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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
7314 lectures / 6 commentaires29 octobre 2009, 11 h 58
Vue aérienne au MozambiqueA la veille de l'Année Internationale de la Biodiversité, le constat est accablant : le rythme d'extinction des espèces est exceptionnel dans l'histoire de l'humanité. C'est l'occasion pour le Muséum national d'Histoire naturelle et Pro-Natura International en partenariat avec l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), de lancer « La Planète Revisitée », un programme d'expéditions naturalistes sans précédent.
« La Planète Revisitée », est un important et ambitieux programme d'expéditions naturalistes qui s'étalera sur 10 ans. Son objectif : effectuer un inventaire massif de la biodiversité dans des zones géographiques jusqu'ici peu explorées. Ceci permettra d'accélérer la découverte d'espèces nouvelles pour la science, en concentrant les efforts sur les régions de la planète considérées comme prioritaires pour la conservation de la nature.
Ce programme d'explorations profite des mêmes méthodes d'investigation mises en place sur Santo 2006. Il y a 3 ans, cette expédition a en effet permis d'échantillonner pas moins de 10 000 espèces, dont plusieurs centaines de nouvelles, et démontré ainsi que des inventaires ambitieux pouvaient être menés grâce à des moyens humains et logistiques appropriés.
Fort du succès de cette expérience, la Planète Revisitée a choisi de consacrer ses recherches à la biodiversité "négligée". Constituée essentiellement d'espèces d'invertébrés (marins et terrestres) de petite taille et naturellement rares, cette biodiversité joue pourtant un rôle fondamental dans l'équilibre des écosystèmes, bien que sous-échantillonnée et sous-étudiée.
Parmi les régions considérées comme les plus riches en espèces et les plus menacées de la planète – Hotspots (selon l'ONG Conservation International) ou Ecorégions prioritaires (selon le WWF), Madagascar et le Mozambique ont été identifiés comme des espaces d'explorations majeurs et prioritaires. Ils concentrent en effet un nombre record d'espèces endémiques (présentes uniquement sur leur territoire) de plantes et d'animaux, et un déficit de connaissances dans un contexte de menaces de disparition.
Le conflit dont a souffert le Mozambique pendant près de deux décennies a entraîné un déficit de connaissances sur ce pays. Quant à Madagascar, l'attention des ONG internationales s'est essentiellement concentrée sur les forêts humides et les récifs coralliens, au détriment d'autres régions et écosystèmes de l'île. Ces deux grands pays, qui bordent le Canal du Mozambique, constituent donc un objet d'étude privilégié pour la première étape de la Planète Revisitée.
Entre avril 2009 et juin 2010, Madagascar et le Mozambique accueillent une série d'expéditions marines et terrestres. Menées sous la direction du Professeur Philippe Bouchet (Muséum national d'Histoire naturelle) et d'Olivier Pascal (Pro-Natura International), ces expéditions ont pour ambition de développer les connaissances existantes sur la biodiversité de régions considérées comme les plus riches en espèces mais également les moins connues et les plus menacées de la planète.
Novembre-Décembre 2009
Expédition terrestre dans les forêts sèches du Nord du Mozambique
Objectif : explorer et décrire la faune et la flore terrestres (insectes, petits mammifères, plantes…)
crédit : J.Leborgne/ MNHNAvril 2009
Expédition marine dans les fonds crevettiers à bord du navire océanographique Vizconde de Eza
Objectif : échantillonner la faune aquatique profonde du Canal du Mozambique
Juin-Juillet 2009
Exploration à bord du crevettier Miriky
Objectif : échantillonner les fonds entre 100 et 1000 m de profondeur au Nord du Canal du Mozambique
Avril-Juin 2010
Expédition marine Atimo Vatae dans les eaux froides de l'extrême Sud de Madagascar (région de Fort Dauphin)
Objectif : explorer et décrire la faune et la flore marines (mollusques, poissons, algues...)
crédit : J.Leborgne/ MNHNLes expéditions naturalistes, telles que celle organisée au Mozambique, ont pour objectif principal de compléter les connaissances sur la diversité biologique et de découvrir de nouvelles espèces d'organismes. Nombre de groupes terrestres sont très mal connus, et nos connaissances actuelles des espèces de certains groupes zoologiques n'excèdent pas 10 % de leur diversité mondiale estimée.
