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La Chine lance son premier navire de prospection de "glace combustible" ou hydrate de méthane

3855 lectures / 12 commentaires18/11/2009, 13:19
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Hydrate de méthane enflamméHydrate de méthane enflammé
© Kelley / GEOMAR

La boulimie énergétique de nos sociétés de consommation n'en finit pas de stimuler la recherche de nouvelles sources d'énergie. On parle beaucoup d'énergies renouvelables, mais les colossales réserves d'hydrates de méthane, évitées jusqu'à alors, sont de plus en plus convoitées comme en témoignent les premiers investissements chinois, sur terre et maintenant sur mer.

Les hydrates de méthane

Les hydrates de méthane, clathrates ou encore "glace combustible" sont des structures solides, stables, ressemblant à de la glace dans laquelle est piégé du méthane issu de la décomposition de matières organiques. En fondant, un clathrate libère à la fois de l'eau et du méthane qui peut s'enflammer.

Découvertes dans les années 70 lors de forages pétroliers, les réserves d'hydrates de méthane ont toujours été évitées pour des raisons de sécurité : elles sont inflammables et capables de couler un navire foreur avec l'émission de gaz qui modifient la densité de l'eau environnante.

Cependant, leur potentiel énergétique face à la crise de l'énergie a changé la donne. En effet, un mètre cube de clathrates peut contenir jusqu'à 165 mètres cubes de méthane. De plus, les réserves estimées sont colossales : plus du double des réserves de gaz, de charbon et de pétrole réunies ! Si l'exploitation est difficile, le contexte justifie dorénavant l'intérêt des grands pays consommateurs d'énergie.

La Chine : troisième pays à exploiter des gisements terrestres d'hydrate de méthane

C'est pourquoi, plusieurs pays se sont lancés dans la prospection puis l'exploitation des hydrates de méthane. C'est le cas de la Chine qui a annoncé qu'en décembre 2008, elle avait réussi à extraire de la glace combustible du permafrost présent sur la face sud des monts Qilian qui s'étendent sur la province du Qinghai et du Gansu. La Chine est ainsi devenue le premier pays à collecter de l'hydrate de méthane dans le permafrost de la toundra à des latitudes basses ou moyennes.

Le 20 octobre 2009, le vice-ministre du Territoire et des Ressources, Wang Min, a déclaré "que la Chine avait investi de janvier à août 2009 quelques 44 milliards d'euros dans le secteur minier, soit une augmentation de 19% par rapport à l'an passé", rapporte Radio Chine Internationale. Ces investissements ont notamment permis d'exploiter les hydrates de méthane de la province du Qinghai.

Derrière le Canada et les Etats-Unis, la Chine est dorénavant le troisième pays à extraire des clathrates à partir de gisements terrestres.

La prospection se poursuit maintenant en mer

Le premier navire chinois d'exploration pour la reconnaissance d'hydrates de méthane a été livré dimanche 18 octobre 2009 dans la province du Guangdong (province côtière du sud de la Chine dont la capitale est Canton).

"Wang Xuelong, directeur adjoint du Bureau de recherches géologiques de Chine, a remis le certificat de navigabilité au navire dénommé Océan No.6, au Bureau de recherches géologiques marines de Guangzhou (Canton), qui mène les recherches d'hydrates de méthane en mer de Chine méridionale", selon l'agence de presse Xinhua.

Le navire, développé indépendamment par la Chine, pour un coût de 40 millions d'euros a un tonnage de 4 600 tonnes et une autonomie de 15 000 miles nautiques. Il est équipé d'installations de recherche sous-marine contrôlées à distance et d'autres appareils de haute technologie, a indiqué M. Wang. La Chine avait annoncé en 2007 qu'elle avait prélevé avec succès ses premiers échantillons de "glace combustible" en mer de Chine méridionale, faisant d'elle le quatrième pays après les Etats-Unis, le Japon et l'Inde à réussir dans ce domaine.

Un risque majeur pour l'aggravation de l'effet de serre

L'exploitation de cette source d'énergie n'est pas sans risque puisque le méthane est un puissant gaz à effet de serre, qui contribue au réchauffement climatique en cours. Ainsi, il y a 3 000 fois plus de méthane contenu dans les clathrates que dans l'atmosphère. Leur émission inconsidérée dans l'atmosphère accentuerait significativement l'effet de serre comme en témoigneraient certains événements similaires du passé de la Terre qui inquiètent les scientifiques.

En savoir plus

Références

Chine: extraction de glace combustible dans le permafrost - Le Quotidien du Peuple en ligne

Chine : le premier navire chinois d'exploration de "glace combustible" - News.cn

Livraison du premier navire chinois d'exploration pour la reconnaissance d'hydrates de methane - BE Chine 78

La Chine chiffre à près de 10 milliards de tonnes ses réserves en minéraux - Radio Chine Internationale

Liens

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Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)

12 commentaires sur cette actualité

commentaire lio bretagne - 18/11/2009, 18:22

la combustion est elle plus polluante que celle du charbon ?
commentaire Stéphane LAGASSE BRUXELLES - 19/11/2009, 20:35

Si ça aggrave l'effet de serre, c'est une catastrophe...
commentaire Isa, papeete - 19/11/2009, 20:46

Très dangereux (le pire) gaz a effet de serre mais réserve énergétique énorme, il n'y a plus qu'à espérer qu'ils ne vont pas provoquer de libération massive de gaz pendant l'exploitation sinon ...
commentaire didier, france - 21/11/2009, 00:44

