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Les îlots de chaleur urbains sous haute surveillance
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5367 lectures / 4 commentaires12 novembre 2009, 13 h 49
L'aménagement de la ville influe sur la chaleur constatée et ressentieCet été, des équipes de recherche ont étudié les "îlots de chaleur urbains", un phénomène amplifié par le réchauffement planétaire. Pour cela, ils ont utilisé la bicyclette aux Pays-Bas, et des systèmes au sol et en altitude pour la Grèce. Ces études s'inscrivent dans une initiative plus large visant à comprendre l'élévation des températures dans les villes d'Europe, à la gérer et à s'y adapter.
Les vagues de chaleur sont encore plus sensibles en ville, à cause de la densité de l'habitat et du manque d'espaces verts. Par rapport à ses environs, une ville est plus chaude le jour et se refroidit moins la nuit, c'est l'effet des "îlots de chaleur urbains". Les personnes âgées sont les plus touchées lors des vagues de chaleur, le taux de mortalité en zone urbaine dépassant largement la moyenne.
En août dernier, des chercheurs de l'université de Wageningen aux Pays-Bas ont chargé deux triporteurs avec des équipements de mesure et ont parcouru Rotterdam et Arnhem. Ces deux villes participent à Future Cities, un projet de l'UE. Les triporteurs sont assez maniables pour parcourir les rues étroites, et l'équipement (alimenté par énergie solaire) reste horizontal et assez stable pour fonctionner. Les données ont été recueillies à divers moments sur une période de 24 heures.
Les détecteurs ont mesuré la température, l'humidité, la direction et la vitesse du vent, l'ensoleillement et l'échange de rayonnements thermiques. Les mesures ont été effectuées une fois par seconde, et une photo a été prise à intervalles fixes vers l'avant avec un fish-eye depuis une hauteur de 50 cm au-dessus du sol (environ à la hauteur des moyeux). Ceci a permis d'évaluer dans quelle mesure le sol était ombragé par les immeubles ou la verdure.
Les résultats montrent que pendant la nuit, la ville de Rotterdam est plus chaude de 7°C que la campagne au-delà de l'aéroport. Il convient de noter que la journée, lorsque la ville est plus chaude de 2°C que l'aéroport, l'un des parcs de la cité (De Twee Heuvelen) s'est avéré 2,4°C plus frais que l'aéroport dans l'après-midi, soit un écart de 4,4°C pour la zone urbaine. La température «ressentie» de l'air en ville était supérieure de 6°C à celle de l'aéroport. Les résultats de l'étude conduite à Arnhem étaient similaires.
Les chercheurs du projet Future Cities vont s'intéresser aux facteurs qui expliquent les différences locales de température dans les villes. Leurs données serviront finalement à définir des outils et des règles de conception pour aider les urbanistes à gérer les effets du réchauffement planétaire sur le stress thermique en ville.
De son côté, la ville d'Athènes a été étudiée par satellite et par deux avions embarquant un équipement spécialisé de mesure, pendant qu'un groupe d'experts en télédétection et climat urbain effectuait des mesures au sol, en ville et autour. L'avion espagnol a utilisé un spectromètre imageant hyperspectral, sensible au visible et à l'infrarouge thermique, tandis que l'avion grec a mesuré la turbulence de l'air, la température, la pression et l'humidité relative.
Plusieurs satellites, dont deux de l'ESA, ont apporté des données complémentaires. Au sol, les scientifiques espagnols et grecs ont effectué des mesures atmosphériques et radiométriques. L'équipe est actuellement en phase d'analyse des données recueillies. Ces mesures seront répétées plus tard cette année ainsi que l'an prochain.
«L'analyse des données nous permettra de mieux comprendre comment varient les îlots de chaleur dans la ville d'Athènes», explique Kostas Kourtidis de l'université Démocrite de Thrace, en charge des mesures au sol. «Ceci pourrait nous aider à progresser vers la prévision opérationnelle des températures urbaines, avec une résolution spatiale élevée.»