C'est pourquoi, pour chaque échantillon, les données relatives à la collecte sont notées et stockées en base de données. Ainsi, la localité, les coordonnées géographiques, la date, le collecteur et les conditions de collecte sont systématiquement joints à l'échantillon. Pour certains groupes, des photographies des animaux vivants sont prises, facilitant ensuite le suivi de l'échantillon et permettant l'illustration des futurs travaux.
Disparition des habitats (forêts, récifs coralliens,…), surexploitation, pollution, changements climatiques, … les causes de la disparition du vivant sont nombreuses et l'ampleur de la crise de la biodiversité est désormais avérée. Le nombre réel d'espèces vivantes se situerait entre 8 et 30 millions, alors que seulement 1,8 million sont connues à ce jour. Le quart, voire la moitié des espèces, pourrait disparaître d'ici le milieu ou la fin du siècle ; l'enjeu est donc de taille et nécessite plus que jamais d'impulser un nouveau rythme d'explorations et de descriptions de la biodiversité, pour mieux la connaître et donc la protéger.
Nous ne manquerons pas de retracer sur notre-planete.info les plus grandes découvertes de cette expédition naturaliste sans précédent !
Le Muséum a réalisé un site internet bilingue (Français / Anglais) entièrement dédié à la mission : www.laplaneterevisitee.org / www.ourplanetreviewed.org. Il propose au grand public de suivre les expéditions, d'en découvrir les coulisses, de partager le quotidien des chercheurs à travers des photos, des reportages, des interviews...
Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 29 octobre 2009, 11 h 58 - Tous droits réservés
Ondine - 29/10/2009, 15:20
Bonjour,
Et comme par hasard, parmi les sponsors et partenaires financiers on retrouve toujours les noms de sociétés pétrolière et chimique.
Comment croire alors à leurs visées altruistes et ne pas penser qu'ils instrumentalisent ces recherches pour redorer leur blason tout en étant aux avant-postes de découvertes (nouveaux gisements, nouvelles molécules, ...) susceptibles de booster leur chiffre d'affaire ?
Y aura t-il autant d'argent mis sur la table pour répertorier ces nouvelles espèces que pour protéger leur biotope par la suite ?
Puisqu'on soupçonne leur existence, le meilleur service à rendre à toutes ces bestioles ne serait-il pas de les laisser tranquille en classant d'emblée les zones d'exploration en parcs naturels ?
"Les animaux ne demandent pas qu'on les aime. Ils exigent qu'on leur foute la paix" Th. MONOD
Christophe Magdelaine - 29/10/2009, 16:25
Effectivement Ondine, on peut légitimement s'interroger sur les véritables intentions de ces grands groupes. Cependant, un soupçon ne suffit pas pour protéger et l'expérience montre que c'est en connaissant que l'on peut protéger car on peut alors convaincre.
Stéphane LAGASSE BRUXELLES - 29/10/2009, 22:02
Pour avancer il faut utiliser l'argent là où il est; il faut partir de ce qu'on vit. Personne n'est pur; il faut arrêter avec l'axe du bien et du mal. Plus il y aura d'initiatives pour mieux connaître -et donc respecter- notre milieu, plus nous avons une chance de sortir de nos contradictions suicidaires.
Ondine - 30/10/2009, 02:28
Connaissance = respect : ça ne fonctionne que lorsque respect et enjeux financiers sont compatibles --> voir exemple de l'écotourisme du Costa Rica et, à contrario (pour les plus médiatisés) , celui des baleines, des éléphants, des grands singes, etc.... que l'on connaît pourtant bien.
Il ne s'agit pas de s'enfermer dans un schéma moral réducteur, mais "utiliser l'argent là où il est" peut aussi constituer un piège et nous enfoncer dans nos contradictions suicidaires ...
... à l'insu de notre plein gré ?
Corentin fourtic 17 rue corneille 31100 toulouse - 17/09/2011, 11:03
Ces spécialistes doivent surement avoir besoin de main d'oeuvre pour ces expéditions, quelqu'un sait il comment il est possible d'y participer??
Christophe Magdelaine - 18/09/2011, 15:03
Corentin : tentez votre chance sur le site de l'expédition : http://www.laplaneterevisitee.org
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