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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
5642 lectures27 octobre 2009, 15 h 59
D'après une nouvelle étude partiellement financée par la Commission européenne, on a considérablement sous-estimé le risque de développer une maladie cardiaque ou de subir une attaque suite à une exposition à des rayonnements à faible dose comme ceux utilisés dans les hôpitaux ou dans le cadre de radiographies dentaires. Les résultats, publiés la semaine dernière dans la revue Public Library of Science (PLoS) Computational Biology, confirment les niveaux de risque pour les travailleurs du secteur nucléaire évoqués dans les dernières études sur le rayonnement.
L'équipe de recherche de l'Imperial College de Londres, au Royaume-Uni, a réalisé un modèle mathématique pour prédire les risques de maladies cardiovasculaires associés à une exposition au rayonnement à faible dose. Les résultats ont montré que le risque de maladie coronarienne et d'attaques (les deux principales causes de décès dans le monde développé à l'heure actuelle) varie proportionnellement à la dose de rayonnement.
Cette étude s'inscrit dans le cadre du projet CARDIORISK («The mechanisms of cardiovascular risks after low radiation doses»), financé par l'UE pour une durée de cinq ans, qui bénéficie d'un soutien de 3,8 millions d'euros au titre du domaine thématique EURATOM-FISSION du septième programme-cadre (7e PC).
Les maladies cardiaques et les attaques ont souvent une issue fatale ou engendrent des handicaps ; aussi constituent-elles un lourd fardeau économique pour les services de soins de santé dans le monde développé. Rien qu'au Royaume-Uni, les maladies cardiaques sont la première cause de décès et touchent plus de 125 000 personnes prématurément chaque année. Les habitudes alimentaires jouent souvent un rôle important dans les maladies cardiaques, mais les auteurs de l'étude déclarent que l'on a constaté une augmentation de la maladie au sein des groupes «exposés au travail», par exemple les travailleurs du secteur nucléaire.
Les scientifiques savent depuis longtemps que la fréquence des maladies cardiovasculaires augmentent chez les groupes de patients ayant suivi des séances de radiothérapies à haute dose ; en effet, la radiothérapie peut provoquer des inflammations au niveau du coeur et des artères, mais des études récentes ont établi une connexion entre les maladies cardiovasculaires et une exposition à des rayonnements à dose bien plus faible, comme ceux auxquels sont exposés les travailleurs du secteur nucléaire. On ne connaît pas encore exactement les raisons de cette connexion.
Le Dr Mark Little et son équipe de recherche à l'Imperial College de Londres se sont penchés sur l'hypothèse selon laquelle le rayonnement détruit les monocytes (un type de leucocytes) dans les parois des artères, lesquels se lieraient autrement à MCP 1 (protéine chimioattractive monocytaire 1). Ainsi, les niveaux plus élevés de MCP-1 provoquent une inflammation menant au développement d'une maladie cardiovasculaire.
D'après les auteurs de l'étude, «il semble que le risque de maladies cardiovasculaires a augmenté dans divers groupes exposés dans leur vie professionnelle et soumis à des rayonnements fractionnés résultant d'une exposition sporadique à de faibles doses de rayonnement. On ne comprend pas encore tout à fait les mécanismes à l'origine des effets de ces expositions à des rayonnements fractionnés à faible dose.»
Des recherches plus poussées sur les maladies cardiaques engendrées par les rayonnements sont prévues afin de découvrir les processus biologiques à leur origine.
Little, M P, et al. (2009) A model of cardiovascular disease giving a plausible mechanism for the effect of fractionated low-dose ionizing radiation exposure. PLoS Computational Biology (sous presse, publié en ligne le 23 octobre). DOI:10.1
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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