Non, ce n'est pas le pire gaz à effet de serre, nous avons bien plus efficace dans nos réfrigérateurs. Le problème reste qualitatif, le méthane est un GES 27 fois plus efficace que le CO2 dont les quantités "perdues dans l'atmosphère étaient "faibles" jusqu'à présent. Le dégel du permafrost va changer la donne et si en plus on l'exploite industriellement les hydrates, nous allons changer d'échelle dans la production de GES ? Est-il alors bien nécessaire de tenir la conférence de Copenhague ?
commentaire LDK Bretagne - 21/11/2009, 14:59

L'homme n'est pas encore au fond du trou, la preuve il continue de creuser!
La seule alternative pour l'environnement, c'est la régulation d'urgence de la démographie, si on ne gère pas cela en premier tout le reste c'est du pipot qui occupe bien les politiques et les multinationale oportunistes en tous genres ...
commentaire HERVE Nancy - 21/11/2009, 16:36

Je croyais que c'était la vapeur d'eau le plus puissant gaz à éffet de serre qui participe 98.9% à ce phénomène dixit professeur émérie Leroux glaciologue de renom décédé cet étéet bien d'autres prof. du même avis.


HERVE
commentaire salagnac belley - 21/11/2009, 19:21

Exploitation dangereuse, mais quelle exploitation d'énergie combustible ne l'est pas? Si l'exploitation est rigoureuse, cela ne devrait-il pas au contraire sauver la planète d'un relargage naturel de méthane dans l'atmosphère du fait de la saturation des océans et de la fonte des glaces au pôle nord où l'on a déjà constaté la formation de bulles de méthane à la surface de l'eau? Le réchauffement climatique n'est -il pas dû en partie par la saturation des capacités de captage par le plancton? De plus, une même technique ne peut-elle être utilisée dans deux buts différents? Sur sciences et avenir dec 2008, je lis: En injectant de l'eau saturée en CO2, la chaleur dégagée augmenterait la réaction du CO2 avec les péridotides, ces roches du manteau de la terre, affleurent par ex dans le golf d'Oman. Il serait possible de piéger 4milliards de tonnes de carbone par an sur les 30milliards annuels rejetés dans l'atmosphère. Ne pourrait-on pas à la fois récupérer le méthane et piéger le CO2?
commentaire salagnac belley - 21/11/2009, 19:36

réponse concernant commentaire LDK bretagne

contrôler la démographie, cela signifie l'abaisser en Afrique, mais en Europe, la baisse de la natalité, n'a fait que favoriser une migration venant d'Afrique notamment.
je pense qu'il faut plutôt favoriser la natalité en Europe, et l'idéal serait une règle commune: stérilisation par ligature des trompes par voie vaginale chez les femmes juste après l'accouchement du quatrième enfant, ainsi pas de contraception chimique toxique au long terme, c'est un geste chirurgical facilité par la dilatation du col après accouchement, et c'est équitable. Si nécessaire, cette mesure pourrait être prise après le troisième enfant dans certains pays à forte natalité.
commentaire Candide St Germain en Laye - 21/11/2009, 19:47

Il n'est pas très exact de parler d'"efficacité" d'un gaz à effet de serre sans préciser l'horizon auquel on se place (On parle plutôt d'ailleurs de Pouvoir Global de Réchauffement ou GWP.
Ainsi, alors que le CO2 a un GWP de 1 par définition, quel que soit l'horizon auquel on se place, le GWP du méthane est de 72 à un horizon de 20 ans, 25 à un horizon de 100 ans, et 7,6 à un horizon de 500 ans. (voir http://ipcc-wg1.ucar.edu/wg1/Report/AR4WG1_Print_Ch02.pdf)
Il est tout à fait arbitraire de se placer à un horizon de 100 ans et de dire que le CH4 est un gaz à effet de serre 25 fois plus actif que le CO2.
Cette "subtilité" montre (s'il en était besoin) à quel point de nombreuses personnes ont une opinion bien arrêtée sur un phénomène qu'elles ne comprennent que très approximativement.
Cela étant posé, avant d'émettre une opinion sur l'exploitation des hydrates de méthane, il conviendrait de faire le tour de sa propre capacité à émettre cette opinion.
commentaire HERVE Nancy - 22/11/2009, 19:08

Vous semblez très bien comprendre les subtilités des variations climatiques, vous parlez du co2, du ch4 mais je vous rappelle et ceci n'est jamais mentionné nul part que le co2 est un gaz rare au même titre que le néon ou l'argon est qu'il ne représente que 0.03% de l'atmosphère. Pourquoi vous ne parlez pas de la vapeur d'eau qui représente le principal gaz à effet de serre participant pour à peut près à 98% de l'effet de serre. Je peux vous citer une foule de glaciologues ayant cet avis d'ailleurs c'est une notion bien connue et que personne ne conteste. Ce que produit l'homme en co2 représente donc une infime partie d'une infime partie de l'atmosphère. Attention aux idées reçues et à l'idéologie dominante. Je vous rappelle que ch4 n'est pas un constituant de l'atmosphère.


HERVE
commentaire Stéphane Marseille - 16/12/2009, 17:43

Que devient la molécule de méthane après combustion? Les campagnes publicitaires autour des bus qui fonctionne au gaz naturel nous disent qu'il n'y a pas de production de CO2, que ça ne libère que de l'eau... Qu'en est il ?
merci
commentaire Christophe Magdelaine - 17/12/2009, 15:24

Les bus au GNV émettent effectivement des gaz à effet de serre. Vous en saurez plus sur cette page : http://www.notre-planete.info/ecologie/energie/carburantsalter.php
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