui a fait les ravages dont vous parlez et non pas le chameau. Le phénomène de déstructuration des sociétés traditionnelle, vivant différemment de vous et en harmonie avec leur milieu naturel, se poursuit dans plusieurs régions de par le monde, en particulier en Amazinie, en Autralie et en Afrique sub saharienne.
Quand à la démographie, elle ne présente qu'un facteur aggravant selon les cas. Le problème le plus urgent actuellement c'est la destruction de la nature par le mode de vie des riches, d'ailleurs la dénatalité a commencé dans la plus part des pays pauvres et bientôt les taux démographiques des pays du Maghreb seront les mêmes que ceux de certains pays occidentaux. de l'autre coté les occidentaux s'obstinent à polluer l'atmosphère, à piller les mers et à détruire les éco-systèmes de notre planète par les moyens techniques et financiers dont ils disposent. Tout le reste ce n'est que bavardage de salons.
commentaire Bruno, Herblay - 23/11/2009, 23:29

J'aime le calcul de prof. Chitour car il est tout à fait vrai mais ....:

1. Pour l'alimentaire, la surface des états unis et la qualité de leurs terres permet de nourrir la population américaine avec sa consommation actuelle et ce n'est pas le cas de l'Algérie!!

2. Pour l'algérie, la quantité de gaz de l'Algérie permet d'alimenter une consommation énergétique des algériens supérieure à celle de l'américain le plus dispendieux pendant plusieurs millénaires (si vous le gardez bien sur).

Voici 2 cas intéressants non!!!!

Il faut en conclure:
1. Que tous les pays ne sont pas égaux les Algériens ont du gaz, les américains de l'eau et des terres.
2. Que les Algériens soient d'accord ou pas les américains mangeront et ils vous vendront leurs surplus si vous pouvez les acheter.
3. Que les Américains soient d'accord ou pas, l'Algérie a du gaz et le vendra aux américains qui en ont besoin si ils peuvent l'acheter.
4. Tout ça c'est bien pour l'Algérie et pour les Etats Unis sauf que le gaz ne se renouvelle pas et que la pollution mondiale (CO2 etc.) augmente et c'est là que le système se dérègle. et part vers la catastrophe (moins de gaz pour les Américains et moins de nourriture pour les Algériens).

Si il y a une chose qu'il faut retenir c'est que d'une part les pays ont des frontières et ne sont pas égaux et que d'autre part le système actuel va à la catastrophe. L'effort doit être mondial mais il n'est pas le même pour les Américains et les Algériens, les Américains doivent diminuer leur consommation de gaz et les Algériens leur population.

Vous ne voulez pas et les américains non plus soit, alors garder du gaz pour acheter à manger le jour ou tout ira mal. Peut être même que les Américains se seront tellement ruinés à vivre au dessus de leur moyen qu'ils vous vendront leur nourriture pour rien.

Le raisonnement par habitant seulement est faux dans le monde actuel et sans espoir international il ne fera que crisper les positions. Pour comparer les pays, il faut ajouter un paramètre qui tient compte de la diversité des cas: raisonner par habitant et par unité de surface arable pour l'alimentaire ou par habitant et par unité de CO2 naturellement fixable pour les rejets CO2 etc.

Je sais on va faire apparaître qu'il vaut mieux un grand pays fertile qu'un petit pays sec mais c'est la réalité des choses qu'on le veuille ou non!

C'est peut être utopique mais la sauvegarde de la planete passe par un effort de tous soit moins consommer pour les uns et appliquer une politique nataliste restrictive pour les autres (avec des objectifs chiffrés et des amendes internationales). Cela ne se fera jamais et nous irons vers un monde ou on regrettera de ne pas avoir pris des mesures quand il était temps.

Bonsoir
commentaire Michel Tarrier - 24/11/2009, 00:10

Le site de référence en la matière :
http://www.demographie-responsable.org/
commentaire Michel Tarrier - 24/11/2009, 00:12

À quelques jours du sommet sur le changement climatique, l'organisation anglaise Optimum_Population_Trust (OPT) intervient dans le débat.

« Une personne non existante a une empreinte carbone de zéro »

« En comparant le coût des prestations de services de planification familiale et le coût par tonne de réduction des émissions de carbone par des moyens classiques, une étude a révélé que consacrer 7 $ à la satisfaction des besoins non satisfaits de services de planification familiale entre 2010 et 2050 permettrait de réduire les émissions de CO2 de plus d'une tonne, tandis que supprimer une tonne de carbone par des technologies faiblement émettrices de carbone coûterait au moins 32 $. En d'autres termes, investir une petite part du coût total de stabilisation des émissions de carbone dans la planification familiale est 4 fois plus efficace que d'investir la même somme d'argent dans des solutions classiques.
Ce calcul ne tient pas compte des coûts et avantages non quantifiables, notamment le coût de l'énergie incorporée dans toutes les technologies, et l'empreinte zéro de tous les héritiers non existants d'une personne non existante.

"La planification familiale pourrait apporter plus d'avantages à un plus grand nombre de personnes et à un moindre coût que toute autre technologie dont l'Homme dispose."
Rapport de l'UNICEF 1992

Une issue nécessaire à Copenhague
On ne peut évidemment pas espérer un quelconque débat de fond sur les questions soulevées ci-dessus au sommet de décembre 2009. Mais toutes les parties savent déjà qu'il existe un lien évident entre les émissions totales de carbone et le nombre d'émetteurs de carbone, et que tous les problèmes environnementaux sont aggravés par la hausse constante du nombre d'êtres humains. La population est un des problèmes du changement climatique. Il est donc indispensable, pour une solution rationnelle du problème du changement climatique, que les résultats du Sommet contiennent une référence à la population. OPT demande instamment l'inclusion de la phrase suivante dans le préambule de la Déclaration "Vision partagée" de l'ACV *:
- Les parties reconnaissent le fait que toute croissance de la population augmente le nombre des émetteurs de carbone (avec une empreinte évidemment plus grande pour les pays développés que pour les pays en voie de développement) et les futures victimes du changement climatique, ce qui aggrave tous les problèmes aussi bien de l'atténuation que de l'adaptation** et conviennent de créer un sous-groupe pour en examiner les implications, et rendre compte des résultats en temps voulu.- »
* ACV = Action concertée à long terme au titre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
** En référence aux trois volets des discussions dans le cadre du LCA: vision partagée, mesures d'atténuation, mesures d'adaptation

(Merci à Rémi Manso et à sa fille pour la traduction)
commentaire terre - 25/11/2009, 16:52

La planète est inextensible, finie, aux ressources limitées/épuisées ! Afin de préserver une planète vivable/vivante et notre survie (santé/avenir), nous devons réduire notre impact (ne pas nous reproduire pendant un moment pour faire baisser notre surpopulation, consommer moins/mieux, plus utile/intelligent, local, bio, etc...), c'est évident, vital, urgent car la situation est grave et s'aggrave jour après jour (surpopulation, déforestation, chasse/pêche/agriculture intensive, urbanisation galopante, pollutions...) !
commentaire eistein - 06/02/2010, 18:17

C'est triste mais la seule solution : si vous aimez la vie et la terre ne faite pas d'enfant. Vous etes responsable.
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