Les chercheurs espèrent que les résultats définitifs les aideront à améliorer l'évaluation des îlots urbains de chaleur, à concevoir des méthodes de prévision des vagues de chaleur en ville, à améliorer les systèmes d'avertissement, et à améliorer le développement urbain en indiquant les zones où l'effet est moins intense.
Le projet Future Cities est financé par le programme Interreg IVB North-West Europe (NWE) de l'UE, qui participe au soutien de projets visant des défis communs dans le cadre d'une coopération transnationale. Future Cities vise à préparer les villes du Nord-Ouest de l'Europe à s'accommoder de l'impact prévu du réchauffement planétaire (comme l'intensification des îles de chaleur et des inondations-éclair) en encourageant la transformation des structures urbaines. Les participants sont les municipalités de Tiel, Arnhem et Nijmegen aux Pays-Bas, Hastings au Royaume-Uni, la West-Vlaamse Intercommunale en Belgique, des conseils de l'eau en Allemagne et le Rouen-Seine Aménagement en France.
D'après des informations communiquées par l'université de Wageningen et l'Agence spatiale européenne
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
DAOUD Alger -
bonjour!
cette problématique est d'actialité
les programmes de construction de logements soit par l'extention des villes ou même par la création d'autre villes, beaucoup sont inconscient de la nécessité de prévoir des espaces verts
notre ssociation a de tout temps préconisé la création de puits de carbone notamment au tour des villes ou même au sein des aggrlomérations
hélas dans notre Pays nous ne sommes pas entendu !! A+
Alain A (Illkirch, Bas Rhin) -
Aux causes de ce réchauffement urbain
nous l'oublions souvent, les grandes quantités d'énergie consommées et « dégradées » en chaleur relâchée dans l'atmosphère : chauffage domestique, industrie, éclairage, circulation automobile. Ces rejets peuvent aboutir à une « pollution thermique » non négligeable. Que dire au passage des centrales nucléaires qui rejettent 65% de l'énergie fissile dans l'air et l'eau sous forme de chaleur tout en se prétendant neutres sur le plan du réchauffement
les murs qui « piègent » la chaleur et aussi l'asphalte très redoutable dans ce domaine vu sa couleur noire.
Cet effet peut et doit être diminué. Combien de morts auraient pu être évitées lors de la chaleur extrême de l'été 2003, alors que cet effet est sensible surtout la nuit quand l'organisme pourrait « récupérer » ? Quelles contributions dues aux grandes étendues de parkings goudronnés alors qu'il existe des parkings « verts » sans recours au goudronnage et que souvent deux tiers des surfaces artificialisées en périphérie des villes le sont pour la voierie et le stationnement ? Les déserts de bitume à proximité des zones de loisirs et centres commerciaux devraient être purement et simplement interdits et un minium de végétalisation des avenues obligatoire. L'isolation des bâtiments peut aussi avantageusement limiter les pertes et les pollutions thermiques.
Olivier Brane -
Les immeubles sont responsables de 42% des émissions de gaz à effet de serre;
les "vagues de chaleur urbaines" viennent principalement des systemes de chauffage et naturellement de la pollution;
il faut travailler sur le "smart grid",c'est à dire les compteurs"intelligents" qui diminuent la consommation générale aux heures où le chauffage ou l'electricité sont moins utiles
.
Voyez l'article écrit sur ce sujer dans:
www.ecocopro.com
Denis Bruneau, Laval, Québec -
Cette problématique a été étudiée dès 2001 dans la région métropolitaine de Montréal (Québec) à partir des données satellite de Landsat 5. Vous pourrez consulter un résumé de l'étude à:
http://www.ledevoir.com/politique/villes-et-regions/176947/montreal-les-ilots-de-chaleur-se-multiplient
et la carte des îlots de chaleur à:
http://www.cremtl.qc.ca/fichiers-cre/files/pdf644.pdf
ainsi que les initiatives locales en découlant à: http://www.cremtl.qc.ca/index.php?id=475
En conclusion, moins de béton et d'asphalte plus de végétation... partout: dans les rues, sur les murs et sur les toits.
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